Bollène est une commune française située dans le département du Vaucluse, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Géographie Localisation Bollène est une commune située au nord du département de Vaucluse à la jonction de la Drôme, de l'Ardèche et du Gard. Située à proximité de grands axes de communications, la cité (vieille ville) occupe l'extrémité nord d'un plateau gréseux qui sert aussi d'assise à Mondragon, Mornas, Uchaux et Lagarde-Paréol. Le reste de la commune, ville basse comprise, s'étend sur une plaine limoneuse et fertile qui repose sur une importante couche d'argile qui affleure au quartier des Noyères..
Communes limitrophes
Géologie et relief Après le défilé de Donzère, le Rhône s'étale dans une large plaine qu'il a recouvert de ses différentes alluvions. Celle-ci fut un grand lieu d'échange comme le prouve la toponymie. Un quartier de Bollène en a gardé trace : Saint-Pierre-de-Sénos, nom qui vient du gaulois Senomagos, le « vieux marché »X. Delamarre : Dictionnaire de la langue gauloise (Errance, 2001), p. 229..
Le substrat de cette plaine est constitué d'une épaisse couche argileuse (10 à ) qui fut largement exploitée au cours des siècles. Elle a fourni le matériau des fours des verriers de Murano et au a permis la fabrication industrielle de briques réfractaires..
La première agglomération fut implantée sur un oppidum, c'est aujourd'hui la ville haute.. Sur ces « collines rhodaniennes », Chabrières, Barri et Bauzon, se trouvaient aussi trois autres cités fortifiées. Le vocable Barri le rappelle puisqu'il signifie rempart en provençal.. Ces collines sont composées de molasse gréseuse (étage burdigalien) et d'une strate calcaire plus dure (Helvétien)..
La qualité de cette pierre a permis son exploitation des l'antiquité et des carrières ont été en activité jusqu'au début du . Ce matériau de construction, connu sous l'appellation « pierre de Saint-Restitut », se retrouve dans de nombreux bâtiments français ou européens tant à Marseille qu'à Lyon ou en Suisse. Il a servi dans la construction du Grand Théâtre de Montpellier, de la préfecture et du musée de Grenoble, de la grande poste de Genève, de l'Hôtel Beau-Rivage de Lausanne et du tunnel du Saint-Gothard..
Hydrographie vignette|redresse=1.4|Réseau hydrographique de Bollène. vignette|gauche|Niveau de la crue de 1993, sur la porte de ville, le long du Lez. Le Rhône passe à proximité de la commune sans la toucher. Il sert à l'alimentation du canal de Donzère-Mondragon qui traverse la commune de Bollène sur sa partie ouest. Le Lauzon et le Lez alimentent aussi le canal. Si le cours du Lauzon est dans l'ensemble plutôt calme, il n'en va pas de même avec le Lez. Prenant sa source dans les Baronnies, au pied de Méliandre, c'est un torrent à caractère typiquement méditerranéen. Son lit, généralement à sec ou avec un très faible débit, peut enfler démesurément après un orage en provoquant des crues énormes. Parmi celles-ci, dites centenales, l'histoire a retenu les dates de 1662, 1745, 1951 et 1993.
Cours d'eau sur la commune ou à son avalL'eau dans la commune : canal de Donzère-Mondragon, rivière Lez, ruisseaux le Lauzon, le béal, mayres girarde, neuve, rousse, ravins de combe gaillarde, du deves, de saint-blaise.
Climat
En 2010, le climat de la commune est de type climat méditerranéen franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat méditerranéen et est dans la région climatique Provence, Languedoc-Roussillon, caractérisée par une pluviométrie faible en été, un très bon ensoleillement (), un été chaud (), un air très sec en été, sec en toutes saisons, des vents forts (fréquence de 40 à 50 % de vents > ) et peu de brouillards..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Pont-Saint-Esprit », sur la commune de Pont-Saint-Esprit à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . ...
Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.. Ils sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en novembre 2022..
Urbanisme Typologie Au , Bollène est catégorisée petite ville, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de BollèneUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Bollène, dont elle est la commune-centreLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (46,6 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (48,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (27,3 %), zones agricoles hétérogènes (25,5 %), cultures permanentes (14,4 %), zones urbanisées (13,1 %), terres arables (6,7 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (5,2 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (4 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (3,9 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..
Voies de communication et transports vignette|gauche|Entrée de Bollène. L'autoroute A7, avec la sortie 19, dessert la commune et tout le nord Vaucluse. La route nationale 7 passe à son extrémité ouest sans toutefois traverser un des quartiers de la ville. La route départementale 8 à l'ouest rejoint la route départementale 994 qui traverse la commune et les quartiers nord sur un axe est-ouest. Elle permet de joindre Pont-Saint-Esprit à Suze-la-Rousse. La route départementale 26 traverse, elle aussi, la commune et la ville basse, mais sur un axe nord-sud. Elle permet la jonction de Carpentras à Pierrelatte.
Une gare SNCF est à du centre. La gare TGV de Montélimar est à environ et celle d'Avignon à environ . L'aéroport d'Avignon est à environ et celui de Nîmes à environ .
Transports urbains Les Transports urbains bollénois (TUB) desservent la ville de Bollène à l'aide de minibus et d'autocars scolaires opérés, par les Voyages Auran.. Le réseau se compose deux lignes régulières circulant du lundi au samedi : la 1 sur un axe nord-sud de la zone commerciale des Servattes jusqu'au collège Paul Éluard, via le centre-ville et collège Boudon ; la ligne 2 de l'avenue Allende à la gare de Bollène-La Croisière, via le centre-ville et le collège Éluard. Ces deux lignes offrent respectivement 8 et 6 allers-retours par jour. Le vendredi matin, deux navettes sont assurées pour la desserte du marché : la N1 qui double la ligne 1 et la N°2 qui assure la liaison avec le quartier Saint-Blaise. Enfin, les collèges Éluard et Boudon disposent chacun de lignes scolaires spécifiques.
Toponymie Courtet cite la bulle de plomb, trouvée au près de Sérignan-du-Comtat, portant + S : SCI MARTINI : DE ABOLENA, qui a été datée du .. Abolena est devenu Bollène par aphérèse de la première syllabe. Dauzat et Rostaing suggèrent comme origine le nom latinisé d'un homme germain, AbbolenusAlbert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Éd. Larousse, 1968, p. 1709..
En provençal, la ville est nommée Bouleno selon la norme mistralienne.
Histoire Préhistoire La présence d'une occupation préhistorique sur les oppidums de Barri, Chabrières et Saint-Blaise-de-Bauzon a été mise en évidence par les archéologues dès le .. Il a fallu attendre, la fin du et les fouilles faites lors de la construction du TGV Méditerranée, pour découvrir que la plaine avait été aussi le siège d'une importante occupation. Le site le plus important est situé à « Pont-de-Pierre 2 » et a été fouillé sous la direction d'E. Durand. Parmi les vestiges ont été identifiés une fosse à incinération double datée du Néolithique ancien, une sépulture de la période chasséenne, deux structures de pierres chauffantes de type « fours polynésiens » attribuables au Chasséen récent, des fossés circulaires du bronze final, une sépulture sous tumulus du bronze final 3b ainsi qu'un habitat du milieu de l'Âge de fer daté du au avant notre èreE. Durand, dans ..
Deux autres sites se sont révélés particulièrement riches. Tout d'abord, celui du lieu-dit les Bartas fouillé par l'équipe de C. Markiewcz qui a mis en évidence une occupation datée du Néolithique final au bronze final en passant par une importante période campaniformeC. Markiewcz, dans .. Puis le site des Ponsardes où A. Toledo I Mur et son équipe ont identifié des vestiges du bronze final et du premier âge du ferA. Toledo I Mur, dans ..
Antiquité LItinéraire de Jérusalem mentionne sur la rive droite du Lez la mutatio ad Lectoce. Ce site a été identifié près de la Croix de saint-Geniès et les fouilles ont exhumé des sépultures, de la poterie et l'épitaphe d'un sevir augustal. Il en va de même pour la statio Senomago marquée par l'emplacement actuel de la chapelle Saint-Pierre-de-Sénos qui a permis de mettre au jour des vestiges antiques. Les fouilles de sauvegarde du TGV menées sur le site de Pont-de-Pierre 1 par l'équipe de G. Alfonso ont révélé des sépultures à incinération et des enclos antiques datés du G. Alfonso, dans ..
Moyen Âge Il fut longtemps fait état d'une charte de Clovis II, datée de 640, donnant Bollène en fief aux bénédictins de l'Île-Barbe, près de LyonJ. de Font-Réaulx, Cartulaire de saint-Paul-les-Trois-Châteaux, 1950, p. 123.. Bailly la considère comme un faux. Faisant état des nombreuses invasions successives : Wisigoths, Burgondes, Ostrogoths, Sarrasin, en 803, un autre acte indiquait que les habitants des oppidums de Barri, Chabrières et Bauzon face aux invasions étaient descendus de leurs hauteurs pour se réfugier dans la plaine derrière les murs d'une cité fortifiée et entourée de fossés. Courtet considère cet acte comme apocryphe.
La première charte non falsifiée par les bénédictins est datée de 971. Elle fut accordée par Conrad le Pacifique, roi de Bourgogne, à l'abbaye de l'Isle-Barbe et lui confirmait ses possessions de l'église Saint-Sauveur et de la chapelle Saint-Benoît.