L'Été est un essai d'Albert Camus qui dépeint l'Algérie telle qu'il l'a connue et en particulier la ville d'Oran. Il est publié pour la première fois en 1954.
Présentation Dans cet essai, Albert Camus nous entraîne tout autour de la Méditerranée, d'abord dans son Algérie natale d'Oran sur les traces du Minotaure, à Alger en passant par Tipasa puis en Grèce sur d'autres traces, celles de Prométhée face à la violence du monde moderne ou celle d'Hélène et de sa légendaire beauté, puis pour finir, jusque dans l'Atlantique pour voir La mer au plus près.
L’Été : pèlerinage aux sources Roger Quilliot a placé en exergue cette citation de Baudelaire :
L'été, c'est la saison qui se prépare au cœur de l'hiver et dans l'alchimie du printemps. Ce cycle éternel qui va du sens au non-sens, du oui au nonEntre oui et non, titre d'une des nouvelles de L'Envers et l'Endroitrappelle les thèmes développés dans L'Envers et l'Endroit. Si ce livre avec ses nombreuses nouvelles paraît hétéroclite, il est traversé par des lignes de force qui lui confèrent une certaine unité. L'Algérie inspire trois des nouvelles présentéesCes trois nouvelles sont Le Minotaure ou la halte d'Oran, le Petit guide pour les villes sans passé et Retour à Tipasa car écrit Camus Son ironie mordante lui sert à allier la jeunesse algéroise qui va , la rivalité avec Oran, la laideur de cette dernière qui tourne le dos à la mer.
Mais l'ironieL'ironie, est le titre de la deuxième nouvelle de L'Envers et l'Endroit peut aussi se faire grave dans la courte nouvelle L'Énigme ou nostalgique dans Retour à Tipasa marqué par son contraste avec Noces à TipasaNoces à Tipasa, est le titre de la première nouvelle de Noces. En effet, Tipasa a bien changé depuis Noces, maintenant fermée, entourée de barbelés. Pourtant le soleil d'hiver est revenu et les héliotropes resplendissent. Ce méditerranéen convaincu qu'est Camus a aussi un faible, non seulement pour l'ItalieL'Italie qu'on retrouve aussi bien dans L'Envers et l'Endroit que dans Noces et Florence, mais aussi pour la GrèceRessentant alors la frustration du voyage en Grèce, annulé en 1939 pour cause de guerre. Les Grecs ont combattu pour la beauté, celle d'Hélène, leurs dieux ont des faiblesses, leur humanité comme Empédocle ou Prométhée, ils ont marqué les limites humaines, ce thème central de L'Homme révolté (cité dans le livre de Roger Quilliot page 252).
Le symbole de l'été, c'est aussi le rejet des villes grisaille au soleil parcimonieux, de Paris à Lyonoù il se maria avec Francine avant de partir s'installer avec elle à Oran, sa ville natale qu'il connut pendant la guerre et Prague qu'il visita lors d'un voyage de jeunesse. Cependant, il s'installe à Paris, choisissant son exil comme Martha qui rêvait de soleil au fond de la BohêmeVoir sa pièce Le Malentendu ou Rambert prisonnier de la peste à OranVoir son roman La Peste. Pour Roger Quilliot, en 1952 la lassitude l'emporte et il se demande si pour Camus l'art n'est pas devenu une prison, même s'il avoue qu'il préserve C'est l'époque de la polémique autour de L'Homme révolté, c'est l'époque aussi où la maladie se réveille pendant son voyage en Amérique du Sud.
Il y a ainsi dans L'Été une ambivalence entre un livre solaire de la teneur de Noces et la gravité du propos, cachée sous l'ironie ou le lyrisme. C'est sans doute le dernier texte La mer au plus près, long poème en prose, qui en est la meilleure illustration. Dans ce texte inspiré du voyage en bateau en Amérique du sud il balance, ayant C'est d'abord la mer qui le délivre de ses prisons, Derrière le lyrisme du style, filtre l'ironie de sa situation, , quand il y pense par instants, perdu dans l'immensité de l'océan, 'au plus près' des flots. On y retrouve, moins que dans Noces sans doute mais de façon différente, ce mélange de poésie et de réflexion qui en fait l'originalité. Comme il l'écrit dans Retour à Tipasa,
Bibliographie Roger Quilliot, La Mer et les prisons, éditions Gallimard, 1956 Emmanuel Roblès, Camus, frère de soleil, éditions Le Seuil, 1995 Jacques Chabot, Albert Camus, la pensée de midi, Éditions Édisud, Centre des écrivains du sud, 2002, Pierre Nguyen-Van-Huy, La métaphysique du bonheur chez Albert Camus, Neuchâtel, La Baconnière, 1962
Édition L'Été, éditions Gallimard, collection Blanche, 1954, réédition Folio, 11/05/2006, 130 pages,
Notes et références
Liens externes Commentaires sur L'Été La mer au plus près
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