Banksia aemula est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Proteaceae. C'est un arbuste ou un petit arbre à lignotuber. On le rencontre de Bundaberg à Sydney sur la côte est australienne. Certains sujets peuvent atteindre de haut dans les landes littorales sur des sols sablonneux profonds, formant des peuplements appelés wallums. Il a une écorce orange froissée, des feuilles dentées vert brillant et des inflorescences vert jaune qui apparaissent à l'automne. L'inflorescence devient ensuite grise et des follicules gris foncé font alors leur apparition. Banksia aemula a la capacité de redémarrer sa croissance à partir de son lignotuber après un feu de broussaille.
Décrite pour la première fois par Robert Brown au début du , cette espèce tient son épithète spécifique signifiant « similaire » de sa ressemblance avec Banksia serrata. Aucune variété n'est reconnue. Elle est longtemps restée connue sous le nom de Banksia serratifolia en Nouvelle-Galles du Sud, alors que l'utilisation du nom binomial B. aemula est bien implantée partout ailleurs. Toutefois, le premier nom cité, que l'on doit à Richard Anthony Salisbury, a été déclaré invalide et Banksia aemula est le nom scientifique admis depuis 1981. Une grande diversité de mammifères, oiseaux et invertébrés visitent les inflorescences de ce Banksia et permettent sa pollinisation (zoogamie). Les méliphages l'apprécient particulièrement. Cultivé comme plante ornementale, il est moins commun dans les pépinières que l'espèce voisine B. serrata.
Description vignette|redresse|gauche|Pied régénérant à partir du lignotuber et présentant un fruit dont les follicules sont ouverts. Banksia aemula se présente sous la forme d'un arbuste ou d'un petit arbre atteignant au maximum de haut. Le tronc est recouvert d'une écorce épaisse de couleur brun-orangé ; les nouvelles pousses sont chevelues mais deviennent rapidement lisses. Les nouvelles branches croissent au printemps et en été. Les feuilles vert brillant sont obovales à oblongues et mesurent de 3 à de long pour 1 à de large. Leur extrémité est tronquée et les bords sont dentés. La floraison a lieu l'automne (de l'hémisphère sud), de mars à juin. Les inflorescences de couleur jaune verdâtre se développent en position terminale sur les branches, et émergent du feuillage. Elles mesurent de 4 à de haut pour 8 à de large. Elles sont composées de 800 à petites fleurs fixées à un axe central ou rachis. Munies de deux anthères blanches coniques, les fleurs s'ouvrent les unes après les autres de bas en haut au sein de l'inflorescence et il faut une à deux semaines pour que ce phénomène, appelé anthèse, soit complet. Chaque fleur produit du nectar durant les sept jours qui suivent sa floraison. L'inflorescence devient grise au fil du temps et du flétrissement des fleurs qui la composent. Jusqu'à 25 follicules se forment alors. Ils mesurent de 3 à de long pour 0,8 à de haut et de 2 à de large. Ils s'ouvrent spontanément ou à l'occasion d'un feu de broussaille (sérotinie) et relâchent des graines ovales de 4 à de long, composées d'un corps de 1 à de long et de 1,1 à de large, et d'une aile incurvée de 2 à . Banksia aemula est capable de repousser à partir de son lignotuber après avoir été brûlé.
Banksia aemula ressemble fortement à Banksia serrata, mais ce dernier se distingue par son tronc grisâtre – et non brun-orangé – et ses grandes feuilles de plus de de diamètre. Les inflorescences de B. serrata sont généralement d'un jaune gris plus sombre et ont des anthères plus longues (de 2 à ) et plus fusiformes, dépassant des fleurs non encore ouvertes. Le présentoir à pollen de B. serrata est plus long. Les follicules sont, quant à eux, un peu plus petits chez B. serrata.
Écologie Système racinaire La plupart des Proteaceae et toutes les espèces du genre Banksia, dont B. scabrella, ont une racine protéoïde, avec un chevelu dense et de petites radicelles latérales qui forment un amas juste en dessous de la litière de feuilles. Ces racines sont particulièrement efficaces pour pomper les nutriments dans des sols pauvres, comme les sols naturellement déficients en phosphore d'Australie. Une étude sur six espèces composant les wallums, dont B. aemula, a révélé que ces plantes sont très bien adaptées à des niveaux très faibles de phosphate dans le sol et sont très sensibles à la moindre élévation du taux de cet élément, qui peut se révéler toxique pour elles. Il semble également que ces plantes soient efficaces pour capter le potassium et également sensibles à un excès de calcium. Une étude menée sur l'île Stradbroke-Nord a montré une croissance accélérée des racines en automne austral (vers le mois d'avril), même si la croissance globale des racines est plus régulière que chez les autres espèces étudiées, peut-être parce que ses profondes racines ont un accès plus régulier aux réserves en eau du sol.
Reproduction Une étude de 1998 dans le parc national Bundjalung, au nord de la Nouvelle-Galles du Sud, a révélé que les inflorescences de B. aemula attiraient une grande diversité de petits mammifères, dont des marsupiaux comme le mardo (Antechinus flavipes) et des rongeurs, comme Rattus tunneyi, R. lutreolus, Melomys burtoni et même la Souris grise (Mus musculus). Ces animaux, qui viennent se nourrir du nectar des fleurs, participent à la pollinisation, tout comme les oiseaux nectarivores. Le Renard volant à tête grise (Pteropus poliocephalus), une chauve-souris à la fois frugivore et nectarivore, visite également les inflorescences de B. aemula et sa tête entre en contact avec les stigmates des fleurs quand il se nourrit. Les espèces d'oiseaux qui se nourrissent des inflorescences de ce Banksia comprennent le Loriquet à tête bleue, le Myzomèle écarlate et le Méliphage de Lewin. Plusieurs autres amateurs de nectar ont été répertoriés dans le The Banksia Atlas comme visitant les inflorescences de B. aemula, dont le Méliphage de Nouvelle-Hollande, le Méliphage brunâtre, le Méliphage fardé, le Méliphage à calotte fauve, ainsi que le Méliphage bruyant, le Méliphage à gouttelettes et le Polochion criard. Les travaux menés dans le parc national Bundjalung ont montré que le Méliphage brunâtre transportait plus de pollen de B. aemula que les autres espèces telles que le Méliphage fardé, le Méliphage à joues d'or et le Zostérops à dos gris. Des insectes comme les fourmis et les abeilles sont également courants sur les fleurs.
La croissance de Banksia aemula reprend à partir de son lignotuber ou de ses bourgeons épicormiques après un feu de broussaille. Banksia aemula est bien adapté à des intervalles entre les incendies de sept à vingt ans dans le sud-est du Queensland . Dans les , un écosystème côtier que l'on rencontre à l'est de Sydney et jusqu'à Botany Bay au sud, des intervalles de 10 à entre les incendies sont idéaux car, s'ils sont plus longs, ils favorisent Leptospermum laevigatum qui prend le dessus sur les autres plantes. Des expérimentations menées sur la germination des graines et la croissance des plantules de B. aemula ont montré que le phosphore était toxique pour les jeunes plantes, inhibant leur croissance s'il était en concentration deux fois plus importantes que la normale et était létal à une concentration quatre fois plus importante que la normale. Le potassium et le magnésium ont un effet bénéfique pour la croissance, bien que le potassium en très fortes concentrations ait le même effet que le phosphore. Dans tous les cas, la croissance des plantules est lente durant les 21 premières semaines de vie par rapport à d'autres espèces de plantes. Aucune explication claire n'a été formulée à ce sujet, sauf peut-être que cela permet à la plante d'avoir plus de chances de survivre dans un milieu pauvre en nutriments et en eau. Les graines sont tuées par une exposition à des températures supérieures à , mais peuvent résister à une exposition de sept minutes à .
Une étude portant sur les landes côtières des dunes du Pléistocène autour des lacs Myall a montré que B. aemula pousse préférentiellement sur les crêtes tandis que B. oblongifolia affectionne les pentes. Les deux espèces ne se mélangent pas. Une étude des plantules et de leur croissance dans la même région a montré que B. aemula développait de longues racines afin de chercher l'eau en profondeur, ce qui lui permet de pousser dans les sols particulièrement secs des crêtes. On ne sait par contre pas pourquoi elles ne parviennent pas à s'installer dans les zones plus humides. Contrairement à ce que l'on observe chez les espèces de Banksia d'Australie-Occidentale, il ne semblerait pas que ces deux espèces se concurrencent. Une étude sur la pousse des plantules et leur sélection naturelle dans le parc national Broadwater et la réserve Dirrawong, sur la côte nord de la Nouvelle-Galles du Sud, a montré que Banksia aemula produisait relativement peu de graines viables, mais que leur taux de perte était faible et que les plantules avaient plus de chances de survivre dans un environnement aride qu'humide. Une expérimentation conduite dans le parc national Crowdy Bay a montré que les racines des plantules de Banksia aemula atteignaient la nappe phréatique six mois après leur germination et qu'elles germaient, qu'il y ait eu, ou non, un feu de broussaille auparavant. Cette capacité à produire des graines en faible nombre mais avec un meilleur taux de survie demeure inexpliquée, mais pourrait être un moyen de se défendre contre les animaux qui mangent les graines. De même, des chercheurs ont observé sur l'île Stradbroke-Nord que B. aemula dispersait ces graines ailées après les incendies et qu'elles germaient et commençaient à pousser rapidement sans être broutées par les herbivores.
Distribution et habitat thumb|Aire de répartition de Banksia aemula.|alt=Carte de l'Australie avec unebande verte le long de la côte Est. On rencontre Banksia aemula le long de la côte est de l'Australie, de au nord de Bundaberg, dans le centre du Queensland, jusqu'à Sydney au sud. Sa présence la plus méridionale a été précisément notée à La Perouse au nord de Botany Bay. On le trouve également sur les îles de Fraser, Moreton et Stradbroke-Nord. Presque toutes les populations vivent à quelques kilomètres de la côte, à l'exception de celle d'Agnes Banks à l'ouest de Sydney, de deux au nord et au sud de Grafton à Coaldale et Glenreagh et d'une dernière à au sud-ouest de Bundaberg.