Philippe Dunoyer, né le à Nouméa (Nouvelle-Calédonie), est un homme politique et fonctionnaire territorial français, ancien membre de Calédonie ensemble.
Origines et formation
Issu de l'une des plus anciennes familles européennes installées en Nouvelle-Calédonie, il descend ainsi par sa mère à la quatrième génération d'Eugène Porcheron, arrivé à Port-de-France en 1856 et premier maire élu de Nouméa de 1882 à 1883. Sa mère, Monique Dunoyer, née Porcheron, était chef du personnel à la station locale de RFO et est l'actuelle consule honoraire de Suisse en Nouvelle-Calédonie depuis le Représentants consulaires en Nouvelle-Calédonie, site du gouvernement de la Nouvelle-CalédoniePrésentation de Monique Dunoyer sur le site de l'Union des consuls honoraires de France.
Après avoir fait toute sa scolarité à Nouméa, il fait ses études à la faculté d'économie appliquée de l'Université Aix-Marseille III à Aix-en-Provence et y obtient une maîtrise en droit des affaires et un DESS de fiscalité. Il revient en Nouvelle-Calédonie en 1993 pour y effectuer son service militaire en tant que VAT à la direction des services fiscaux de la Nouvelle-Calédonie. Il y travaille jusqu'en 2004.
Carrière politique à l'Avenir ensemble puis à Calédonie ensemble
Collaborateur d'Alain Song puis de Philippe Gomès
Quittant les services fiscaux en 2004, il se rapproche du monde politique et plus particulièrement de l'Avenir ensemble, parti non-indépendantiste modéré victorieux aux élections provinciales néo-calédoniennes. Il intègre ainsi en juin de cette année le cabinet du membre du gouvernement local chargé des secteurs de la formation professionnelle, de l'emploi et de la fonction publique, issu de ce mouvement, Alain Song. Repéré par le président de l'Assemblée de la Province Sud Philippe Gomès, celui-ci le nomme à la tête de la direction provinciale de l'économie, de la formation et de l'emploi en septembre 2007 Arrêté n° 1251-2007/PS du 7 septembre 2007 portant délégation de signature au directeur, au directeur adjoint et aux chefs de service de la direction de l'économie, de la formation et de l'emploi de la province Sud, JONC n°8107, 27/09/2007, p. 6111 puis en fait son directeur de cabinet, et donc son principal collaborateur, à partir de janvier 2008.
Porte-parole du gouvernement Gomès
Après les élections provinciales du , il est proposé par Calédonie ensemble, nouveau parti de Philippe Gomès issu d'une scission de l'Avenir ensemble, pour figurer en septième position de la liste d'union anti-indépendantiste présentée pour la formation du gouvernement de Nouvelle-Calédonie le . Élu membre de cet exécutif, d'ailleurs présidé par Philippe Gomès, il prend en charge les secteurs de la santé, de la famille, de la solidarité, du handicap, du suivi de la construction du Médipôle de Koutio, des questions relatives au logement et des relations avec le Congrès, et en est le porte-parole.
Homme de confiance du président, il prend en main un grand nombre de dossiers importants, tels que la réorganisation du système de santé local autour du futur Médipôle en construction dans le quartier de Koutio dans la banlieue de Nouméa avec la relance du chantier. Celui-ci avait été un temps mis en suspens à la suite de la démission, quelques jours avant la prise de fonction de Philippe Dunoyer, de la présidente du Centre hospitalier territorial Jacqueline Bernut à la suite de divergences de vue de cette dernière avec la précédente membre du gouvernement chargée de ce secteur, Sylvie Robineau. Le projet est réactivé le par le Congrès qui, dans le cadre du vote du budget supplémentaire 2009, approuve l'avant-projet définitif, ou APD, qui modifie le coût prévisionnel global de l'opération ainsi que l'échéancier : les travaux de terrassement commencent au début de l'année 2010 pour une ouverture prévue en 2015 voire début 2016.
De même, il coordonne la redéfinition du rôle des autres hôpitaux ou du schéma territorial des urgences, la mise en œuvre du dispositif de prise en charge des personnes handicapées votée par le Congrès au début de l'année 2009 ou encore l’insertion professionnelle des handicapés, la définition d'une politique locale de la famille (étant le premier membre d'un gouvernement néo-calédonien à être clairement chargé de ce secteur), ou encore la création d'un minimum vieillesse, l'extension de l'aide au logement (créée en ) aux étudiants, aux personnes âgées et à certaines familles louant dans le parc privé (réalisée par une loi du pays qu'il a contribué à préparer, aux côtés notamment d'Évelyne Lèques qui est le rapporteur au Congrès de cette réforme, votée le et promulguée le 21 du même mois) ou la mise en place d'un prêt à taux zéro pour l'aide à l'accès à la propriété (par une loi du pays préparée par lui-même, ainsi que son collègue chargé du Budget et de la Fiscalité Bernard Deladrière et celui responsable du suivi des questions liées au crédit Philippe Germain, entre le et le , votée par le Congrès le suivant et promulguée le , pour une entrée en vigueur le ).
Mais il ne devient réellement connu du grand public que par sa médiatisation relativement forte, y compris sur la scène nationaleD. BOUHOURS, « NOUVELLE-CALÉDONIE – Quand Nouméa rime avec Grippe A », Lepetitjournal.com, 26/08/2009Articles du Monde citant Philippe Dunoyer durant l'épidémie de grippe A (H1N1) de la saison fraîche de 2009, qui aurait fait sept victimes dont deux enfants au G. PION, « Deux nouvelles victimes de la grippe A/H1N1 », Les Nouvelles Calédoniennes, 02/09/2009.
Membre de l'opposition au gouvernement
Il est réélu successivement les 3, et dans les gouvernements Martin III, IV et V. La première fois, il démissionne avec l'ensemble de ses suivants de liste, tandis que les fois suivantes ce sont Philippe Gomès puis Hélène Iekawé qui font de même, cela pour faire tomber chaque nouvel exécutif et pousser l'État à dissoudre le Congrès et les Assemblées de Province Sud, Calédonie ensemble parlant de « putsch » concernant la chute du gouvernement Gomès du fait de l'Union calédonienne le précédent. Quoi qu'il en soit, lors de l'attribution des secteurs d'animation et de contrôle qui se fait le (contre l'avis de Calédonie ensemble, qui estime que cela sort du cadre des affaires courantes dont un exécutif démissionnaire doit uniquement s'occuper, saisissant le tribunal administratif en référé pour casser cette décision), il obtient la charge du transfert de la circulation aérienne et maritime et de la préparation des transferts de compétences prévus dans l'article 27 de la loi organique de 1999. S'y ajoute le puis le suivants la question de la réglementation des professions libérales et des officiers publics et ministériels. Dans un communiqué de presse faisant suite à la deuxième distribution des secteurs, conjointement avec l'autre membre Calédonie ensemble de cet exécutif, Hélène Iekawé (à qui seule la question de la météorologie a été donnée, ce qui n'avait jamais été le cas auparavant), il parle de « répartition inique » et de « simulacre de gouvernement »« Le gouvernement : une institution instrumentalisée », site officiel de Calédonie ensemble, 20/03/2011.
Lors de la quatrième élection d'un gouvernement en trois mois le , il est réélu avec Philippe Gomès et Hélène Iekawé sur la liste Calédonie ensemble, mais cette fois-ci aucun d'eux ne démissionne pour faire chuter l'exécutif dans la foulée de sa constitution. Lors de la nouvelle répartition des secteurs d'animation et de contrôle le 16 du même mois (à laquelle il a voté contre, comme les deux autres membres de son parti), il est chargé de la fonction publique, de la qualité du service public, de la simplification administrative et de la rénovation de la fonction publique, tout en retrouvant le suivi de la construction du Médipôle de Koutio. Il porte une nouvelle fois la voix de son mouvement pour manifester son opposition à cette distribution, estimant que : « la répartition des portefeuilles n’est pas issue d’un consensus, elle nous a été imposée alors que nous avions engagé une démarche raisonnable », et que « les principes fondateurs de collégialité et de proportionnalité » n'ont pas été respectésLa1ere.fr, AFP, « Premiers déchirements du nouveau gouvernement », Nouvelle-Calédonie 1, 16/06/2011. Il refuse de contresigner des arrêtés concernant la fonction publique, secteur qu'il présente comme lui ayant été attribué contre son gréY. M., « Les concours font valser le gouvernement », Les Nouvelles Calédoniennes, 21/09/2011. Il choisit toutefois de s'occuper à nouveau du Médipôle de Koutio. Lors d'un remaniement opéré le , qui fait suite à l'entrée au gouvernement de Frédéric de Greslan en remplacement de Philippe Gomès (qui a choisi de démissionner pour retrouver son mandat au Congrès et y porter une motion de censure contre l'exécutif, finalement rejetée), et contre lequel votent une nouvelle fois les membres de Calédonie ensemble, les secteurs de la fonction publique, de la qualité du service public, de la simplification administrative et de la rénovation de la fonction publique ne lui sont plus attribués. Il conserve en revanche le suivi du Médipôle de Koutio, et prend en plus le contrôle et l'animation de ceux de la Circulation et de la Sécurité routière, sujet sur lequel il était déjà impliqué en tant que président du Conseil permanent de sécurité routière depuis 2011.
Concernant la continuation du chantier du Médipôle de Koutio, il gère notamment l'appel d'offres pour la construction, prévue pour commencer en 2012, finalement donnée au groupe Vinci, en , avec un cahier des charges imposant, outre les critères financiers, le calendrier ou les aspects techniques de la réalisation du chantier, deux contraintes : le recours à une main-d’œuvre locale (notamment un minimum de 64 % pour le gros œuvre, chiffre arrivant en à 93 % selon Philippe Dunoyer et le directeur de projet Jean-Marc Ciquera, tandis que la même proportion à la même date est estimée autour de 85 à 90 % pour les corps d'état architecturaux) et l'enregistrement des retombées économiques de la construction auprès des entreprises calédoniennes, avec un suivi du gouvernement et tout particulièrement de Philippe Dunoyer. L'entreprise et l'exécutif néo-calédonien se sont également entendu pour monter un centre de formation avec l’Association formation du BTP (AFBTP) dans le quartier industriel de Ducos à Nouméa en , pour les besoins du recrutement local du chantier du Médipôle. D'après le directeur de projet Jean-Marc Ciquera en : « Chaque mois, depuis , nous nous retrouvons avec Philippe Dunoyer pour préparer, orienter, organiser les formations nécessaires au Médipôle »Ch. ANTOINE, « Médipôle : M -30 avant ouverture », site de la FINC, 12/08/2013.