, ou Rapport minoritaire au Québec, est un film de science-fiction américain réalisé par Steven Spielberg, sorti en 2002. Il s'agit d'une adaptation de la nouvelle Rapport minoritaire de Philip K. Dick publié en 1956.
Le film place le spectateur dans un futur proche, une utopie dont le cadre se situe en 2054 à Washington (États-Unis), où trois êtres humains mutants, les « précogs », peuvent prédire les crimes à venir grâce à leur don de précognition. Grâce à ces visions du futur, la ville a réussi à éradiquer la criminalité et les agents de l'organisation gouvernementale Précrime peuvent arrêter les criminels juste avant qu’ils ne commettent leurs méfaits. Mais un jour, le chef de l'unité, John Anderton, reçoit des précogs une vision le concernant : dans moins de 36 heures, il aura assassiné un homme qu’il ne connaît pas encore et pour une raison qu’il ignore. Choqué, il prend la fuite, poursuivi par ses coéquipiers qui ont pour mission de l’arrêter conformément aux règlements.
Synopsis À Washington D.C. en 2054. John Anderton est le chef de l'organisation gouvernementale expérimentale Précrime qui existe depuis 6 ans. Cette unité permet d'éviter les crimes avant qu'ils ne surviennent. John s'occupe aujourd'hui d'un crime passionnel. Le crime non prémédité est anticipé par les précogs (abréviation de précognitifs), trois humains mutants aux capacités psychiques hors normes, maintenus en état de stase au cœur du siège de Précrime, le « Temple ». Les précogs fournissent avec précision le nom des victimes, le nom du meurtrier ainsi que la date et l'heure du délit. Les autres aspects du crime, notamment le lieu, ne peuvent être découverts qu'en décryptant les images floues, incomplètes, distordues, relayées par le cerveau des trois précogs.
John Anderton est depuis quelque temps supervisé par Danny Witwer, un agent du ministère de la Justice envoyé pour évaluer le système car les Américains vont bientôt être consultés par référendum pour étendre à tout le pays le programme Précrime, utilisé alors uniquement à Washington. L'intervention est un succès et le supposé criminel, Howard Marks, est appréhendé et « cerclé », c'est-à-dire placé en état de stase.
John Anderton retourne dans son appartement après avoir acheté de la drogue dans la Zone et passe sa soirée à regarder des vidéos holographiques de sa femme et de son fils Sean, âgé de six ans. Des articles de journaux posés sur sa table de nuit, relatant l'enlèvement d'enfants, ne laissent aucun doute sur les raisons de l'absence de Sean, kidnappé lui aussi et sur la disparition de la femme de John — le couple s'est certainement séparé à la suite de l'enlèvement de leur enfant.
Le lendemain, Witwer visite la salle où les trois précogs reposent dans un bassin rempli d'une substance translucide. Anderton, en retrait, est apostrophé par l'un des précogs, Agatha, qui émerge de l'eau et lui montre des images d'une femme en train d'être assassinée. Intrigué par les circonstances inhabituelles de révélation et du fait qu'un seul des trois précogs a eu une vision, Anderton enquête.
Les précogs peuvent avoir des réminiscences d'affaires intervenues plusieurs années plus tôt (les « échos »). Comme un seul précog a eu cette vision, il suppose qu'il s'agit d'une vieille affaire. Il retrouve effectivement la tentative d’assassinat en question. Elle date de six ans, avant son arrivée à l'agence et a été une des toutes premières traitées par Précrime. Il s'agit de la tentative de meurtre par noyade d'une certaine Anne Lively (bien sûr sauvée sur le coup ; mais n'ayant plus donné de signe de vie depuis quelques années et donc portée disparue). Les images des deux autres précogs sont enregistrées. Mais celles d'Agatha, celles qu'elle vient de lui montrer, n'existent pas pour cette affaire : elles semblent avoir été effacées. En vérifiant, il constate que douze autres cas de meurtres sont incomplets. Anderton prévient alors Lamar Burgess, le richissime créateur de la cellule, en qui il a toute confiance. Mais celui-ci n'apparaît pas inquiet par ces absences. L'agent retourne donc à son travail.
thumb|Boule utilisée dans le film, sur laquelle est inscrit le nom du héros. Un nouveau meurtre va avoir lieu dans trente-six heures. La victime s'appelle Léo Crow. Mais en récupérant le nom du meurtrier, Anderton voit qu'il s'agit de lui-même. Sachant qu'il va être capturé, il s'enfuit. Anderton n'a jamais rencontré ce Léo Crow et croit à un faux monté par Witwer pour discréditer le système ; il parvient alors à contacter discrètement Lamar Burgess. Celui-ci l'assure de sa confiance mais lui indique qu'il est absolument impossible de trafiquer les visions des précogs. Parvenu à semer ses anciens collègues lancés à sa poursuite, mais sceptique, Anderton décide de se réfugier dans la maison d'Iris Hindeman, cofondatrice de Précrime avec Lamar Burgess, mais retirée de la vie publique. La vieille dame lui révèle qu'il peut bel et bien arriver qu'Agatha ait une vision de l'avenir un peu différente de celle de ses camarades (ce qui correspond aux treize cas mentionnés) mais que, par souci de crédibilité, le système exclut alors la vision discordante et l'efface. Toutefois, une trace de cette vision demeure présente dans l'esprit d'Agatha. Elle confirme n'être pas certaine que les meurtres auraient bien eu lieu dans ces cas de « rapports minoritaires ». Mis au courant de ce secret jusqu'ici connu des seuls Hindeman et Burgess (lequel ne lui en ayant jamais parlé et vient donc de lui mentir au sujet des treize cas), Anderton se met à douter pour la première fois d'un système auquel il voue une confiance absolue depuis six ans. Il y voit aussi sa seule chance de prouver son innocence : dans la récupération d'un « rapport minoritaire » de la prédiction le concernant, rapport qui aurait été ignoré par le système.
En 2054, il est difficile de se déplacer incognito car toutes les personnes sont soumises à des scanners rétiniens (pour la personnalisation des messages publicitaires audio, par exemple). Pour échapper à toute identification, Anderton va se faire transplanter de nouveaux yeux chez un chirurgien clandestin. Alors qu'il dort pour récupérer de l'opération, le temps que ses greffes prennent, l'agent revit l'enlèvement de son fils, alors qu'il l'accompagne à la piscine. Il se réveille et découvre que des agents de Précrime sont en train de fouiller le bâtiment où il se trouve. En quête du fugitif, l'équipe sur place déploie de petites araignées robotiques intelligentes chargées de scanner les yeux de tous les êtres humains à leur portée. Ayant retrouvé Anderton, celles-ci cherchent à l'identifier mais, du fait de l'opération chirurgicale, ne le reconnaissent pas.
Anderton se rend à Précrime où il arrive à pénétrer, en plaçant devant les multiples scanners d'identification rétinienne ses anciens yeux qu'il a conservés. Parvenu au cœur du bâtiment, il sort Agatha de son bassin, déconnectant ainsi le réseau de précogs qui fait fonctionner Précrime. Il s'échappe en embarquant avec lui la précognitive et va trouver un de ses amis hacker qui scanne la mémoire d'Agatha : Anderton accède ainsi à la vision du meurtre qu'il est censé commettre. Toutefois, la vision est identique à celle ayant été sélectionnée par le système : il n'existe pas de « rapport minoritaire » pour son cas et il va bien être amené à tuer Léo Crow.
Anderton est déterminé à ne pas commettre le meurtre de ce pur inconnu. Mais, pour échapper à la police qui le traque, une série de péripéties va le contraindre à trouver refuge dans l'appartement de Léo Crow. En fouillant ce dernier, Anderton y trouve quantité de photos d'enfants éparpillées et, parmi elles, certaines de son fils. L'idée qu'il n'y a pas de « rapport minoritaire » pour son crime s'affirme : il a toujours prémédité la mort du ravisseur de son fils si jamais il le découvre et Leo Crow s'avère être celui-ci. Il décide donc de le tuer.
Sommé par Agatha (qui est toujours avec lui) de réfléchir, Anderton reconsidère son envie de meurtre et décide simplement d'arrêter Crow. Il lui annonce ses droits Miranda. C'est alors que Crow annonce que s'il n'est pas tué, sa famille n'aura rien. Anderton comprend que tout cela relève donc d'une mise en scène. Crow parvient à accrocher le pistolet d'Anderton et se suicide en appuyant sur la main de l'agent. Anderton et Agatha quittent alors l'appartement : au courant de la prédiction, les agents de Précrime n'ont en effet pas réussi à localiser assez rapidement le lieu pour empêcher le suicide.
Pendant ce temps, Witwer rend visite à Lamar Burgess et l'entretient de ses doutes sur la fiabilité du système. Il lui montre les rapports concernant le meurtre d'Anne Lively, intriguant Anderton et sur lequel il a aussi enquêté : le « rapport minoritaire » d'Agatha et le rapport majoritaire des deux autres précogs. Il a remarqué des différences qui tendent à prouver que les deux visions ne datent pas du même moment : le meurtre étant commis près d'un lac, on peut remarquer que d'une version à l'autre, les ondulations de l'eau ne vont pas dans le même sens. À cet instant, Lamar Burgess tue Witwer, car il sait que Witwer a compris la vérité. En l'absence d'Agatha, le Précrime n'a pas pu prédire ce meurtre. Lamar Burgess peut faire disparaître le corps sans être inquiété.
Anderton s'est réfugié avec Agatha dans la maison de son ex-femme Lara et il comprend pourquoi il est l'objet de manipulations : la femme Anne Lively dont il a vu le meurtre n'est autre que la mère d'Agatha. Celle-ci tente de récupérer sa fille, utilisée comme précog ; on l'a donc assassinée pour le bien du programme. Le mécanisme choisi est particulièrement subtil : l’assassin a engagé un premier tueur pour commettre une tentative de meurtre par noyade. Bien sûr alerté par la vision des deux précogs (Agatha sentant le peu d'entrain du meurtrier payé avait fait un rapport minoritaire), Précrime est intervenu pour sauver Anne Lively. Mais quelques minutes plus tard, un second tueur est parvenu sur les lieux du crime et a reproduit la scène avec le même mode opératoire : les deux premiers précogs et Agatha ont prévu ce second meurtre, mais les opérateurs ne remarquent pas les minuscules différences (le sens des vagues par exemple) et ont logiquement pensé qu'il ne s'agit que d'un écho, donc classé sans suite. Le meurtre aurait ainsi bien pu avoir lieu, en toute impunité.
La police intervient à ce moment et arrête Anderton. Elle récupère Agatha qui est immédiatement remise en service. Plus tard, Lara s'entretient avec Lamar Burgess au sujet du meurtre d'Anne Lively. Elle comprend que, désireux de ne pas compromettre Précrime en rendant Agatha à sa mère, c'est lui qui en a été l'instigateur, peut-être même le second meurtrier. Elle parvient à libérer son ex-mari. Anderton se rend à la rencontre de Lamar Burgess et le confronte à son crime. Fou de rage en pensant que ces aveux vont ruiner sa carrière, Lamar Burgess décide de tuer son ex-ami Anderton, vision détectée par les précogs remis en service. Juste avant que la police n’intervienne, Anderton, alors qu'il se trouve sous la menace du pistolet de Burgess, lui indique alors que sa carrière est d'ores et déjà ruinée : s'il le tue, les précogs ont raison, Précrime est fiable… mais Burgess finira sa vie enfermé. S'il renonce, le système s'est trompé et Précrime est immédiatement supprimé. Perturbé par ce dilemme, Burgess se suicide.
Finalement, Anderton explique que l'expérience Précrime est arrêtée et que tous les précriminels ont été libérés sans condition. Anderton s'est remis en couple avec Lara, qui attend leur deuxième enfant. Quant aux précogs, ils ont été mis au secret et vivent désormais une vie normale.
Fiche technique
Titre original et français : Titre québécois : Rapport minoritaire. Réalisation : Steven Spielberg Scénario : Jon Cohen et Scott Frank, d'après la nouvelle Rapport minoritaire de Philip K. Dick Musique : John Williams