vignette|Un mégot avec filtre. vignette|Graphique présentant la proportion de divers déchets (dont mégots en jaune) parmi les déchets urbains (chewing gums exclus) de San-Francisco (en 2009)D'après des chiffres de M. G. McKenney (2009) « San Francisco Super Site Data 2009 ». Osoyoos, BC, Canada: MGM Management & HDR Engineering cités par Health Economics Consulting Group (2009) : .. vignette|Après un certain temps le papier de la plupart de ces mégots s'est biodégradé, mais pas les filtres. droite|vignette|Il existe une « géographie » de la densité de mégots, liés aux lieux de consommation (les arrêts de bus ou de train en font partie ; ici : arrêt de train à la gare de en Australie). vignette|À l'abri du soleil, comme dans ce puisard (couvert par une grille et à l'ombre d'un immeuble) les filtres de mégots se dégradent très mal. vignette|Mégots (visiblement récents) jetés au sol près d'une descente de gouttière, à l'entrée du service d'urgence d'un hôpital (où il est interdit de fumer) (Allemagne).
Une enquête américaine a montré que .
Un mégot est ce qui reste d'une cigarette (ou d'un cigare) après son usage.
Un mégot de « cigarette avec filtre » est un déchet toxique.. Il est difficile à collecter (en raison de sa dispersion), et difficile à valoriser en raison de sa toxicité et du peu de valeur de sa matière. Les fibres synthétiques d'acétate de cellulose (plus connue sous le nom de viscose ou rayonne) qui composent le filtre sont techniquement recyclables.
Une quantité considérable et croissante de mégots est jetée dans l'environnement par les fumeurs (environ par an en 2011Elizabeth A Smith & Thomas E Novotny (2011), « Whose butt is it? » Tob. Control ; 20:i2-i9 ; doi:10.1136/tc.2010.040105 (Open Access) (résumé)). Les mégots sont en grande partie non-biodégradables et en ville ils constituent généralement le premier déchet en nombre (parfois, en seconde position derrière les débris de verre).
Le ruissellement les emporte dans les égouts, drains, lacs, ou cours d'eau et in fine souvent jusqu'à l'océan et sur ses plages. Les filtres et mégots sont le déchet le plus collecté lors des nettoyages internationaux de plage conduits chaque année depuis le début des années 1990Oigman-Pszczol SS & Creed JC (2007). Quantification and classification of marine litter on beaches along Armacao dos Buzios, Rio de Janeiro, Brazil. J Coast Res ;23:421–8.Ocean Conservancy (2010) http://www.oceanconservancy.org/our-work/marine-debris/program_marinedebris_iccreport.html Rapport International Coastal Cleanup 2010]. The Ocean ConservancyMartinez-Ribes L, Basterretxea G, Palmer M, et al; (2007). Origin and abundance of beach debris in the Balearic Islands. Sci Mar ;71:305–14.International Coastal Cleanup: a rising tide of ocean debris (2009) (consulté 23 novembre 2010). En 2013, environ 2 millions de mégots ont été ramassés par des bénévoles sur les plages lors de ce nettoyage. C'est l'une des origines des microplastiques trouvés dans les océans, mais aussi dans les moules, huîtres et poissonsOstréiculture : les huîtres menacées par les micro-plastiques, journal Sud-Ouest, publié le 25/03/2016, consulté 26/11/2016. À titre d'exemple, à San Francisco en 2008 les mégots représentaient 10 % du volume total des déchets collectés dans l'espace publicHDR (2008) The City of San Francisco Street Litter Re-Audit. HDR Engineering/Brown, Vence & Associates, Inc./MGM Management., ce qui a coûté au contribuable plus de 7,4 millions de dollars dans l'année.
Le filtre des cigarettes a été conçu pour que les fragments de feuilles de tabac ne passent pas dans la bouche. Slaughter a montré en 1985 que moins de 2 % de la quantité de tous les éléments issus de la combustion du tabac et du papier de cigarette s'adsorbent. Néanmoins ces 2 % suffisent à rendre les mégots très toxiques pour les animaux à sang froid (poissons y compris). La toxicité aiguë des mégots pour de nombreux animaux serait principalement due à leur teneur en composés organiques ; 14 d'entre eux sont des toxiques bien connus, dont principalement la nicotine et l'éthylphénol. Mais d'autres composés (métaux lourds, métalloïdes et radionucléides notamment) participent à des effets écosystémiques longtemps très sous-estimés. Cette toxicité augmente au fur et à mesure que la cigarette est fumée, et le mégot est plus toxique encore s'il reste un peu de tabac non brûlé devant le filtre. Certains polluants comme les furanes ou le benzène (cancérigène) sont issus de la combustion.
État des lieux Quantités
En Australie en 2006, de 24 à 32 milliards de mégots de cigarettes ont fini dans l'environnementCigarette Litter Organisation (2001) The awful truth about cigarette litter. http://www.cigarettelitter.org/ (consulté le 15 avril 2003). L'année suivante, aux États-Unis, plus de 360 milliards de cigarettes ont été fumées aux États-Unis.
Aux États-Unis, vers 2010 le tabagisme aurait diminué de 28 % en 10 ans, mais, en 2009, 65 % des mégots sont encore volontairement jetés dans l'environnement. Avec d'autres déchets liés au tabagisme ils constituent 38 % des déchets ramassés sur les routes, trottoirs et autres espaces publics extérieursPage du programme Keep America Beautiful. Selon le programme Keep America Beautiful et 14 % des grands fumeurs disent . La plupart des mégots de cigarettes sont néanmoins jetés au sol urbain (85 %), 37 % sont retrouvés dans les buissons et arbustes, 25 % dans ou autour des poubelles et 15 % dans des jardinièresThe 2009 National Visible Litter Survey and Litter Cost Study, prepared by MidAtlantic Solid Waste Consultants for Keep America Beautiful, Inc. Téléchargeable sur www.kab.org/research09. Keep America Beautiful, Inc. Étude financée par le cigarettier Philip Morris USA (Altria Company) & Wm. Wrigley Jr. Company Foundation sponsored the creation of these fact sheets. (synthèse, PDF, 2p). 28,1 % des fumeurs interrogés disent ne pas avoir de cendrier dans leur voiture.
En France, vers 2010 les débitants de tabac vendaient environ 53 milliards de cigarettes par an, auxquelles s'ajoutent 15 à 18 milliards de cigarettes achetées à l'étranger et consommées en France, soit des dizaines de milliards de mégots potentiellement jetés dans la nature chaque année. La ville de Paris ramasse environ de mégots par an, et encourage depuis peu leur collecte et recyclage en lien avec deux sociétés spécialiséesTerracycle (www.terracycle.fr) et Eco-Action-Plus (www.eco-action-plus.fr) ; source : CNFPT.
En 2021 l'association Champ d'actions a collecté dans les rues de Toulouse en .. En 2023, l'association récolte , toujours en ..
Selon Wallbank & al., en 2015 de un à deux tiers de tous les filtres vendus dans le monde ont été jetés sous forme de mégots sur les routes, les trottoirs, dans les espaces verts ou la nature par des fumeursWallbank LA, MacKenzie R, Beggs PJ. (2016) Environmental impacts of tobacco product waste: International and Australian policy responses. Ambio. 2016 Nov 14. [Epub ahead of print] Review. (résumé).
Selon Planetoscope, environ sont jetés dans l'environnement chaque seconde. En moyenne, il faut 12 ans pour que ces mégots se dégradent complètementNombre de mégots jetés dans l'espace public (simulation en temps réel), planetoscope et on sait que le tabagisme se développe encore dans certains pays en développement où l'industrie du tabac encourage la consommation par des campagnes de publicité notammentArticle intitulé Tabac : les pays pauvres, cibles d’un marketing intense… publié le 09/12/2015 par le journal La dépêche (consulté 2016-11-28). Même si la proportion de fumeurs tend à diminuer dans la population mondiale, le nombre absolu de fumeurs continue à croître, en raison de la croissance démographique mondiale.
Localisation Les jets de mégots sont géographiquement concentrés en certains lieux : zones fumeurs, zones de circulation, aires de loisirs et sur des plages fréquentées (19,1 % des objets collectés en 1997 lors des opérations internationales de nettoyage de plage. Dans certains contextes, le nombre de mégots urbains augmente près des lieux de vente (par exemple en Californie où la loi interdit de fumer dans tous les lieux publics sauf dans les magasins de vente de tabac et dans les « bars à cigare »). En raison de leur grande longévité (surtout à l'abri du soleil) ces mégots peuvent localement s'accumuler et former de véritables tapis.
En présence d'eau, les filtres les font d'abord flotter. La pluie, le nettoyage des routes et trottoirs peuvent alors les disperser dans l'environnement, jusqu'en mer parfois. Le vent ou les systèmes de nettoyage par soufflage ou le nettoyage à l'eau sous pression emportent ou dispersent les microparticules de plastique issues de ceux des mégots qui ont déjà été déchiquetés par les véhicules et les piétons. Jetés dans les toilettes à chasse d'eau ou les égouts, ils sont arrêtés par les systèmes de dégrillage des stations d'épuration, à condition de n'avoir pas déjà été fragmentés en microparticules de plastiques, auquel cas ces particules sont retrouvées dans l'eau et/ou les boues d'épuration)
En connaissant les modes de vente et de consommation, et en utilisant un système d'information géographique, il est possible de modéliser les lieux où l'on risque de trouver le plus de mégots. Ceci peut aider à mieux cibler des politiques de sensibilisation, ou à équiper ces lieux en cendriers plus nombreux, ou à mieux évaluer les coûts sanitaires et socioéconomiques de ce déchet, ou encore à planifier des stratégies d'atténuation du tabagisme..
Sociologie Diverses équipes de chercheurs se sont demandé pourquoi certains fumeurs jetaient leurs mégots dans l'environnement et pas d'autres ; et pourquoi les premiers semblent moins réceptifs aux campagnes de sensibilisation sur le respect du cadre de vie. À titre d'exemple, à San-Francisco, alors que les campagnes de sensibilisation associées à un effort de nettoyage ont permis entre 2009 et 2014 de très fortement diminuer (−68 %) la quantité de déchets jetés sur la voie publique, les fumeurs y ont été peu sensibles : les déchets autre que tabagiques ont diminué de 81 % alors que les déchets liés au tabac n'ont diminué que de 24 % dans le même temps, constituant en 2014 plus de la moitié (53 %) des déchets que les services municipaux ont collecté en 2014. 3 % des fumeurs américains interrogés en 2009 disent enfouir leur mégot dans le sol, 2 % les jettent dans des coins (ce qui rend les mégots moins visibles, mais n'atténue en rien leur écotoxicité). 27 % les écrasent du pied, ce qui accélère leur fragmentation (mais en accélérant la production et diffusion de microplastiques et de toxines à partir du filtre).
L'essentiel de la littérature disponible sur les jets de mégots, paquets de cigarette, briquets dans l'environnement date des années 1970 et des années 1980. Ces études étaient presque toutes initiées et/ou financées par l'industrie du tabacRath, J.M, Rubenstein R.A, Curry L.E, Shank S.E & Cartwright J.C (2012) Cigarette litter : smokers’ attitudes and behaviors. International journal of environmental research and public health, 9(6), 2189-2203. Par ailleurs Measurement of smoking behavior: Comparison of self-reports, returned cigarette butts, and toxicant levels. Blank MD, Breland AB, Enlow PT, Duncan C, Metzger A, Cobb CO (2016). Exp Clin Psychopharmacol. Octobre 2016 ; 24(5):348-355. . De plus jusqu'aux années 2010, aucune étude indépendante n'a traité spécifiquement des déchets lié au tabagisme, et les différences de comportement entre ceux qui conservent leur mégot pour le jeter à la poubelle, et ceux qui l'écrasent dans un cendrier ou ceux qui le jettent par terre ou par une fenêtre sont encore mal comprises.
Quelques facteurs intervenant (et statistiquement « prédicteurs ») dans le fait de jeter les mégots sont : Le taux de tabagisme, qui varie significativement selon le pays voir la région.