L'église Saint-Symphorien-les-Carmes est une église qui a été successivement conventuelle, puis paroissiale, et située à Avignon sur la place des Carmes.
Histoire Les Grands Carmes s'installèrent ici, en dehors de l'enceinte de la Commune, dès 1267, et y élevèrent leur couvent et leur église. Une reconstruction fut entreprise par Jean XXII en 1320 mais les travaux étaient toujours en cours sous Clément VI, qui en poursuivit le financement. L'église conventuelle fut consacrée définitivement le : c'était alors une des plus vastes de la ville.
Un effondrement important se produisit le , ne laissant debout que la façade, le chœur et les chapelles latérales. La reconstruction fut aussitôt entreprise et dura plus de six ans, l'édifice étant à nouveau béni le Alain Breton, Une œuvre inconnue de Louis-François de la Valfenière, le château de Barbentane, Annuaire de la Société des Amis du Palais des Papes, 1996, .
La Révolution chassa les Grands Carmes en 1791, puis le bâtiment devint un lieu de réunions publiques, et ensuite le siège du Club des Jacobins avignonnais. Il échappa ainsi à la démolition, contrairement à son voisin le couvent des Grands Augustins.
En 1803, lors du rétablissement du culte, l'édifice connut une nouvelle affectation, puisqu'on lui transféra les fonctions et vocable de l'église paroissiale Saint-Symphorien qui venait d'être rasée. Cette primitive église Saint-Symphorien d'Avignon, qui était située entre les actuelles place Henri Manguin et rue de Pontmartin, n'avait rien de remarquable, sinon que vers 1572, le roi Charles IX nomma Antoine Subiet, ancien enfant de chœur de cette église et musicien ecclésiastique réputé à la Chapelle royale, évêque de Montpellier. En cette qualité, Subiet créa une importante fondation pour les enfants de chœur de Saint-SymphorienAbbe Étienne Oroux, Histoire ecclésiastique de la cour de France, tome II, , Imprimerie Royale, Paris 1777 (lire en ligne).
Une partie du cloître du couvent des Carmes comprenant quinze travées situées entre l'église Saint-Symphorien et en bordure de la place des Carmes a été classée au titre des monuments historiques le , une autre partie du cloître comprenant huit travées le . L'église Saint-Symphorien des Carmes a été inscrite au titre des monuments historiques le .
Architecture La façade sur la place des Carmes est d’une grande simplicité, comme il sied à l'église d’un ordre mendiant. La porte principale, en tiers-point, est amortie en un gâble accosté de pinacles, qui porte une croix sur fond d’arcature aveugle. Au-dessus, une rosace de faibles dimensions est surmontée d’une fenêtre ogivale murée. Les deux portes latérales sont modernes.
L’église des Carmes est, par son plan, caractéristique du gothique méridional, à l'instar des édifices voisins de Saint-Didier ou de Notre-Dame de Bon Repos à Montfavet. Sans bas-côtés, ni transept, ni déambulatoire, elle est surtout remarquable par sa vaste nef, large et lumineuse, bordée de chapelles latérales non communicantes.
Ce sont les travaux de 1672-1678, sans doute dirigés par Louis-François de la Valfenière, qui ont donné à l'ordonnance interne son aspect actuel noble mais un peu raide. Avec ses travées rythmées de hauts pilastres doriques, et ses grandes arcades en plein cintre où s'ouvrent les chapelles latérales, elle rappelle l'église de Bédarrides, contemporaine et due au même artiste . Cette campagne de reconstruction, qui avait épuisé les ressources financières des Carmes, laissa la charpente apparente dans le vaisseau jusqu'en 1836, époque où l'on construisit en briques la voûte en plein cintre à lunettes actuelle.
Intérieur
La nef est entourée de 17 chapelles : Chapelle du Calvaire Chapelle Saint-Antoine-de-Padoue Chapelle Notre-Dame-des-Anges Chapelle Notre-Dame-de-Pitié Chapelle des Saintes-Thérèse-d'Avila-et-de -Lisieux Chapelle Notre-Dame-du-Mont-Carmel Chapelle des Ames-du-Purgatoires Chapelle Sainte-Anne Chapelle Sainte-(Croix Chapelle Saint-Joseph Chapelle des Saints-Missionnaires Chapelle de l'Enfant-Jésus-de-Prague et chapelle Notre-Dame-de-Lourdes Chapelle du Sacré-Cœur Chapelle Saint-Philomène Chapelle Saint-Pierre-de-Luxembourg et Chapelle Saint-Louis-de-Gonzague
Œuvres d'art le Maître Autel en marbre blanc de 1856 . l'Orgue. Quatre toiles de Guillaume-Ernest Grève hypothétiquement datées de 1602 : scènes du Martyre de saint Symphorien, classés au titre d'objets historiques. Une Apothéose de saint Symphorien, toile de Philippe Sauvan (1780) - Ces cinq toiles proviennent de la primitive église paroissiale de Saint-Symphorien, disparue. Dans la nef et les chapelles latérales, nombreuses toiles de Nicolas et Pierre II Mignard, Pierre Parrocel, Guillaume-Ernest Grève...
Notes et références
Annexes
Bibliographie Paul Achard, Dictionnaire historique des rues et places de la ville d'Avignon, Éd. Seguin aîné, Avignon, 1857 (lire en ligne). Joseph Girard, Évocation du Vieil Avignon, Les Éditions de Minuit, Paris, 2000,
Articles connexes Liste des monuments historiques d'Avignon Liste des monuments historiques du Vaucluse
Liens externes
Symphorien-les-Carmes Avignon Symphorien-les-Carmes Catégorie:Monument historique classé en 1928 Catégorie:Monument historique inscrit en 1932 Avignon