Les (selon la nomenclature moderne.), ou (), sont les tonsilles qui peuvent être observées à droite et à gauche du fond de la gorge chez l'être humain et la plupart des mammifères.. Le mot viendrait du latin tonsillae, amygdales, et aussi de tusillae, diminutif, d'après Festus, de toles, ou tolae, amygdales, qu'Isidore dit être un mot gaulois. Localisation

Les tonsilles palatines sont placées à l'intérieur de la cavité buccale, des deux côtés de la niche (fosse tonsillaire.) située entre les piliers antérieur (arc palatoglossal, qui la masque en partie) et postérieur (arc palatopharyngeal) du palais dur (anciennement voûte palatine.)Pages 1 à 13 de L'oropharynx : Tonsilles pharyngées.. Elles sont situées sur le substrat tonsillaire, entre les deux piliers, recouverts de muqueuses, sur les côtés latéraux de la cavité. Elles font partie des tissus lymphoïdes associés aux muqueuses (MALT), situés à l'entrée des voies respiratoires supérieures et du tractus gastro-intestinal, qui protègent le corps contre l'entrée de matériel exogène à travers les muqueuses. Cet anneau de Waldeyer () comprend la tonsille nasopharyngeale, ou végétations adénoïdes (NT), la paire de tonsilles tubaires (TT), la paire de tonsilles palatines (PT) et la tonsille linguale (LT).

Structure Chaque tonsille palatine a la forme d’un ovoïde aplati, à grand axe oblique en bas, en arrière et en dedans. Son volume est très variable. Elle a de de hautAmygdale : Définition., de large et d’épaisseur« Tonsille palatine » (figure 475), Précis d'anatomie..

Les tonsilles palatines sont composées, sur un à deux centimètres d'épaisseur, de tissu lymphatique. Du côté du pharynx, elles sont recouvertes d'un épithélium pavimenteux stratifié, alors qu'une capsule fibreuse, la coque tonsillaire, les relie à la paroi du pharynx (fascia pharyngo-basilaire). Cette capsule est traversée par des trabécules, qui contiennent de petits vaisseaux sanguins, des nerfs et des vaisseaux lymphatiques. Ces trabécules divisent la tonsille en lobules.

Selon l’étendue de son adhérence, la tonsille palatine apparaît pédiculée, semi-enchatonnée par l’arc palatoglossal ou sessile. Son pôle supérieur est séparé de l’angle d’union des deux arcs par la fosse supra-tonsillaire, où débouche parfois une fistule congénitale latérale du cou. Sa face latérale, lorsque la tonsille palatine est pédiculée, n’adhère au fascia pharyngobasilaire que par sa partie inférieure. En haut, existe donc, entre tonsille palatine et paroi pharyngée, un récessus, prolongement de la fosse supra-tonsillaire, dit fosse rétro-tonsillaire, et qui est le siège habituel des phlegmons para-tonsillaires. Le bord antérieur adhère, dans sa partie inférieure, à l’arc palatoglossal et cette adhérence est formée par un pli muqueux qui, de l’arc palatoglossal, rejoint la tonsille palatine : le pli triangulaire. Le pôle inférieur reste toujours à une certaine distance du bord latéral de la langue.

La paroi pharyngée de la tonsille palatine est formée, de l'intérieur vers l'extérieur, par la partie glosso-tonsillaire du muscle constricteur supérieur du pharynx, le fascia pharyngo-basilaire, le muscle constricteur supérieur (parties bucco-pharyngée et glosso-pharyngée), le fascia péri-pharyngien et les fibres courtes, antérieures du muscle stylo-pharyngien.

Cryptes

La surface de la face médiale des tonsilles palatines est creusée des dépressions en forme de fentes, profondes et en partie ramifiées, appelées cryptes, qui s'étendent en profondeur dans les tonsilles palatines et leur donnent leur aspect irrégulier. Il y a environ de dix à trente cryptes, qui fournissent une grande surface de contact entre les influences de l'environnement et les tissus lymphoïdes. Chez l'adulte, l'aire moyenne de la surface épithéliale des cryptes est évaluée à , à laquelle s'ajoutent les de l'épithélium qui couvre la surface oropharyngée. Les tonsilles palatines contiennent quatre compartiments lymphoïdes, qui influent sur les fonctions immunitaires, à savoir : l'épithélium réticulaire des cryptes, la région extrafolliculaire, les zones du manteau des follicules lymphoïdes et les centres folliculaires germinaux. Chez l'homme, la première région des tonsilles palatines exposée à l'environnement extérieur est l'épithélium des tonsilles.

Les cryptes s'étendent à travers toute l'épaisseur de la tonsille palatine, atteignant presque son hémicapsule. Dans les tonsilles palatines saines, les ouvertures des cryptes sont comme des fissures, et les parois de la lumen sont en apposition. Une reconstruction informatisée tridimensionnelle du système des cryptes de la tonsille palatine a montré, dans le centre de celle-ci, un empilement serré de cryptes ramifiées, reliées les unes aux autres, tandis qu'à la périphérie, il y a un arrangement assez simple de cryptes peu nombreuses. Le système des cryptes n'est pas seulement un groupe d'invaginations de l'épithélium des tonsilles palatines, mais un réseau très complexe de canaux, avec des types spéciaux d'épithélium et différentes structures qui entourent les canaux, telles que les vaisseaux sanguins et lymphatiques et les centres germinaux.

Des macrophages et d'autres globules blancs se concentrent ainsi dans les cryptes tonsillaires, en réponse à des micro-organismes attirés par les cryptes. En conséquence, les cryptes tonsillaires jouent le rôle de sentinelles avancées du système immunitaire, en permettant une exposition précoce des cellules du système immunitaire aux organismes infectieux, qui peuvent être introduits dans le corps par la nourriture ou d'autres matières ingérées.

Vascularisation Artères L'approvisionnement en sang est fourni par quatre artères. La tonsille palatine est irriguée par l'intermédiaire de deux pédicules. Le pédicule supérieur contient l'artère tonsillaire supérieure, en communication avec l'artère pharyngienne ascendante, issue de l'artère carotide externe, et l'artère palatine mineure, ou artère polaire supérieure, issue de l'artère maxillaire via l'artère palatine descendante (, anciennement artère palatine supérieure.). Le pédicule inférieur, le plus volumineux, abrite l'artère dorsale linguale (ou artère polaire inférieure) (), issue de l'artère linguale (), et l'artère tonsillaire inférieure, en communication avec l'artère palatine ascendante (), issue de l'artère faciale ().

Ces artères traversent le muscle constricteur supérieur, qui joue le rôle de sphincter. Elles se divisent au niveau de la capsule et s’anastomosent en un plexus intracapsulaire. Puis les artérioles suivent les travées conjonctives vers le centre de la tonsille, vers deux zones de condensation vasculaire, extracapsulaire (troncs artériels) et intracapsulaire (plexus artériolaires).

Veines

Le drainage veineux se fait via le plexus péri-tonsillaire pharyngien () continu. Les veines polaires supérieures communiquent avec le sinus caverneux et le plexus ptérygoïdien, la veine du hile supérieur avec la jugulaire externe et les veines du hile principal et du pôle inférieur conduisent à la veine jugulaire interne.

Vaisseaux lymphatiques Les vaisseaux antéro-supérieurs possèdent des troncs obliques, en bas et en arrière, croisent la face profonde du muscle stylo-hyoïdien et du ventre postérieur, s’insinuent entre l’artère carotide externe, à sa jonction avec l’artère faciale, et le nerf crânien et aboutissent au groupe des nœuds jugulo-digastriques, situés sur la face externe de la jugulaire interne. Les vaisseaux antéro-inférieurs ont des troncs obliques, en bas et en arrière, croisent la carotide externe, à sa jonction avec l’artère linguale et aboutissent au groupe de nœuds situés sur la face externe de la jugulaire interne, au niveau du sinus carotidien. Enfin, les vaisseaux postérieurs, munis de troncs obliques, en haut et en arrière, aboutissent aux nœuds lymphatiques cervicaux profonds supérieurs, entre la carotide interne et le septum sagittal, au niveau du ganglion sympathique cervical supérieur.

Innervation L'innervation afférente des tonsilles palatines est faite par le plexus tonsillaire, qui reçoit des contributions à partir de fibres afférentes somatiques générales (GSA) de la division maxillaire du nerf trijumeau, par l'intermédiaire des nerfs palatins mineurs, et des fibres afférentes viscérales générales (GVA) des branches tonsillaires du glossopharyngien (IX nerf crânien). Le nerf glossopharyngien continue au-delà de la tonsille palatine et innerve la langue, pour transporter la sensation du goût et du toucher. Ce nerf est le plus susceptible d'être endommagé au cours d'une tonsillectomie, ce qui conduit à réduire ou perdre les sensations générales et la sensation du goût sur le tiers postérieur de la langue.

Rôle

Les tonsilles palatines sont des organes lymphoïdes jumelés, situés entre les parties antérieure et postérieure du palais dur et appartenant à l'anneau lymphatique pharyngien. Comme toutes les tonsilles, elles interviennent dans la défense contre les agents pathogènes.

Dans les cryptes s'accumulent, en petites quantités, des restes alimentaires ou cellulaires, qui sont colonisés par des bactéries. Du côté des tonsilles palatines viennent des leucocytes et des cellules épithéliales exfoliées. Ce mélange, appelé détritus, se rassemble dans les creux et maintient le contact immunitaire entre le corps et le monde extérieur. Par conséquent, les tonsilles palatines sont aussi parfois dénommés « blessures physiologiques ». Les cryptes sont vidées régulièrement, afin que de nouveaux déchets alimentaires y pénètrent, avec de nouvelles bactéries et « apprennent » aux globules blancs à reconnaître les nouvelles bactéries. Cette vidange est parfois visible sous la forme de caséum blanc.

L'excrétion de ce caséum est souvent confondue, par les profanes, avec une tonsillite. Les détritus seuls, sans autres symptômes tels que douleur, malaise ou fièvre, ne sont pas un signe d'infection, mais tout à fait normaux.

La plupart des experts médicaux reconnaissent que les tonsilles palatines, souvent, ne font pas bien leur travail. Dans de nombreux cas, elles deviennent plus un obstacle qu'une aide. Il se peut que les tonsilles palatines aient évolué dans un environnement où les humains n'étaient pas exposés à autant de germes que maintenant, où l'être humain vit dans des zones où les populations sont relativement importantes. Les preuves suggèrent que les personnes qui ont eu leurs tonsilles palatines ôtées ne sont pas plus susceptibles de souffrir d'infections bactériennes ou virales que les personnes ayant des tonsilles intactes Tonsil Stones (Tonsilloliths): Treatment and Prevention..

Immunité locale Les cellules B tonsillaires (relatives à la tonsille palatine) peuvent mûrir pour produire chacune des cinq grandes classes d'immunoglobulines. En outre, lorsqu'elles sont incubées in vitro avec, soit des mitogènes, soit des antigènes spécifiques, elles produisent des anticorps spécifiques contre l'anatoxine diphtérique, le poliovirus, Streptococcus pneumoniae, Haemophilus influenzae, Staphylococcus aureus et le lipopolysaccharide d'Escherichia coli. La plupart des immunoglobulines A produites, in vitro, par les cellules B tonsillaires semble être des monomères 7S, bien qu'une proportion considérable peut être de l'IgA dimérique 10S.

Outre l'immunité humorale induite par les cellules B des tonsilles palatines et des adénoïdes, à la suite d'une stimulation antigénique, il y a une importante réponse des lymphocytes T dans les tonsilles palatines. Ainsi, l'infection naturelle ou l'immunisation intranasale par le vaccin contre le virus vivant atténué de la rubéole produit des lymphocytes tonsillaires beaucoup mieux que la vaccination sous-cutanée. De même, l'infection naturelle par le virus varicelle-zona stimule les lymphocytes tonsillaires mieux que les lymphocytes du sang périphérique.