Proclus est patriarche de Constantinople de 434 à 446. C'est un saint fêté le dans l'Église catholique et le dans l'Église orthodoxe.
Éléments biographiques Né vers 390, il s'est mis très vite à la prière et à l'étude des Saintes Écritures en s'inspirant beaucoup des textes de saint Jean Chrysostome.
Le patriarche Attique, dont il fut le secrétaire, le consacra diacre, puis prêtre à Constantinople.
En 426, il est nommé évêque de Cyzique en Mysie sur la Propontide par Sisinios ; charge qu'il ne put exercer : les habitants de la ville ne reconnaissant pas la juridiction de Constantinople refusèrent de le recevoir et se choisirent pour évêque le moine Dalmace. Proclus porta cependant ce titreLe titre d'évêque de Cyzique lui est même parfois attribué dans l'intitulé des homélies dans certains manuscrits, qui fut d'ailleurs invoqué à deux reprises comme un empêchement canonique à ce qu'il soit nommé archevêque de Constantinople, quoiqu'il n'ait pu exercer réellement d'épiscopat à Cyzique. Ainsi, après avoir été un candidat malheureux au patriarcat face à Sisinios (patriarche du au ), puis contre Nestorius (du au ) imposé par l'empereur , puis enfin, après la déposition de Nestorius, face à Maximianos (patriarche du au ). Il est nommé au patriarcat dès le lendemain du décès de son prédécesseur.
Avant cela, en 429, il prononça, en présence de l'archevêque Nestorius, une homélie qui choqua ce dernier par l'emploi qu'il faisait du terme Théotokos (Mère de Dieu) appliqué à Marie. Cette homélie, qui nous a été conservée (Homélie 1), lui valut l'inimitié de Nestorius.
En 434, il est nommé archevêque de Constantinople. Nous sommes à peine un an après la signature du « Symbole d'union » qui permit de ramener peu à peu le calme après les remous qui entourèrent le Concile d'Éphèse, et le premier geste de Proclus est d'envoyer une lettre synodique à Cyrille d'Alexandrie et à Jean d'Antioche, deux protagonistes importants du Concile d'Éphèse, pour leur signifier qu'il était en communion avec eux.
En tant qu'évêque, il défendit fermement la christologie orthodoxe et s'opposa aux dérives nestorianisantes contemporaines, sans toutefois tomber jamais dans les excès contraires des monophysites qui commençaient à se faire jour. En 435, à la demande de deux prêtres de Grande-Arménie, Leontius et Abel, demandant des précisions sur la christologie des deux natures, sur laquelle le débat fait encore rage, il publie un texte nommé Tome aux Arméniens, dans lequel il expose sa théologie. Ce texte est, par la suite, abondamment commenté et cité lors de la Querelle des Trois Chapitres au siècle suivant.
Il écrivit en outre au clergé et au peuple de Marcianople en Mésie contre l'évêque Dorothée qui avait anathématisé le terme même de Théotokos (Mère de Dieu), ainsi qu'à Jean d'Antioche et aux évêques d'Orient sur le même sujet... D'une manière générale, son propos est d'exposer une théologie orthodoxe, dût-il au passage contrer les affirmations erronées ou excessives des divers courants hétérodoxes, et non pas pourchasser les “hérétiques“, ce qui lui épargna de tomber dans la hargne qui caractérisa certains des controversistes.
C'est durant son épiscopat, à l'occasion d'un tremblement de terre qui ébranla Constantinople et sa région, que s'introduisit l'usage de chanter le Trisagion. Dans sa Chronographie, Théophane le Confesseur rapporte que tandis que le peuple et le clergé allait en procession, implorant la miséricorde divine, un enfant fut élevé très haut dans les airs puis, lorsqu'il en redescendit, répondit à ceux qui le questionnaient qu'il s'était trouvé en présence des anges et qu'il les avait entendu chanter : « Saint Dieu, saint Fort, saint Immortel aie pitié de nous ! » Le peuple en procession entonna alors ce chant, et le tremblement de terre cessa promptement.
Enfin, revenant à ses premières études de jeunesse inspirées par Jean Chrysostome, Proclus fait ramener les restes de son illustre prédécesseur à Constantinople en 438, en accord avec l'empereur . Il s'était écoulé 34 ans depuis l'exil de Chrysostome (31 ans depuis sa mort à Comane).
Écrits Commentaire de Proclus sur la parabole du grain de moutarde, selon Matthieu. thumb|upright=1.30|Saint Proclus, archevêque de Constantinople, Pyotr Mikhailovich Shamshin, 1847. Le grain d'où a germé le monde
Cette homélie a été transmise sous le nom de Proclus, qui fut archevêque de ConstantinopleBilan d'une enquête sur les homélies de Proclus de Constantinople.. vignette|L'Entrée de Jésus-Christ dans Jérusalem, fresque de Giotto di Bondone, vers 1304/1306, Chapelle des Scrovegni.
Le Roi se tient à notre porte
Œuvres conservées Vingt sermons sont conservés de Proclus dont 3 dans une version syriaque, le grec étant perdu. Ce sont également 7 lettres et quelques fragments d'autres lettres et sermonsSocrate le Scolastique, Ecclesiastical History, VII. XXVI; Théophane, sub annus 430; Le Nain de Tillemont, Mém. eccl. xiv. 704; AA. SS. Act. x. 639.. Proclus a été cité par le cardinal John Henry Newman pour son travail sur la mariologie et son soutien ferme au dogme conciliaire de la Théotokos.
CPG 5800-5915.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie .
Articles connexes Liste des patriarches œcuméniques de Constantinople Liens externes
Homélies pour les fêtes et autres occasions 20 homélies, dans une traduction (un peu retouchée) de Nicolas Fontaine (1696) Proclus dans le Dictionnaire de théologie catholique.
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