thumb|Vue prise avant 1930 au-dessus de la brèche avec le fort de Santa Cruz au premier plan. La baie Ste-Thérèse n'est pas comblée, et sur le plateau de Karguentah, les constructions n'atteignent pas encore les villages environnants. En arrière-plan, à gauche, la montagne des Lions.
Cet article présente les faits saillants de l'histoire d'Oran, une ville portuaire qui est la deuxième plus peuplée d'Algérie..
Oran avant Oran
Période préhistorique vignette|225x225px|Mandibule et outils acheuléens appartenant à l'Homme de Tighennif. L'étude de la Préhistoire de la région d'Oran s'inscrit dans une perspective diachronique, embrassant une vaste période allant des premières manifestations de la vie à l'avènement des premières espèces humaines. Cette investigation s'avère complexe, tant au niveau méthodologique qu'au regard du corpus documentaire disponible. En effet, l'élaboration d'une chronologie précise est rendue ardue par la nature fragmentaire et lacunaire des vestiges archéologiques. De ce fait, il est indispensable de recourir à des approches pluridisciplinaires, combinant l'archéologie, la géologie, la paléontologie et d'autres disciplines connexes. C'est pour cette raison que nous concentrerons notre attention sur les phases récentes, pour lesquelles la documentation est plus riche et précise.
Cependant, il est crucial d'établir une brève synthèse des événements qui ont jalonné le développement de la région, tout en incluant une mention de certains sites archéologiques pertinents, comme ceux de Tighennif et de Mers-el-Kébir, qui ont livré des vestiges fossiles et des industries lithiques de type acheuléen. De plus, les grottes du Ciel Ouvert, des Troglodytes et d'Aïn-el-Turk, ont également contribué à ces découvertes, grâce aux artefacts moustériens découverts en ces lieux. L'ensemble de ces éléments atteste de l'occupation de la région par des espèces du genre Homo, et même d'une présence humaine archaïque, s'étendant du Paléolithique inférieur au Paléolithique supérieure.vignette|286x286px|Lamelles et nucleus.Chaâbet Choufil Djebel Mourdjajou. Oran, Algérie Quant aux époques ultérieures, elles constituent une phase de transition intermédiaire marquée par des transformations majeures sur les plans socio-culturels. Ces transformations sont ponctuées par l'extinction des autres espèces du genre Homo et l'affirmation de l'Homme moderne comme seule lignée subsistante. Ces bouleversements, induits par le métissages interculturels, ou encore de ceux des Ibéromaurusiens et des Capsiens. En outre, l'arrivée de populations néolithiques en provenance du Moyen-Orient aurait également contribué à ces métissages successifs. Ceci a eu un impact sur le développement des différentes régions en diversifiant leurs cultures et leurs modes de vie, créant ainsi une mosaïque de traditions et de techniques.
L'ensemble des événements précédemment évoqués a donc induit l'émergence des premiers paradigmes de vie sédentaire, inaugurant une ère nouvelle et marquant l'avènement de la période néolithique, qui se distingue par une mutation majeure des modes de subsistance, engendrant une transformation radicale de l'organisation socio-technologique des sociétés primitives. En conséquence, les environs immédiats de la région d'Oran ont livré un ensemble de vestiges archéologiques d'une importance capitale pour la compréhension de ses modes de vie. De multiples fouilles archéologiques exhaustives ont été réalisées,constituant ainsi un corpus riche en vestiges néolithiques, d'outils en pierre taillée (silex, obsidienne), d'éléments de parure (coquillages, osselets), de céramiques décorées et de pointes de flèche.
L'analyse de ces vestiges a permis de mettre en évidence l'apparition de nouvelles techniques de production et d'outils lithiques spécialisés, ainsi que l'apparition de la poterie, de l'art rupestre figuratif, l'adoption de l'agriculture et de l'élevage, ainsi que des rites funérairesinédits. De plus, de nouvelles structures d'habitation ont été révélées, telles que des habitats troglodytiques et les premiers villages permanents en surface, dont la majorité se distribue sur les contreforts de la montagne de l'Aïdour et dans la périphérie immédiate de la ville d'Oran.
Les recherches archéologiques ont permis de révéler un ensemble de grottes, dont celles des Planteurs, du Ciel Ouvert, des Troglodytes et du Cuartel, ainsi que celles situées légèrement plus loin, comme les grottes de Noiseux, de la grotte du Polygone, des Figuiers, de Chaabet Choufil et de Mabuza, et quelques tumulus dispersés sur les hauteurs du massif.
D'autres vestiges archéologiques complètent cet ensemble et retiennent plus particulièrement notre attention. Parmi eux, figure le site de la pointe du Canastel qui se distingue par la présence d'un village permanent. Doté d'une enceinte et de constructions d'habitats en pierre et en pisé, il atteste d'une avancée technologique notable pour cette période. Quant au site de l'île des Habibas, il présente également un intérêt archéologique intrigant, en raison de sa situation géographique au large du golfe d'Oran, dont les fouilles ont mis en évidence une occupation saisonnière, caractérisée par des traces d'une végétation dense et d'une faune domestiquée. Cela implique l'existence de liens maritimes et des connaissances suffisantes de la part de ses populations pour leurs déplacements périodiques entre les différentes parties du littoral. En conclusion, si l'on considère généralement que la fin du Néolithique au Maghreb se situe entre 4 000 et 2 000 av. J.-C., chaque site archéologique représente un élément constitutif fondamental du corpus de connaissances à l'échelle régionale. Il est néanmoins crucial de souligner que les phases post-néolithiques ne se sont pas déroulées de manière homogène à l'échelle mondiale. En effet, certaines régions ont connu un développement technologique plus avancé, tandis que d'autres ont accusé des retards conséquents dans l'implémentation de ces innovations.
Il nous semble, en conséquence, impératif de souligner le contexte de la fin de la Préhistoire à l'échelle mondiale, dont certaines régions présentaient une configuration technologique, nettement distincte. En effet, dans certains endroits, l'âge du Bronzeétait en plein essor, caractérisé par une production et une utilisation généralisées du bronze, du cuivre et des métaux précieux pour la fabrication d'outils, d'armes et d'objets ornementaux. De plus, les progrès en matière de construction ont également connu des développements notables, permettant l'édification de structures vastes et complexes, comme des temples et des palais. De même, le perfectionnement de la navigation grâce à l'avènement des bateaux à voile a stimulé le commerce.
Enfin, il convient de mentionner l'invention de l'écriture en Mésopotamie et des hiéroglyphes en Egypte, qui a permis une meilleure transmission des connaissances et des savoirs, favorisant ainsi le développement et l'avènement de la culture et de la civilisation humaine en général. .
Judaïsation aux temps bibliques : légende Selon la légende certaines tribus de l’Afrique du Nord ont été judaïsées par un disciple et compagnon du prophète Moïse (Sidna Moussa), Josué (Sidna Youchaa) enterré à Tlemcen. À la suite des persécutions des pharaons à l’encontre du peuple d’Israël, Josué a pris la direction du Maghreb. Constatant que les populations de l'époque pratiquaient le paganisme, il leur enseigna le monothéisme et les lois hébraïques. Certaines de ces populations acceptèrent et en firent leur religion, mais sans prosélytisme, d'où l'effet limité de son expansion. La légende continue de nous dire que Sidna Youcha (Josué) est enterré sur une plage située à égale distance de Ghazaouet et Nédroma. Son mausolée a toujours fait l'objet, depuis des siècles, de pèlerinage à l'occasion des fêtes juivesOran, Histoire d'une ville, Houari Chaila, Publié par EDIK, 2002, . , .
Antiquité Plusieurs sites antiques ont été recensés dans les environs d'Oran. Ils révèlent notamment des présences puniques et romaines.
La période punique (entre le ) est d'abord attestée par l'immense nécropole des Andalouses et des nombreux artéfacts présents sur le site : vases, coupes, urnes. Ces occupations furent mises au jour lors de l'agrandissement de la zone touristique de la plage des Andalouses à à l'ouest d'Oran. Beaucoup d'autres objets furent également exhumés plus récemment dans les régions limitrophes de Bousfer et la région d'El Ançor.
Une hypothèse ancienne (vers 1906/1911 N. Slousch) considérait que les premiers juifs étaient arrivés avec les Phéniciens. Cette hypothèse est aujourd'hui mise à mal, car aucune trace archéologique, épigraphique ou autre ne permet d'attester un judaïsme africain préromain, mais il s'implante plus fortement que dans les autres provinces de l'Occident romain, et il est bien attesté au Bas-EmpireYann Le Bohec, Bilan des recherches sur le judaïsme au Maghreb dans l'Antiquité.
Alors que les Phéniciens avaient choisi la crique de Madagh à l’Ouest d’Oran pour y installer leur comptoir, les Romains préférèrent développer le site de Portus Magnus à à l’est d'Oran sur la ville actuelle de Bethioua (nommé Vieil Arzew au )J.Lassus - Le site de Saint Leu Portus Magnus (Oran) - 1956 - dans Comptes-rendus des séances de l'académie des inscriptions et belles lettres. Lire en ligne. Le port actuel d'Oran ainsi que Mers-el-Kébir étaient connus sous nom de Portus Divini (Port divin, ou plutôt Port des Dieux). Certains auteurs présument que ce nom vint romaniser un site punique du nom d'Arylon, connu seulement par les textes antiques Edward Lipinski, Itineraria Phoenicia, Peeters publisher, 2004, et suiv. Lire en ligne.
Il n'est pas étonnant que les Romains aient donné un nom aussi flatteur à la baie de Mers el-Kebir. Pourtant, on n'a retrouvé aucune trace d'antiquité romaine à Oran, mais plusieurs auteurs conjecturent sur un établissement romain à l'emplacement d'Oran. Sans que l'on connaisse ses sources, l'Espagnol Marmol dit que : ; et plus loin: Marmol y Carvajal, Luis del (1520?-1600). L'Afrique de Marmol de la traduction de Nicolas Perrot, sieur d'Ablancourt... avec l'Histoire des chérifs, traduite de l'espagnol de Diego Torrès par le duc d'Angoulême le père, revue et retouchée par P. R. A. [Pierre Richelet]. Paris 1667. tome II, ; Anatole Toulotte, qui a rédigé à la fin du une "Géographie de l'Afrique chrétienne", pense quant à lui que l'on doit situer à Oran Gratianopolis dont l'évêque en 484 se nommait TalasiusOran la joyeuse, Alfred Salinas, Publié par L'Harmattan, 2004. , , Et Toulotte Géographie de l'Afrique chrétienne -Montreuil sur Mer 1894-Lire en ligne & 85. De nombreuses statues antiques retrouvées dans la région d'Oran peuvent être vues au musée Ahmed Zabana (Poséidon, Hercule, Bacchus, Apollon). Au , la région d'Oran voit une immigration juive depuis la Cyrénaïque et l'Égypte à l'instar du reste du Maghreb.
La christianisation parait assez tardive comme l'attestent de nombreux restes du dont certains sont visibles au musée d'OranOran la joyeuse, Alfred Salinas, Publié par L'Harmattan, 2004. , . La plus ancienne inscription chrétienne en Oranie date de 302 à Altava (Ouled Mimoun), les plus vieilles de Regiae (Arbal, commune de Tamzoura) datent de 345 et 352, celles d' Albulae (Aïn Témouchent) commencent en 408Antoien Carillo "Aïn-Témouchent à travers l'histoire" -Ed.Plaza, Oran 1954 - à 69. Le christianisme s'implanta bien, puisque dans la liste d'évêques catholiques convoqués en 484 à Carthage par le roi Vandale Hunéric figurent plusieurs évêques de l'Oranie au sens large (ceux d'Altava, Albulae, Regiae, Dracones (Hammam bou Hadjar), Pomaria (Tlemcen), etc.) Toulotte -Géographie de l'Afrique chrétienne- Montreuil sur Mer 1894 -.
Fondation d'Oran