Maréchal, nous voilà ! est une chanson de propagande française à la gloire du maréchal Pétain, composée en 1941 à Avignon. Les paroles sont d'André Montagard, cosignataire avec Charles CourtiouxCompositeur et chef d'orchestre, Charles Courtioux () est l'auteur de nombreuses musiques d'opérettes et de revues de l'entre-deux-guerres. pour la musique. La première version commerciale connue est enregistrée la même année par le chanteur André Dassary pour le label Pathé. Toutefois, elle est le plagiat d'un air d'opérette composé par Casimir Oberfeld pour le film La Margoton du bataillon () de Jacques Darmont par ailleurs déjà plagiée par Frédo Gardoni pour accompagner le Tour de France de sous le titre de La Fleur au guidon. La chanson créée à Avignon durant le régime de Vichy fait partie intégrante de la propagande et du culte de la personnalité du régime autoritaire et antisémite mis en place par le maréchal Pétain.

Histoire Création

Le chansonnier et poète André Montagard fréquentait assidûment « Mon Bar », place du Portail-Matheron à Avignon, établissement fondé en 1933 par Marcel Guenoun de confession juive. D'après le témoignage de Guy Guenoun, fils du fondateur, c'est en 1941 à une table de ce café que Montagard aurait rédigé les paroles de la chanson afin de participer au concours organisé par le régime de Vichy pour doter le maréchal Pétain d'un chant officiel. Guy Guenoun rapporte que Montagard, amateur de pastis et souvent sans ressources, aurait été davantage motivé par la récompense financière promise au concours que par une adhésion idéologique au régime.

La chanson est alors éditée par les éditions musicales du Ver Luisant, dirigée à l'époque par Rolf Marbot (d'origine allemande, de son vrai nom Albrecht Marcuse), qui produit d'autres chansons à la gloire de Philippe Pétain, comme La France de demain ou La Marche des jeunes.. Charles Courtioux. était l'imprimeur des partitions musicales du Ver LuisantVoir la partition (présentée également dans ) : page 1 et page 2. et devient le cosignataire du chant pour la musique.

Au moment de la déclaration de la chanson à la SACEM, celle-ci décèle une avec une composition de Casimir Oberfeld, La Margoton du bataillonOn peut l'écouter dans le film de Jacques Darmont () tiré de l'opérette de Casimir Oberfeld. Elle est chantée par l'acteur Armand Bernard., et met en garde Charles Courtioux sur cette par une note : .. Mais en raison des lois antisémites sous Vichy, Casimir Oberfeld, qui a été l'un des premiers ayants droit de la SACEM à la veille de l'occupation allemande, perd le droit d'y déposer des œuvres et la possibilité de toucher ses droits d'auteur parce qu'il est Juif. Déporté à Auschwitz en ., il meurt lors d'une « marche de la mort » en .

La musique de Maréchal, nous voilà ! présente aussi une avec une chanson intitulée La Fleur au guidonLe refrain commence par ce vers : ., de Frédo Gardoni, dédiée à l'édition du Tour de France. Celle-ci ainsi que le Chant de l'avenir, chanson des Amicales socialistes de (composée par Michel Emer et G. AubryUn enregistrement datant de de cette chanson figure dans le coffret de CD Anthologie sonore du socialisme édité chez Frémeaux & Associés en .), sont apparemment d'autres exemples d'influence ou de plagiat de La Margoton du bataillon.

Statut sous le régime de Vichy

vignette|redresse|Affiche de propagande du régime de Vichy : en médaillon, le portrait du maréchal Philippe Pétain sous la devise « Travail, Famille, Patrie », au-dessus d'une francisque et d'une scène représentant la France rurale et industrielle, .Pendant la Seconde Guerre mondiale, durant l'Occupation, cette chanson est interprétée, entre autres, par Andrex et André Dassary (enregistrement Pathé, accompagné par l'orchestre de Marcel CarivenDisque Pathé , enregistré le et publié en .).

La Marseillaise reste l'hymne principal de la France durant cette période. et tient une place prépondérante, ce qui illustre la volonté du régime de ne pas abandonner les symboles nationaux à la Résistance. Mais elle n'est pas officiellement désignée comme l'hymne national : ce ne sera le cas qu'en , dans la Constitution de la , en son , puis en , dans la Constitution de la , en son .. Elle est souvent suivie, dans la zone sud, de Maréchal, nous voilà !, qui devient l'hymne officieux du régime de Vichy. Maréchal, nous voilà ! est régulièrement diffusée sur les ondes de Radio-Paris et de la Radio nationale. Elle est jouée dans l'ensemble des territoires de la France et de l'Empire ; c'est le cas en particulier dans la plupart des écoles mais aussi dans les chantiers de jeunesse, les casernes et les meetings de la Milice française.

Le refrain seul montre combien cette chanson participe largement du culte de la personnalité créé autour de Pétain dès .. :

Parodies

Le chant Maréchal, nous voilà ! étant un élément majeur de la propagande de Vichy, il a été l'objet d'un pamphlet contre Pétain, Maréchal vous voilà, et de parodies de la part de la Résistance comme Général, nous voilà !, en hommage au général de Gaulle, voir ., ou Maréchal, les voilà ! de Julien Clément dans ..

À la mort de Jean-Marie Le Pen, Libération a titré : « Maréchal, le voilà » ()..

Documentaire

Maréchal, nous voilà ? – La propagande de Vichy (), de Jorge Amat et Denis Peschanski, , Compagnie des phares et balises....

Dans la culture populaire Cinéma

: Les Choristes de Christophe Barratier – bande originale. : La rafle de Roselyne Bosch – bande originale. : La Guerre des boutons de Yann Samuell – bande originale. : La Nouvelle Guerre des boutons de Christophe Barratier – bande originale. : Le Voyage de Fanny de Lola Doillon – bande originale.

Littérature Dans le roman Le Traître, de Pierre Cormon, la chanson passe régulièrement dans un restaurant du Caire, en .

Bande dessinée Maréchal, nous voilà de Laurent Rullier (scénario) et Hervé Duphot (dessin et couleur) ; de la série Les Combattants, Paris, Delcourt, 2012 .

Télévision : Les Chansons rétros, sketch filmé des Inconnus, parodie.

Notes et références

Bibliographie

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