L'équipe du Luxembourg de football, créée en 1908 et affiliée à la Fédération internationale de football association depuis 1910, est l'équipe nationale qui représente le Luxembourg dans les compétitions internationales masculines de football, sous l'égide de la Fédération luxembourgeoise de football (FLF). Elle sélectionne les meilleurs joueurs luxembourgeois. Ces derniers, composant cette équipe, sont traditionnellement appelés D'Roud Léiwen (« Les Lions rouges »).

La sélection, dirigée par Luc Holtz depuis 2010, évolue en général à domicile au stade Josy-Barthel, situé dans la ville de Luxembourg puis à partir de septembre 2021 dans le nouveau stade de Luxembourg situé dans la même ville.

Histoire De modestes débuts malgré quelques morceaux de bravoure (1911-1938) thumb|left|alt=L’équipe du Luxembourg de football pose devant l’objectif d’un photographe de l’Agence Roll|Équipe du Luxembourg, en 1913, avant un match, à Saint-Ouen. Le Luxembourg est devenu membre de la FIFA en 1910. Le 29 octobre 1911, les Lions Rouges disputèrent leur premier match officiel contre les voisins français : la rencontre se termine sur le score de 4-1 pour les visiteurs. Les Luxembourgeois prirent néanmoins leur revanche le 8 février 1914 en battant la même équipe 5-4, Jean Massard réussissant ce jour-là un quadruplé. La participation aux Jeux Olympiques d'Anvers de 1920 se solda par une défaite 3-0 des coéquipiers de Joseph Koetz (joueur du CS Fola Esch, il participa aux trois premières campagnes olympiques du Luxembourg) contre les Pays-BasTournoi Olympique de Football Anvers 1920 : Pays-Bas - Luxembourg sur fr.fifa.com. Dans les rangs de l’équipe luxembourgeoise évoluait Émile Hamilius, futur député du Parti démocratique et maire de Luxembourg après la Seconde Guerre mondiale, alors milieu de terrain du CS Fola. thumb|right|Équipe du Luxembourg lors des JO de 1920En 1924, l’équipe luxembourgeoise, qui ne jouait que sporadiquement contre des équipes de forte valeur (elle disputa en revanche de nombreux matchs contre les équipes B de la France, de la Belgique, de l’Italie et de la Suisse, ainsi que contre l’équipe régionale des provinces méridionales des Pays-Bas Liste des matchs internationaux officieux du Luxembourg sur rsssf.com), s’inclina de nouveau lors des Jeux Olympiques, contre l'Italie, au Stade Pershing, par deux buts à rienTournoi Olympique de Football Paris 1924 : Italie - Luxembourg sur fr.fifa.com. En 1927, les Anglais défirent le Luxembourg (2-5), de même que la Belgique (3-5), lors de la compétition de football jouée dans le cadre des JO d’Amsterdam, en 1928. En inscrivant trois buts, dans les 25 premières minutes, les Belges songeaient sans doute avoir fait le plus difficile : c'était sans compter sur la vaillance des Luxembourgeois, lesquels, grâce à Guillaume Schtuz, Jean Pierre Weisgerber et Robert Theissen inscrivirent trois buts en un quart d'heure, parvenant à arracher l'égalisation, juste avant la pause, précisément à la quarante-quatrième minute. Les Luxembourgeois tinrent le nul jusqu'à la , lorsque Jacques Moeschal inscrivit le quatrième but belge, suivi d'un cinquième, six minutes plus tardTournoi Olympique de Football Amsterdam 1928 : Luxembourg - Belgique sur fr.fifa.com. Après la compétition, remportée par l'Uruguay, en deux temps, face à l'Argentine, les Luxembourgeois rencontrèrent l'Égypte, quatrième des épreuves de football lors des JO qui venaient de s'achever (ils avaient été pulvérisés lors de la petite finale par l'Italie, onze buts à trois) et première nation non européenne rencontrée par les Lions Rouges : cette rencontre se solda par un nul, 1-1, plutôt flatteur pour les Luxembourgeois, étant donné que les Égyptiens, tombeur de la Turquie et du Portugal pendant les Jeux, et qui profitaient toujours de leur venue en Europe dans le cadre de ces derniers pour disputer ensuite quelques matchs avec des équipes européennes, venaient de faire chuter les Pays-Bas (1-2) Match internationaux de l'Égypte 1920-1939. En 1932, les Luxembourgeois subirent le plus lourde défaite de leur histoire, encaissant douze buts de la part de l'équipe B d'Italie, sans en marquer aucun.thumb|alt=L’équipe du Luxembourg de football pose devant l’objectif d’un photographe de presse, en 1934|L’équipe du Luxembourg, en 1934Les Luxembourgeois prirent part aux premières phases qualificatives pour la Coupe de Monde 1934, sans succès (lourdes défaites contre l’Allemagne, 1-9, et la France, 1-6). Ils ne furent pas plus heureux lors des JO de 1936, où ils subirent la loi des Allemands (0-9).

Un envol brisé (1938-1940)

Toutefois les années 1938-1940 marquèrent une amélioration dans les résultats de l’équipe nationale, puisqu'en 1938, les Luxembourgeois chutèrent de peu devant les voisins belges, lors du tour préliminaire de la Coupe du monde de 1938. La même année, l’Allemagne peina, chez elle, à s’imposer, en amical, devant le Luxembourg (1-2), qui battit cette même équipe allemande, en 1939, à domicile (2-1) et s’imposa l’année suivante devant les voisins néerlandais (5-4), avec à sa pointe Léon Mart Buts internationaux de Léon Mart sur rsssf.com, du CS Fola Esch, et Gustave Kemp, goléador du FC Metz, meilleur buteur luxembourgeois de tous les temps, mais dont la carrière fut entravée par l’irruption du conflit mondial.

Le retour du Luxembourg sur la scène internationale (1945-1964) Sous la conduite de son canonnier Camille Libar, joueur de Strasbourg, le Luxembourg débuta l'après-guerre en fanfare : large victoire contre les voisins belges, le 13 mai 1945 (1-4), suivie, il est vrai, d’une sévère défaite quelques mois plus tard contre ces mêmes Diables Rouges (0-7, en Belgique cette fois-ci), victoire contre la Norvège, le 28 juillet 1946. En match non officiel, les Luxembourgeois accrochèrent les équipes B de la France (4-4 en 1946), de la Suisse (0-0 en 1946) et de la Belgique (3-3 en 1947). Enfin, le 13 mai 1947, ils vainquirent les amateurs anglais, par quatre buts à trois. Le 26 juillet 1948 constitue un jour historique pour le football luxembourgeois : dans le cadre des Jeux Olympiques, les Luxembourgeois remportèrent leur plus large victoire, contre l'Afghanistan, six buts à zéro. Cependant, le tour suivant, ils ne purent rien contre les Yougoslaves, si ce n’est sauver l’honneur (défaite 6-1). Néanmoins, en 1949 et 1950, ils tinrent en échec., en amical certes, mais chaque fois en déplacement, respectivement la Tchécoslovaquie et la Norvège (2-2), et battirent, en 1951, sur leur terrain la Finlande (3-0).

Les Jeux Olympiques de 1952 offrirent l'occasion aux Luxembourgeois de briller. La Nationalmannschaft dut dans un premier temps en passer par un tour préliminaire, face à l'équipe de Grande-Bretagne. Même composé d’amateurs, cette équipe britannique (en réalité uniquement composé de joueurs anglais) ne laissa pas d'impressionner ses adversaires. Y figuraient quelques éléments de grande valeur, tel Bill Slater, alors en passe de rejoindre les Wolverhampton Wanderers où il allait effectuer une longue et fructueuse carrière qui lui ouvrirait les portes de l'équipe d'Angleterre, Jim Lewis, de Chelsea, sans doute le plus célèbre et le plus talentueux des joueurs amateurs de sa génération (49 sélections en sélection anglaise amateurs), George Robb, qui verrait sa carrière brisée par une blessure, non sans avoir connu la sélection anglaise (une fois) et , vainqueur cette année de la FA Cup amateur, ce qui lui valut un pont d'or de la part de Chelsea FC, dont il devint un pilier, participant même avec la sélection londonienne à la finale de la Coupe des villes de foires (Coupe de l'UEFA) en 1960. Les Britanniques ouvrirent le score, dès la , grâce à Robb, et tinrent ce résultat jusqu’à la où égalisa. Les Luxembourgeois parvinrent à maintenir cette parité, et les deux équipes engagèrent des prolongations : Léon Letsch., gâchette du Club olympique Roubaix-Tourcoing, puis Roller par deux fois donnèrent un avantage décisif au Luxembourg. Mais les Britanniques ne s’avouaient pas vaincus, et Slater réduisit la marque, à la . Jules Gales répondit du tac au tac et inscrivit dans la foulé le cinquième but luxembourgeois. Lewis eut beau tromper en toute fin de match, les Luxembourgeois sortirent vainqueur de cet affrontement, à la surprise généralehttps://www.fifa.com/tournaments/archive/tournament=512/edition=197058/matches/match=32375/report.html.

Le Brésil commençait à laisser entrevoir ce qu’il allait devenir quelques années plus tard : le maître incontesté du monde du ballon rond. Figuraient dans cette équipe brésilienne olympique quelques joueurs qui ne manquèrent pas de charmer leurs contemporains par leur talent : l’attaquant, star à venir de l’Atletico Madrid, Vavá, champion du monde en 1958 et 1962, Humberto., membre de l'équipe du Brésil en 1954, qui allaient bientôt enthousiasmer les tifosi laziali, Evaristo de Macedo, futur attaquant international du Barça puis du Real Madrid, Larry, canonnier de l’Internacional, Didi, qui participa aux Coupes du monde 1954, 1958 et 1962 et évolua au Real Madrid, et le défenseur Zózimo, un autre vainqueur des éditions 1958 et 1962 de la Coupe du monde avec l'équipe du Brésil. Logiquement, ces vedettes en devenir, déjà reconnues dans le championnat brésilien, devaient l’emporter : mais cette tâche fut moins aisée qu'il ne leur avait semblé avant que de pénétrer sur le terrain. Larry inscrivit un but juste avant la pause, et Humberto Tozzi dès après celle-ci, Jules Gales relançant tardivement la rencontre, en trompant (gardien-phare de l'équipe olympique brésilienne, puisque le portier du Vasco da Gama participa aux épreuves de football des JO de 1952, 1956 et 1960) à la . Face aux jeunes étoiles brésiliennes, les Luxembourgeois n’avaient pas démérité. Vic Nurenberg, buteur prolifique de l'OGC Nice et du FC Sochaux, fut l’un des artisans de cet honorable parcourshttps://www.fifa.com/tournaments/archive/tournament=512/edition=197058/matches/match=32382/report.html. Il fallut attendre dix ans, depuis la victoire contre la Finlande, avant que le Luxembourg ne regagnât un tel match. Mais cette longue attente fut récompensé par un nouvel exploit : le 8 octobre 1961, mené par le métronome de l'Alliance Dudelange, , le Luxembourg connut l'un de ses plus grands succès, avec la victoire, à domicile, par 4 buts à 2, contre le Portugal d'Eusebio, en match de qualification pour la Coupe du monde, Ady Schmit inscrivant la bagatelle de trois buts.

Entre-temps, la sélection d'Antoine « Spitz » Kohn prit l'eau comme jamais, le 19 octobre 1960, contre l'Angleterre de Bobby Charlton (0-9). Pour autant, cette période de disette, ne fut pas une période de famine : outre son louable parcours aux JO de 1952, le Luxembourg eut la satisfaction de voir son équipe battre l’équipe amateur de la Sarre, par six buts à un, en 1952, les équipes réserves de la Belgique (6-4, en 1956), de la Suisse (4-1, la même année, à Esch-sur-Alzette), ainsi que les amateurs anglais (3-1, en 1959) et l’équipe de France olympique (5-3, en 1960).