« le Roux » (), électeur palatin (Wolfratshausen, – à Neustadt an der Weinstraße) fut comte Palatin du Rhin de 1353 à 1390. Il est le fondateur de l’université de Heidelberg (1386).
Règne Les parents de Robert étaient duc de Haute-Bavière et comte palatin du Rhin, et la princesse Mathilde de Nassau, fille du roi Adolphe de Nassau. Par son père, Robert était un descendant direct de , fondateur de la dynastie impériale.
Le père de Robert mourut en 1319. N'ayant que dix ans, il fut placé avec sa mère et ses frères Adolphe († 1327) et sous la régence du comte Jean de Nassau. En vertu du traité conclu avec , Louis de Bavière, oncle du jeune comte, s'empara du Palatinat du Rhin le . La guerre prit fin au mois d', mais, la comtesse Mathilde refusant de traiter, ce n'est qu'après sa mort que des pourparlers purent être engagés.
Par l'acte de succession de Pavie (1329), entérinant l'indépendance du Palatinat en faveur de Robert et de son frère . les deux frères régnèrent d'abord sur ce territoire avec leur neveu puis en 1338 divisèrent la principauté tout en revendiquant la dignité électorale. Robert avait pris part au ban de Rhense, tandis que Rodolphe avait voté en faveur de Gunther de Schwarzbourg contre le roi de Bohême qui fut élu. Les Wittelsbach ne reconnurent l'autorité du roi de Bohême qu'au mois de et promirent de lui apporter les insignes royaux.
À la mort de Rodolphe en 1353, Robert se trouva seul comte palatin du Rhin. Cependant, l'empereur Charles décida d'annexer une partie du Haut-Palatinat à l'héritage luxembourgeois comme « Nouvelle-Bohême ». Robert avait en outre récupéré en 1357 Kaiserslautern et, prenant appui sur ses terres de Bolanden, reprit peu à peu possession de tout le comté de Deux-Ponts-Bitche.
La Bulle d'or publiée à Metz en 1356 reconnut définitivement au Palatinat une voix pour l'élection du roi des Romains, ainsi que le titre d'électeur palatin.
En (1376), pour assurer l'élection du prince Venceslas, l'empereur restitua au comte-électeur de nombreuses terres au comte palatin, dont Oppenheim, Nierstein, Ingelheim et une partie de Bolanden et lui versa des sommes considérables. Ce qui n'empêcha pas le comte de rallier dès 1379 la « ligue du pape », réunissant les quatre princes électeurs rhénans qui, pour mieux défendre leurs intérêts particuliers, prétendaient représenter ceux du souverain pontife en terre d'empire.
Fondation de l'université de Heidelberg vignette|Sceau de l'université de Heidelberg (1386). , avec l'emblème du Palatinat, est représenté agenouillé à droite de saint Pierre. Le , le comte fonda l'université de Heidelberg, qui demeure aujourd’hui la plus ancienne université d'Allemagne en territoire allemand. La création de cette institution s'inscrit dans les tensions confessionnelles apparues après le grand schisme d'Occident de 1378 : à la mort du pape , qui avait quitté Avignon pour Rome, les cardinaux français avaient refusé de reconnaître pour son successeur, et élurent de leur côté . Ainsi la France et la Sorbonne, où étudiaient beaucoup d'« Allemands », soutenaient le pape d'Avignon, cependant que le palatinat du Rhin militait énergiquement pour la primauté du pape de Rome et interdisait les offices publics aux clercs de l'autre bord. L'université de Prague, la plus importante du Saint-Empire, soutenait il est vrai également Rome, en contestant certains points de doctrine ; mais et ses conseillers, dont Marsile d'Inghen, désiraient aussi éviter que les étudiants de Rhénanie ne quittent leur pays et entreprennent de trop grosses dépenses à l'étranger : c'est pourquoi il décida de créer une université à Heidelberg. Elle fut inaugurée le , et les cours commencèrent dès le lendemain . Le sceau de l'université, qui a été conservé et dont le contenu est repris comme logo de l'université de Heidelberg, reflète l'origine et le projet de l'établissement : au centre trône saint Pierre, tenant une grande clef, symbole du pouvoir spirituel. L'électeur , portant une barbe, est agenouillé à sa droite et tient l'étendard du Palatinat. À gauche de l'apôtre est assis le co-régent et successeur , qui remet à Pierre l'écu des princes de Wittelsbach..
Jugements sur ce prince L’Allgemeine Deutsche Biographie porte sur lui le jugement suivant :
Quoi qu'il n'eût pas fréquenté d'école, l’électeur palatin Robert était un homme cultivé et pieux. L'historien Ludwig Häusser remarque à son sujet : C'est ainsi qu'il ordonna de recopier sur un parchemin somptueux toute la chronique universelle de Rodolphe d'Ems ainsi qu'une hagiographie de Sainte Élisabeth, . Le père Franciscain Bertold de Ratisbonne dédia 62 de ses prêches au comte et à la comtesse Élisabeth de Namur. Il régla personnellement la liturgie des Heures pour l'abbaye de Neustadt an der Weinstraße qu'il avait fondée : dans le décret de fondation de 1356, outre la vocation de sépulture et de monument familial, il lui assignait la célébration de messes fréquentes et les plus joyeuses et pieuses possibles. Pendant des années, fit le pèlerinage de la Saint-Michel à pieds jusqu’à l'abbaye du Heiligenberg, pour y apporter lui-même ses offrandes.
Le comte Robert avait un médecin juif du nom de Gottlieb. qu'il appréciait au point d'interdire les persécutions des juifs sur ses terres.
Mariages
L’électeur épousa en 1350 la comtesse Élisabeth de Namur (1330–1382), fille du comte Jean de Flandres et de Namur, prince de Dampierre, et de Marie d'Artois. Cette union resta stérile.
Il épousa en secondes noces en 1385 la princesse Béatrice de Berg (1360–1395), fille du duc et d'Anne du Palatinat, fille du futur électeur . Cette union fut également stérile.
Robert mourut en 1390 ; son successeur fut son neveu .
Bibliographie
. der Stifter der Heidelberger Universität. Universität Heidelberg, 1786, ohne Autorenangabe; (Digitalansicht)
Notes
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