Iguape est une municipalité de l'État de São Paulo au Brésil. Sa population, estimée par l'Institut Brésilien de Géographie et de Statistique était en 2014 de . Avec , c'est la municipalité la plus étendue de l'État de São Paulo. Son centre historique est classé par l'Institut du Patrimoine Historique et Artistique National comme Patrimoine National depuis 2009.

Toponyme Le mot "Iguape" a son origine dans la langue tupi ancienne et signifie "dans la crique de la rivière" par la jontion des termes 'y (esu,rivière), kuá (crique) et pe (dans).

Station balnéaire

Iguape est une des 15 municipalités paulistes considérées comme stations balnéaires parce qu'elles remplissent les exigences de la loi de l'État. Ce statut garantit à ces municipalités une subvention de l'État pour la promotion du tourisme régional. La municipalité reçoit aussi le droit de joindre à son nom le titre de "Station balnéaire", manière qui sert à la désigner tant dans l'organisation municipale officielle que dans les références de l'État.

Histoire

Sambaquis Les premiers habitants de la région où se trouve aujourd'hui Iguape sont connus comme Hommes du Sambaqui, peuples très primitifs qui ne connaissaient pas l'arc et la flèche, et qui y vivaient avant l'arrivée des Indiens avec des cultures plus avancées. « Sambaqui » est le nom donné à de grandes buttes de coquilles d'huîtres et de moules, déposées au long de centaines ou peut-être de milliers d'années aux mêmes endroits, et qui étaient considérés comme locaux magiques. Plus tard, après l'extinction des Hommes du Sambaqui, les Indiens qui donnèrent origine à la tribu Temiminé, se mirent à enterrer leurs morts et les objets de ceux-ci dans ces sambaquis dans de grands récipients de terre appelés « igaçabas ». Il existe plusieurs sambaquis dans le complexe estuarien et lagunaire de Iguape et Cananeia. Le plus accessible est le site archéologique « Bebedito Fortes », où est située la « Caverna do Odio » (Caverne de la Haine), près du pont qui donne accès à la municipalité de Ilha Comprida à un peu plus d'un kilomètre du centre de la cité. Jusqu'aujourd'hui, on trouve des vestiges de l'action de ces groupes indigènes, représentés par des stratifications qui montrent la superposition de couches correspondant à plusieurs occupations humaines par la présence de taches de charbons des foyers, de sambaquis vieux de jusqu'à cinq mille ans, de restes osseux de poissons et de petits animaux et de carapaces de mollusques et de crustacés.

Début de la colonisation européenne En 1494, le Traité de Tordesillas conclu entre le Portugal et l'Espagne établissait les dimensions de leurs possessions récemment découvertes, dont celles d'Amérique.Le traité définissait, comme ligne de démarcation, un méridien à 370 lieues à l'ouest de l'archipel du Cap passant sur le territoire d'Iguape. Il est possible que depuis 1498, vivait déjà dans la région l'aventurier espagnol Ruy Garcia Moschera à qui on attribue officiellement la fondation de la municipalité. Moschera avait vécu au Rio de la Prata et il est possible qu'il s'y installa parce que c'était une région de dispute entre les Espagnols et les Portugais. Aux environs de 1502, le Portugais relégué Cosme Fernandes, connu comme "bachelier de Cananeia" devint aussi une figure puissante dans la région; arrivant à posséder beaucoup d'esclaves et ne rendant pas allégeance à la Couronne portugaise.

En 1532, un peu après son arrivée au Brésil, Martim Afonso de Sousa donna ordre à Moschera et au Bacharel d'évacuer le territoire où se trouve Iguape qui appartenait à la couronne portugaise. N'étant pas obéi, il ordonna une expédition dirigée par Pero de Góis pour faire exécuter à force l'ordre de désoccupation. Informés de l'expédition, Moschera et le Bacharel, appuyés par les guerriers Carijós, capturèrent un bateau corsaire français et démantelèrent la force portugaise. Entre les années 1534 et 1536, les forces de Moschera et du Bacharel détruisirent la vila de São Vicente (São Paulo), tuant la plus grande partie de la population, libérant les prisonniers et incendiant le bureau où se trouvaient les registres officiels de la municipalité emmenant le Livre terrier, source officielle d'informations sur la région de Iguape et sur ses fondateurs. Après ces attaques, Moschera retourna au Rio de la Prata.

Le peuplement d'Iguape resta sous la domination du Bacheler Fernandes et eut sa première église en hommage à Notre Dame des Neiges, construite en 1537. On fixa la date de la fondation d'Iguape au 1538 année de la séparation d'Iguape de Cananeia. vignette|En 1918, le peintre Trajano Vaz montra la trouvaille du Seigneur Bom Jésus d'Iguape sur la plage de Una en 1647. vignette|Ferme Centrale Engenho Central Casavecchia, considérée comme la plus grande de la région

Changement de local La freguesia se trouvait jusqu'au premier quart du à l'endroit où se trouve aujourd'hui la vila de Icapara. À cause du manque d'eau potable, d'espace pour s'aggrandir et de protection contre d'éventuelles attaques de pirates, la cité fut déplacée de quelques kilomètres vers le sud par ordre du fidalgo portugais Eleodoro Ébano Pereira. Déjà au , on avait découvert de l'or dans la région du Vale du Ribeira. Vu son abondance, rapidement la recherche s'intensifia et l'exploration de l'or des aluvions devint la principale activité économique de la municipalité. Pour éviter la contrebande et intensifier le recouvrement des impôts par la Couronne portugaise, on fonda aux environs de 1630, la "Casa de Oficina Real de Fundição de Ouro" (Maison d'atelier royal de fonderie de l'or) qui est considérée comme étant la première du genre au Brésil.

En 1647, à l'apogée de la richesse fournie par l'or, Iguape se transforma en un centre de pèlerinage. Selon la description de l'apparition de l'image du Seigneur Bom Jesus de Iguape, deux Indiens qui allaient dans la direction de la Vila Nossa Senhora da Conceição de Itanhaém trouvèrent une silhouette inconnue roulant dans les ondes, ils la retirèrent sur la plage où ils creusèrent un trou et la plantèrent avec le visage vers le levant. Au retour, les Indiens trouvèrent l'image au même endroit, mais avec le visage tourné vers le couchant et trouvèrent étrange de n'y avoir aucun vestige de quelqu'un qui l'aurait bougée. La nouvelle se répandit et l'image fut amenée vers un ruisseau au pied du "Morro do Espia" (colline de l'espion) où sur les pierres, on la baigna pour en retirer le sel marin. Après avoir été décorée, elle fut intronisée dans l'autel principal de l'ancienne église de Notre Dame des Neiges.

Dans la décennie de 1780, on commença la construction de la nouvelle église de Notre Dame des Neiges vu que l'autre était en conditions précaires. Faite de mortier, d'huile de baleine et de pierres retirées du versant maritime de la colline, tout le travail était exécuté par la population volontaire et gratuitement. En 1822, on contracta à Rio de Janeiro, un maître et trois maçons et, en août de la même année on recommença les travaux. L'église fut terminée en et le de la même année, les images furent transférées de l'ancienne pour la nouvelle église. Le , la vila fut élevée à la catégorie de cité avec le nom de "Bom Jesus de la Ribeira", l'année suivante le nom fut changé en "Bom Jesus de Iguape" vignette|Construction de l'Eglise mère de Notre Dame des Neiges commencée en 1780.

Le riz et le "Valo Grande" Avec l'épuisement des mines et avec la découverte d'or à l'intérieur du Brésil, la municipalité entra rapidement en déclin, avec une nouvelle croissance de l'industrie de la navigation et avec la plantation du riz. À partir de ce moment, Iguape commença une période de richesse et atteint l'apogée du développement au milieu du , avec la construction des principaux manoirs qui peuvent encore être vus dans le centre historique avec deux ports mouvementés, des théâtres, deux journaux quotidiens et le vice-consulat portugais. Iguape était devenu une des principales municipalités du sud du Brésil, au point que, en 1841, l'encore adolescent l'Empereur Dom Pedro II ait concédé à Antônio da Silva Prada, politicien et propriétaire de terres, le titre de Baron de Iguape.

Jusqu'au milieu du , Iguape avait toujours été un type de péninsule avec le Rio Ribeira de Iguape serpentant jusqu'à trois kilomètres de la mer et ensuite retournant vers l'intérieur et se jetant dans la mer beaucoup plus loin. Les sacs de riz qui venaient de la zone rurale étaient déchargés au Port du Ribeira, fluvial, d'où ils étaient transportés à dos d'âne ou en charrettes sur environ trois kilomètres jusqu'au Porto Grande, maritime, où ils étaient embarqués pour l'exportation. L’inconvénient de devoir transporter le riz par terre sur un trajet si court amena l'idée de construire un canal qui relierait la rivière à la mer, permettant ainsi le transport direct du riz jusqu'aux embarcations de grande capacité. Après des décennies de débats sur le meilleur local pour la construction du canal, on décida pour un trajet qui était le plus sablonneux et, en conséquence, le plus facile à creuser.

Immigrants thumb|Le vapeur Izabel, sur le rio Ribeira de Iguape, à la hauteur du quartier Jipovura aux environs de 1909 À la fin du et début du , des immigrants venant principalement d'Italie et du Japon arrivèrent à Iguape au moyen de colonies implantées par les gouvernements fédéral et d'État. La cité gagna ainsi une forte influence de ces colons, spécialement des Japonais, qui aujourd'hui composent plus de 10 % de la population de la cité et ont une grande influence dans la production agricole et l'industrie de la pèche.

Par le décret numéro 6455, du , le gouvernement fédéral créa le Service de Peuplement du Sol National.

Vu la difficulté de maintenir des noyaux de population dans certains États de la fédération par manque de capitaux pour créer et maintenir ces noyaux coloniaux, il fut déterminé par le Décret numéro 6479 du que l'Union pourrait intervenir dans l'État à propos des sujets liés à l'immigration et la colonisation.

Le gouvernement pauliste avait refusé de céder des terres dans la région d'Iguape prétextant des questions économiques et stratégiques. On céda hectares de terres situées dans la vallée du Ribeira, à l'époque comarque d'Iguape. Cette cession officielle fut faite en 1912 au Tokyo Sindicate (Syndicat de Toquio) représenté par Ikutaro Ayoagui et qui, un an plus tard, se transforma en Brazil Takushoku Kaisha (Compagnie de Colonisation du Brésil Ltda.) qui fut autorisée par le décret n° 10.248 du , à exercer ses activités sur le sol brésilien. Les terres de la région furent exploitées à partir de 1913, par la loi n° 43, du , citée dans le Livro de Registro de Leis da Câmara Municipal de Iguape, qui autorise le maire, à acquérir le domaine Jipovura, pour être donné à la Brazil Takushoku Kaisha, afin d'y fonder un noyau colonial, avec l'objectif de développer la principale activité économique de la région, la culture du riz.

De cette forme surgirent les noyaux coloniaux de Registro, Sete Barras et Katsura qui formaient la Colonie d'Iguape. Parmi ces noyaux, notons la Colonie Katura créée le au quartier Jipovuta considéré comme le début de la colonisation japonaise au Brésil. D'abord, la première communauté s'appelait Katsura Shokuminchi ("Colônia Katsura"), en hommage au Premier Ministre du Japon à l'époque, un des grands défenseurs de l'immigration japonaise vers le Brésil.