Cet article relate les faits saillants de l'histoire de l'époque moderne de l'Algérie. Cette époque couvre : la période ottomane (1515 à 1830) ; la colonisation française (1830 à 1962) ; la République algérienne (de l'indépendance en 1962 à nos jours).

Période ottomane (1515 à 1830)

150px|thumb|right|Progression de l’Empire ottoman 150px|thumb|left|Soldats de la régence d'Alger

Régence d'Alger (1515 à 1830)

thumb|right|150px|Selim le Terrible thumb|150px|right|Carte maritime ottomane du représentant la côte entre Alger et Béjaïa Sélim installe la Période de la Régence en 1515. thumb|left|150px|Drapeau de la Régence d'AlgerRapporté par John MacMeekin, image par Ivan Sache. thumb|left|150px|Gallion ottoman du

Sélim installe la période de la Régence en 1515.

À cette époque le territoire de l'actuelle Algérie était considérablement divisé. Au sud le sultanat de Touggourt était indépendant depuis 1414, tandis qu'au nord-ouest la région était gouvernée par les zianides, à l'exception de la ville d'Oran qu'était gouvernée par les Espagnols depuis 1509. La conquête ottomane de la région d'Alger commença en 1518, et fut successivement gouvernée, pour le compte de l'Empire ottoman, par des beylerbeys (gouverneurs généraux) de 1518 à 1587, des pachas de 1587 à 1659, des aghas de 1659 à 1671 et des deys de 1671 à 1830.

La région de Constantine, conquise en 1525, prit une relative autonomie administrative par rapport à Alger en 1567 et fut administrée par des beys jusqu'à la conquête française le . Du côté d'Oran, la province fut annexée à l'empire ottoman de 1708 à 1732, puis à partir de 1792. Enfin, une confédération targuie, les Kel Ahaggar, fut formée dans le Sahara algérien vers 1750, tomba sous suzeraineté française en 1903 et fut éliminée par l'Algérie en 1977.

La conquête ottomane de la région d'Alger commença en 1518, et fut successivement gouvernée, pour le compte de l'Empire ottoman, par des beylerbeys (gouverneurs généraux) de 1518 à 1587, des pachas de 1587 à 1659, des aghas de 1659 à 1671 et des deys de 1671 à 1830.

En principe, l'autorité des ottomans s'étendait sur l'ensemble de la régence d'Alger, c'est-à-dire le nord de l'Algérie actuelle. Mais en réalité celle-ci variait selon l'époque et les régions concernées. Ainsi des régions montagneuses comme la Kabylie ou les Aurès entraient à nombreuses reprises en révoltes contre l'Autorité ottomane. À l'est de l'Algérie dans les Aurès, plusieurs tribus s'unissent et déclenchent des luttes contre les Ottomans, comme durant la revolte du Cheïkh Sidi Yahia ben Solimanial Auresi. Cependant plusieurs luttes internes entre fractions Chaouis s'enflamment dans les zones montagneuses des Aurès. Les Beni Bouslimane, Ouled Daoud, Ouled Abdi, Ghouassir, Beni Oudjana et autres ainsi que plusieurs tribus empêcheront les Ottomans de pénétrer dans leurs territoiresMonographie de l'Aurès. De Raoul Julien François de Lartigue Publié par Imprimerie à vapeur Marle-Audrino. Saleh Bey tenta sans y parvenir de les soumettre en dirigeant contre eux une expédition. En somme, la grande union des Chabias se divise, cela provoque l'indépendance de plusieurs tribus à l'égard des Ottomans entre Revue africaine. Par Société historique algérienne. Publié par La Société, 1873. Page 148 livre en ligne.

Le royaume de KoukouUne mission médicale en Kabylie. Par Lucien Leclerc. Publié par Baillière, 1864. Page 61 livre en ligne a duré pendant deux sièclesLe voyage d'Idir et Djya en Kabylie: initiation à la culture kabyle. Par Camille Lacoste-Dujardin. Publié par L'Harmattan, 2003. . Page 70 livre en ligne. Il a été fondé au par Ahmed Belkadi, un des chefs kabyles qui a participé à chasser les Espagnols de Béjaïa avec l'aide des Turcs en mer. Sa capitale est Ait Ghabri. En 1520, Khayr ad-Din Barberousse décide de mener une expédition contre Ahmed Belkadi. La bataille aura lieu dans la plaine des Issers. La victoire des Kabyles sera sans équivoque et c’est avec beaucoup de chance que Khayr ad-Din Barberousse aura la vie sauve en ayant pris la fuite au bon moment. Victorieux, Ahmed Belkadi s’empare d’Alger et régnera sans difficulté jusqu’en 1527, date à laquelle Khayr ad-Din Barberousse le défait et rétablit son autorité à Alger avec l'aide Abd-el-Aziz, chef kabyle des Beni Abbas et rival de Belkadi En 1823 les Beni Abbas de Basse Kabylie entrèrent en révolte contre l'autorité de la Régence et coupèrent les voies de communications entre Alger et Constantine. Ce n'est qu'après plusieurs mois de combats que l'agha Yahia put négocier la soumission des tribus révoltéesréférence, Histoire de la Berbérie par Ernest Mercier, Tome III, page 515,516.

Époque des Beylerbeys : (1515 à 1587)

thumb|right|150px|Khayr ad-Din Barberousse, bey d'Algérie au Cette période est surtout marquée par la lutte de Charles Quint contre Soliman et son vassal Barberousse. Charles Quint réussit à prendre Tunis mais échoua à Alger à plusieurs reprises, dont l'attaque d'Alger en 1541. Pendant cette période, les trois règnes de Hassan Pacha ou « Hassan Barberousse », fils du fondateur de la régence, furent marqués par des interventions armées au Maroc et des tentatives de reprises d'Oran, avec comme épisode célèbre, la victoire sur le comte d'Alcaudete devant Mostaganem ainsi que l'aide décisive de l'artillerie de l'État d'Alger aux Saadiens lors de la bataille de Oued El Makhazine. Quant à Euldj Ali (dit Ali el-Fartas, c'est-à-dire Ali le Teigneux), il reprit Tunis aux Espagnols en 1574, après avoir participé au siège de Malte en 1565 et avoir sauvé l'honneur de la flotte ottomane en 1571 à la bataille de Lépante, où il commandait l'aile gauche constituée autour de la flotte d'Alger ; en outre, dans son intérêt pour l'argent, autant que par ferveur religieuse, il fournit une aide humaine et matérielle aux Morisques d'Espagne, au moment de leur insurrection en Andalousie. Ces deux Beylerbeys finirent grands amiraux de la flotte ottomane.

Époque des Pachas : (1587 à 1659)

Époque des Aghas : (1659 à 1671)

Époque des Deys : (1671 à 1830) thumb|left|200px|Drapeau de la régence d'Algerhttp://www.hukam.net/family.php?fam=54.Les couleurs du drapeau sont toujours utilisées par le club de football Nasr Athlétique d'Hussein Dey

Vers 1600, la milice turque de janissaires qui résidait à Alger, et qui avait été jusque-là sous l'autorité d'un pacha envoyé de Constantinople, obtint du sultan la permission de se donner un dey, pour lui servir d'appui dans ses revendications contre les pachas gouverneurs.

C'est lors de cette période que se stabiliseront définitivement les frontières orientales et occidentales de la Régence, à la suite des célèbres victoires sur le sultan marocain Moulay Ismail de 1694, où le Dey Chaâbane repoussa l'invasion marocaine de l'Ouest algérien et poursuivit le Chérif jusqu'aux portes de Fès; l'armistice fut signé à la demande du sultan qui les mains liées, baisa trois fois le sol devant le Dey Chaâbane et lui dit agenouillé « tu es le couteau et moi je suis la chair que tu peux couper. » En 1702, le bey de Tunis et le sultan marocain s'entendirent pour envahir simultanément la Régence; le bey de Tunis fut d'abord vaincu puis le chérif marocain mis en déroute dans l'ouest algérien par le Dey Hadj Mustapha qui se fit le trophée du cheval de Moulay Ismail richement harnaché; celui-ci fut par la suite offert au roi de France Louis XIV, par l'ambassadeur d'Algervoir Léon Galibert L'Algérie ancienne et moderne, Paris, 1854 Le pouvoir de ces chefs s'accrut rapidement ; enfin Baba Ali, élu en 1710, déposa le pacha et obtint du sultan Ahmet III l'investiture de la régence. Comme leur pouvoir était électif, les deys restèrent toujours à la merci des janissaires, qui les élevaient ou les déposaient à leur gré : on en vit six installés et assassinés le même jour (1732). Baba-Mohammed eut seul le privilège de régner 25 ans (1760-1791). Le dernier dey d'Alger, Hussein, régnait depuis 12 ans au moment de la conquête française, en 1830.

Pendant ce temps, les puissances occidentales cherchent toutes les moyens de se débarrasser de la prédation maritime et des réductions en esclavages de leurs ressortissants, problème toujours d'actualité au début du . Les expéditions contre Alger se succèdent : expédition américaine de 1815, expédition britanno-hollandaise de lord Exmouth en 1816 ; ces opérations ponctuelles ont quelque effet (en particulier l'expédition anglaise permet de délivrer de nombreux esclaves), mais le corso reprend une fois les Occidentaux repartis. La conquête française de l'Algérie prend la suite de ces expéditions avec, en partie du moins, les mêmes motifs (faire cesser le corso), auxquels s'ajoute une volonté de conquête.

Parties de l'Algérie non dominées par les Ottomans d'Alger de 1515 à 1830

Les Ottomans étaient incapables d'étendre leur autorité aux régions sahariennes. Le Sahara était l'axe principal des échanges commerciaux entre l'Afrique noire et le nord

La relation entre les Saadiens et les Ottomans se dégrade, cela amène Ahmed al-Mansour à contrôler Gourara et TouatLes oasis du Gourara (Sahara algérien): Le Temps Des Saints, par Rachid Bellil, Institut national des langues et civilisations orientales Centre de recherche berbère. Édition: illustrated. Publié par Peeters Publishers, 1999. . Ensuite, Mulay M'hammed prend le pays de la Gourara avec l'aide des tribus locales. Par la suite, il rattache Tlemcen, Laghouat et plusieurs villes de l'Ouest et du Sahara à son autorité. Et, il se déclare indépendant. Mais, par la suite Tlemcen et plusieurs villes furent rattachées à la régence d'Alger. À l'arrivée du pouvoir des Alaouites, ces derniers abandonnent les régions du Sahara Gourara, Touat, etc. Alors les émirs locaux prennent en charge la gouvernance de leurs territoires. L'impôt était prélevé par les Caïds envoyés par les Alaouites, et celui qui ne voulait pas payer était emmené comme esclave.

À Ouargla, les habitants étaient gouvernés par l'autorité des Zaouïas. Les mouvements des Marabouts étaient fort implantés dans toutes les régions du sud et dans une partie des Aurès.

Au sud le sultanat de Touggourt prit son indépendance en 1414. À la constitution du Beylic de Constantine, Touggourt devient rapidement tributaire de celui-ci. Les refus récurrents des Sultans de Touggourt de s'acquitter du tribu imposé par les turcs provoqua de nombreuses expéditions des autorités de la Régence à leur encontre (Salah Raïs en 1552, Salah-Bey 1788, Ahmed el Mamlouk en 1821)référence, http://www.ergreg.com/ville-touggourt-fr-1-21.html#cm.

Enfin dans l'extrême sud, une confédération targuie, les Kel Ahaggar, fut formée dans le Sahara algérien vers l'année 1750.

Colonisation française (1830 à 1962)

Conquête de l'Algérie : 1830 à 1871 thumb|250px|right|Carte de l'Algérie française

Cette période marque la fin de la domination ottomane et début de la domination française. D'abord nommés Possessions françaises dans le Nord de l'Afrique, que le général Soult appelle à tout hasard Algérie en 1839La Guerre d'Algérie, Collection Librio Documents Le Monde 2003, ces territoires prendront officiellement le nom d'Algérie, le Antoine Schneider, ministre de la Guerre, décrète que désormais . Selon l'historien Eugène Guernier (La Berbérie, 1950, t2 ) .