Elly Ney, est une pianiste allemande du , née le à Düsseldorf et morte le à Tutzing. Pianiste d'une grande puissance, spécialisée dans l'interprétation de Beethoven, son jeu possède .

Biographie

Enfance et formation Elly Ney passe ses années d'enfance à Düsseldorf, en compagnie de son père, Jakobus Ney, militaire de carrière, et de sa mère, Anna Ney, professeur de musique. À dix ans, la jeune pianiste est prise en classe de maître au Conservatoire de Cologne par Isidor Seiss, et Karl Böttcher (le maître, entre autres de Engelbert Humperdinck, Frederick Corder et Volkmar Andreae) pendant neuf ans. En 1901, elle reçoit le prix Mendelssohn de la ville de Berlin, juste un an avant de recevoir le prix Ibach, décerné par la ville de Cologne. Elle prend quelques leçons auprès de Teodor Leszetycki à Vienne (1903–1904), se perfectionne avec Emil von Sauer et se produit en 1905, pour la première fois dans cette ville.

Carrière musicale Elly Ney enseigne à Cologne (1906–1908), puis entreprend ses premières tournées internationales, ses interprétations de Brahms, Chopin et Beethoven la rendant célèbre, la critique et le public l'identifiant particulièrement à ce dernier. Son premier enregistrement connu est certainement celui des « 13 pièces pour piano » (dreizehn Klavierstücke) de Sibelius avec le procédé Welte-Mignon de piano mécanique, datant du . Elle dirige également ses élèves à Bonn.

thumb|left|Le Trio Elly Ney en 1916. Elle épouse le chef d'orchestre et violoniste néerlandais Willem van Hoogstraten (1911–1927). Le couple vit tout d'abord à Schlangenbad et plus tard à Bonn. Ils ont une fille, Eleonore (1918–2007), qui deviendra plus tard actrice. Au début de la Première Guerre mondiale, Hoogstraaten perd sa nomination en tant que maître de chapelle de Bad Honnef. Ils fondent ensemble, avec le violoncelliste Fritz Otto Reitz, « Le Trio Elly Ney » (Das Elly-Ney-Trio) et donnent des concerts en Allemagne, en Suisse et aux Pays-Bas.

thumb|left|Elly Ney et son époux en 1921. Elly Ney est membre honoraire de la rencontre Beethoven-Haus de Bonn en 1921Jean-Pierre Thiollet, 88 notes pour piano solo, Neva Éditions, 2015, « Solo nec plus ultra », . et commence une carrière américaine en 1921 (Carnegie Hall), se remariant peu de temps avec un Américain, marchand de charbon de Chicago, Paul F. Allais, en 1928. Puis en 1932, elle fonde un second trio avec et le violoncelliste Ludwig Hoelscher. Elle affiche des vues antisémites, refusant par exemple de remplacer le pianiste de confession juive Rudolf Serkin lors d'une annulation dès 1933. Elle devient membre du Parti national-socialiste en 1937, s'impliquant dans le mouvement de la Ligue des jeunes filles allemandes créée la même année. Elle est titulaire de l'Insigne d'honneur en or du NSDAPPhilippe Olivier, « La musique classique sous le Reich et la postérité des grands interprètes nazis », k-larevue.com, 7 décembre 2022.. Elle joue régulièrement pour la Reich Rundfunk.

Pour ces raisons, après la guerre, elle est bannie de la scène par la ville de Bonn. Elle tente d'améliorer son image en levant des fonds (par des concerts en Europe) pour les réparations de la maison natale de Beethoven, très endommagée par les bombardements ; fonds finalement refusés par l'institution, considérant son nazisme était trop embarrassant et qu'elle était un membre « prononcée » du NDSAP. Elle est cependant nommée citoyenne d'honneur de Tutzing (à 40 km de Munich) en 1952 (Bonn ne lui retire son statut qu'en 1968, après sa mort).

À la fin de sa vie, surtout fixée à Munich, elle se consacre donc exclusivement à l'enseignement, en Allemagne et réalise des enregistrements prodigieux et très originaux, surtout de Beethoven, mais aussi les grands maîtres germaniques, comme Mozart, Schubert et Mendelssohn.

Style musical Son style, conservé jusqu'à un âge avancé, est puisé dans la virtuosité en vogue à l'époque de ses débuts, renforcé par son caractère .. Son jeu est puissant, souvent qualifié de « masculin », car le public n'était pas habitué à cette force sous les doigts d'une femme. Elle donne en outre à son jeu , dont un des exemples sont les deux enregistrements (1936 et 1958) de l'opus 111 beethovénien.

Écrits Ein Leben für die Musik, autobiographie ( éd. Darmstadt, Schneekluth 1952 ; éd. Pattloch, 1957 sous le titre : « Erinnerungen und Betrachtungen ; Mein Leben aus der Musik »)

Discographie The Welte Mignon Mystery Vol. 08 - Elly Ney (Leipzig, , Tacet) — Gravures enregistrées en 2006. Beethoven, Sonates pour violoncelle, op. 69 et 102 – Ludwig Hoelscher, violoncelle (Bayer Dacapo) Schumann, Quatuor avec piano, op. 47 ; Mozart, Concerto pour piano K. 540 ; Haydn, Rondo all'Ongareso – Orchestre de chambre, dir. Wilhelm van Hoogstraten (1935, Hänssler Classic) Beethoven, Sonate op. 111 ; Schubert, Fantaisie Wanderer (1928-1951, Membran Music) Beethoven, Sonates (18-, « the mono era (1948-1957) » CD 40, DG)

Notes et références

Bibliographie Agnès de Boysson, « Ney, Elly » dans : .

Liens externes

Elly Ney, pianiste du peuple () sur lemonde.fr

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