Dans la Grèce antique, un théore est, selon les cinq principaux sens connus du grec ancien (), soit : le ; l' ; l' ; le d'une cité ; 5 un . Il est probable que le substantif ait été créé pour décrire le () comme puis ait été successivement étendu aux autres significations ( à 5) par métonymie.
Ainsi, peut désigner celui qui, de sa propre initiative, consulte un oracle à titre strictement personnel. Tel est le cas, dans l' de Sophocle, de Laïos ou, dans l' d'Euripide, de Thésée.
À Athènes, la représentation officielle de la cité à l'extérieur est collégiale de sorte que les ( au pluriel) sont les membres d'une (). Certains ont une désignation particulière selon leur mission. Les () sont ceux qui annoncent des fêtes qui ont lieu dans la cité d'Athènes comme les Mystères d'Éleusis ou les Grandes Panathénées. Les () sont ceux qui vont à Delphes porter à Apollon les . Les déliastes sont ceux qui se rendent sur le (, navire réputé avoir mené Thésée en Crète) aux (, fêtes célébrées à Délos en l'honneur d'Apollon) accompagnés d'un chorège. Chaque théorie est sous l'autorité d'un (), sauf celle des déliastes pour laquelle l'archonte éponyme exerce la fonction d'archithéore.
Il existe des théores et des théories pour l'annonce ou la participation des concours sportifs (jeux olympiques, pythiques, néméens ou isthmiques). Il s'agit d'une charge onéreuse assimilable à une liturgie. Une théorie, visite à un sanctuaire, par un théore, comporte l'emploi rituel de certains feuillages. Les paroles de bon augure que recevait le théore à son retour devaient confirmer les promesses du pèlerinage. (notes d'Hippolyte d'Euripide de Marie Delcourt-Curvers, bibliothèque de la Pléiade).
Théores-magistrats
Dans certaines cités grecques, théore est le titre d'un magistrat. Aristote (-) évoque ces théores-magistrats dans sa .
Wilhelm Dittenberger (-) a donné la première liste des cités concernées : Mantinée dont les théores sont attestés en par Thucydide ; Tégée dont les théores le sont vers par Xénophon ; et Naupacte. En , Bernard Haussoullier (-) ajoute six autres cités à la liste de Dittenberger : Orchomène d'Arcadie ; Pellana ; Mégare ; Paros ; Thasos ; et Égine, les théores de celle-ci étant attestés, à l'époque de Pindare, par une scholie aux . En , Louis Robert (-) ajoute Pergame à la liste de Haussoullier.
À Thasos, les théores sont les membres d'un collège annuel de trois magistrats. Au contraire des archontes, membres d'un autre collège annuel de trois magistrats, les théores ne sont pas des magistrats éponymes. Ils sont hiérarchiquement inférieurs aux archontes et chargés de superviser les sanctuaires. Le collège des théores devient annuel et triple vers . Au début des années , les Thasiens décident de récapituler les théores qui s'étaient succédé en en gravant les noms. Le monument est inauguré vers -. Des fragments nous en sont parvenus et l'inscription correspondant est connue comme la (PLTh).
Théores-spectateurs L'emploi de pour désigner un , est attesté dès l'époque archaïque chez Eschyle dans les et le puis à l'époque classique chez Platon dans la et le ainsi que chez Aristote dans la et la . De ce sens du mot théore découle, à Athènes, le théoricon (en grec ancien : ) qui est l'indemnité versée aux plus pauvres pour qu'ils puissent acheter des places de théâtre.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie .
.
Éphèse .
Théores-magistrats
Thasos
Autres
Sources antiques . . . . . . . . . . . .
Articles connexes Liturgie (Grèce antique) Théoricon
Liens externes .
Définition du terme dans le dictionnaire de William Smith.
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