L'équipe de Russie de football () est la sélection de joueurs russes représentant le pays lors des compétitions internationales de football masculin, sous l'égide de la Fédération de Russie de football.
Cette sélection prend, en juillet 1992, la suite de l'équipe de la CEI, qui elle-même avait remplacé l'équipe d'Union soviétique en janvier 1992. Une équipe de Russie impériale avait brièvement existé, entre 1912 et le déclenchement de la Première Guerre mondiale en 1914. La sélection russe actuelle est en cela reconnue comme l'héritière directe de ces différentes sélections par la FIFA. Son palmarès inclut ainsi les titres remportés par l’Union soviétique, notamment le Championnat d'Europe en 1960 et les médailles d’or olympiques de 1956 et 1988.
La Russie post-soviétique fait ses débuts en compétition internationale dès sa première tentative, lors de la Coupe du monde 1994. Elle se qualifie ensuite pour les Coupes du monde de 2002 et 2014, mais elle est à chaque fois éliminée dès le premier tour. Le pays obtient par ailleurs l'organisation de la Coupe du monde de 2018 et de la Coupe des confédérations 2017. C’est d’ailleurs à domicile que la Sbornaïa va réaliser sa meilleure performance en Coupe du monde, arrivant en quart de finale et contre toute attente, en éliminant notamment l’Espagne, aux tirs au but. Sur le plan continental, la Russie se qualifie pour la phase finale du Championnat d'Europe en 1996, 2004, 2008, 2012, 2016 et 2020. En 2008, elle y réalise sa meilleure performance en n'étant battue qu'en demi-finale. Depuis 2022, à cause de l'intervention militaire russe en Ukraine, la Russie est exclue des compétions par l'UEFA et la FIFA respectivement.
Le surnom de l'équipe est « Sbornaïa » () que l'on traduit par « équipe nationale ».
Histoire La genèse du football en Russie
Comme dans les autres pays du monde, le football est introduit en Russie à la fin du par des marins et expatriés britanniques. Le « St. Petersburg Football Club », le premier club en Russie, est fondé en 1879 par ces derniers. Progressivement les Russes adoptent ce sport et des équipes se forment à Saint-Pétersbourg, Moscou ou encore Odessa. En 1911, une sélection de joueurs russes affronte à Saint-Pétersbourg l'équipe d'Angleterre amateur. Cette dernière l'emporte onze buts à zéro.
vignette|gauche|Sélection russe aux JO de 1912. En , la Fédération de Russie de football (Всероссийский футбольный союз, à l'époque « Union de football de toutes les Russies ») est fondée par Arthur McFerson, Robert Fulda et Georges Duperron. Elle obtient la même année son affiliation à la Fédération internationale de football association (FIFA). L'été suivant, une équipe de football est intégrée à la délégation de la Russie impériale aux Jeux olympiques de Stockholm. Le , pour leur entrée en lice en quart de finale du tournoi de football, les Russes jouent leur premier match officiel. Ils s'inclinent face à la Finlande (1-2). Vasily Butusov est le premier buteur russe. Le lendemain, en tournoi de consolation, les Russes s'inclinent face à l'Allemagne, très lourdement (0-16) - cela reste la plus lourde défaite encaissée par une sélection russe.
La sélection poursuit les années suivantes son apprentissage. Elle s'incline quelques jours après le tournoi olympique face à la Norvège (1-2), puis face à la Hongrie à Moscou (0-9 puis 0-12). Les deux années suivantes, elle organise de nouveaux matchs amicaux et obtient son premier match nul, face à la Norvège en (1-1). L'éclatement de la Première Guerre mondiale met une pause à ses activités.
L’héritage soviétique
vignette|L'équipe soviétique en 1927. En 1917, la révolution d'Octobre sonne la fin de la Russie impériale. L'Union soviétique est officiellement créée en 1922. Le football y reprend ses droits à partir de 1923 mais le pays n'obtient son affiliation à la FIFA qu'en 1946. En 1956, l'URSS remporte la médaille d’or aux Jeux olympiques de Melbourne, lançant une période de présence régulière dans les grandes compétitions internationales.
L’équipe dispute sa première Coupe du monde en 1958. Grâce à des joueurs emblématiques comme Lev Yachine, elle atteint les quarts de finale. Membre fondateur de l'UEFA en 1954, l’URSS remporte la première édition de la Coupe d’Europe en 1960. Elle atteint encore les finales de la Coupe d'Europe en 1964 et 1972. À la Coupe du monde, l'Union soviétique se distingue par sa régularité, atteignant au moins les quarts de finale entre 1958 et 1970, et les demi-finales en 1966.
Le refus politique de jouer un match qualificatif pour le Mondial 1974 contre le Chili en 1973 marque un tournant. L’URSS rate plusieurs grandes compétitions malgré la présence de joueurs talentueux comme Oleg Blokhine. Sous la direction de Valeri Lobanovski, l’équipe connaît un regain de forme. En 1988, elle atteint la finale de l’Euro, battue par les Pays-Bas. Les soviétiques remportent également la médaille d’or aux JO de Séoul la même année en battant le Brésil en finale. Le Mondial 1990 marque cependant une élimination prématurée au premier tour.
L’équipe se qualifie pour l’Euro 1992 mais, à la suite de l'effondrement de l’URSS, elle participe sous les couleurs de la Communauté des États indépendants (CEI), avant de disparaître définitivement. Les joueurs, majoritairement russes, rejoignent ensuite les équipes nationales issues des anciennes républiques soviétiques.
Échecs en phases finales (1992-1996)
La nouvelle équipe de Russie apparait après l'Euro 1992. La Fédération de Russie se déclare cessionnaire de l'ancienne fédération soviétique et obtient le siège de membre laissé vacant par cette dernière à la FIFA le , sans avoir à formuler de demande d'affiliation (il en va de même pour l'affiliation à l'UEFA). Elle inscrit sa sélection pour la Coupe du monde de football 1994 et participe à la phase éliminatoire, au contraire des autres sélections nées de la CEI. Elle opte pour un maillot blanc ou bleu. Sur le terrain, la sélection russe prend le style de jeu de sa devancière soviétique, bien que cette dernière regroupait parfois plus de joueurs des autres républiques soviétiques que de joueurs russes.
Le premier match officiel de la sélection se tient à Moscou le , contre le Mexique, et se conclut par une victoire 2-0 des Russes. Puis la sélection attaque les qualifications pour la Coupe du monde. Les performances de ses vedettes, Aleksandr Mostovoï et Valeri Karpine notamment, sont irrégulières. Deuxième de son groupe de qualification derrière la Grèce, l'équipe de Russie se qualifie cependant pour le Mondial.
À la Coupe du monde de football 1994, la Russie tombe dans le « groupe de la mort ». Dans ce groupe B, la Russie est opposée à la Suède, au Brésil et au Cameroun. Elle s’incline d'abord contre le Brésil, futur vainqueur (0-2), puis contre la Suède, qui va s'imposer comme l'équipe surprise du tournoi (1-3, but de Oleg Salenko). Lors du contre le Cameroun, ancienne surprise en 1990, les Russes l'emportent largement (6-1). Pendant ce match Salenko inscrit cinq buts, un record en Coupe du monde. Les Russes terminent à la du groupe et ne se qualifient pas pour la suite de la compétition, ne faisant pas partie des meilleures troisièmes. Salenko termine co-meilleur buteur de la compétition avec six buts. Ce sont les seuls buts qu'il marque de sa carrière en sélection. L'entraîneur Pavel Sadyrine est remercié après la compétition à la suite de cet échec.
Dirigée par Oleg Romantsev, la sélection parvient à se qualifier pour sa deuxième compétition internationale d'affilée avec le Championnat d'Europe 1996. Les Russes, qui l'emportent le contre Saint-Marin (7-0), terminent premiers de leur groupe en éliminatoires, devant l'Écosse et la Grèce.. La Russie a effectué un presque sans faute lors de ces qualifications (deux matchs nuls contre l'Écosse), ce qui la fait bondir à la du classement FIFA.
vignette|redresse| Timbre célébrant le match Italie-Russie de 1996. À l’Euro, les Russes tombent à nouveau dans le « groupe de la mort », composé de l'Allemagne, finaliste du dernier Euro, de l'Italie, finaliste de la dernière Coupe du monde, et de la République tchèque, future finaliste de la compétition. Battus lors de leur entrée en lice par l'Italie (1-2, but de Ilya Tsymbalar), puis par le future vainqueur allemand (0-3), ils obtiennent de haute lutte le point du match nul face à la République tchèque (3-3, buts de Aleksandr Mostovoï, Omari Tetradze et Vladimir Beschastnykh), qui se qualifie pour les quarts de finale à la différence de buts..
L’irrégularité russe (1996-2006)
Le sélectionneur Oleg Romantsev est limogé et remplacé par son adjoint Boris Ignatiev. En , la sélection remporte face à la Suisse la à Hong Kong.. Pour la Coupe du monde 1998, la Russie termine deuxième de son groupe de qualification, un point derrière la Bulgarie. La défaite à Sofia (0-1) le s'est révélée décisive. La Russie doit donc passer les barrages et affronter l'Italie. Tenue en échec à Moscou (1-1), par un temps glacial, la Russie s'incline au retour à Naples sur la plus petite des marges (0-1).
Ignatiev laisse sa place à Anatoli Bychovets pour les éliminatoires de l'Euro 2000. Dans le groupe 4, la Russie affronte l’Ukraine, qu'elle rencontre pour la première fois en match officiel, la France, championne du monde en titre, et l’Islande. Après six défaites en autant de matchs, dont trois en éliminatoires face à ses adversaires directs, Bychovets est écarté et Romantsev appelé à la rescousse. Les Russes réalisent une remontée impressionnante, gagnant six matchs à la suite en battant notamment la France à Paris sur le terrain où elle venait de soulever la Coupe du monde 1998 (3-2), au point d'atteindre la dernière journée en seconde position juste derrière l'Ukraine. Les Russes peuvent valider directement leur ticket pour l'Euro à condition de l'emporter à domicile contre l'Ukraine tandis qu'une non-victoire pourrait entraîner son élimination en troisième place si les Français s'imposent face à l'Islande au Stade de France. Dominateurs, ils finissent par ouvrir le score sur un coup franc de Valeri Karpine. Mais le coup de théâtre survient à quelques minutes de la fin. Andriy Chevtchenko permet à l'Ukraine d'égaliser sur coup franc d'un centre tir d'abord arrêté puis relâché dans ses propres buts par le gardien russe Aleksandr Filimonov.. En conséquence, la Russie passe de la première à la troisième place. En effet, la France a inscrit le but de la victoire contre l'Islande en toute fin de match ce qui entraîne l'élimination rocambolesque de la Russie. Qualifiée directement à quelques minutes du coup de sifflet final, la Russie s'est soudainement retrouvée éliminée au profit de la France, qualifiée directement pour l'Euro 2000 qu'elle remportera, et de l’Ukraine, finalement écartée en barrage par la Slovénie dans le court laps de temps qu'il restait au match.. À l'image du match France - Bulgarie de 1993 ou de la Tragédie de Doha, ce match retour entre la Russie et l'Ukraine, encore présent dans la mémoire des supporters, a laissé une ombre sur de nombreux matchs de qualification ultérieurs et reste aujourd'hui dans l'histoire comme l'un des plus grands échecs du football russe.