Les industries musicales et électriques Pathé-Marconi (acronyme IME Pathé-Marconi), appelées communément Pathé-Marconi, sont une entreprise française du secteur de l'industrie musicale, fondée en 1936 par EMI Group. Elle est l'une des plus importantes firmes européennes de l'industrie phonographique après la Seconde Guerre mondiale.
Origines Le groupe britannique EMI (Electric and Musical Industries) est né le du rapprochement de deux sociétés anglaises : la Gramophone Company fondée à Londres en 1898, créatrice des labels La Voix de son Maître (His Master's Voice) en 1900 et Electrola en 1925 ; la Columbia Graphophone Company, devenue indépendante en 1922 de la Columbia américaine fondée en 1898, propriétaire des labels Columbia, Odeon, Parlophone. En 1928, elle acquiert la Compagnie générale des machines parlantes Pathé frèresLouis Sterling, Esquire, Managing Director of the Columbia Graphophone Company Limited, report on investigation about Compagnie Générale des Machines Parlantes Pathé Frères, London, 26th september, 1928, elle-même issue en 1919 de la scission en deux branches de l'ancienne société commune aux frères Pathé (division phonographe reprise par Émile Pathé, branche cinéma conservée par Charles Pathé). La compagnie Pathé frères achète la Marconiphone Company en 1929, entreprise fondée par le physicien italien Guglielmo Marconi spécialisée dans la production d'appareils radio et tout à fait distincte de la compagnie Marconi.
Historique La société des Industries musicales et électriques Pathé-Marconi est fondée par EMI le . Elle tient son origine dans la fusion de la Compagnie française du gramophone fondée en 1899 (filiale de la Gramophone Company anglaise) avec la Compagnie générale des machines parlantes Pathé frères.
La dénomination sociale précise de l'entreprise est : .
Dès sa fondation, Pathé-Marconi a le statut de société française associée d'EMI. Son appellation (Industries musicales et électriques) est la francisation de celle de la maison mère britannique (Electric and Musical Industries).
Le nom Pathé-Marconi est choisi en l'honneur d'Émile Pathé (1860-1937), leader du disque phonographique et de la machine parlante depuis la fin du , et de Guglielmo Marconi (1874-1937), prix Nobel de physique en 1909, qui incarne la découverte de la radio. Émile Pathé est président d'honneur du conseil d'administration jusqu'à sa mort le , soit quatre mois après la création de l'entreprise. Marconi lui survit trois mois et meurt en juillet. Ni Émile Pathé, ni Guglielmo Marconi n'eurent jamais aucun intérêt financier dans la société Pathé-Marconi.
Les labels historiques de Pathé-Marconi sont Columbia (classique, variété), La Voix de son maître (classique, variété), Pathé (classique, variété, théâtre) et Lutin (comptines pour enfants). D'autres marques de disques sont créées ultérieurement telles Pathé-Vox en 1951 (classique), fruit d'une association entre les disques Pathé et le label américain Vox, Témoignages (enregistrements récités), ou uniquement distribuées comme Swing (jazz) de 1937 à 1951 et Metro-Goldwyn-Mayer (bandes originales de films) de 1946 à 1957. En 1953, EMI fonde le label Angel Records (classique, variété). La même année, Cetra-Soria (opéra) est cédé à Capitol (classique, variété), lui-même racheté par EMI en 1954 pour servir de division nord-américaine à la major britannique. En 1957, Capitol fusionne avec Angel Records et Cetra-Soria et ces deux dernières marques disparaissent. Les disques Odeon (instrumental, variété) et Parlophone (jazz, variété) distribués par Odeon, font l'objet d'une diffusion parallèle au catalogue général Pathé-Marconi qui compte jusqu'à douze marques de disques dans les années 1950-1960.
Dans le domaine du classique, Pathé-Marconi est jusqu'à la fin des années 1950 l'un des leaders mondiaux du genre, au travers des collections Plaisir musical, Les gravures illustrées ou Les grandes collections, éditées par les labels Pathé et Columbia aux formats 17, 25 et .
Pathé-Marconi voit ses activités prospérer après la guerre, pour devenir l'une des entreprises majeures de l'industrie musicale en Europe. L'usine de Chatou fondée en 1897, assure le pressage des disques de ses labels ainsi que de nombreuses autres marques indépendantes, et la fabrication des téléviseurs et émetteurs radio. L'usine de Thonon-les-Bains conçoit les platines tourne-disques et pièces détachées. Ainsi en 1957, sous la direction de Pierre Bourgeois, Pathé-Marconi produit par jour et compte près de trois mille salariés dans la seule usine de Chatou. C'est à cette période, l'unique société française du disque cotée en bourse. L'entreprise génère un chiffre d'affaires de d’anciens francs et vend de disques par an.
Fin 1958, la branche radio-télévision, comprenant les téléviseurs et électrophones La Voix de son maître et les émetteurs de radio Marconi, ainsi que l'usine de l'avenue Pathé-Marconi dans la zone industrielle de Vongy à Thonon, sont cédées à la Compagnie française pour l'exploitation des procédés Thomson Houston. Pathé-Marconi, dirigé par Pierre Bourgeois et Thomson, dirigé par Philippe Barth, fondent une entité commune baptisée Société de diffusion de radio-télévision (SDRT). Thomson continuera à fabriquer du matériel sous licence Pathé-Marconi jusque dans les années 1980.
Dans les années 1960, Pathé-Marconi est l'éditeur français des Beatles, par le biais de son label Parlophone.
L'entreprise prend le nom de Pathé Marconi EMI en 1972 sous la direction de François Minchin, ancien adjoint de Pierre Bourgeois. Elle amorce un déclin au cours des . En 1980, sous la direction d'Alain Gerondeau, la société met en place un plan de redressement. Gerondeau fait appel en 1981 à un jeune cadre, Antoine di Zazzo, afin de redresser son outil logistique. Malgré une certaine réussite, Gerondeau est remercié par la direction britannique d'EMI. C'est le couple David Stockley - Antoine di Zazzo qui poursuit ce plan. Alain Lanceron, pour le département classique, ainsi que Stockley et di Zazzo, obtiennent un certain succès par leurs actions. David Stockley est promu à la direction européenne d'EMI. La décision d'EMI d'abandonner le nom « Pathé-Marconi » au profit unique de EMI, doublée de la volonté de transférer la production française aux Pays-Bas, décide di Zazzo à refuser la présidence d'EMI France et à quitter le groupe. Guy Deluz prend la suite et applique les décisions prises par Londres. Ainsi en 1990, la société devient EMI France, abandonnant toute référence à Pathé-Marconi. La même année, la production de disques 33 et à Chatou est arrêtée et délocalisée à Cologne en Allemagne. L'usine est fermée en 1992. Enfin, l'entreprise est rebaptisée EMI Music France en 1994.
En 2004, l'usine Art déco de Chatou est détruite au bénéfice d'une promotion immobilière en dépit d’une pétition signée par des centaines d'artistes et d'élusDes logements à la place de l'usine Pathé-Marconi, Le Parisien, 4 novembre 2004Michel Tibbaut, Pathé-Marconi à Chatou, une usine partie en fumée, ResMusica, 7 août 2016.
En 2011, EMI est absorbée par Universal Music Group.
En 2013, EMI Music France est cédée par Universal à Warner Music Group, dans le cadre de la répartition des actifs d'EMI, afin d'éviter une situation de monopole par Universal. À cette occasion, EMI Music France est renommée Parlophone Music France.
Depuis cette date, le « back » catalogue des artistes Pathé-Marconi / EMI Music France est en majeure partie intégré aux labels de Warner Music France.
Les anciennes marques de la branche « hi-fi TV » de Pathé-Marconi (La Voix de son maître et Marconi) appartiennent aux groupes Hilco et BAE Systems.
Les années phare (1950-1960) 1951 : Pathé-Marconi édite en France les premiers disques et Inventés aux États-Unis en 1947., mis au point par l'ingénieur en chef Pierre Giloteaux aux laboratoires de recherche Pathé-Marconi du 5 rue Pelouze à avec le concours de Péchiney, dont le premier , deux titres, six minutesArchives Pathé.. Au second semestre, la marque de disques Swing, présente depuis sa création en 1937 par Charles Delaunay, quitte le catalogue Pathé-Marconi. Avec le label américain Vox, Pathé-Marconi crée la marque de musique classique Pathé-Vox.
1952 : à l’initiative de son président, Pathé-Marconi s’illustre par ses spectacles son et lumière, conçus par l’architecte Paul Robert-Houdin, petit-fils du célèbre illusionniste Jean-Eugène Robert-Houdin, qui mettent en valeur les plus beaux monuments du patrimoine national. Le premier spectacle, Les Grandes Heures de Chambord, a lieu en 1952. Celui-ci est suivi par Versailles, animé par Jean Cocteau et André Maurois qui adressent leur bel hommage à « toutes les gloires de la France » sur la musique de Jacques Ibert, puis par Vincennes, Mille ans d’histoire de France racontés par André Chamson. À Chantilly, le connétable de Montmorency, le Grand Condé et le duc d’Aumale revivent successivement en 1955 ; puis viennent Blois, Lapalisse, Villandry, Falaise, Sully, Amboise, Avignon, Lisieux, Chazeron ; tandis qu’à Domrémy, c’est un oratorio de Georges Delerue et Yves Jamiaque, qui fait revivre Sainte Jeanne au Bois Chenu. À Albi, le jeu du son et de la lumière annexe une troisième dimension au spectacle, en y incluant, non seulement le château, mais aussi les plans d’eau, les jardins et le public. On peut citer encore Angers, Fougères, Kerduel et Biron (1956). Pathé-Marconi assure également la sonorisation des obsèques du maréchal de Lattre de Tassigny en 1952.
1953 : Pathé-Marconi sonorise les représentations du Vray Mistère de la PassionOrthographe exacte. sur le parvis de Notre-Dame et fournit les installations fixes de l'Opéra-comique, du château de Chambord ou du paquebot La Marseillaise. En novembre, le premier , quatre titres, , dit ou « EP » () est produit à son tour avec une pochette cartonnée mate type « cartoline ». Exception quasi française, hormis l’Espagne et l’Italie, le est produit pendant toute la période yéyé et ce jusqu’en 1970. Pathé-Marconi possède des succursales à Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Nancy, Nantes, Alger et des studios d'enregistrement au 14 rue Magellan à Paris. La progression des ventes de téléviseurs incite l'entreprise à aménager un immeuble au des Champs à Asnières-sur-Seine, destiné à l'entretien et à l'installation des récepteurs de télévision La Voix de son maître, livrés par les fameuses Citroën 2CV fourgonnettes aux couleurs de la marque. EMI fonde le label classique Angel Records, distribué par Pathé-Marconi en Europe. Cette même année, Pathé-Marconi crée la marque Témoignages, spécialisée dans les enregistrements récités.
1954 : EMI rachète le label Capitol, propriétaire depuis 1953 des disques Cetra-Soria. Les deux marques intègrent le catalogue Pathé-Marconi. Les ventes de tourne-disques atteignent , soit une augmentation de plus de 50 % par rapport à . Le chiffre d'affaires de l'entreprise dépasse les cinq milliards de francs. Le discours du célèbre appel de l'abbé Pierre en février fait l'objet d'un disque exceptionnel. Sous l'influence de Pierre Bourgeois, un décret du assimile le disque au livre, réduisant de 50 % la taxe à la production, faisant passer le prix du microsillon de () à .