Alphonse-Léon Noël, dit Léon Noël, né le à Paris et mort le dans le Archives de Paris, Acte de décès à Paris , , vue 13/13., est un dessinateur, caricaturiste et lithographe français, célèbre à l'époque romantique.

Biographie Origines et débuts Né en 1807 quartier Saint-Germain dans une famille bourgeoise, Alphonse-Léon Noël est le fils du graveur et imprimeur-lithographe parisien Charles François Noël dit (Paris, 1784 ? - ) et de Marie Louise Geneviève Grandin (Elbeuf, - après 1855), fille d'un drapier normand cossu. La famille Noël est une dynastie d'artistes depuis au moins le milieu du siècle. Le père de Francisque était un peintre reconnu à la manufacture de Sèvres. Francisque a d'abord été un marchand d'estampes installé au 16 rue Saint-Jacques (vers 1815), puis avec son frère, il a ouvert un cabinet de gravures qui édite des albums religieux. Il finit par obtenir son brevet d'imprimeur-lithographe le en reprenant celui de Jean Guffanti, en faillite depuis . Il a entre autres pour parrains Pierre Langlumé et Charles Motte. Francisque possède une presse et associe à son commerce son propre frère, ses deux neveux, et bientôt son fils, Léon, tandis que son épouse s'occupe de la mise en couleurs des estampes. Parmi ses morceaux de bravoure, figure un album d'après Girodet lithographié par Aubry-Lecomte« Noël, Francisque », in: Dictionnaire des imprimeurs-lithographes du siècle, École nationale des chartes.. Le premier maître de Léon est donc son propre père et c'est sans doute très jeune qu'il commence à dessiner sur la pierre : en effet, une première trace publique sous la signature de « Léon Noël », apparaît fin 1824, il s'agit de la traduction lithographique de La Belle Jardinière de Raphaël, une estampe vendue à l'Imprimerie de Noël, chez Noël et Compagnie, éditeur au 7 rue des Deux Portes, proposée pour le prix de 6 francsJournal général d'annonce des œuvres de musique, gravures, lithographies : publiés en France et à l'étranger, Paris, 7 janvier 1825, , notice 140 — sur Gallica..

En , le père de Léon meurt ; sa mère prend la succession de l'imprimerie sous le nom de « Grandin, veuve Noël », installée entre la rue Saint-Jacques et la rue Dauphine« Grandin, venve Noël », in: Dictionnaire des imprimeurs-lithographes du siècle, École nationale des chartes.. Léon se semble pas travailler avec sa mère très longtemps. Fin 1827, il produit un portrait, celui de l'artiste lyrique Joséphine Mainvielle-FodorNotice œuvre, sur Gallica., une lithographie tirée sur les presses du jeune Henry Gaugain, qui fut ancien chef d'atelier chez Noël et compagnie« Gaugain, Henri », in: Dictionnaire des imprimeurs-lithographes du siècle, École nationale des chartes.. La même année, Léon produit Psyché après avoir connu l'amour d'après Girodet, lithographiée chez François Villain, imprimeur en vue des légitimistesJournal des artistes, Paris, juillet 1827, — sur Gallica.. Il réside à cette époque au 12 de la rue des Marais-Saint-GermainLe Figaro, Paris, 20 janvier 1828, — sur Retronews.. En 1829, il donne un joli portrait de la Malibran (cf. ci-dessous), lithographié à la manière d'une eau-forte, au style marqué par celui d'Achille Devéria, qui fit d'ailleurs son portrait (cf. ci-contre).

Âgé de vingt ans, il choisit de devenir élève aux Beaux-arts de Paris et fréquenter les ateliers d'Antoine-Jean Gros et de Louis Hersent. Il présente une toile intitulée Tempête à l'Exposition des produits des Beaux-Arts et de l'industrie de Toulouse en 1827, mais cette expérience est de courte duréeFiche exposant Toulouse 1827, base salons du musée d'Orsay.. Il renonce à la peinture pour se consacrer uniquement à la lithographie« Noêl, Léon », in: Janine Bailly-Herzberg, Dictionnaire de l'estape en France 1830-1950, Paris, AMG-Flammarion, 1985, .. Léon avait commencé par être attiré par le milieu du spectacle vivant.

Un dessinateur lié à la vogue romantique vignette| Dans ce portrait lithographié figurant Léon Noël, Achille Devéria traduit tout l'esprit d'une époque (1832, édition Charles Motte). Jugé excellent dessinateur, Léon Noël va profiter de l'engouement pour l'estampe lithographiée. C'est sans doute après l'été 1830, au moment de la révolution, que Léon Noël choisit une carrière d'illustrateur. En , il entre à la rédaction de L'ArtisteLe Figaro, Paris, mais 1831, — sur Retronews. : là, le jeune homme croise Eugène Delacroix, Devéria, Paul Huet, et toute la génération romantique. En 1832, il édite chez , galerie Vivienne, son premier portfolio lithographié, intitulé Album de six jolis enfans [sic], dessiné d'après nature : le travail est salué par la presse qui range déjà Léon Noël au titre La Quotidienne, Paris, 7 décembre 1832, — sur Retronews.. En 1833, il collabore, avec entre autres Devéria et Raffet, à l'ouvrage de Karol Forster, officier polonais en exil à Paris, auteur de La Vieille Pologne, proposé à la souscription, et qui sera jusqu'en 1836 imprimé par Firmin DidotLe Constitutionnel, Paris, 20 juillet 1833, — sur Retronews., ainsi qu'à une nouvelle Histoire pittoresque de la Révolution française dirigée par Antony Béraud (éditions Alexandre Mesnier). En septembre de la même année, il fait sa rentrée chez la Maison Aubert, livrant plusieurs portraits d'actricesLa Caricature10 octobre 1833, ., Paris.. Sans vraiment prendre parti, Léon Noël multiplie dans la foulée les publications : on le retrouve aussi bien chez les nostalgiques de Napoléon, avec les jeunes illustrateurs de La Romance, que dans La France catholique, puis traduisant en lithographie une peinture de Duval Le Camus, La Cinquantaine, issue de la collection de la duchesse de Berry, et tirée sur les presses de Lemercier, annonce faite à grand renfort de publicitéLa Gazette de France, Paris, 25 décembre 1833, .. Il se montre tout de même associé l'année suivante à L'Écho de la Jeune France, la revue des légitimistes, et participe donc au mouvement des Jeunes-FranceLa Gazette de France, Paris, 29 mars 1834, .. De cette époque date son portrait du jeune Victor Hugo (cf. ci-dessous).

En 1834, il épouse Gabrielle Ernestine Camille Rouget, née en 1814, dont il a un fils, Élie Félix Georges, né à Paris, au domicile de ses parents, 18 rue du Colombier, le , et qui deviendra officier de cavalerie (il mourra à Alger le )Notice L1996030, base Léonore.. C'est aussi l'année où il commence à livrer des dessins au CharivariLa Charivari, Paris, 26 août 1834, ., ainsi qu'à l’Album de l'amateur, périodique en almanach proposant huit lithographies coloriées, publiées par Déro-Becker, éditeur et marchand d'estampes parisien réputé installé rue Neuve-Saint-Augustins. En 1835, il fait son entrée, section gravures aux côtés de Calamatta et Raffet, au Salon de Paris, avec des traductions lithographiées de tableaux modernes. Puis il commence à collaborer à La Mode fondé par Émile de Girardin, traduisant des peintures de maîtres anciens, ce qu'il fait d'ailleurs pour l'ouvrage intitulé La Galerie royale de Dresde, album prestigieux édité par Elliesen et Gihaut, reproduisant les 100 chefs-d'œuvre de la Gemäldegalerie Alte Meister, dont Le Rapt de Ganymède (1635) de RembrandtCette toile, autrefois dénigrée par Diderot, a depuis fait l'objet de nombreuses analyses : elle est attribuée sans aucun doute à Rembrandt — cf. l'article de Patrick Absalon, « Mythe et drame personnel : le Rapt de Ganymède de Rembrandt (1635, Gemäldegalerie, Dresde) », in: Véronique Gély (dir.), Ganymède ou l'échanson, Presses universitaires de Paris Nanterre, 2008, — lire sur OpenEditions Books., travail là encore salué par les critiques. À partir de , il collabore à La Galerie de la presse, de la littérature et des beaux-arts, nouveau périodique illustré lancé par Charles PhiliponLe Temps, Paris, 4 février 1838, et poursuit ses livraisons à L'Artiste, La Caricature, au Charivari, et La France littéraire d'Augustin Challamel, traduisant les toiles présentées au Salon et les chefs-d'œuvre des musées, sans compter ses envois à La Vogue universelle et au Monde dramatique.

À partir de l'année 1839, la façon qu'à Léon Noël de traduire sur la pierre les motifs, le crayonnage libre, est remplacé par le grain classique et méticuleuxBeraldi, 1890, .. Cependant, il n'est pas tout à fait exact que durant la décennie suivante, il semble abandonner sa verve romantique à la Devéria : il produit de nombreuses planches originales, par exemple destinées à La Morale en image lancée en 1841 par Charles Philipon, des images inspirées du clergé, de l'armée, de la marine, de la vie politique, de l'administration, des artistes des planches, et quelques scènes de genre, mettant en miroir les dernières années de la monarchie de Juillet. Le succès n'est d'ailleurs pas en reste puisqu'il reçoit au Salon de 1843, la médaille de classe, puis au Salon de 1845, celle de classe.

Les honneurs sous le Second Empire Approchant de la cinquantaine, Léon Noël connaît dès avant le début du Second Empire, une transformation sensible dans sa carrière. Est-ce parce qu'il semble lié, par sa famille, au maréchal Berthier ?Cette information est donnée par Léonce de Brotonne (qui par ailleurs se trompe sur la date de naissance de Léon Noël), in: Les Bonaparte et leurs alliances, Paris, Honoré Champion, 1901, — sur Gallica. Toujours est-il que Napoléon III et ses ministres vont s'attacher l'artiste. Le critique Henri Beraldi évoque même à son propos et quant à ce virage artistique, une forme chez l'artiste d'institutionnalisation et en fait le Beraldi, 1890, ..

Résidant alors au 2 impasse de Conti, adresse où il héberge également sa mère, la présentation de trois lithographies au Salon de 1853 est en cela significative : on y compte deux portraits, celui du duc de Marlborough d'après William Charles Ross et celui du prince-président Louis-Napoléon d'après VernetFiche exposant S 1853, base salons du musée d'Orsay..

En , il est nommé responsable du jury du comité gravures pour l'exposition universelleLa Gazette nationale, janvier 1855, — sur retronews.. Le suivant, il est nommé, par décret, chevalier de la Légion d'honneurJournal des débats, Paris, 2 janvier 1856, — sur Retronews..

Il devient ensuite le lithographe attitré de l'œuvre du peintre Franz Xaver Winterhalter.

En 1866, Léon Noël participe pour la dernière fois au Salon, exposant le portrait lithographié du ministres des Finances impériales, Pierre Magne ; il est dit alors résider au 47 rue RodierFiche exposant S 1866, base salons du musée d'Orsay..

En , il fait don à la Bibliothèque impériale de l'ensemble de ses lithographies produites entre 1824 et 1867, un ensemble formant 12 volumes, et comprenant pièces, et prend sa retraite, après plus de 40 ans d'activitéGazette nationale ou le Moniteur universel, Paris, 21 janvier 1868, — sur Retronews..

Fin de vie Léon Noël est relativement oublié après la chute du Second Empire. Sa mort le passe quasiment inaperçu dans la presse artistiqueÀ peine deux lignes dans Le Moniteur des arts, 11 janvier 1884, .. Son dernier domicile est au 34 rue Truffaut. Il laisse une veuve, née Rouget, qui meurt à son tour le .

Œuvre Léon Noël est un lithographe très prolifique, ayant produit plus d'un millier de planches dont six cents portraits.

Léon Noël eut parmi ses contemporains, un certain nombre d'homonymes dans le milieu artistique et littéraire, parmi ceux-ci citons : André Léon-Noël dit A. Léon-Noël (1817-1879), dessinateur, écrivain et journaliste, qui fonde en 1839 avec le jeune Nadar et Alfred Françey, une luxueuse revue, Le Livre d'or. Originaire d'Orléans, longtemps soutenu par Nadar qui fit de lui plusieurs portraits (dessins et clichés)Voir par exemple Le Journal pour rire Paris, 19 juin 1852, — sur Retronews.Voir aussi cette caricature de A. Léon-Noël par Nadar — sur la base Omnia., il meurt totalement oublié et est encore souvent confondu avec notre lithographeBiographie d'André Léon-Noël, sur Expositions BNF, 2018..

Collections publiques