En japonais, désigne les écoles d'arts martiaux japonais antérieures, du point de vue de leur fondation, à la restauration de Meiji (1868) ou à l'édit Haitōrei (1876), qui interdit le port du sabre.
Une expérience contemporaine de traditions anciennes Le terme de koryū est employé pour désigner une école (ryū) « traditionnellepar opposition à « moderne », bien que la distinction entre ces deux termes soit souvent floue ». Elle se transmet au sein d'un dōjō sous l'égide du kamidana assimilé aux origines du Japon, (Yamato). La raison d'être d'une koryū était la formation du samouraïLa majorité des koryū traversent les siècles en montrant l'exemple de maîtres et de Grands Maîtres s'adonnant à leur disciplines au point qu'ils finissent par les incarner. L'exigence des anciennes écoles les poussent à perfectionner leur enseignement. Certains auteurs citent les koryū comme des écoles préservant une pratique à l'identique à travers les siècles.
D'autres écoles anciennes ont au contraire fait évoluer leurs techniques au fil du temps. Le cœur de ces deux types d'évolution est centré sur la question de savoir si la fidélité doit aller à la forme ou au fond. Il serait abusif de simplifier surtout quand la logique orientale ne pratique pas systématiquement le tiers exclu. Citation de Kajitsuka Sensei de la branche Ohtsubo de la lignée Owari du Yagyu Shinkage Ryu, dans une interview de Douglas Tong pour EJMAS : “Question: In your opinion, what is the fundamental philosophy or idea of budo? Sensei: In the old styles, the techniques are of course important. But everyone knows the techniques. They have not changed*. (* i.e., they have been codified and in a sense, are immutable.) But from now on, finding something new is important. Let’s take the word “kobudo”. What we do is classified as kobudo. It is formed of these kanji (writes the kanji for “ko”, then “bu”, then “do”, that make up the word). “Ko” typically means “old”. Old usually implies dead, a dead art. But it is not old. It is not dead. It is still alive, today. I don’t like the term “ko”-budo. It is not dead. It is still living. It is still adapting. It will continue to live and it will adapt to the needs, demands and atmosphere of the times in which it finds itself. It adapts constantly.” et la transmission d'un enseignement hérité du fondateurOn peut aujourd'hui découvrir auprès d'un maître les techniques et l'esprit de Ito Ittosaï, de Muso Gonnosuke, de Bokuden, de Miyamoto Musashi, dans respectivement la Itto Ryu, la Shinto Muso Ryu, la Bokuden Ryu ou aussi la Kashima Ryu, et la Hyoho Niten Ichi Ryu..
Les koryū sont aujourd'hui encore pleinement actives et œuvrent dans 3 directions : la préservation, la recherche et la transmission.
Le pratiquant sincère a la possibilité de se présenter à la porte d'une koryū. S'il est accepté, il devra suivre la manière traditionnelle et s'exercer durant de longues années sous l'autorité d'un maître. Dans les arts martiaux anciens, la connaissance passe impérativement par le keiko (l'exercice) appuyé sur la transmission des anciens maîtres.
Pour celles et ceux qui poussent la porte de ces dojos, les koryū offrent une expérience à chaque fois différente. Elles n'ont de référence qu'elles-mêmes guidées par l'exemple de leur fondateur. L'effort de l'élève et du maître est de « ne rien oublier, ne rien changer et ne rien ajouter ». Souvent mal comprise par le public, une modification de la technique peut répondre à une exigence même des principes de l'école et une conservation de la technique à l'identique peut correspondre à une perversion des principes du fondateur de l'école.
La haute maîtrise du Grand Maître sanctionne la juste conduite de l'école à travers le temps, par delà les modes et les personnalisations superficielles. Les koryū sont regroupées au sein de 2 organisations prestigieuses qui promeuvent les arts martiaux du Japon ancien : la Nihon Kobudō KyōkaiLe site Koryu.com publie une page sur la Nihon Kobudō Kyōkai (membre de la Nihon Budōkan) et la Nihon Kobudō Shinkōkai. Certaines koryū ont choisi de ne pas être membres de ces organisations.
Des ryū modernes Au Japon, le suffixe ryū désigne les écoles. La création de nouveaux courants ou de nouveaux styles d'arts martiaux (particulièrement en Europe et aux États-Unis) poussent leurs créateurs à une recherche sur la dénomination et aboutit à une floraison de ryū modernes. Ces écoles sont des surgeons de gendai budō (現代武道, « arts martiaux modernes », après 1868) tels que l'aïkido (fondé par Sensei Morihei Ueshiba ) ou le karaté et ne possèdent pas l'ancienneté des koryūParmi ces écoles modernes et à titre d'exemple, on peut compter quelques écoles : Iwama Ryu, Aïkiryu, Murashige Ryu pour l'aïkido et Goju ryū, Shito-ryū, Shōtōkan-ryū, Wadō-ryū, Yōseikan-ryū pour le karaté.. Les méthodes de transmission et d'enseignement ainsi que les techniques ne sont pas les mêmes. Sans que cela indique en quoi que ce soit une altération de leur qualité d'enseignement, ces écoles sont résolument des inventions modernes et ne doivent pas être confondues avec les koryū plusieurs fois centenaires.
Dans le cas de l'Aïkido, le mouvement créé par Saito Sensei pour préserver l'aïkido originel de O Sensei, l'école iwama ryū , jusqu'à sa mort, peut être assimilée à une koryū : elle respecte les principes même si elle n'en a pas l'ancienneté. Cet aikido refusait les modifications initiées par tous les autres directeurs techniques dans le monde entier et cherchait à revenir aux bases enseignées par O Sensei. Son fils et ses élèves n'ont pas réussi à faire perdurer cette idée.
Une relation symbiotique avec les arts modernes ou gendai budō Les arts martiaux « modernes » seraient par opposition fondés sur un objectif d'amélioration (physique, mentale ou spirituelle) du pratiquant individuel, avec un accent plus ou moins prononcé porté sur la confrontation sportive ou l'auto-défense. Cette affirmation est à modérer car on ne peut entrer dans une koryū sans avoir été examiné tant par ses capacités physiques, techniques et morales. Il s'ensuit par la fréquentation même des maîtres et par leur exemple que l'élève qui étudie les katas atteint une compréhension profonde le menant de la précision technique à la hauteur morale. Dans le Japon ancien, on ne séparait pas le shin, l'« esprit », le gi, la « technique » et le tai, le « corps ».
Miyamoto Musashi énonçait : N'être jamais cupide durant toute la vieEn anglais. N'avoir aucun regret dans les affaires. Ne jamais jalouser autrui en bien ou en mal. Éviter toutes pensées perversesles neuf principes fondamentaux de Miyamoto Musashi. Ne rien faire d'inutile. Cet enseignement est au cœur de la Hyoho Niten Ichi Ryu. Il est ouvert aux pratiquants du monde entier selon la volonté de son , Imaï soke. D'autres koryū ouvrent elles aussi leur enseignement aux non Japonais : Ittō-ryū, Kashima-shinryū, Musō shinden ryū, Tenshin Shōden Katori Shintō-ryū, Yagyu Shingan Ryu, Hontai Yōshin-ryū. Elles préservent toutes une rigoureuse sélection des élèves, privilégiant la qualité et se souciant peu du nombre. Les principes tant techniques que moraux de ses anciennes écoles sont des directions à poursuivre. Ils ne distinguent en rien leurs pratiquants de l'ensemble des pratiquants d'arts martiaux.
D'ailleurs, de nombreux membres de ces koryū pratiquent aussi les budō modernes comme le judo, l'aïkido, le karaté, le kendo ou le iaido. L'opposition que l'on voudrait voir entre « anciens » et « modernes » est plus une question de différence de parfum. De nombreux soke sont aussi des hauts gradés de budō modernes. Le même Imai soke était un de kendo. Les exemples sont nombreux. La distinction entre et est cependant claire pour ceux qui connaissent ces deux mondes. Afin de se préserver des amalgames et des créations commerciales, les koryū se sont regroupées afin de clarifier ce qu'est et ce que n'est pas une koryūLe site koryu.com ainsi que Diane et Meik Skoss ont édité des ouvrages sur le sujet aux éditions Koryu Books. Tous les arts martiaux modernes ont été créés à partir des arts anciens : Kano Jigoro a créé le judo à partir du Kito Ryu et du Tenshin Shinyo Ryu. Ueshiba Morihei a créé l'aïkido à partir du Daïto Ryu, du Kashima Ryu et du Hozoin Ryu. Funakoshi Gichin a créé le karaté shotokan à partir du karate-jutsu d'Okinawa. Le kendo a été créé en grande partie sur la base du Ittō-ryū et pour partie des autres ryu de kenjutsu.
Les koryū ont un enseignement très diversifié. Certaines enseignent un petit nombre et d'autres une vingtaine d'arts martiaux différents.
Liste des koryū
thumb|Kata au bokken, Hyōhō niten ichi ryū kenjutsu à Itsukushima-jinja
Les koryū au Japon Nihon kobudō kyōkai Liste des membres de la Nihon Kobudō Shinkōkai Kashima Shin Ryu Maniwa Nen Ryu Mugai Ryu Tamiya Ryu (Kuroda) Tamiya Ryu (Tsumaki)
Les koryū en France Hyoho Niten Ichi Ryū(兵法二天一流剣術), représentant français : Nguyen Thanh Thiên Mugai Ryu 無外流, représentant français : Masayoshi Sato Muso Shinden RyuListe de dojos en France de la Muso Shinden Ryu et aussi page dojo de Vincennes sur la Muso Shinden Ryu) (無雙直傳英信流居合術) Negishi-ryû - Shirai-ryûListe des dojos français de Negishi-ryû - Shirai-ryû (根岸流 - 白井流), représentant français : Pierre Iwao Simon Shinto Muso RyuListe des dojos français de la Shinto Muso Ryu affiliés à la Fej.Liste des dojos enseignant Shinto Muso Ryu appartenant à la FFJDA (神道夢想流) Suiō-ryuListe des dojos français de la Suiō-ryu). (水鷗流 居合 剣法), représentant français : Joan Cresp Takamura-ha Shindo Yoshin Ryu (高村派新道楊心流) heihôListe des dojos français de Tatsumi-ryû heihô (立身流兵法), représentant français : Pierre Iwao Simon Tenshin Shōden Katori Shintō-ryūPrésentation de la Tenshin Shōden Katori Shintō-ryū et liste de dojos en Europe et pour le courant de Sugino senseï (天真正伝香取神道流剣術), représentant français : Jean Paul Blond Toda-ha Buko-ryūListe des dojos français de la Toda-ha Bukô-ryû (戸田派武甲流), représentant français : Pierre Iwao Simon Yagyu Shingan-ryu Katchu HeihoSite français (柳生心眼流甲胄兵法), représentant français : Philippe Barthélémy
Les koryū en Belgique (浅山一伝流 体術), représentant belge : Enshin Ryū Suemonogiri, Kenpō & Yawara-jutsu (圓心流 据え物斬り, 拳法, 柔術), représentant belge : (伯耆流 柔術), représentant belge : Hontai Yōshin-ryūSite belge de la Hontaï Yoshin Ryu (本體楊心流柔術), représentant belge : Jikishinkage Ryū Naginatajutsu (直心影流長刀術), représentant belge : Mariko Sagisaka Site belge de la Muso Jikiden Eishin Ryu (無雙直傳英信流居合術), représentant belge : Wout Verschueren (天神真楊流 柔術) de la lignée Inoue Keitarō, ancien pratiquant belge : Carl De Crée Yagyū Shinkage-ryū (柳生新陰流 兵法剣術) de la lignée Owari-ha, ancien pratiquant belge : Carl De Crée
Quelques fondateurs de koryū Hayashizaki Jinsuke Minamoto no Shigenobu Iizasa Ienao Ito Ittosai Kamiizumi Ise-no-kami Fujiwara no Hidetsuna Mima Yoichizaemon Kagenobu Miyamoto Musashi Muso Gonnosuke Shinra Saburō Minamoto no Yoshimitsu Takagi Oriemon Shigetoshi Matsuoka Katsunosuke
Admissibilité dans les koryū Même pour un pratiquant d'arts martiaux japonais, intégrer une koryū est un honneur mais aussi un parcours d'obstacle où il lui faut : être conseillé sur la koryū qui lui correspond, avec laquelle il possède des affinités ; trouver les parrains, souvent ses professeurs en gendai budo ou des professeurs de ses professeurs, des personnes respectées de la communauté des budo ; par son attitude, sa manière de se présenter, son silence ou ses paroles réservées, s'exprimer comme un débutant dans le kobudō alors même qu'il ou elle peut avoir une expérience de 20 ans de iai ; recommencer les bases, pour ce même exemple 5 ans de kiri-otoshi quotidien exclusivement. Cette histoire vient d'un maître de Ittō-ryū élève de Sasamori Takemi ;