Les Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) représentent un ensemble de six sites hospitaliers répartis dans l'agglomération strasbourgeoise, avec lits et 378 places..

Les HUS ont le statut de centre hospitalier régional et universitaire (CHRU) de l'ancienne région Alsace et sont son premier employeur, avec 11853 employés.

Le public accueilli dans les établissements des HUS provient à 84,4 % du Bas-Rhin, à 6,2 % de Moselle et pour 5,2 % du Haut-Rhin.

Histoire Le premier hôpital La création d'un premier hôpital à Strasbourg daterait du . Selon une légende, il aurait été fondé dans le « Strateburgum » (ancienne dénomination de Strasbourg) dès 657 par le Duc d'Alsace Etichon-Adalric d'Alsace, père de Sainte Odile "Essai historique et moral sur la pauvreté des nations" par François Emmanuel Fodéré. 1825 .

Un document conservé aux archives municipales de la ville de Strasbourg datant de 1143, la charte de l'évêque Burcard, situe sa fondation en 1119. Cet hôpital était sis à côté de la cathédrale de Strasbourg, dans l'actuelle rue du Vieil Hôpital. Cet hôpital restait cependant une institution religieuse chargée des soins, plutôt spirituels que corporels, des malades et des mendiants.

Le deuxième hôpital L'air devenant nauséabond à la suite des épidémies de peste et de la famine qui décimaient la population de Strasbourg entre 1313 et 1316, l'hôpital fut transféré hors de l'enceinte de la ville près de la porte dite « de l'Hôpital ». Étant situé hors des murs de la ville, il sera ensuite démoli (pour que l'ennemi ne l'utilise pas) vers 1392-1393 au cours des combats entre les soutiens des différents compétiteurs à la succession de l'évêque Frédéric de Blankenheim"Un double-gros de Frédéric de Blankenheim, évêque d'Utrecht (1393-1423)", revue suisse de numismatique, 1905..

À la suite de cette destruction, les malades sont soignés dans les locaux du « Stalhof » et du « Herrenstall » dans le quartier du Finkwiller et cela jusqu'à ce que l'hôpital soit installé dans ses propres locaux en 1398. Locaux se trouvant sur le terrain qu'occupe encore aujourd'hui l'hôpital civil.

Dès 1604, une voiture ambulance à cheval entre en service pour chercher, jour et nuit, les malades et les blessés sur la voie publique.

Le , une laveuse déclenche un incendie qui s'étend et tout l'édifice principal part en cendres. Seul l'économat, la chancellerie, la boulangerie, les écuries et enfin la cave pourront être sauvés. Les travaux de reconstruction débutent en 1718.

Le , un décret du Conseil des Treize institue des leçons pratiques à l'hôpital pour les étudiants de la faculté de médecine. Le professeur de pathologie Jean-Jacques Sachs obtient alors du Magistrat des lits pour instruire ses étudiants à l'hôpital civil. La clinique trouve son entrée dans les modalités d'enseignement pratique.

En 1840-1841, l'hôpital civil s'étend en direction du nord avec la construction de nouveaux bâtiments vers l'actuel quai Saint Nicolas.

Strasbourg, capitale du Reichsland d'Alsace-Lorraine

À la suite de la guerre de 1870, Strasbourg devient allemande. Afin d'affirmer le rayonnement intellectuel et scientifique allemand, les autorités recrutent et mettent en chantier un vaste ensemble de nouvelles constructions qui deviendront des « instituts » de la faculté de médecine de Strasbourg (anatomie, anatomie-pathologique et histologie ; physiologie ; pharmacologie ; biophysique ; chimie biologique, hygiène et bactériologie) et des « cliniques » de l'hôpital de Strasbourg. Une nouvelle convention, datée du , entre l’université et l’hôpital fixe les conditions matérielles et de maintenance des cliniques. Ainsi l’hôpital paye pour la maintenance (chauffage, éclairage, gaz, eau…) et l’université paye annuellement la partie qui lui revient. Entre 1881 et 1914, plus d'une dizaine de cliniques et services sont aussi mis en place : 1881, mise en service de la clinique chirurgicale A ; 1885, mise en service de la clinique psychiatrique ; 1887, mise en service de la clinique gynécologique et obstétricale ; 1891, mise en service de la clinique ophtalmologique ; 1901, mise en service de la clinique médicale A ; 1902, création d’une clinique dentaire scolaire Histoire de la Faculté Dentaire de Strasbourg sur le site de la faculté de chirurgie dentaire de Strasbourg. ; 1910, mise en service de la clinique infantile ; 1911, mise en service de la maternité ; 1912, mise en service de la clinique neurologique et du service central de radiologie et de physiothérapie ; 1914, mise en service de la clinique médicale B et de la clinique chirurgicale B.

L'entre-deux-guerres En 1919, l'Alsace-Lorraine retourne à la France. La nouvelle université de Strasbourg est inaugurée le , la faculté de médecine se substitue à l'ancienne faculté allemande, prenant aussi le contrôle des instituts et cliniques. L’université de Strasbourg suit ainsi le point de vue du président de la République française Raymond Poincaré selon lequel les universités doivent s’adapter aux singularités locales, point de vue soutenu aussi par le directeur de l’enseignement supérieur Alfred Coville. Cependant la séparation entre locaux de la faculté et de l’hôpital n’est pas évidente du fait d’un grand enchevêtrement entre les deux, autant au point de vue physique, que financierTricia Close Koenig, Entre science et service : production et commercialisation de la connaissance dans un laboratoire de la Faculté de Médecine de Strasbourg (mi- - 1939), thèse de doctorat, histoire et épistémologie des sciences et des techniques, université de Strasbourg, 2011..

En 1919, le laboratoire régional de bactériologie, contrôlé par le ministère de l’hygiène, est installé dans les locaux de l’institut d’hygiène et de bactériologie. Cette même année les hospices civils achètent le sanatorium Saint François construit en 1910 dans le quartier de la RobertsauLes Hospices Civils de Strasbourg, Tome I, 1932.

En 1920, le commissaire général de la République de Strasbourg met en place une commission technique consultative pour mettre en place une convention entre université et hôpital, et de liquider les dettes en cours1922 Convention Casier 50/1 AHUS. La difficulté d’appliquer des conventions de 1922-1924 entraine une forte tension entre faculté et hôpital et des fréquents contrôles de la part du ministère des finances (11 rapports et mémoires entre 1920 et 1939). Le sommet de cette tension conduit à un renoncement aux conventions par l’hôpital en 1926, ce qui conduit à un non-paiement des frais de maintenance pendant les 8 années suivantes.

L'année 1923 voit la création du centre de lutte contre le cancer Paul Strauss.. Il ne compte alors qu'un service, le service de radiothérapie.

Le développement de l'hôpital continue aussi avec la mise en service en 1928 de l'institut d'histologie et en 1930 de la nouvelle clinique ORL, de l'institut d'hygiène et de bactériologie, ainsi que de la nouvelle clinique dermatologique.

Le , les hospices civils de Strasbourg et la faculté de médecine signent une nouvelle convention. Cette convention retransférait toutes les cliniques sous le contrôle de l’hôpital de Strasbourg, mais les laboratoires des cliniques et les instituts scientifiques restent sous le contrôle de la faculté. L’hôpital ne possédant pas de laboratoires est alors obligé de sous-traiter, en général contre financementProf. Rohmer (CI Infant) à , 21 février 1936. Dossier concernant le tarif des examens des laboratoires. Casier 153F. AHUS, les analyses médicales aux laboratoires de la faculté. Ces laboratoires, appelés ‘’laboratoires conventionnés’’, proposent leurs services aussi bien à l’hôpital public qu’au secteur privé. Cependant la situation financière reste encore assez confuse comme le montre le contrôle suivant de la cour des comptes en 1937.

En 1936, le centre Paul Strauss intègre un nouvel établissement. Ce centre de lutte contre le cancer, avec son service administratif, ses laboratoires, un bloc opératoire ainsi que les salles de curiethérapie et de roentgenthérapie, est inauguré par le président de la république Albert Lebrun en 1936.

La Seconde Guerre mondiale Après la déclaration de guerre de 1939, la ville de Strasbourg est déclarée zone militaire par l'État-major français et évacuée d'office. La faculté de médecine de Strasbourg, avec ses instituts, ses cliniques, et tout leur matériel (bibliothèques, instruments, chaises, tables, lits des malades…) rejoint donc l'école de médecine de Clermont-Ferrand.Les hospices civils sont évacués principalement dans la cité-sanitaire de Clairevivre dans la région de Salagnac. Ils y restent de à . Ils n'existent plus à Strasbourg et les seuls médecins qui sont dans la ville s'occupent des quelques "Équipes Civiles" ayant pour mission de patrouiller autour des blocs d'immeubles pour empêcher le pillage.

Après l'Armistice de juin 1940, les nazis annexèrent l'Alsace-Lorraine. Le retour des Hospices civils de Strasbourg en Alsace est réalisé du 1er septembre au 21 octobre 1940 en utilisant 7 trains spéciaux rapatriant 1 735 personnes et tout le matériel dans 166 fourgons. Certains médecins et personnels technique décident de rester à Clairvivre où ils constituent l'équipe de l'Hôpital des réfugiés de la Dordogne créé, pour continuer à assurer le suivit sanitaire des Alsaciens refusant de revenir dans leur région. Cet hôpital apportera une aide médicale à la Résistance locale ce qui lui vaudra le surnom « d'Hôpital de la Résistance ». A la libération de l'Alsace, les personnels réintégreront les Hospices à Strasbourg.

A Strasbourg, les autorités allemandes nomment Joseph Oster directeur des Hospices civils. Il reprend son poste après son arrestation et sa détention pour espionnage au début de la guerre dans le cadre des Nanziger.

Les nazis vont rénover, remeubler, construire et installer des appareillages sophistiqués pour les instituts et les cliniques (médicale, chirurgicale, gynécologique, neuropsychiatrique, pédiatrique, ophtalmologique, ORL, dermatologique, dentaire, orthopédique). En parallèle à tous ces investissements, les Allemands récupèrent aussi, dès 1941, tous les livres et tout le matériel scientifique des différents instituts de l'université qui ont été évacués à Clermont-Ferrand, mais aussi à Paris, Bordeaux, Lyon, et en Dordogne.

Le au matin, les troupes alliées menées par les troupes de la blindée du Général Leclerc, prennent le contrôle de l'hôpital civil.

L'hôpital après guerre Les années 1960 voient la faculté de médecine quitter ses locaux au sein de l'hôpital civil avec la construction, sur un terrain adjacent des principaux bâtiments de la faculté de médecine actuelle. Cette période voit aussi la construction d'un nouveau bâtiment pour la Chirurgie A.

Pour soulager l'hôpital civil, d'autres bâtiments, plus ou moins spécialisés, sont construits dans les années 1970 à l'extérieur du centre-ville de Strasbourg. Ainsi, le centre médico-chirurgical et obstétrical (CMCO) de Schiltigheim ouvre ses portes le Site de la mairie de Schiltigheim Site patrimoine Région Alsace et l'hôpital de Hautepierre en 1979. Par la suite s'ajoute encore un centre de traumatologie général à Illkirch-Graffenstaden.

Après un rapport très critique de la cour des comptes, le président de l’université Louis Pasteur et le directeur des hôpitaux de Strasbourg considérant que l’activité des « laboratoires conventionnés » dépasse le cadre financier normal géré par l’université, demandent en 1999 une évaluation et une expertise par l’État des relations entre des laboratoires conventionnés de la faculté de médecine et hôpital publicLalande et Dallemagne, « Rapport sur les Hôpitaux universitaires de Strasbourg ». Le résultat de cette expertise a été le transfert à l’hôpital des laboratoires conventionnés au début des années 2000.

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