Les XIXes Jeux du Commonwealth de 2010 ont eu lieu à Delhi en Inde du 3 au . La cérémonie d'ouverture du s'est déroulée au Jawaharlal Nehru Stadium, site principal de ces Jeux. C'était la première fois qu'ils avaient lieu en Inde et la deuxième fois en Asie, après Kuala Lumpur (Malaisie).

Leur préparation a été critiquée par les médias qui ont mis en cause les pluies abondantes et les inondations, les problèmes d'infrastructures, les retards de construction et l'insuffisance des installations sanitaires dans le village des athlètes, le retrait de sportifs renommés et les accusations de corruption à large échelle. Néanmoins, aucun pays n'a annulé sa participation, les jeux ont commencé à la date prévue et la qualité de la cérémonie d'ouverture a largement contribué à améliorer l'image de la compétition. Plusieurs pays qui s'étaient montrés très réservés sur les préparatifs ont finalement fait l'éloge de l'Inde. Jacques Rogge, président du Comité international olympique, a déclaré que cette réalisation était d'excellent augure pour une future candidature du pays à l'organisation des Jeux olympiques.

Le lendemain de la cérémonie de clôture, le gouvernement indien a annoncé la formation d'un comité d'enquête sur les accusations de corruption et mauvaise organisation qui avaient entaché leur préparation.. Suresh Kalmadi, président du comité d'organisation, a été arrêté fin sous l'accusation de corruption. Delhi Commonwealth Games chief Suresh Kalmadi remanded, BBCNews, 5 mai 2011.

Candidature Les deux candidatures majeures aux Jeux du Commonwealth 2010 étaient celles de Delhi et d'Hamilton (Ontario, Canada). En , lors de l'assemblée générale de la Fédération des Jeux du Commonwealth à Montego Bay (Jamaïque), Delhi a remporté le scrutin par 46 voix contre 22, voyant ainsi sa candidature retenue dès sa première soumission.

L'Inde fait pencher la balance en sa faveur au second tour de l'élection en promettant d'allouer à chaque pays participant, ainsi que la restauration, l'hébergement et les transports. Par ailleurs, la réussite des premiers Jeux afro-asiatiques à Hyderabad en 2003 est perçue comme la preuve que l'Inde possède les ressources, les infrastructures et le savoir-faire nécessaires pour accueillir un grand évènement sportif. L'Inde bénéficie en outre du soutien de Latif Butt, ancien vice-président du Conseil olympique asiatique.

Organisation Comité d'organisation En , constatant que la construction des deux tiers des sites avait pris du retard India admits 2010 Games problems, site de la BBC, 15 septembre 2009, le comité d'organisation est réaménagé, avec à sa tête Jarnail Singh, ancien Secrétaire d'état du Gouvernement indien, et Suresh Kalmadi, président de l'Association olympique indienne. Le Business Club of India est créé en au travers d'un partenariat entre le Comité d'organisation, la Confédération de l'industrie indienne et la Fédération des chambres de commerce et d'industrie indiennes. Il a pour rôle de promouvoir les Jeux du Commonwealth et l'économie indienne au niveau international.

Coûts L'estimation du budget initial, réalisée par l'Association olympique indienne en 2003, est de 358 millions de dollars américains. Il est revu à la hausse en 2010 à environ 2,5 milliards de dollars, sans compter les améliorations des infrastructures non sportives telles que l'aéroport, les routes et l'embellissement de la ville Payoffs & bribes cast a shadow on CWG, Ravi Shankar and Mihir Srivastava, India Today, 16 août 2010. Le magazine Business Today estime le coût total à 6,77 milliards de dollars, ce qui fait des Jeux du Commonwealth de 2010 les plus chers jamais organisés Still game, Manu Kaushik, Business Today, septembre 2010.

Des organisations non gouvernementales, dont le Housing and Land Right Network (HLRN), dénoncent cette dérive budgétaire, craignant que ce soient les basses classes qui soient principalement mises à contribution pour combler le déficit de la ville..

Problèmes et controverses Les préparatifs des Jeux du Commonwealth de 2010 sont émaillés de nombreux problèmes tant en matière de délais, d'accidents, de corruption que de sécurité.

L'Inde s'attelle tardivement, début 2008., aux travaux nécessaires au déroulement des Jeux. En , le président de la Fédération des Jeux, Mike Fennell, estime que les retards sont tels qu'ils remettent en question la tenue des compétitions.. En , un organisme chargé de veiller à la conformité des installations signale des problèmes de construction et des faux certificats de qualité. Le , une passerelle s'effondre, blessant 27 ouvriers dont 4 grièvement, et le lendemain une partie du faux plafond du stade Jawaharlal Nehru s'affaisse.. Ces deux accidents révèlent également les conditions de travail extrêmement pénibles et le peu de sécurité sur les chantiersDébâcle des Jeux du Commonwealth : à qui la faute ? , Julien Bouissou sur Lemonde.fr, 24 septembre 2010. Des délégués de plusieurs nations arrivés en avance déclarent que les conditions d'hygiène et sanitaire du village des athlètes sont désastreuses et compromettent leur participation..

Les gaspillages ne sont pas rares ; des équipements sont loués à des tarifs exorbitants alors qu'il aurait été plus avantageux de les acheter. La Commission de surveillance centrale dénombre 16 projets suspects de corruption et de violation de procédure pour une somme d'environ 300 millions d'euros et impliquant les autorités fédérales et locales et des entreprises publiques. Le directeur adjoint du comité d'organisation des jeux, T S Darbari, et un autre responsable du comité, Sanjay Mahendroo, sont renvoyés à la demande du Ministre des sports.. Dès la fin des Jeux, le Premier ministre indien, Manmohan Singh, ordonne la constitution d'une commission pour enquêter sur la corruption et les irrégularités Games over, PM orders probe into corruption charges sur Hindustantimes.com, 15 octobre 2010.

En , un groupe islamiste pakistanais affilié à Al-Qaïda menace les sportifs et les spectateurs. Le , une fusillade contre un car de touristes à Delhi blesse deux Taïwanais et le gouvernement australien se dit inquiet. Les autorités indiennes prennent la question très au sérieux et déploient dans la capitale..

Par ailleurs, les travaux d'aménagement et d'« embellissement » de la ville amènent les autorités à prendre des mesures fortement critiquées par les défenseurs des droits de l'homme telles que le déplacement forcé vers leur État d'origine d'environ et sans-abris ainsi que la démolition de nombreuses habitations de fortune Have A Budget For Beggars, Shantanu Guha Ray dans Tehelka du 20 mars 2010.

Infrastructures Pour accueillir les Jeux du Commonwealth de 2010, Delhi a construit plusieurs équipements sportifs et en a amélioré d'autres. Elle a également bâti un village des athlètes et notablement développé ses infrastructures en général.

Sites Stades thumb|Le Jawaharlal Nehru Stadium agrandi. Les compétitions sportives se déroulent dans douze sites. Certains sont des constructions nouvelles, tels que le stade de l'Université de Delhi (rugby à sept), le stand de tir Karni Singh, le complexe sportif de Siri Fort (badminton, squash), le complexe sportif Thyagaraj (netball) et le complexe sportif Yamuna (tir à l'arc, tennis de table). D'autres ont été considérablement agrandis et modernisés comme le complexe sportif Indira-Gandhi (cyclisme, gymnastique, catch) ou encore le Jawaharlal Nehru Stadium (athlétisme, boulingrin, haltérophilie) réduit à . Enfin, certains équipements préexistants sont également utilisés : le CRPF Shooting Range (tir), la piscine S.P. Mukherjee, le stade national Major Dhyan Chand (hockey), le terrain de tennis R.K. Khanna et le stade couvert Talkatora (boxe).

Les athlètes disposent de vingt autres équipements pour leur entraînement.

Village des athlètes Le village assure l'hébergement des sportifs et des délégations officielles du au . Il est situé sur la rive orientale de la Yamuna, à proximité des sites de compétition et d'entraînement, et s'étend sur 63,5 hectares. Il comprend cinq zones : la zone d'hébergement, la zone internationale (services et loisirs), la zone d'entraînement (15 hectares), la restauration et la zone opérationnelle. C'est un espace entièrement non fumeur et totalement accessible aux athlètes handicapés Site officiel des Jeux du Commonwealth de 2010/Games Village. La zone d'hébergement est divisée en quatre secteurs dont le style reprend les caractéristiques d'ethnies ou de fêtes traditionnelles indiennes : warli (rouge), gond (bleu), madhubani (vert) et sanjhi (pourpre).

Cependant son achèvement tardif et chaotique a suscité de nombreuses critiques. Il a été qualifié de « répugnant et inhabitable », certains sanitaires étant inutilisables, des portes montées à l'envers et le sol jonché de gravasL'Équipe, 3 octobre 2010. Mais le village est nettoyé et terminé à temps pour l'ouverture des jeux.

Green Games Autres aménagements

thumb|Métro de Delhi thumb|left|Aéroport international Indira-Gandhi Pour accueillir de façon satisfaisante les XIXè Jeux du Commonwealth et devenir « une capitale de classe mondiale », Delhi se dote de nouveaux moyens de transport. Le réseau du métro, long de 65 kilomètres, est prolongé de 125 kilomètres. Des bus modernes, à air climatisé, sont achetés. Enfin, l'aéroport international Indira-Gandhi est agrandi par un troisième terminal de grande taille qui accueille les vols intérieurs et internationauxDelhi : le rendez-vous manqué des jeux, Patrick de Jacquelot dans Les Échos, 7 octobre 2010. Le réseau routier est également amélioré par la construction de nouvelles voies, de ponts, de passages souterrains et de passerelles. Des corridors de circulation sont réservés aux participants aux Jeux afin de faciliter leurs déplacements. Pour éviter les habituelles coupures d'électricité, la capacité énergétique de la ville est accrue, passant de à Delhi will have surplus power by 2010, Rajeev Ranjan Roy sur Indiaenews.com, 21 mars 2008.

La qualité de l'accueil des sportifs et des touristes est également l'objet de l'attention des autorités. Elles organisent des formations à l'apprentissage de l'anglais, mais aussi de la politesse et sur l'emplacement des sites patrimoniaux, à destination des personnes les plus fréquemment en contact avec les visiteurs étrangers : chauffeurs de taxi, serveurs et service d'ordre Lessons in English and etiquette ahead of Commonwealth Games, Rajeev Ranjan Roy sur Indiaenews.com, 3 mars 2008. Les policiers reçoivent non seulement des cours dans la langue de Shakespeare, mais sont aussi sélectionnés en fonction de leur physique afin de contribuer au « prestige national » selon le commissaire Kewal Singh..

Symboles Queen's baton Le Queen's baton, équivalent de la flamme olympique, quitte le palais de Buckingham en pour parcourir les 71 pays participants aux Jeux du Commonwealth au travers d'un relais de Le long voyage du Bâton des jeux du Commonwealth, Françoise Angrand sur Suite101.fr, 15 septembre 2010. Il entre en Inde par les villes frontières de Wagah (Pakistan) et Attari (Inde), puis traverse les 28 États indiens à bord de rickshaws, de bus et du métro, pour atteindre Delhi le .. La tradition du relais, qui remonte à 1958, lors des jeux de Cardiff, symbolise l'union et la diversité des pays du Commonwealth.

Dessiné par Michael Foley, le bâton mesure 66,4 centimètres de haut, 3,4 centimètres à la base et 8,6 centimètres à son sommet. Il est en aluminium recouvert de terres de différentes couleurs provenant de tout le territoire indien et renferme un coffret orné de pierres précieuses contenant le message de la reine . Gravé au laser sur une feuille d'or 18 carats, ce message a été lu par le prince Charles lors de la cérémonie d'ouverture.