La rue des Colonnes est une voie du de Paris.

Situation et accès La rue des Colonnes est une rue du arrondissement de Paris. C'est un des rares exemples de construction de l'époque révolutionnaire par son apparence néo-grecque, ses trottoirs et ses colonnes. Les promoteurs ont voulu lui donner une fonction urbaine permettant la liaison entre la rue des Filles-Saint-Thomas et le théâtre Feydeau, construit en 1791 par Jacques-Guillaume Legrand et Jacques Molinos.

Ce site est desservi par les stations de métro Quatre-Septembre et Bourse.

Origine du nom Le nom de cette voie lui vient du fait qu'elle est bordée de galeries à colonnes. 150px|thumb|gauche|Panneau Histoire de Paris Historique Construction de la rue. Histoire d'une opération immobilière sous la Révolution

Le , devant le tribunal des criées, un groupe d'acquéreurs achète pour livres l'hôtel de Verneuil. Anne Chabanel lègue sa part à son fils Antoine Jean Job Chabanel le . L'ordonnance d'alignement du et le fait qu'ils constituent une société entre eux le montrent qu'ils souhaitaient, dès l'acquisition de la propriété, engager une opération immobilière comme le décrit le texte de l'acte de création de la société :

Les plans sont déjà commencés quand est signée le une convention entre la société et le propriétaire du théâtre Feydeau, Chagot Dufays. Dans cette convention se trouve le premier plan de la rue des Colonnes avec la mention de l'architecte Vestier. Cette convention fixe des règles d'ouverture de fenêtres vers le théâtre Feydeau, l'ouverture d'un passage latéral entre le théâtre et la rue, l'installation de grilles pour fermer la rue entre 11 heures du soir et 5 heures du matin. Ces dispositions se font contre le paiement par les propriétaires de par an pendant 27 ans. Un procès ramène cette somme au montant global de francs en 1806.

Les plans de l'architecte Nicolas Vestier prévoient des arcades supportées par trente-six colonnes de style dorique inspirées par les temples de Paestum et ornées de palmettes. C'est à l'origine une voie privée entre la rue des Filles-Saint-Thomas et la rue Feydeau, mais fermée par des grilles de 11 heures du soir à 5 heures du matin.

Cette opération est troublée par la condamnation à mort de Jean-Baptiste Saint-Jean, par le tribunal révolutionnaire, le an II () à cause d'une spéculation sur les assignats. Ses biens sont alors saisis par les domaines nationaux. La société constituée de Richard et Baudecourt doit les racheter le 15 frimaire an III () pour la somme de livres.

En 1794, Vestier, qui a pourtant construit les huit premières maisons jusqu'au premier étage, doit renoncer au projet. Peut-être était-il lié à Jean-Baptiste Saint-Jean qui venait d'être condamné à moins que ce soit la conséquence de son mariage avec Marie-Françoise de Ponson du Ferrail de Bayard qu'il a sauvé du tribunal révolutionnaire. L'ancienne société n'est plus mentionnée à partir de 1794. La société Richard-Baudecourt engage un nouvel architecte. Un cahier des charges se trouvant dans un recueil de lettres patentes fait en 1886 précise :

Pour rembourser leurs dettes, les deux associés vendent : le 9 nivôse an III (), les 8 et 9, à Commard pour la somme de francs ; le 25 nivôse an III (), les anciens 5, 6 et 7, à Joseph Bénard, architecte, et Pierre Frichet, entrepreneur en bâtiment, pour livres. Le cours des assignats étant devenu instable, la société Richard et Baudecourt se fait payer en nature comme l'indique un acte du 28 pluviôse an X () dans lequel il est indiqué que :

Un paragraphe de l'acte de vente du 9 nivôse an III indique que les constructeurs doivent livrer le passage public un an après sous peine de lourdes amendes, soit au plus tard le .

Les différents intervenants dans cette opération vendent alors leurs parts : Bénard vend le 6 le , pour francs ; Bénard vend le 5 le , pour francs ; Richard et Baudecourt vendent le 1 le à Jouanne, négociant, pour francs.

Richard et Baudecourt procèdent au partage entre eux des biens restant dans la société pour les 2 et 4, le 9 thermidor an III (). Le 2 revient à Richard et le 4 à Baudecourt. Ce partage prévoit l'achèvement des maisons pour le 12 nivôse an IV () sous peine d'amende.

Les 3, 10, 11 et 12 restent jusqu'à l'an X bien commun, et le 13 jusqu'en 1806.

Au total, le coût de l'opération pour les deux associés s'est monté à livres. Avec les ventes, Commard et Jouanne la dette initiale est couverte. Les ventes payées en nature à Bénard et Fichet ont permis la construction des bâtiments. Richard et Baudecourt possèdent donc à la fin de l'opération six maisons d'une valeur d'environ francs et d'une septième qu'ils vendent francs en 1806. Ils ont réussi à doubler leur mise.

La rue des Colonnes est ouverte par l'arrêté du 26 vendémiaire an VI (), date à laquelle elle prend officiellement son nom.

Originalité de la rue des Colonnes Dans cette opération immobilière, les promoteurs avaient choisi de mêler le commerce à l'habitat. Les arcades couvertes permettaient aux passants d'accéder facilement aux commerces. Ils reprenaient une disposition qui avait été utilisée au passage Feydeau qui était parallèle à la rue. Cette disposition des passages permettant la déambulation des passants le long des commerces va conduire aux passages couverts, séparant locaux commerciaux et habitations et à la rue de Rivoli qui reprend les dispositions de la rue des Colonnes.

Dans chaque immeuble, il y a un appartement différent à chaque étage, séparé, équipé chacun d'une cuisine, d'un cabinet de toilette, d'une garde-robe, d'un salon et d'une chambre. Le premier étage reste l'étage noble avec une pièce supplémentaire qui sert de salle à manger. Cette pièce supplémentaire a été obtenue en plaçant la cuisine dans l'entresol.

L'utilisation d'arcades permettant la circulation à couvert des piétons n'est pas nouvelle à Paris. On peut en voir des exemples avec la place des Vosges, les immeubles de la place de la Concorde (hôtel de Crillon, hôtel de la Marine) et les galeries autour des jardins du Palais-Royal. La rue des Colonnes est une adaptation de ces principes pour la bourgeoisie avec galerie commerciale et habitat à l'étage appliqués à une rue nouvelle, phase de transition entre l'hôtel noble et l'immeuble haussmannien.

Mutilations de la rue Elle a été ultérieurement mutilée et fractionnée par le percement de la rue de la Bourse en 1826 et la rue du Dix-Décembre (rue du Quatre-Septembre) en 1864. La rue des Colonnes a sans doute inspiré les créateurs de la rue de RivoliPanneau d'information Jean-Claude Decaux à l'intersection avec la rue de la Bourse..

Pour fêter le bicentenaire de la Révolution française, certaines personnes ont eu le projet de reconstituer la façade de la rue des Colonnes sur toute sa longueur. Le projet n'a pas aboutiWerner Szambien 142-145..

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire

Notes et références

Pour approfondir Bibliographie . Jean-Marie Pérouse de Montclos (dir.), Le Guide du patrimoine Paris, Paris, Hachette, 1994 , . Werner Szambien, De la rue des Colonnes à la rue de Rivoli, Paris, Délégation à l'Action Artistique de la Ville de Paris, 1997, , 68-77. Werner Szambien, « La rue des Colonnes. Une spéculation immobilière à l’époque révolutionnaire », Bulletin de la Société de l'histoire de Paris et de l'Île-de-France, 1988, (lire en ligne).

Articles connexes Liste des voies du de Paris

Liens externes

Carte interactive des voies de Paris sur le site de la direction de l'urbanisme de la Ville de Paris Charles Lefeuve, Histoire de Paris rue par rue, maison par maison, 1875 , www.paris-pittoresque.com. Images sur le site insecula.com

Colonnes