Les remparts d'Avignon sont les fortifications ceinturant le bourg ancien d'Avignon dans le département du Vaucluse, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. C'est l'une des rares villes françaises à avoir conservé l'intégralité de ses remparts.

Il a existé plusieurs fortifications depuis l'Antiquité tardive dont les plus récentes datent de la deuxième moitié du , érigées sur l'ordre du pape .

Avec son centre historique, composé du Palais des Papes, de l'ensemble épiscopal et du pont d’Avignon, elle a été classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. Les remparts et leurs abords font également l'objet de plusieurs classements au titre des monuments historiques, par le ministère de la culture, en 1906, 1914, 1915, 1933 et 1937..

Historique Emporion grec Simple emporion grec fondé par les Phocéens de Marseille vers , c'est au cours du que les Massaliotes commencèrent à signer des traités d'alliance avec quelques villes de la vallée du Rhône dont Avignon et Cavaillon. Un siècle plus tard, Avignon fait partie de la « région des Massaliotes »Expression utilisée par le Pseudo-Aristote dans Récits merveilleux. ou du « pays de Massalia »Dénomination employée par Denys le Périocète dans Description de la terre habitée.

Fortifiée sur son rocher, la cité devient par la suite et resta longtemps la capitale des CavaresPline l'Ancien dans sa Naturalis Historia et Pomponius Mela dans sa De Choregraphia désignent Avignon comme la capitale des Cavares..

Enceinte romaine

Les premières fortifications d'Avenio furent édifiées sous la colonisation romaine au . Si leur tracé reste hypothétique, Sylvain Gagnière en a défini un possible périmètre. Il serait délimité par les rues Petite-Reille, des Grottes, Racine et Bouquerie, à l'ouest, les rues Collège-d'Annecy, des Études et du Crucifix, au sud, les rues Four-de-la-Terre, Chapeau-Rouge, de l'Oriflamme et Sorguette, à l'est, tandis qu'au nord, il se rattachait au Rocher des Doms suivant le tracé de la rue de la Forêt et la chapelle des Pénitents-Noirs. Cette délimitation a été admise et reprise par les historiens, car ce tracé de forme rectangulaire est du type habituel des enceintes romaines.{ "type": "FeatureCollection", "features": [

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Remparts des Une évolution notable dans les fortifications date du . Ils furent édifiés autour de la ville, pour la protéger, une double enceinte avec fossés qui correspondait au tracé de l'enceinte romaine>.

Lors de la guerre des Albigeois, la ville ayant pris le parti du comte de Toulouse, , est assiégée et prise par le roi de France le Chronologie cathares.. Le roi ordonne que l'on abatte la majorité des murs et que l'on comble les fossés avec l'interdiction de rebâtir avant cinq ans.

Entre 1234 et 1237, les Avignonnais édifient un nouveau rempart, situé trente à quarante mètres à l'extérieur des ruines du précédent. Son tracé se retrouve parfaitement dans celui des rues : Trois-Colombes, Campane, Philonarde, Lices, Henri-Fabre, Joseph-Vernet et Grande-Fusterie. Il ne fut achevé définitivement qu'en 1248.

À l'angle de la rue Joseph-Vernet et Saint-Charles ont voit encore un fragment de ce rempart médiéval.

Remparts du vignette|gauche|La ville d'Avignon, interprétation du Maître de Boucicaut. vignette|Les remparts en 2011. vignette|Marques de tâcherons partiellement visibles sur les remparts. Avec l'installation des papes à Avignon, la cité s'agrandit et des faubourgs se construisirent à l'extérieur des murs.

convint que le nouveau palais des Papes, les palais cardinalices, les abbayes, couvents et édifices religieux d’Avignon avaient besoin d’une protection efficace. Dès 1349, le pape chargea Juan Fernandez de Heredia de construire des remparts. Pour les financer, les Avignonnais furent taxés et se virent imposer une gabelle sur le sel, le vin et les marchandises, ils durent payer en plus un florin par tête. Les membres de la Curie furent envoyés aux quatre coins de l’Europe pour trouver des subsides. La mission la plus fructueuse fut celle de Philippe de Cabassolle, l’évêque de Cavaillon, qui, grâce aux recommandations de auprès des princes du Saint-Empire rapporta un pactole des « Allemaignes ».

C'est au pape , qui devant faire face à la menace des grandes compagnies, dans le sud du royaume, et plus particulièrement en Languedoc, que l'on doit la poursuite des fortifications d'Avignon en 1355 France Dictionnaire encyclopédique, par Philippe Le Bas, .. Comme en 1359, les travaux n'étaient pas finis, le pape fit réparer les anciens remparts pour former une deuxième ligne défensive.

C'est cette enceinte qui se trouve peinte sur une miniature du Maître de Boucicaut au début du , conservée à la Bibliothèque nationale sous le cote ms. 23279, . In situ, le Portail Bienson, le Portail Peint ou portail Imbert Vieux, le portail Matheron et la rue des Lices ont conservé des toponymes rappelant son tracé.

vignette|gauche|Marques des tailleurs de pierre des remparts relevées en 1880. À cette époque, les nouveaux remparts, élevés de 1357 à 1373., qui atteignaient huit mètres de haut, étaient entourés d'un fossé d'une profondeur d'environ quatre mètres alimenté par les eaux de la Sorgue et de la Durançole. Cette enceinte, longue de , enserrait les faubourgs et de nombreux espaces agricoles. Elle se composait de , quadrangulaires, et .

Lors des travaux d'aménagement du pourtour des remparts ce fossé fut comblé. Il ne reste donc visible de nos jours que leur partie supérieure. Ils s'ouvraient par sept portes qui étaient protégées par des tours et accessibles uniquement par un pont-levis. Les murailles étaient renforcées par trente-cinq grandes tours et cinquante tours plus petites.

Comme il était habituel au Moyen Âge, les papes firent appel à des corporations de tailleurs de pierre organisées en groupes de cinquante à cent compagnons. Ce sont eux qui ont gravé les marques qui se distinguent encore, par endroits, sur la partie supérieure des remparts, les pierres du bas ayant été trop érodées, au cours des siècles par les inondations. Ces marques ont été relevées, en 1880, par Albert et Auguste Maire. Elles permettaient à chaque tailleur qui l'avait gravé de faire connaître le résultat de son travail pour en percevoir la rémunération.

Il a été relevé environ différentes. Leurs dimensions sont de pour une profondeur de 5 à . Ce sont les frères Maire qui ont expliqué les premiers que ces signes n'étaient ni un alphabet secret ni un code lié à l'hermétisme maçonnique, mais uniquement des signatures. Outre les lettres de l'alphabet A, H K, M, O, R, V et Y, se retrouvent stylisés des instruments de métier comme le compas, l'équerre, la pioche, la pelle, l'échelle et nombre de marteaux.

Présentation

vignette|gauche|Porte des remparts d'Avignon et son système de défense par Eugène Viollet-le-Duc. vignette|gauche|Les remparts, lithographie du . vignette|Avignon ceint de ses remparts sur le Plan aux personnages gravée par Braun et Hogenberg en 1575. Les actuels remparts ont été construits dans le but de mettre la cité papale à l'abri des Routiers et des Grandes compagnies, qui, à chaque trêve au cours de la guerre de Cent Ans descendaient la vallée du Rhône pour s'arrêter à proximité de la résidence pontificale.

Au , lors de la légation de Julien de la Rovère, entre 1479 et 1488, ils furent restaurés. Le futur Jules II fit reconstruire les murs écroulés lors de l'inondation de 1471, du côté du couvent des dominicains et remettre en état des parties entre les portes Saint-Lazare et Limbert. Ils se virent munis de canonnières pour le tir d'artillerie, au . Deux siècles plus tard, toutes les portes, face au Rhône, furent reconstruites.