Jean Sylvain Bailly, né le à Paris et mort le dans la même ville, est un mathématicien, astronome, académicien, écrivain et homme politique français.

Il devient le premier maire de Paris lors de la Révolution française, en .

Biographie Famille Ses parents sont Bailly et Cécile Guichon. Jean-Sylvain Bailly est le petit-fils de Nicolas Bailly, peintre du roi et garde des tableaux de la couronne, qui le destinait à la peinture. Le père de Jean Sylvain Bailly est aussi un peintre. Jean Sylvain Bailly préfère par-dessus tout l'astronomie.

Membre des académies Jean Sylvain Bailly travaille d’abord pour le théâtre, mais lié à Lacaille, il s’intéresse très tôt à l’astronomie et fait construire un observatoire sur le toit du Louvre, à Paris. Il est proche des philosophes. Il a rédigé plusieurs ouvrages dont une Histoire de l'astronomie ancienne, depuis son origine jusqu'à l'établissement de l'École d'Alexandrie. et une Histoire de l'astronomie moderne depuis la fondation de l'école d'Alexandrie jusqu'à l'époque de 1730..

Ses observations astronomiques lui valent son élection à l’Académie des sciences en 1763..

Son Histoire de l’Astronomie, œuvre littéraire autant que scientifique, lui ouvre les portes de l’Académie française : il est battu en 1781, malgré le soutien de La HarpeVictor Melchior Jacques, « Cérutti et le salon de la duchesse de Brancas à Fléville (1778-1784) », Annales de l'Est, 1888, ()., il est élu en 1783, grâce à la persévérance de son ami Buffon.

Franc-maçon, il est un des membres les plus actifs de la loge Les Neuf Sœurs de Paris..

Il existe un portrait de son épouse datant sans doute de 1789 signé Pierre Rouvier (Metropolitan Museum of Art)Notice œuvre, The MET..

Pendant la Révolution, . vignette|gauche|redresse|René de Saint-Marceaux, Monument à Jean Sylvain Bailly (1883), Versailles, salle du Jeu de paume.

Révolution française Membre aussi de la Société des amis de la constitution, Jean Sylvain Bailly est rédacteur avec Camus, Le Chapelier et Guillotin, du Cahier de doléances du Tiers état de Paris qui demande la démolition de La Bastille, puis il est élu le , député du Tiers état de Paris aux États généraux. Le suivant, il est élu président du tiers état et, le , président de l’Assemblée nationale (fonction qu'il occupera jusqu'au de cette année).

Le , lors du serment du Jeu de paume, il est le premier à prêter serment et, trois jours plus tard, lors de la séance où Louis XVI exige la dispersion de l’Assemblée, il refuse d’obtempérer et se proclame président de l'Assemblée nationale.

vignette|redresse|Jean Sylvain Bailly lors du serment du Jeu de paume à Versailles le , lithographie.

Maire de Paris Le lendemain de l'assassinat de Jacques de Flesselles, il est désigné maire de Paris le par l'acclamation d'une assemblée hétéroclite d'électeurs des 60 districts et de quelques députés de l'Assemblée nationaleJacques de Cock, L'affaire de la mairie de Paris en 1789, Lyon, Fantasques éditions, 1991, .. C'est à ce titre qu'il remet la cocarde tricolore au roi, lors de la visite que celui-ci rend à l'hôtel de ville, le .

Dans sa fonction de maire, il est le chef de la première Commune de Paris, et se trouve attaqué par Camille Desmoulins et Jean-Paul Marat, pour être trop conservateur. Il demeure à cette époque dans un hôtel particulier au 8–12, rue Neuve des Capucines, mis à la disposition par la commune.

Fusillade du Champ-de-Mars

Après l'évasion manquée des 20 et 21 juin 1791 de la famille royale, Bailly veut contenir l'agitation républicaine qui vise à obtenir la déchéance du roi et, à la demande de l'Assemblée, proclame la loi martiale. Le , la Garde nationale qu'il mène tire mortellement sur les pétitionnaires qui se tiennent sur le Champ-de-Mars. Les estimations les plus nombreuses décomptent une cinquantaine de morts dans les deux camps. Des estimations partisanes vont d'une dizaine à plusieurs centaines de morts, sans faire état des blessés. En conséquence de son utilisation de la violence, la popularité de Bailly, restée jusque-là à peu près intacte, tombe au plus bas. Le , il démissionne de toutes ses fonctions politiques, et se retire à Nancy.

Condamnation vignette|redresse|Bailly conduit à l'échafaud. Illustration de Tony Johannot publiée dans l’Histoire de la Révolution française d'Adolphe Thiers, Furne, 1836. Il est mis en état d'arrestation en , alors qu'il se trouve à Melun, et placé en détention. Appelé à témoigner lors du procès de Marie-Antoinette, il refuse de le faire à charge et dépose en sa faveur, ce qui le conduit implicitement à sa perte.

Son procès est expédié par le Tribunal révolutionnaire du 9 au , et la sentence exécutée le lendemain, après que la guillotine eut été symboliquement transportée par les révolutionnaires de l'esplanade du Champ-de-Mars , et installée à l'extrémité gauche du champ de la Fédération, dans le fossé même qui entourait l'enceinte, car les révolutionnaires ne voulaient pas que le sang de Bailly soit mélangé à celui de leurs émeutiers morts au Champ-de-Mars. Comme les membres du condamné, glacés par la pluie et le froid, sont agités d’un tremblement involontaire, un spectateur lui dit :

Une plaque commémorative apposée sur l'immeuble au 2, avenue de La Bourdonnais marque l'emplacement de son exécution.

vignette|redresse|La plaque commémorative dans l'église Saint-Pierre-du-Gros-Caillou à Paris.

Son corps repose sous l'église Saint-Pierre-du-Gros-Caillou, dans laquelle une plaque commémorative a été apposée le .

Les académies étant supprimées, sa place à l'Académie française ne sera donnée à Emmanuel-Joseph Sieyès qu'en 1803 lors de la création de la seconde classe de l'Institut de France.

En son ami, le poète Simon-Pierre Mérard de Saint-Just publie à Londres un Éloge historique de Jean Sylvain Bailly en ..

Publications vignette|redresse|Garneray et Alix, Portrait de Jean Sylvain Bailly (1795), gravure d'après Jacques-Louis David. Sur les inégalités de la lumière des satellites de Jupiter, 1771. . Essai sur la théorie des satellites de Jupiter, 1776. . . . . . , , , . . , , , . Mémoires. Tome 1 : « La Révolution du Tiers : – », , , 300 p. Tome 2 : « Premier maire de Paris : – », , , 285 p., 21 cm, Clermont-Ferrand, Paléo, la Révolution française, 2004. Mémoires de Bailly, tome 1 (1821) Mémoires de Bailly, tome 2 Mémoires de Bailly: avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissements historiques, tome 3 (1822)

Hommages Un buste en pierre de Bailly, réalisé vers 1790 par le sculpteur Louis Pierre Deseine, est installé dans la salle de l'été 1789 au musée de la Révolution française à Vizille. Un éloge funèbre lui est consacré en par son ami, l'auteur libertin Simon-Pierre Mérard de Saint-Just (1747–1812). En 1881, le sculpteur Paul Aubé (1837-1916) participe au concours organisé par l'État pour la réalisation d'un monument à la gloire de la Constituante. Sans que le projet soit sélectionné, une statue de Bailly est commandée pour la salle des pas perdus de la Chambre des députés. En 1890, l'œuvre est installée dans le jardin du Luxembourg situé dans le arrondissement de Paris. Le monument est envoyé à la fonte en 1941 sous le régime de Vichy dans le cadre de la mobilisation des métaux non ferreux.. Arago prononce en 1844 son éloge à l’Académie des sciences. En 2020, Edwy Plenel publie un livre d’enquête autour de la phrase prononcée par Bailly en 1789.. Un cratère lunaire, « Bailly », a été nommé en son honneur. Le cratère fut observé pour la première fois en 1791. Avec un diamètre de , c'est le plus grand cratère de la face visible de la lune.

Dans la culture populaire Cinéma La Révolution française (1989) de Robert Enrico et Richard T. Heffron, interprété par Michel Duchaussoy.

Notes et références Note

Références

Voir aussi Bibliographie

François Arago, « Biographie de Jean-Sylvain Bailly, astronome de l'ancienne Académie des sciences, membre de l'Académie française et de l'Académie de l'inscription et belles-lettres, premier président de l'Assemblée constituante, premier maire de Paris », in: Mémoires de l'Académie des sciences de l'Institut de France, , Paris, Gauthier-Villars, 1853, (lire en ligne). .

Article connexe

Liste des membres de l'Académie royale des sciences

Liens externes

Académie des sciences : les membres du passé dont le nom commence par B.

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