Le Bourru bienfaisant est une comédie de caractère de Carlo Goldoni, représentée pour la première fois à Paris, à la Comédie-Française, le .
Genèse Goldoni a décidé d'écrire Le Bourru bienfaisant à l'occasion des festivités accompagnant le mariage du futur Louis XVI et de Marie-Antoinette en 1770..
Argument Géronte, homme très colérique mais fondamentalement bon, décide de marier sa nièce Angélique, dont le frère a ruiné sa femme en la gâtant, à son ami Dorval. Celui-ci accepte à la seule condition que la prétendante soit d’accord. Celle-ci, qui aime en secret Valère, n’ose l’avouer à son oncle par peur de sa réaction. Le frère d’Angélique va essayer de se refaire en demandant de l’argent à son oncle et en mettant sa sœur au couvent afin d’éviter d’avoir à lui donner sa part d’héritage, qui est déjà mangée.
Distribution originale
Trame Acte I Dalancour est au bord de la faillite à cause de ses dépenses excessives. Pour tenter de sauver ses finances sans que sa femme ne s’en aperçoive, il décide de marier sa sœur Angélique à un homme riche, ou à défaut, de l’envoyer au couvent pour ne pas avoir à payer sa dot. Désespérée, car elle aime Valère, Angélique n’ose s’adresser directement à son oncle Géronte, terrifiée par ses accès de colère légendaires.
Acte II Valère tente d’intercéder et demande de l’aide à Dorval, l’ami intime de Géronte. Dorval accepte de parler au vieil homme. Cependant, lorsque Dorval aborde le sujet du mariage d’Angélique, Géronte, qui veut protéger sa nièce des manigances de son neveu, s’imagine à tort que Dorval demande la main d’Angélique pour lui-même ! Flatté de cette alliance avec un ami si vertueux, Géronte accepte immédiatement. Pris de court par l’impulsivité du vieillard, Dorval n’ose le détromper tout de suite. De son côté, Angélique est horrifiée en apprenant qu’on veut la marier à un homme beaucoup plus âgé qu’elle.
Acte III La situation financière de Dalancour explose au grand jour lorsque des créanciers menacent de le faire arrêter. En l’apprenant, Géronte entre dans une rage folle contre la folie dépensière de son neveu. Cependant, sa véritable nature prend vite le dessus. Dorval clarifie le quiproquo amoureux en expliquant à Géronte qu’Angélique aime le jeune Valère. Prenant conscience de ses erreurs de jugement, le « bourru » décide de tout réparer grâce à sa fortune. Il règle l’intégralité des dettes de son neveu à condition que celui-ci confie la gestion de ses biens à sa femme qui, touchée par la crise, promet de changer. Enfin, Géronte accorde une dot généreuse à Angélique et bénit son mariage avec Valère. La pièce s’achève sur le triomphe de la bienfaisance cachée du vieil homme.
Réception Jugée « froide et plate » par Marie du Deffand, lors de la lecture, selon l’usage de l’époque, dans les salons avant la représentation publique, la pièce a remporté un immense succès public dès la première. Goldoni a découvert, à cette occasion, non sans surprise, la coutume du public français de réclamer la montée de l’auteur sur scène pour l’acclamer. Restée au répertoire, la pièce a été régulièrement jouée jusqu'en 1849.
Notes et références
Liens externes
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