vignette|Symbole de la translittération sino-latine, mettant en regard la lettre A et le sinogramme 文. C'est celui utilisé dans l'onglet du choix de langues sur Wikipedia. Le hanyu pinyin () est un système de romanisation du chinois mandarin, promu officiellement en 1958 en république populaire de Chine, puis en 2008 à Taïwan..

L'étude et la diffusion du mandarin, traditionnellement écrit à l'aide de sinogrammes, ont nécessité des systèmes de transcription au fur et à mesure que les contacts de la langue avec d'autres cultures et d'autres systèmes d'écriture se sont développés. Le pinyin est la méthode de transcription du mandarin en alphabet latin la plus répandue de nos jours dans les ouvrages modernes. Les principales difficultés à son usage, pour les locuteurs étrangers, viennent de la prononciation spécifique de plusieurs consonnes, et de la fréquente omission des accents tonaux.

Histoire Contexte : La romanisation du mandarin avant 1949 En 1605, le missionnaire jésuite Matteo Ricci publie Xizi Qiji à Pékin. Il s'agit du premier livre utilisant l'alphabet latin pour écrire dans la langue chinoise. Vingt ans plus tard, un autre jésuite en Chine, Nicolas Trigault, publie à Hangzhou. Aucun des deux livres n'a eu d'impact immédiat et la romanisation qu'ils décrivaient était à l'intention des Occidentaux, plutôt que des Chinois.

Un des premiers penseurs chinois à rapporter l'alphabet occidental au mandarin date de la fin de la dynastie Ming et du début de la dynastie Qing. Il s'agit de l'érudit Fang Yizhi (1611-1671).

Le premier réformateur de la dynastie Qing à proposer à la Chine d'adopter un système orthographique fut Song Shu (1862–1910). Il était l'étudiant des grands érudits Yu Yue et Zhang Taiyan, il s'est rendu au Japon afin d'observer l'effet syllabaire kana et l'apprentissage occidental. Cela l'a amené à participer à de nombreux projets, l'un des plus importants étant la réforme de l'écriture. Bien que Song n'ait pas créé par lui-même un système d'écriture sinitique, sa proposition fut bien reçue et a mené à la prolifération de schémas pour former une écriture phonétique.

Wade–Giles Le système Wade-Giles fut créé par Thomas Wade en 1859, et été amélioré par Herbert Giles dans le dictionnaire Chinois-Anglais de 1892. Ce système a toujours été populaire et a été utilisé dans les publications de langue anglaise à l'extérieur de la Chine jusqu'en 1979.

Sin Wenz Au début des années 1930, les dirigeants du Parti communiste chinois formés à Moscou prennent connaissance de l'alphabet phonétique utilisant les lettres romaines développé à l'institut oriental soviétique de Leningrad, et initialement destiné à l'alphabétisation de l'Extrême-Orient russe. Le Sin Wenz (littéralement, « nouvelle écriture ») était beaucoup plus sophistiqué linguistiquement que les alphabets précédents, avec comme exception qu'il n'incluait pas les différents tons utilisés en mandarin.

En 1940, plusieurs milliers de membres ont participé à une convention de la Société Sin Wenz. Mao Zedong et Zhu De, dirigeants de l'armée, ont tous deux fait contribuer leur calligraphie (en caractères) pour le titre du nouveau journal de Société Sin Wenz. À l'extérieur du Parti communiste chinois, il y avait de nombreux autres partisans influents, incluant le fils de Sun Yat-sen, Sun Fo ; Cai Yuanpei, l'éducateur le plus prestigieux du pays, Tao Xingzhi, un grand réformateur de l'éducation; et Lu Xun. Plus d'une trentaine de journaux sont bientôt apparus, tous rédigés en Sin Wenz, en plus d'un grand nombre de traductions, biographies (incluant Lincoln, Franklin, Edison, Ford et Chaplin), des œuvres de littérature chinoise contemporaine et un éventail de manuels. En 1940, le mouvement atteint un sommet quand le gouvernement de Mao Zedong déclare que le Sin Wenz avait le même statut légal que les caractères traditionnels chinois dans le gouvernement et les documents publics. De nombreux éducateurs et dirigeants politique attendaient avec impatience le jour où ils seraient universellement acceptés et remplaceraient complètement les caractères chinois. Des oppositions se sont toutefois manifestées, puisque le système n'était pas suffisamment adapté à l'écriture des langues régionales et nécessiterait ainsi donc un apprentissage du mandarin. Le système Sin Wenz est tombé en désuétude au fil des années suivantesJohn DeFrancis, The Chinese Language: Fact and Fantasy (Honolulu: University of Hawaii Press, 1984), pp. 246-247..

La romanisation Yale En 1943, l'armée américaine engage l'Université Yale pour développer une romanisation du Mandarin chinois pour ses pilotes qui survolent la Chine. Le résultat final est très similaire au Pinyin, mais évite d'utiliser les lettres latines d'une manière non familière pour des anglophones. Par exemple, le x en pinyin pour ɕ est écrit comme sy dans le système Yale ; les semi-voyelles médianes s'écrivent avec y et w (au lieu du i et u pinyin) et les voyelles apicales (consonnes syllabiques) avec r ou z. Les marques d'accentuation sont utilisées pour indiquer le ton.

L'émergence et l'histoire du Hanyu Pinyin Le Pinyin fut créé par un groupe de linguistes chinois, incluant Zhou Youguang qui était un économiste, dans le cadre d'un projet gouvernemental chinois dans les années 1950. Zhou, souvent reconnu sous le nom du « père du Pinyin » Reprinted in part as , travaillait comme banquier à New York lorsqu'il pris la décision de retourner en Chine pour aider à reconstruire le pays à la suite de la création de la république populaire de Chine en 1949. Il devint un professeur d'économie à Shanghai et, en 1955, lorsque le ministère chinois de l'éducation créa un comité pour la réforme de la langue écrite chinoise, le premier ministre Zhou Enlai confia à Zhou Youguang, bien qu’il ne fût pas un linguiste professionnel, la tâche de développer un nouveau système de romanisation.

Le Hanyu Pinyin a été construit sur la base de nombreux systèmes existants déjà : Gwoyeu Romatzyh de 1928, Latinxua Sin Wenz de 1931, et les marques diacritiques du zhuyin fuhao (ou bopomofo)Rohsenow, John S. 1989. Fifty years of script and written language reform in the PRC: the genesis of the language law of 2001. In Zhou Minglang and Sun Hongkai, eds. Language Policy in the People's Republic of China: Theory and Practice Since 1949, p. 23. Zhou aurait dit « Je ne suis pas le père du Pinyin, je suis le fils du Pinyin. C'est le résultat d'une longue tradition du temps de la dynastie Qing jusqu'à aujourd'hui, mais nous avons réétudié le problème, nous l'avons revisité et l'avons rendu plus parfait ».

Un projet a été publié le . La première édition du Hanyu Pinyin fut approuvée et adoptée à la cinquième session du premier congrès national du peuple le . Le Pinyin fut par la suite introduit dans les écoles primaires pour enseigner la prononciation du mandarin standard et fut utilisé pour améliorer le taux d'alphabétisation des adultes.

Pendant la guerre froide, l'utilisation du Pinyin au lieu du système de romanisation Yale à l'extérieur de la Chine était perçue comme une déclaration politique ou une identification au régime communiste chinois. Au début des années 1980, des publications occidentales s'adressant à la Chine commencèrent à utiliser la romanisation Hanyu Pinyin au lieu des systèmes précédentsTerry, Edith. How Asia Got Rich: Japan, China and the Asian Miracle. M.E. Sharpe, 2002. 632. Retrieved from Google Books on August 7, 2011. , 9780765603562. ; ce changement a suivi la normalisation des relations diplomatiques entre les États-Unis et la république populaire de Chine en 1979Terry, Edith. How Asia Got Rich: Japan, China and the Asian Miracle. M.E. Sharpe, 2002. 633. Retrieved from Google Books on August 7, 2011. , 9780765603562.. En 2001, le gouvernement de la république populaire de Chine a publié la loi sur la langue commune nationale, fournissant une base juridique pour l'application du Pinyin. La spécification actuelle des règles orthographiques est établie dans la norme nationale GB/T 16159–2012.

Origine

Le terme pinyin () signifie littéralement « assembler les sons » en mandarin standard. Il désigne couramment le hanyu pinyin signifiant dans le contexte « assembler les sons de la langue des Hàns ». Des systèmes similaires ont été conçus pour les autres langues chinoises employées par les locuteurs non hàns.

Le projet de transcription de la langue chinoise aboutissant au pinyin a été lancé par le linguiste Zhou Youguang. Une première ébauche est publiée le . Une version finale est approuvée le , pendant la cinquième session plénière de l'Assemblée nationale populaire de la république populaire de Chine. Son système a été adopté en 1979 par le gouvernement chinois.

En 1979, l'Organisation internationale de normalisation a adopté le pinyin comme système de romanisation du mandarin. Il porte aujourd'hui l'identifiant ISO 7098..

En 2009, il a également été adopté par la république de Chine (Taïwan) pour la romanisation dans les instances gouvernementales, tout en n'étant pas imposé dans l'éducation ou les méthodes de saisie informatique..

Usage Le pinyin supplanta des transcriptions plus anciennes comme le système Wade-Giles (1859 modifié en 1912), ou le Bopomofo qui cependant reste utilisé en république de Chine (Taïwan). Dans les dictionnaires de sinogrammes de la république populaire de Chine, les définitions sont classés dans l'ordre alphabétique dit levantin suivant la transcription des termes en pinyin.

Depuis 1958, le pinyin est activement utilisé dans l'éducation des adultes. Il facilite l'auto-apprentissage des personnes autrefois analphabètes, après une courte période d'instruction en pinyinR. F. Price (2005), , volume 23 de (2, édition illustrée). Routledge. pp. 206-208 .. Il est devenu un outil pour beaucoup d'étrangers désirant connaître la prononciation du mandarin. Couplé avec l'étude des caractères chinois, il permet d'expliquer à la fois le mandarin parlé et sa grammaire. Les livres contenant des caractères chinois et des transcriptions pinyin sont donc souvent utilisés par des apprenants étrangers.

Le pinyin est devenu la méthode dominante pour écrire le chinois sur ordinateur en Chine continentale, alors que c'est le bopomofo qui est le plus utilisé à Taïwan.

Prononciation

Pour décrire une syllabe chinoise, on distingue son attaque et sa finale. Et la finale, également appelée rime, se décompose elle-même en médiane, noyau et coda. L'attaque, également appelée initiale, est une consonne débutant éventuellement la syllabe. La médiane est une semi-voyelle se plaçant éventuellement entre l'attaque et le noyau. Le noyau de la syllabe est une voyelle. La coda est une seconde voyelle ou une consonne nasale, quelquefois un -r, attaché comme un suffixe grammatical, terminant éventuellement la syllabe.

Voyelles Les premiers diagrammes connus de voyelles chinoises ont été publiés en 1920 par le linguiste Yi Tso-lin. Le tableau suivant liste les voyelles en mandarin : dans chaque case, en haut sa prononciation de référence en API, en bas son écriture en pinyin.

Point d'articulation→AntérieuresQuasi-antérieuresCentralesQuasi-postérieuresPostérieures Aperture↓non arr.arr.non arr.arr.non arr. arr.non arr.arr.non arr.arr.Ferméesiü / u i uPré-fermées o Mi-fermées e eoMoyennes e Mi-ouvertesa / ê oPré-ouvertes

a / e Ouvertesa a

Tons Le mandarin est une langue tonale à quatre tons. Ceux-ci sont représentés en pinyin par des accents, également appelés diacritiques. Lorsqu'on ne dispose pas des caractères accentués, on peut utiliser des chiffres écrits après les syllabes. Le 0 indiquant l'absence de ton.

Cette table donne les caractères Unicode correspondant aux lettres accentuées utilisées en pinyinCes caractères peuvent être utilisés directement dans les documents codés en UTF-8 (ou autre codage Unicode) ou à l’aide d’entités de caractère dans les documents HTML non Unicode.. thumb|upright=2|Les tons.