vignette|gauche|upright=2|Les rues d'Avignon Centre détaillées sur l'Atlas van Loo, imprimé en 1649. vignette|upright=2|Plan actuel des rues et places d'Avignon.

Nota : pour des raisons d'organisation interne au titrage des articles de la fr.wikipédia, cet article a pour titre « Liste des voies ». Mais ce n'est pas une simple « liste des voies ». Cet article répond à la définition du dictionnaire des rues, toutefois pour un nombre limité de voies : une publication qui donne pour chaque voie répertoriée des informations sur la toponymie, l'historique, les habitations intéressantes du point de vue historique ou architectural, etc.

Le dictionnaire des rues d'Avignon est un dictionnaire des rues de la commune d'Avignon, commune française dans le département de Vaucluse en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

À l’intérieur des remparts, dans le centre historique, les rues d’Avignon Centre, plus de deux cent-soixante dénombrées, ont été créées au fur et à mesure du développement de l’antique Avenio et de la cité médiévale au temps des papes. Elles ont abrité des livrées cardinalices puis les cent-trente Hôtels particuliers qui ont pris généralement leur suite, ainsi que nombre de lieux de culte (églises, chapelles et synagogue), des anciens cimetières transformés en places, des couvents et des abbayes, des collèges et l’Université. Parmi ces rues, quelques-unes se distinguent par leur riche patrimoine architectural ou par des évènements historiques qui s’y sont déroulés. Rue d’Annanelle vignette|Église du couvent des Dominicains d'Avignon, gravure de Charles Montigny, 1839. Elle correspond à l'enceinte extérieure des premiers remparts médiévaux de la ville construit au . Dans sa partie basse, côté rue Joseph-Vernet, le Rhône coulait dans les fossés.

Ce fut ici que s'installèrent les dominicains après avoir bâti le plus vaste couvent d'Avignon. Il fut édifié sur une ancienne île de graviers déposés par le fleuve qui portait le nom de l'Estel. Clément V y résida lors de ses séjours avignonnais, tandis que Benoît XII et Clément VI y furent couronnés.

Le nom actuel de cette artère a une origine incertaine. Il ne lui fut attribué qu'au . Avant elle était désignée comme « la rue du Moulin de la Ville aux remparts », puis fut connue sous les noms de « rue des capucins », qui y possédaient leur noviciat, « rue des carmélites » ou « rue de la Font-des-prêcheurs ». Ce moulin municipal fut détruit au milieu du . Il était actionné par la Sorgue, qui coulait alors à découvert. Des peupliers bordaient ses rives jusqu'en 1704 où ils furent remplacés par des ormes.

Rue de la Balance vignette|gauche|Quartier de la Balance avant la rénovation de 1958. vignette|Rue de la Balance rénovée. Au cours du Moyen Âge, elle était connue sous le qualificatif de magna carreira. Cette Grand Rue conduisait du palais des papes à la porte du Rhône et au pont Saint-Bénézet. Elle doit son nom actuel à une auberge à l'enseigne de la balance. L'entrée de la Livrée de Canillac se faisait par cette rue.

Entre le milieu et la fin du , cette rue et son quartier furent paupérisés et devinrent insalubres. Leur rénovation fut entreprise au cours des années 1960. C'est actuellement un des quartiers les plus chics d'Avignon qui communique directement avec la place du Palais et la place de l'Horloge.

Rue de la Banasterie Des fouilles ont révélé la présence de mosaïques romaines. Et le tracé de cette rue marque l'enceinte du premier rempart médiéval qui s'ouvrait par la porte Aurose, correspondant à l'actuelle porte de la Ligne. Cette artère doit son nom à des vanniers qui y fabriquaient des banastes, paniers en osier. Ils utilisait les branchettes de saule poussant le long des berges du Rhône et de la Durançole qui alimentait les fossés. vignette|Chapelle des Pénitents noirs d'Avignon, rue de la Banasterie. Dans ce quartier se trouvent deux Hôtels particuliers. Le premier est celui des Madon de Châteaublanc. Il a été construit selon les plans de Pierre II Mignard selon un prix fait daté du . Antoine Vernet, père de Joseph Vernet décora l'intérieur tandis que la cour intérieure caladée représentant cinq comètes, inspirées de celle de Halley, qui apparut en 1759, est l'œuvre du mosaïste Henri Barrelet. Le second appartint aux Cohorn de Limon. Cette famille d'origine suédoise s'était installé à Montfavet dès le . Ce fut Claude Cohorn qui, en 1632, acheta une maison sise en ce lieu et la transforma en Hôtel. Celui-ci continua à être aménagé par son fils Gabriel, seigneur de Limon.

Outre la Chapelle des Pénitents noirs, deux autres lieux de culte ont desservi la rue et son quartier. Une église paroissiale dédiée à saint Symphorien qui fut érigée en collégiale en 1591 et consacrée en 1602. Après la Révolution son titre passa à l'actuelle église des Carmes. Le prieuré de Sainte-Perpétue, dont l'existence est attestée depuis 1203. Il comportait une chapelle et un petit cimetière.

Rue Bancasse Elle fut dénommée magna carreira au cours du . Un siècle plus tard, sous les pontifes avignonnais, elle devint « la grande rue de la Muse » très certainement à cause d'une muse ou muselle servant d'enseigne à une boutique, puis fut renommée « rue de l'Argenrerie » après que nombre de changeurs s'y furent installés. Elle ne prit son nom actuel qu'au cours du .

Cette grand rue étant assez étroite, en 1660 des travaux furent réalisés pour rectifier son alignement et laisser passer les carrosses. Grâce à une expertise faite par Jean-Baptiste II Péru, en 1759, on connait sa largeur dans sa partie la plus étroite. Ce fut dans cette rue, qu'entre 1782 et 1788, s'installa Antoine Aubanel « seul imprimeur de sa Sainteté » qui édita le Courrier d'Avignon.

Deux hôtels particuliers y furent construits. Celui des Tonduti de Blauvac qui fut restauré en 1662 puis entièrement reconstruit par Jean-Baptiste Franque en 1726. Il devint la résidence de Mathieu Jouve Jourdan dit Jourdan Coupe-Tête, au cours de l'année 1793. Le second appartenait à la famille Cappeau de Saint-Marc et avait été édifié au .

Rue Bonneterie Dans les statuts de la ville, en 1246, elle est citée sous les noms de « rue et place de la Curaterie », car un marché aux cuirs s'y tenait tous les mardis. La place ouvrait sur un prolongement de la rue actuelle alors dénommée « rue de la Verrerie ».

Au cours du , elle devint la « rue de Saint-Geniès » (carreiria Sancti Genesii) en hommage à l'église dédiée à saint Geniès qui s'y trouvait. Puis au , ce fut le nom de « rue du Sauvage » qui prévalut à cause de l'enseigne de l'Homme Sauvage qui désignait une auberge tenant taverne. Au , l'installation de boutiques de bonnetiers fit à nouveau changer son nom et en 1613, elle devint « rue Bonneterie autrefois Curaterie ou Marché aux cuirs ». vignette|Hôtel de Félix, 54 rue Bonneterie. Outre l'Hôtel de Félix, inscrit aux monuments historiques par arrêté du , plusieurs maisons et hôtels particuliers sont dignes d'intérêts. Certaines maisons possédaient des poutres apparentes sous leur toiture décorées de mufles de dragons. 2 : cette maison possède, toujours bien visibles, des poutres d'angle sculptées de ces mufles. 11 : on y retrouve la façade méridionale de l'église Saint-Geniès (). 17 : maison natale de Joseph Vernet. 20 : puits du dans la cour. 33 : maison de l'architecte Pierre Bondon avec niche d'angle et statue de la Vierge (). 35 : hôtel Raoulx construit en 1696 par Jean Péru pour le marchand Jean-Paul Raoulx. Ce fut lui qui dirigea en personne l'exécution des sculptures du balcon à la tête de Minerve, celles des mascarons des fenêtres du rez-de-chaussée, et l'escalier à pilastres de l'intérieur. 40 : hôtel Ricci demeure d'une famille d'origine piémontaise qui, au , acheta une maison et un vaste terrain correspondant à la Livrée du cardinal du Puy. L'un de ses membres, Guillaume Ricci, conseiller de la ville, viguier et primacier de l'Université, fit construire une chapelle en 1498, puis fonda le collège de la Croix en 1500. Au cours des siècles suivants, cet hôtel fut morcelé entre différents propriétaires. Au début du , sa façade conservait l'aspect gothique du temps des Ricci, ainsi que sa cour à arcades et son escalier monumental, datés de 1706. Mais la transformation du rez-de-chaussée en commerce lui a fait perdre ses dispositions anciennes. 44 : hôtel de Cambis de la Falesche devenu ensuite propriété des Cambis d'Orsan puis de la famille Du Plessis de Pouzilhac. Daté du et de la fin du , il a conservé son grand portail à carrosse donnant sur une cour ainsi que son portique ouvert par deux colonnes ioniques. 50-52 : hôtel de Puget de Chastueil. Son propriétaire, Jean-Louis de Puget, seigneur de Maillane, selon les plans de Jean Péru, fit édifier l'escalier en 1695, puis une galerie et un pavillon en 1699. La transformation du rez-de-chaussée en commerces a totalement défiguré l'œuvre de l'architecte avignonnais.

Rue de la Bouquerie C'est la troisième magna carreiria d'Avignon au . Jusqu'à la Renaissance, la rue actuelle et sa continuation la rue Saint-Nicolas d'Annecy furent dénommés « rue des Masses » (carreiria Massarum). Menant directement à la Grande Boucherie, sise sur l'actuelle Place de l'Horloge, elle fut rebaptisée « rue de la Grande Bouquerie » puis « rue de la Bouquerie », en 1497.

Un hôtel particulier et un jeu de paume y furent édifiés. 13 : l'hôtel de Brancas fut construit, en 1533, par Gilles de Roays, puis vendu, en 1557 à Alexandre de Grillet. Ce n'est qu'en 1771 qu'il fut acquis par une dame de Crillon, comtesse de Brancas. C'est là que furent accueillis, au cours de l'hiver 1784-1785, le ministre Necker, alors en disgrâce, son épouse Suzanne et leur fille Germaine de Staël, alors âgée de 18 ans.En 1796, le lieu fut acheté par les Seguin, imprimeur, qui y éditèrent, en 1859, Mireio de Frédéric Mistral. L'imprimerie s'installa ensuite sur un terrain adjacent et l'Hôtel de Brancas fut transformé, après 1916, en école communale de fille.

22 : Le jeu de paume fut construit, au , sur l'emplacement du couvent de la Providence, il était la propriété, en 1635, de Pierre Isaac. Il passa ensuite à Pierre avril dont la fille Marguerite épousa Nicolas Mignard. Dans le jardin jouxtant le jeu de paume, le couple fit construire, en 1624, « un nouveau corps de logis » qui fut rapidement connu sous le nom de « Maison Mignard ».Au cours du mois d'octobre 1655, Molière et sa troupe furent accueillis dans la salle du jeu de paume et y jouèrent L'Étourdi et Le Dépit amoureux. Il revint jouer dans la même salle de décembre 1657 à février 1658. Lors de ses deux séjours, il se lia d'amitié avec Nicolas et Pierre Mignard. Ce dernier fit plusieurs fois son portrait.La maison et le jeu de paume restèrent dans la famille Mignard jusqu'en 1732, date à laquelle la toiture de celui-ci s'écroula détruisant .

Rue Carreterie vignette|La rue Carreterie au début du . Le premier nom de cette rue est référencé au cours du comme carreiria Cadrigerariorum, la « rue des Charretiers ». Cette voie importante de la cité avignonnaise - elle est la seule à mener directement d'une porte des remparts au palais des papes - se voit désignée, en 1392, comme la Carrieria magna vocatur la Carataria.

Tout ce quartier est protégé par le rempart Saint-Lazare achevé depuis 1364, après que les habitants de la Carreterie eurent versé florins pour l'achèvement de sa construction. En 1568, la population, inquiète d'une possible attaque des Huguenots, finance la construction d'un ravelin pour mieux protéger l'entrée de la Porte Saint-Lazare. Celui-ci fut ensuite réparé et restauré en 1604 et 1621.