L'université d'État de Louvain a été fondée le à Louvain par le roi Guillaume , souverain du royaume uni des Pays-BasLe roi Guillaume des Pays-Bas créa, par son arrêté du 25 juillet 1816 dans les provinces méridionales, trois universités d'État dont il fixa le siège à Gand, à Liège et à Louvain: Albert Bruylants, "Esquisse de l'histoire de la chimie...", dans Florilège des sciences en Belgique, Bruxelles, Académie royale de Belgique, 1967, p. 250., et a fermé ses portes le : « Elle ferma ses portes le 15 août 1835. ».
L'enseignement y était officiellement neutreAndrée Despy-Meyer, « Institutions et réseaux » (« De la fondation des universités au Discours de Seraing »), dans : Histoire des sciences en Belgique 1815-2000, première partie, Bruxelles, 2001, p. 72 : « L'Université de Louvain créée par l'État sous le régime hollandais et prodiguant un enseignement neutre n'avait jamais été reconnue par l'épiscopat qui refusait d'admettre cette forme d'enseignement »..
Plusieurs professeurs de l'ancienne université de Louvain, y ont repris leur enseignement, comme Xavier Jacquelart, Jean Philippe Debruyn, , , , Jean-Baptiste Liebaert, Étienne Heuschling. Le gouvernement des Pays-Bas désirait, en effet, nommer à l'Université d'État comme professeurs des « catholiques éclairés », ce qui mécontenta les autorités ecclésiastiquesChanoine Roger Aubert, "Une université d'État à l'époque des Pays-Bas réunis", dans : L'Université catholique de Louvain. Vie et mémoire d'une institution, Bruxelles, La Renaissance du Livre, 1993, p.78: .
La langue d'enseignement y était le latinVoir: Hubert Nélis, Inventaire des archives de l'Université de l'État à Louvain, Bruxelles, Hayez, 1917, p. 8: , comme dans toutes les autres universités des Pays-Bas et la plupart des universités d'Europe à cette époque. Elle accueillit aussitôt 230 étudiantsPhilippe et Nadine Quinet-De Saeger, André Dieudonné Trumper, médecin à Bruxelles au , Bruxelles, Studia Bruxellae, 2008, p. 47..
Après la suppression de l'Université d'État de Louvain, l'Université catholique de Belgique nouvellement fondée à Malines en 1834, vint s'établir à Louvain où elle prendra le nom d'Université catholique de LouvainMaurice Voituron, Le Parti libéral joué par le parti catholique dans la question de l'enseignement supérieur, Bruxelles, 1850 : « et alors aurait paru plus évidente encore aux yeux du pays l'intention du parti catholique de tuer l'enseignement de l'État, afin de ne laisser debout que l'Université catholique de Malines, qui allait prendre le titre d'Université de Louvain, pour y usurper la renommée de l'ancienne, ainsi que ses fondations de bourses »..
Histoire Après la suppression des universités impériales en 1817 dont l'université impériale à Bruxelles, trois universités d'État furent créées par Guillaume des Pays-Bas, dont celle de Louvain. L'université d'État fut supprimée en 1835. C'est alors que l'université catholique de Malines vint s'installer à Louvain et pris le nom d'université catholique de Louvain.
Alors que se discutait au Parlement la loi sur l'enseignement supérieur, Charles Rogier, essayant dans une dernière tentative de sauver l'Université d'État de Louvain, proposa lors de la séance du qu'il n'y ait plus en Belgique qu'une seule université financée par l'État et établie à Louvain, il fut soutenu dans son combat par l'éloquence fougueuse du député catholique Ignace Quirini, ancien étudiant de l'université d'État, et qui deviendra ensuite professeur à la nouvelle université catholique, mais leur dernier combat fut vain et la proposition fut rejetéeEdward van Even, Louvain dans le passé et dans le présent, Louvain : Aug. Fonteyn, 1895, p. 606 : .. La loi votée le supprima définitivement l'université d'État de Louvain qui ferma ses portes le : .. Toutefois, son rayonnement ne fut pas négligeable car en tant qu'université la plus importante de nos régions elle a formé une partie appréciable de la première génération d'intellectuels de la Belgique indépendante : . et nombre des futurs révolutionnairesLeuven University. 1425-1985, Leuven : Leuven University Press (dir. Emiel Lamberts et Jan Roegiers), "The State University", chapitre VII, p. 187..
Et pourtant, comme l'écrit Geertrui CouderéGeertrui Couderé, « De studenten aan de Rijksuniversiteit Leuven (1817-1835) », dans Liber amicorum Dr. J. Scheerder, Louvain, 1987, p. 241: . et elle ajoute que Geertrui Couderé, De studenten aan de Rijksuniversiteit Leuven (1817-1835), dans Liber amicorum Dr. J. Scheerder, Louvain, 1987, p. 259 : .
Arlette Graffart pose la question . Selon cet auteur d'ailleurs, l'université d'État de Louvain mérite d'être considérée comme la « résurrectionRoger Aubert, « L'Université catholique de 1834 à 1968 », dans : L'Université catholique de Louvain. Vie et mémoire d'une institution, 1993, p. 81 : . » de l'ancienne université de Louvain : Cette remarque d'Arlette Graffart rejoint tout à fait les jugements des Cours d'appel et de cassation qui interdisent à l'université catholique de Louvain de se présenter comme l'héritère de l'ancienne université de Louvain. Jugement de la Cour d'appel de 1844 : La Belgique judiciaire, 28 juillet 1844 n° 69, p. 1 : . Voir aussi, arrêt de la Cour de cassation du 26 novembre 1846 : , Table générale alphabétique et chronologique de la Pasicrisie Belge contenant la jurisprudence du Royaume de 1814 à 1850, Bruxelles, 1855, p. 585, colonne 1, alinea 2. Voir également : Bulletin usuel des Lois et Arrêtés, 1861, p.166..
Selon le professeur Léon van der Essen, de l'université catholique, elle était un Léon van der Essen, L'université de Louvain, Liège : La pensée catholique, 1927, p. 30 : .. Elle était pourtant composée de professeurs de qualité dont plusieurs firent école : , cité d'après Hubert Nélis, Inventaire des archives de l'Université de l'État à Louvain, Bruxelles : Hayez, 1917, pp. 12-13., souvent formés dans la doctrine de l'idéalisme allemand et venant d'Iéna, de Giessen, de Marbourg ou de Heidelberg. Le gouvernement avait d'ailleurs veillé, afin de ne pas froisser la population, que ces professeurs soient pour la plupart catholiques, mais il s'agissait de catholiques « éclairés »... ce qui mécontenta les autorités ecclésiastiques. Remarquons toutefois que, lorsque celles-ci fondèrent en 1834 une nouvelle université à Malines puis à Louvain, Pierre de Ram, désireux d'avoir un corps académique de valeur, a fait le même choix en recrutantChanoine Roger Aubert, "L'Université catholique de 1834 à 1968", dans : L'Université catholique de Louvain. Vie et mémoire d'une institution, Bruxelles, 1993, p. 104 : également un corps académique composé largement de savants étrangers, surtout allemands.
Leur influenceAinsi Gisela Wild, à propos de Warnkoenig emploie l'expression de « transmetteur de l'esprit allemand en Europe occidentale » (Vermittler deutschen Geistes in Westeuropa). Lire: Gisela Wild : « Leopold August Warnkönig 1794 - 1866. Ein Rechtslehrer zwischen Naturrecht und historischer Schule und ein Vermittler deutschen Geistes in Westeuropa », dans Freiburger rechts- und staatswissenschaftliche Abhandlungen, volume 17, Karlsruhe, 1961. sur nos jeunes révolutionnaires, qui firent une révolution « nationale » et « libérale » plutôt que sociale, mérite d'être étudiéeJean Stengers, Les Racines de la Belgique, tome 1, Bruxelles, 2000, p. 228 : . En effetEmiel Lamberts et Jan Roegiers, « The State University », dans Leuven University, 1425-1985, Louvain, 1990, p. 186: , les étudiants, conduits par Sylvain Van de Weyer, témoignaient d'une très grande sympathie pour les associations libérales, romantiques et nationalistes allemandes, les Burschenschaften, et pour le philhellénisme. Les étudiants de l'université d'État de Louvain transformèrent leur université en centre du libéralisme et de l'opposition : « Les trois universités d'État, créées par Guillaume (....) des établissements dus à son initiative sortit une génération émancipée, libérale dans l'acception la plus large du terme, si libérale même qu'ayant appris à penser librement, elle se retourna contre celui qui prétendait l'en empêcher ».. Ils ont joué un rôle significatif voire décisif dans la révolution de 1830Nous citons à nouveau "The State University", dans Leuven University, 1425-1985, Louvain, 1990, p. 187..
Parmi les étudiants formés à l'université d'État de Louvain plusieurs joueront un rôle de premier plan dans la vie intellectuelle et scientifique du pays : . comme le chimiste Jean Servais Stas ou les paléontologues Pierre-Joseph van Beneden et Laurent-Guillaume de Koninck. Toutefois, selon le chanoine Roger Aubert, professeur à l'Université catholique, l'apport scientifique non seulement de l'université d'État de Louvain mais également des deux autres universités d'ÉtatPour avoir une vision plus exacte de l'apport scientifique des universités de l'État, lire : Florilège des sciences en Belgique pendant le et le début du XXe, Bruxelles : Académie royale de Belgique, Classe des Sciences, s. d. de Gand et de Liège fut très pauvreChanoine Roger Aubert : . Dans: « Une université d'État à l'époque des Pays-Bas réunis », dans: L'Université catholique de Louvain. Vie et mémoire d'une institution, Bruxelles, La Renaissance du Livre, 1993, p.78.. Cependant, selon l'argumentation d'Arlette Graffart, cette accusation de médiocrité semble contredite par le fait que l'université d'État de Louvain ait pu donner au pays des personnalités brillantes dans divers domainesComme l'écrit : . Elle a formé, en effet, plus de : . que l'on retrouvera dans les institutions du nouveau royaume de Belgique.
Bâtiments La ville de Louvain, propriétaire des bâtiments de l'ancienne université, mit à la disposition de la nouvelle université d'État, les Halles, la bibliothèque publique, le Jardin botanique, le collège de Saint-Donatien, celui des Prémontrés, des Vétérans et du RoiEdward van Even, Louvain dans le passé et dans le présent, Louvain : Aug. Fonteyn, 1895, p. 604..
Facultés thumb|Le baron Frédéric de Reiffenberg, membre du Sénat Académique et professeur à l'université d'État de Louvain. L'université d'État de Louvain compta dès sa création les Facultés de droit, de médecine, des sciences mathématiques et naturelles ainsi que de philosophie et lettres.
Recteurs (Rectores Magnifici) juinliste établie d'après le livre : J. J. Dodt, Repertorium dissertationum belgicarum, Utrecht, 1835. 1818 à 5 nov. 1819 : François Joseph Harbaur, (1776-1824) (ou Franz Joseph Harbauer), un Alsacien, médecin de la cour, ancien élève du philosophe Fichte à l'université d'Iéna, avait séjourné à Paris, Fulda, Saint-Pétersbourg pour enfin arriver aux Pays-Bas. Personnage hors du commun, il se dépensa sans compter pour relancer l'universitéChristian Laporte, L'affaire de Louvain : 1960-1968, 1999, p. 26. Premier recteur magnifique de l'université d'État de Louvain. 1819-1820 : Jean-Ferdinand Sentelet. 1820-1821 : Henri Ferdinand Decoster. 1821-1822 : R. G. J. Bekker. 1822-1823 : Charles Jacmart (1773-1849) 1823-1824 : François Jacques Goebel. 1824-1825 : Jean-François-Michel Birnbaum 1825-1826 : François-Joseph Dumbeck. 1827-1828 : Jean-Marie Baud. 1828-1829 : François-Joseph Adelmann. 1830-1831 : Charles Jacmart 1831-1832 : Charles Jacmart 1832-1833 : 1833-1834 : 1834-1835 :
Secrétaires (Graphiarii) Gérard Jean Meyer, 1825-1826.
Membres du Sénat académique Frédéric de Reiffenberg (1795-1850), historien et philosophe, secrétaire du Sénat Académique.
Bibliothécaires thumb|Karl Bernhardi (1799-1874), bibliothécaire de l'université d'État de Louvain. Georges-Joseph Bekker, 1817-1823 Frédéric de Reiffenberg 1823-1826. Karl Bernhardi 1826-1830 Jean Pie Namur 1830-1835
Professeurs