La colombe eucharistique, ou peristerium (du grec περιστερά), est un type de vase sacré de la liturgie chrétienne dans lequel, au Moyen Âge, on conservait les hosties consacrées. La plupart du temps, elle était suspendue au centre du ciborium qui surmontait l’autel.

Description et histoire Symbole de paix et signal de la fin du Déluge dans l'Ancien TestamentGenèse, VIII, 2., la colombe représente l'Esprit Saint dans le Nouveau TestamentÉvangile selon Matthieu, III, 16.. Son utilisation comme vase liturgique est attestée à partir du en Occident, mais le premier exemplaire connu est une colombe byzantine, originaire de Syrie du NordTrésor d'Attarouthi, acquis par le Metropolitan Museum of Art en 1986.. vignette|150px|gauche|Le ciborium de la collégiale Saint-Salvi d'Albi. En effet, .vignette|150px|Tour eucharistique en argent, Espagne, fin du .

Les hosties sont enveloppées dans un linge de lin, représentant le linceul du Christ, ou placées dans une pyxide enfermée dans la colombe. Celle-ci est suspendue par des chaînes au-dessus de l'autel, au centre du ciborium, qui permet, au-delà du symbole, de protéger les hosties consacrées des rongeurs et des vols sacrilèges. L'on descendait le réceptacle au moyen d’une poulie à manivelle.

Sous le ciborium s’élevait parfois un autre petit édifice appelé peristerium (colombier) parce qu’il contenait la colombe eucharistique. Après la disparition de l’ancien ciborium, le mode de suspension se transforma lui aussi. On fixait généralement une attache en forme de croix au retable et on suspendait la tour, la colombe ou la pyxide à la volute que cette attache formait. Durant la période gothique, la tour, la colombe ou la pyxide étaient suspendues au-dessus de l’autel, entourées d’un voile. On les mettait parfois sous l’autel, mais, plus généralement, on les conservait dans une petite armoire ou un petit édicule, creusé dans le mur, à droite ou à gauche de l’autel.

À l'origine, les colombes eucharistiques reposaient toutes sur un disque qui peut prendre parfois les dimensions d'un plat, afin de pouvoir être suspenduesLes colombes eucharistiques, A. Erlande-Brandenburg, Bulletin Monumental, 1974, 132-4, page 307. Lire en ligne : .

À partir du , on utilise également la colombe comme ciboire posé dans un tabernacle.

Un grand nombre de colombes eucharistiques sont produites en émail de Limoges, c'est-à-dire en émaillé champlevé sur cuivre doré, et vendues à travers l'Europe. Leur fabrication commence dès le , mais elle culmine au , période durant laquelle elles sont véritablement produites en série, peut-être à la suite de la promulgation du dogme de la transsubstantiation par le IV concile du Latran en 1215. Quarante-deux colombes en émail de Limoges ont été conservées, dont une douzaine d'authenticité douteuse et une douzaine dont la trace a été perdue par la suite.

Variante Une variante de cette existe aussi chez les Arméniens orthodoxes, à la différence que cette dernière contient le saint muron (ou saints chrêmes), utilisé pour certains rituels.

Voir aussi Articles connexes pyxide ciboire calice ostensoir custode

Notes et références

Bibliographie

Christine Descatoire, « Une colombe eucharistique », fiche du Musée national du Moyen Âge Marie-Madeleine Gauthier, « Colombe limousine prise aux rets d'un ‘antiquaire’ bénédictin à Saint-Germain-des-Prés vers 1726 », dans Intuition und Kunstwissenschaft: Festschrift für Hanns Swarzenski zum 70. Geburtstag am 30. August 1973, Berlin, 1973, 171-190. Lourdes de Sanjosé Llongueras (2011). El Colom Eucarístic: Una obra singular del taller de Llemotges. Castelló de la Plana: Societat Castellonenca de Cultura. La Conservation de l’Eucharistie, Mauro Piacenza ; Redemptionis sacramentum, , numéro 117. Lire en ligne :

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