Les règles de politesse dans la culture japonaise sont essentiellement inspirées du shintoïsme et de la culture chinoise.. Elles forment un ensemble de codes stricts dont le sens profond cède le pas sur l'importance du respect des manières.
Roland Barthes écrit ainsi :
Au Japon, le terme général est employé pour signifier « politesse, courtoisie, étiquette ».
vignette|droite|400px|Arrivée du porte-avions le à la base navale de Yokosuka. L'équipage forme la phrase Hajimemashite (« Ravis de vous rencontrer ») en japonais sur le pont d'envol.
Les salutations
Le est probablement l'attribut de l'étiquette japonaise qui est le plus connu hors des frontières du Japon (le o est honorifique mais ne peut pas être enlevé pour ce mot).
Il est considéré comme extrêmement important au Japon, et bien que les enfants commencent à apprendre le salut à un très jeune âge, son importance est telle que les sociétés font habituellement suivre à leurs salariés des entraînements pour saluer correctement.
Les saluts simples sont exécutés avec le dos droit et les mains sur les côtés (pour les garçons et les hommes) ou plaquées sur les genoux (pour les filles et les femmes), le regard baissé. C'est un mouvement qui part de la taille. Généralement, plus il est long et bas, plus l'émotion et le respect exprimés sont grands.
Il existe trois types principaux : informels, formels et très formels. Ils sont respectivement appelés , et ..
Pour les premiers, il suffit d'exécuter un angle de 15 degrés avec le buste. Les saluts formels nécessitent un angle de 45 degrés. Enfin, les saluts très formels sont plus bas, à 90 degrés, notamment pour les cérémonies bouddhistes ou shintô.
Le protocole associé au salut inclut la durée du mouvement. Lorsque les Japonais s'inclinent, ils inspirent, expirent, puis inspirent à nouveau. Une fois la tête relevée, on regarde l'autre personne avant d'expirer. Plus simplement, on peut compter jusqu'à trois.
D'une manière générale, un subalterne salue plus longtemps, plus profondément et plus fréquemment qu'un supérieur. Ce dernier s'adressant à quelqu'un hiérarchiquement inférieur baissera seulement la tête légèrement, alors que d'autres peuvent ne pas saluer du tout et le subalterne inclinera alors légèrement le buste vers l'avant à partir de la taille.
Dans le cas d'un salut d'excuse, le mouvement se veut plus profond et dure plus longtemps que les autres types de salut. Ils ont tendance à se répéter durant les excuses, généralement avec le buste à environ 45 degrés avec la tête baissée et pour une durée équivalente à compter jusqu'à trois, parfois même plus long encore. La profondeur, la fréquence et la durée du salut augmentent avec la sincérité de l'excuse et la sévérité de l'offense.
Occasionnellement, pour des excuses et des supplications, les gens s'accroupissent pour montrer sa soumission absolue et son extrême regret. Cela s'appelle dogeza. Même si dogeza était autrefois considéré comme très formel, il est plus particulièrement considéré de nos jours comme du mépris envers soi-même et il est donc moins utilisé dans la vie de tous les jours. Le salut de remerciement suit les mêmes considérations. Dans des cas extrêmes de gravité, un salut à genoux est accompli ; ce salut est parfois si bas que le front touche le sol.
Pour traiter avec des étrangers, beaucoup de Japonais serreront la main. Mais depuis que beaucoup de non-Japonais sont familiers avec la coutume du salut, cela amène à combiner un salut et une poignée de main, ce qui n'est pas des plus pratiques à effectuer. Pour une telle combinaison, les saluts peuvent être associés à une poignée de main, ou exécutés avant ou après cette dernière. Habituellement, dans une certaine exiguïté, comme lors d'une combinaison de salut et de poignée de main, les gens se tournent légèrement vers un côté (à gauche le plus souvent) pour éviter de se cogner la tête.
Politesse du langage
Le est l'ensemble du système de politesse de la langue japonaise. À la différence d'autres langues qui expriment la politesse par des moyens essentiellement lexicaux (vocabulaire), le japonais l'exprime également par des moyens grammaticaux.
La politesse en japonais se classe globalement en trois catégories : , langage poli (politesse énonciative) ; , langage du respect (politesse référentielle) ; , langage de la modestie (politesse référentielle).
À la maison Les chaussures doivent être retirées lorsque l'on entre dans un bâtiment japonais disposant d'un genkan, c'est-à-dire dans la quasi-totalité des maisons, appartements et temples. Il est possible alors de porter des chaussons, sauf sur les tatamis qui doivent être foulés seulement pieds nus ou en chaussettes .. Il existe également des chaussons de toilettes qui doivent être utilisés dans les toilettes japonaises.
Hospitalité Comme les foyers japonais sont plutôt petits, les rencontres se font traditionnellement au restaurant et dans d'autres établissements. Cependant, se retrouver à la maison n'est pas impossible, et les hôtes se montreront avec le temps souvent très accueillants.
Plus généralement, comme dans beaucoup d'autres cultures, l'invité est prioritaire. Il ou elle aura la meilleure place pour s'asseoir, recevra les meilleures nourritures et boissons, et . Les hôtes japonais déploient des efforts incroyables permettant à l'invité de se reposer. Au contraire des différentes hospitalités occidentales dans lesquelles l'hôte montre une apparence tranquille avec ses invités, ou peut encourager ceux-ci « à se sentir chez soi » ou « à faire comme chez soi ». Les Japonais, et surtout les épouses, dans le cas d'un couple homme-femme, montreront souvent une grande activité, manifestant par cet empressement le souhait de prendre en compte le bien-être des invités.
Bain
Le bain est un élément important du quotidien au Japon. Il sert à se détendre une fois propre. On doit se laver avant d'entrer dans la baignoire ou furo. On est habituellement assis sur un petit tabouret, sur lequel on se lavera grâce à un petit robinet ou à une douche située dans la même pièce que la baignoire. Une fois savonné et frotté, on prélève de l'eau de la baignoire avec un récipient dédié pour se rincer. Entrer sans se laver dans le bain, ou s'y rincer, sont une forme d'impolitesse ressentie comme très choquante, qui a d'ailleurs conduit ponctuellement certains bains publics à interdire leur accès aux étrangers.
La baignoire traditionnelle est carrée et assez profonde pour que l'eau couvre les épaules mais demande que celui qui prend le bain s'assoie avec les genoux relevés contre la poitrine. La forme de la baignoire est plus petite et plus profonde que celle connue en Occident, avec toutefois des évolutions récentes rapprochant les deux types. Normalement, l'eau du bain est conservée pendant plusieurs jours. Elle est réchauffée avant chaque utilisation par un système intégré. Un couvercle recouvre la baignoire pour maintenir la température de l'eau lorsqu'elle n'est pas utilisée et pour éviter l'évaporation. Tout résidu corporel est enlevé de l'eau après le bain.
Dans certaines maisons possédant de petites baignoires, les membres de la famille se baignent un par un à son tour, . Dans les endroits où les baignoires sont plus grandes, il n'est pas rare pour les membres de la famille de se baigner ensemble. Par exemple, un ou les deux parents se baigneront avec les bébés et enfants en bas âge. Même lorsque ceux-ci sont plus grands, ils peuvent encore partager le bain avec un de leurs parents.
Les baignoires sont très courantes dans les maisons japonaises récentes mais il y a encore beaucoup de petits et vieux appartements en ville qui n'en sont pas pourvus, ce qui fait que l'on trouve facilement des bains publics appelés sento. Dans la plupart des cas, les bains sont séparés par sexe et les clients se baignent nus, beaucoup utilisant un petit gant pour couvrir les parties génitales, qu'il est impoli d'exposer de façon trop ostentatoire. Les hôtels, les maisons de pachinko et autres salles de jeux peuvent posséder un sento pour leurs clients.
Les clients des auberges traditionnelles japonaises, ryokan, se verront offrir un bain dans un furo, aussi bien dans un endroit municipal avec des périodes établies à l'avance ou que dans un endroit privé.
Onsen se traduit par « source chaude ». Ce sont des bains, parfois situés à l'extérieur, qui utilisent l'eau naturellement chaude (géothermie). Des onsen plus importants ont des bassins pour les hommes et pour les femmes, et les visiteurs se baignent normalement nus. De même que pour les bains à la maison, tous les clients des sento et des onsen doivent se rincer énergiquement avant d'entrer dans les bains communs. Beaucoup d'endroits n'acceptent pas les clients avec des tatouages qui sont traditionnellement tabous, faisant référence aux activités yakuzas.
Repas De nombreux codes sont à respecter lors des repas (surtout au restaurant ou dans un lieu public), notamment avec l'utilisation des baguettes, par exemple. : ne jamais planter ses baguettes à la verticale dans son bol de riz ; c'est un geste utilisé avec les bâtons d'encens et réservé aux offrandes pour les morts ; ne jamais pointer quelqu'un avec ses baguettes pendant une conversation ; ne pas trier les aliments dans son plat avec ses baguettes ; ne pas tirer un plat vers soi avec ses baguettes ; ne pas lécher ni téter le bout de ses baguettes ; ne pas prendre un aliment de baguette à baguette pour partager. On dépose toujours la nourriture dans une assiette, et l'autre convive se servira ensuite par lui-même.
Au début du repas, la formule équivalente au « bon appétit » français est , qui signifie « je reçois humblement » (non sans analogie avec un bénédicité). Toutefois, c'est la personne qui commence à manger qui prononce cette phrase. .
Il est très apprécié de manger un plat de riz jusqu'au dernier grain..
Il est peu poli de se servir à boire soi-même. La pratique courante est de servir son voisin (même si son verre est déjà quasiment plein) ; le voisin comprendra immédiatement qu'il est souhaitable qu'il remplisse votre verre à son tour. Donc, si l'on vous sert à boire, vérifiez bien que les verres du convive qui vous sert ne sont pas vides, et remplissez-les au besoin.
Quand une personne nous sert à boire, la politesse voudrait que le verre soit tenu de cette manière : on lui tend le verre avec la main droite, tout en le maintenant par-dessous du bout des doigts serrés de la main gauche ouverte.
En revanche, il y a des gestes à table qui paraissent normaux dans la culture japonaise et qu'on ne fait généralement pas dans la politesse occidentale. : au restaurant, quand les nouilles sont trop chaudes, nombre de Japonais les aspirent bruyamment. Cela est considéré comme une forme de politesse, le bruit témoigne des efforts pour ne pas se brûler, alors que la qualité du plat incite à le manger sans attendre ; de même, il n'est pas malpoli de porter un plat à sa bouche, pour, par exemple, boire le bouillon des soupes de nouilles, les rāmen.
Au restaurant, contrairement à la France où l'étiquette traditionnelle voudrait que le convive ne remercie pas le serveur et feigne de l'ignorer, il est d'usage au Japon de remercier d'une très discrète inclinaison de la tête vers l'avant, ou en tapant deux ou trois fois sur la table avec son index.
Enfin, lorsqu'on n'a pas préparé soi-même le repas ou la collation, on se lève de table ou on quitte le restaurant en annonçant .
Quitter un endroit ou y revenir Lorsqu'on quitte un endroit familier (la maison ou le bureau par exemple), il convient de prévenir avec le neutre Itte kimasu, ou dans sa forme polie, Mairimasu (« J'y vais »). Ce à quoi l'interlocuteur répondra généralement Itte rashai (« Vas-y »).
Au retour, on préviendra de son arrivée par un Tada ima (« Juste à l'instant »), ce à quoi l'interlocuteur constatera O kaeri nasai (« Tu reviens »).
Les cadeaux