L'Îlot Sacré est un quartier du centre historique de Bruxelles, au nord-est de la Grand-Place.

Situation et description L'Îlot Sacré est un quartier du centre de Bruxelles situé à proximité immédiate de la Grand-Place de Bruxelles. De forme approximativement rectangulaire, il est délimité par la rue de la Fourche, la rue du Marché aux Herbes, la rue de la Montagne et la rue d’Arenberg–rue des Éperonniers. Les rues constituant l’Îlot Sacré proprement dit se trouvent à l’intérieur de ce périmètre : la rue des Bouchers, la Petite rue des Bouchers, la rue des Dominicains, la rue d'une personne, la rue du Marché aux Peaux, l'impasse de la fidélité, l’impasse des Bœufs et l'impasse du chapelet.

Le quartier se situe dans la zone tampon du patrimoine mondial de l’UNESCO entourant la Grand-Place et est protégé comme ensemble urbain. Il compte cependant peu de bâtiments classés, à l’exception des Galeries Royales Saint-Hubert.

Les rues principales ont conservé leur tracé médiéval. Les bâtiments qui les bordent sont pour la plupart des reconstructions présentant des pignons à gradins dans un style historicisant.

À l’exception des Galeries Royales Saint-Hubert, les commerces de l’Îlot Sacré sont presque exclusivement des restaurants. Cette forte concentration a conduit à qualifier le quartier de « ventre de Bruxelles » (en néérlandais maag van Brussel), appellation qui désignait autrefois le marché aux poissons aujourd’hui disparu. Les étages supérieurs présentent un taux de vacance élevé, notamment en raison de l’absence d’entrées indépendantesLoi en préparation contre le racolage gênant des clients, brusselnieuws.be, 20 octobre 2004.

Histoire Depuis 1550, le tracé de la rue des Bouchers, de la Petite rue des Bouchers et de la rue des Dominicains a très peu changé. Ces rues donnent accès à des impasses et à des passages aménagés au . À leurs extrémités se trouvaient de nombreuses abattoirs, fermés à partir de 1830 pour des raisons d’hygiène. Vers le milieu du furent construites les élégantes Galeries Royales Saint-Hubert entre ces rues étroites. Les restaurants n’apparurent qu’à la fin du .

Contrairement au quartier voisin de la Putterie, l’Îlot Sacré fut épargné par les travaux de la Jonction Nord-Midi. À l’approche de l’Exposition universelle de 1958, la Ligue esthétique belge parvint à faire échouer des projets visant à élargir la rue des Bouchers par la démolition des maisons d’un côté de la rue. Le principal animateur de ce premier groupe de pression urbanistique fut son président Pierre Grosjean. Lors de son entrée en fonction en 1956, le bourgmestre Lucien Cooremans annonça son intention de créer dans le centre-ville des zones patrimoniales devant être préservées à tout prix.

Pour l’Îlot Sacré, après intervention de la ligueDesiderata de la Ligue Esthétique Belge en ce qui regarde le plan d’aménagement de l’îlot sacré de la Ville de Bruxelles, 29 juillet 1958, un plan particulier d’affectation du sol fut élaboré par la Commission communale d’urbanisme et adopté le 21 mars 1960. Son objectif était essentiellement touristique. À terme, ces prescriptions conduisirent à la transformation du quartier en un ensemble historiquement discutable mais visuellement cohérent. L’architecte communal Jean Rombaux adopta un style homogène et puriste dans la lignée de son prédécesseur François Malfait. Pour ses projets, Rombaux s’appuya notamment sur le Comité d’études du Vieux Bruxelles, dont Malfait avait fait partie« Le projet d’îlot sacré : un rêve qui se réalise », Le Soir, 25 mars 1960.

Les commerçants contribuèrent à ce renouveau en fondant le 3 juin 1960 une association folklorique (Jean Van Calck, Emile Pauwen, Georges Lempereur…). Celle-ci devint en 1965 l’ASBL Commune libre de l’Îlot Sacré, inspirée du modèle français de la Commune libre du Vieux Montmartre ou de la République libre d'Outremeuse. Elle organise chaque année une fête folklorique en septembre.

L’année 2008 fut particulièrement agitée dans l’Îlot Sacré. Denis Debouvrie, surnommé le « roi du quartier » et instigateur de Jeanneke Pis, fut retrouvé assassiné, la gorge tranchéeDes morts, rien que du mal : Denis Debouvrie (1934-2008), brusselnieuws.be, 19 septembre 2008. À la suite d’une erreur de procédure, le suspect échappa à un procès devant la cour d’assises Îlot Sacré : une bévue compromet le renvoi aux assises !], dh.be, 12 juin 2014. En 2009, quatorze restaurateurs comparurent dans un important procès pour fraude.

Jusqu’à la fin de l’année 2016, il était possible de manger toute l’année sous des terrasses couvertes d’auvents. Depuis lors, les autorités communales ont interdit ces installations et renforcé le contrôle du régime saisonnier (du début avril à la fin octobre), ainsi que celui de l’interpellation et du racolage des passants, officiellement interdits mais longtemps tolérés. En 2017, une rénovation de l’espace public fut lancée afin de remplacer les pavés en terre cuite posés en 1970 par des pavés en porphyre provenant de la vallée de la Meuse.

Commune libre de l’Îlot Sacré La Commune libre de l’Îlot Sacré, est une ASBL fondée en 1960 mais qui porte ce nom-là depuis dont le but est faire revivre l'aspect folklorique du quartier. L'association est dirigée par un Grand Bailli et un Bourgmestre folklorique.

Liste des bourgmestres et grand baillis de l’Îlot Sacré:AnnéeBourgmestre Grand Bailli2025- Yves Annoye Italo Serra 2010-2025 Alain Tillière 1984-2010 Jean Van Calck 1983-1984 Jean Huybrechts 1981-1982 Léopold Schoonjans 1970-1980 Joseph Vanderkeerssen 1969-1970 Georgette Desmet 1964- 1968 Calixte Veulemans 1960- 1963 Emile Pauwen

Notes et références

Articles connexes

Bruxelles Histoire de Bruxelles Jeanneke Pis

Liens externes

Site officiel de l'Îlot Sacré