Oskar Gröning, né le à Nienburg-an-der-Weser et mort le « Le comptable d'Auschwitz, Oskar Gröning, est mort », lepoint.fr, 12 mars 2018., est le comptable du camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz, avec le grade de sergent : Unterscharführer. De 1942 à 1944, il y fut responsable du triage et du comptage de l’argent « déposé » par les prisonniers exterminés, ainsi que, dans de plus rares occasions, de la garde de prisonniers internés dans le camp.
Au cours de son séjour au camp, il est le témoin de l’intégralité du processus d’extermination mis en place par les nazis. Après avoir été transféré du camp vers une unité d’active en 1944, il fut capturé par les troupes britanniques le lorsque son unité se rendit. Temporairement détenu dans un ancien camp de concentration, Gröning fut transféré en 1946 en Angleterre en tant que travailleur forcé. Il retourna ensuite en Allemagne pour y vivre une vie relativement normale, préférant garder le silence sur son passé à Auschwitz. Il se décida toutefois à en faire publiquement état lorsqu’il fut mis au courant de l’existence du négationnisme. Depuis lors il a ouvertement critiqué ceux qui nient les événements dont il fut le témoin.
À la fin d'un procès pour « complicité de meurtres dans au moins » commencé le à Lunebourg (Basse-Saxe), il fut condamné à quatre ans de prison pour « complicité » dans le meurtre de Juifs. C'est la première fois que la justice allemande a admis que la participation active aux faits reprochés n'était pas nécessaire pour être condamné (John Demjanjuk avait été condamné sur cette base mais il avait fait appel et était mort avant le jugement définitif).
Biographie Jeunesse Né en 1921 à Nienburg-an-der-Weser « Eine Szene an der Rampe beschäftigt den SS-Mann bis heute », Die Welt, 21 avril 2015, en Basse-Saxe, Oskar Gröning est le fils d’un ouvrier textile qualifié qui fait montre d’un conservatisme strict. Sa mère meurt alors qu’il est âgé de quatre ans Geyer, Matthias, Der Spiegel An SS Officer Remembers: The Bookkeeper from Auschwitz. Son père, fièrement nationaliste, se joint au Stahlhelm après la défaite de l’Allemagne à la fin de la Première Guerre mondiale et son dépit face à la manière dont est traité son pays à la suite du traité de Versailles s’accroît lorsque son entreprise textile fait faillite en 1929 en raison d’un capital insuffisant.
Oskar Gröning est fasciné par les uniformes militaires et l'un de ses premiers souvenirs est la contemplation de photographies de son grand-père sur son cheval et jouant de la trompette alors qu’il servait dans un régiment d’élite du duché de Brunswick.
Enfance Selon Gröning, son enfance est marquée par la discipline, l’obéissance et l’autorité. Il s’affilie en 1930 au Scharnhorst, l’organisation de jeunesse du Stahlhelm, et, par la suite, à la Hitlerjugend une fois que Hitler fut arrivé au pouvoir en 1933. Influencé par ses valeurs familiales, l'adolescent estime que le nazisme est une chance pour l’Allemagne et croit que les nazis Il participe à l’autodafé de livres écrits par des Juifs et par d’autres auteurs considérés comme dégénérés par les nazis en pensant qu’il aide l’Allemagne à se libérer d’une culture étrangère. Gröning considère que le national-socialisme a un effet positif sur l’économie, notamment en réduisant le chômage.
Après l’école En 1938, Gröning quitte l’école avec d’excellentes notes et commence un stage d’employé de banque à l'âge de dix-sept ans. La Seconde Guerre mondiale éclate peu après son entrée dans la banque : huit des trente employés sont mobilisés dans la Wehrmacht, ce qui permet aux autres stagiaires d'espérer une rapide ascension professionnelle. Nonobstant ces possibilités, Gröning et ses collègues, enthousiasmés par les victoires de l’Allemagne en France et en Pologne, souhaitent s’engager.
Carrière dans la SS Désireux de servir dans une unité militaire d’élite, Gröning jette son dévolu sur la SS. À l’insu de son père, il s’y engage dans un hôtel où les SS recrutent. Selon lui, son père fut déçu de l’apprendre lorsqu’il revint à la maison.
Gröning se décrira plus tard comme un « bureaucrate » qui se satisfaisait de son rôle de salarié dans l’administration SS, qui lui garantissait à la fois les aspects militaire et administratif qu’il attendait d’une carrière.
Auschwitz Arrivée Oskar Gröning travaille comme comptable pendant un an jusqu’en 1942. À cette date, la SS décide que les emplois administratifs doivent être réservés aux vétérans blessés et que les employés de bureau aptes au service doivent se voir attribuer des tâches plus stimulantes. Gröning et environ 22 de ses collègues partent pour Berlin, où ils font leur rapport à l’un des bureaux économiques de la SS. Plusieurs officiers SS de haut rang leur font un exposé au cours duquel leur est rappelé le serment de loyauté qu’ils ont prêté et où il leur est dit qu’ils pourraient s'en acquitter en effectuant une mission difficile. Cette tâche est couverte par le sceau du secret et tant Gröning que ses camarades eurent à signer une déclaration selon laquelle ils n’en révéleraient rien à leur famille et amis ni aux autres hommes de leurs unités. Ils sont ensuite séparés en petits groupes et emmenés vers différentes gares de chemin de fer où ils montent à bord d’un train en direction de Katowice avec l’ordre de se présenter au commandant d’Auschwitz, un endroit dont Gröning n’a jamais entendu parler.
À leur arrivée au camp, on leur alloue des couchettes provisoires dans les baraques réservées aux SS et ils sont chaleureusement accueillis par leurs camarades, qui leur procurent de quoi manger. Gröning s'étonne de l’abondance de la nourriture disponible en plus des rations habituellement dévolues aux SS. Ses compagnons cherchent à savoir quel genre d’endroit est Auschwitz ; on leur répond qu’ils doivent le découvrir par eux-mêmes car Auschwitz est un camp de concentration d’un type spécial. Sur ces entrefaites, quelqu’un entre dans le baraquement et crie « Transport ! », ce qui amène trois ou quatre hommes à quitter la pièce.
Le jour suivant, Gröning et les autres sont interrogés au bâtiment central de l’administration SS sur leur formation avant la guerre. Un des officiers déclare que les compétences de Gröning en matière bancaire seraient utiles et l’emmène vers des baraquements où est conservé l’argent des détenus. Gröning raconte qu’on lui expliqua que lorsque les prisonniers étaient enregistrés à leur arrivée, leur argent était déposé à cet endroit et leur était restitué lorsqu’ils quittaient le camp.
Toutefois, il devint clair qu’Auschwitz n’était pas seulement un camp d’internement où les SS recevaient des rations supérieures à la moyenne, mais qu’il était utilisé pour une fonction additionnelle. Ainsi Gröning apprend que l’argent pris aux Juifs ne leur est en fait pas restitué. Lorsqu’il cherche à obtenir davantage d’informations, ses collègues lui confirment que les Juifs sont exterminés, et que c’était en effet le cas pour ceux du transport arrivé la nuit précédente..
Tâches thumb|250px|Une photo aérienne de Birkenau montre un convoi arrivé récemment sur la voie qui se terminait dans le camp, construite en mai 1944. Le processus de sélection est terminé et les personnes destinées à être gazées sont conduites au Crematorium II, comme le montrent les portes ouvertes dans l'enceinte du complexe. Les responsabilités d'Oskar Gröning consistent à trier et à compter la multitude de devises prises aux déportés, à les expédier à Berlin, à assister à la sélection – non en vue de décider qui serait tué, mais pour garder les possessions des arrivants jusqu’à ce qu’elles soient triées.. Il dit avoir été surpris d’apprendre l’existence du processus d’extermination., mais il accepte plus tard d'y participer, déclarant que son travail était devenu une « routine » au bout de quelques mois.
Ses tâches bureaucratiques ne purent lui permettre d’ignorer entièrement le processus d’extermination : dès son premier jour au camp, Gröning voit que des enfants cachés dans le train, ainsi que des personnes invalides qui restent au milieu des débris et des déchets après la sélection, sont abattus.. Gröning entend et voit également d'autre choses :
Après avoir été témoin de cette scène, Gröning va trouver son supérieur pour lui expliquer qu’il ne se sent plus capable de travailler à Auschwitz, déclarant que si l’extermination des Juifs est nécessaire, L’officier refusa sa demande de mutation.
Une nuit, vers la fin de 1942, Gröning et ses camarades de baraque dans le camp SS à la lisière de Birkenau sont réveillés par une alarme.. On leur explique qu’un certain nombre de Juifs qu’on amenait à la chambre à gaz se sont échappés et se cachent dans les bois. On leur ordonne de prendre des armes et de fouiller les environs.. Lorsque son groupe arrive à la zone d’extermination du camp, ils voient une ferme en face de laquelle se trouvent des SS ainsi que les corps de sept ou huit prisonniers abattus. Les SS disent à Gröning et à ses camarades qu’ils peuvent rentrer au camp mais ils décident de rester dans l’ombre des arbres.
Ils voient alors un SS se couvrir d'un masque à gaz et verser du Zyklon B dans une ouverture du mur de la ferme. Gröning raconte que le bruit provenant de l’intérieur pendant une minute, puis le silence se fit. Plus tard, un de ses compagnons lui montre les corps incinérés dans un puits, et un kapo lui explique les détails de l’incinération, par exemple le fait que les gaz qui se développent dans le corps semblent faire se mouvoir les cadavres.
La tranquillité relative de son travail s’en trouve une nouvelle fois rompue et une fois de plus il se plaint à son chef.. Ce dernier, un Untersturmführer SS, l’écoute, puis lui rappelle le devoir que lui-même et ses camarades ont accepté. Gröning retourne alors à ses tâches en veillant à organiser sa vie à Auschwitz de façon à ne pas être confronté aux pires aspects du camp..
Après Auschwitz Royaume-Uni Sa demande de transfert vers une unité combattante finit par aboutir : en 1944, il est incorporé à une unité SS combattant dans les Ardennes.. Il y est blessé et envoyé dans un hôpital de campagne avant de rejoindre son unité, qui va finalement se rendre aux Britanniques le .
Conscient que déclarer , Gröning s’efforce de ne pas attirer l’attention sur ce fait. Sur le formulaire qui lui a été remis par les Britanniques, il écrit qu’il a travaillé pour le SS-Wirtschafts-Verwaltungshauptamt, parce que et parce que se produisirent à Auschwitz des choses qui .
Oskar Gröning et ses collègues sont emprisonnés dans un ancien camp de concentration nazi. Il est par la suite envoyé en tant que travailleur forcé en Angleterre, où il connaît une . Il bénéficie d’une bonne nourriture et gagna de l’argent, voyageant à travers les Midlands et l’Écosse, où il donne durant quatre mois des concerts, chantant des hymnes allemands et des chansons populaires anglaises devant un public britannique bienveillant.
Retour en Allemagne Une fois relâché, Gröning retourne en Allemagne en 1947 ou 1948. Après avoir retrouvé sa femme, il lui dit :
Il lui est impossible de retrouver son poste à la banque en raison de son passé dans la SS. Il obtient un travail dans une fabrique de verre, où il va accéder à un poste à responsabilités. Il devient chef du personnel et est nommé juge honoraire au tribunal du travail..
Après son retour en Allemagne, Gröning vit avec ses beaux-parents. Lors d’un repas, ils font , insinuant qu’il était un , ce qui, selon Gröning, le fit exploser. Frappant la table du poing, il s’écrie :
Selon Gröning, cette exigence fut respectée.
Vues sur le négationnisme de la Shoah