L'Avare fastueux est une comédie en 5 actes et en prose de Carlo Goldoni, écrite en français pour la Comédie-Française et créée le au château de Fontainebleau.

Sujet Le comte de Chateaudor, un parvenu fortuné tiraillé entre une avarice maladive et un besoin maladroit d’ostentation sociale, cherche à s’élever socialement en planifiant un mariage avantageux avec une femme de la noblesse. Il jette son dévolu sur la fille d’un Marquis ruiné, espérant ainsi acheter un titre et s’introduire dans un monde supérieur. Pour paraitre magnanime et splendide auprès de la haute société , il organise un grand diner qu’il veut somptueux et mémorable destiné à impressionner sa future belle-famille aristocratique. Cependant, sans cesse rattrapé par sa véritable nature, il ne cesse de harceler ses valets pour couper dans les dépenses, mégoter sur les ingrédients et réduire le cout de la réception au détriment du confort de ses invités, de telle sorte que son avarice finit par le faite rejeter par le milieu noble qu’il courtise. Le projet de mariage s’effondre devant les exigences financières de la famille du marquis et à la découverte du véritable caractère de l’avare, qui se tourne alors vers la fille du marquis elle-même pour tenter une nouvelle fois sa chance, tandis que les intrigues amoureuses des jeunes gens de la pièce (le vicomte, Dorimène, Léonor) se règlent en parallèle.

Personnages Monsieur de Chateaudor, avare et fastueux. Madame Dorimène, sœur de Chateaudor. Madame Araminte. Mademoiselle Leonor, fille d’Araminte. Le Marquis de Court-Bois. Le Vicomte de Court-Bois, fils du Marquis. Frontin, domestique de monsieur de Chateaudor. La Fleur, domestique du Marquis. Le Bijoutier. Monsieur Jacinte. Le Tailleur. Deux Domestiques. 'Un Laquais de Mme Araminte .

Trame La scène se passe à Paris dans le salon de Mr. De Chateaudor. Acte I Monsieur de Chateaudor va se marier avec Mlle Léonor, il a invité 20 personnes à dîner pour la signature du contrat le soir même. Son avarice se remarque avec le peu de nourriture pour le dîner dont se plaint son domestique Frontin. Dorimène doute que Léonor aime son prétendant et en fait part à son frère qui s’en moque. Frontin introduit un nouveau tailleur pour son maître, mais ce dernier indigné des procédés de Chateaudor s’en va ; Chateaudor voulait rendre les habits après la noce !

Acte II Dorimène essaye de sonder le coeur de Léonor, qui doutant de sa sincérité ne dit rien ; Araminte rejoint les dames. S’ensuit une scène comique avec Chateaudor et un bijoutier qui montre des diamants aux dames que Chateaudor veut offrir à Léonor. Ces bijoux, évidemment seront rendus après la noce. Chateaudor apprend par une lettre que le Marquis de Court-Bois et son fils le Vicomte veulent venir souper chez lui. À ce nom de Vicomte, Léonor se trouve mal, c’est lui qu’elle aime. Les dames sortent prendre l’air tandis que Chateaudor décide de décaler le dîner au souper pour ne faire qu’une pierre de coup. Araminte reproche à Chateaudor sa prodigalité avec les bijoux ; ce dernier en est fort étonné, l’avare passe pour fastueux !

Acte III Monsieur Jacinte, écrivain, vient faire part à Chateaudor de l’état de l’épître dédicatoire qu’il lui offre. Mais le cadeau devient vite à payer, aussi, Jacinte est renvoyé. La Fleur arrive et prévient de l’arrivée de ses maîtres ; Frontin lui raconte tous les exploits d’avarices de son maître. Le marquis et le vicomte arrivent, dans le but de parler à Chateaudor de l’amour du vicomte pour Léonor. Dans une scène très comique, le marquis apprend à sa grande surprise que Chateaudor va se marier avec l’amante de son fils !

Acte IV Dégouté de sa future belle famille et ayant vu la fille du marquis, Chateaudor décide de tenter sa chance avec elle. Il fait sa demande au marquis qui accepte volontiers. Le vicomte, mis au courant, s’empresse d’en faire part à Dorimène et Léonor. Araminte le surprend en train d’embrasser sa fille ; le vicomte lui fait sa demande. Araminte ne lui donne pas grand espoir mais est heureuse de rompre le mariage de sa fille et de Chateaudor. La Fleur informe le marquis de l’avarice de Chateaudor qui, en colère remet en question le mariage, surtout indigné du refus de paille pour les chevaux.

Acte V Frontin, allumant les lustres avec deux domestiques est interrompu par Chateaudor qui les éteint pour ne pas gaspiller. Chateaudor, n’y comprenant rien, apprend que son mariage avec la fille du marquis est rompu à cause de la paille ! Il renvoie Frontin à cause des moqueries de La Fleur sur son avarice à son égard qui ignorait qu’il était présent. Le marquis convainc Araminte de marier sa fille au vicomte, et pour carte blanche, de l’épouser. Frontin annonce à Dorimène et à l’assemblée que Chateaudor est parti pour toujours sur ses terres.

Extrait de la dernière scène

Particularités de la pièce Cette pièce est la seconde et dernière pièce en français de Goldoni, qui s’inspire de plusieurs de ses pièces antérieures et quelque peu de l’Avare de Molière pour créer celle ci.

Deux manuscrits assez semblables de la pièce existent. Cependant, le texte ne varie presque pas à l’exception de quelques injonctions ou débuts de phrases synonymes.

Réception Cette pièce ne connut pas le succès du Bourru bienfaisant, la précédente pièce en français de l'auteur. Goldoni a blamé une mauvaise interprétation des acteurs et leur manque de préparation. Elle ne fut imprimée qu'en 1787, à Paris chez la .

Adaptations Simon Mayr a composé L'avaro'', farce en un acte, sur un livret de Gaetano Rossi au teatro San Benedetto de Venise, .

Postérité Cette pièce a inspiré deux pièces au titre homonyme, l’une à Louis Reynier, une comédie en 5 actes et en vers, publiée en 1794. et l’autre à Godard d’Aucour en trois actes et en vers, en 1806.

Notes et références

Liens externes

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