Laurent Roth, né à Paris le , est un auteur, réalisateur, scénariste et acteur français.
Biographie
Famille Laurent Roth est le fils de Paul Roth (né le à Lyon et mort en 2023), médecin généraliste ayant exercé sa carrière à Boulogne-Billancourt, survivant Artworks by Holocaust survivors donated to Auschwitz Museum. The Auschwitz Museum in Poland has said its collection has been enriched with several artworks created by French Jewish twin brothers Paul and André Roth, both survivors of the Nazi German death camp. polskieradio.pl. 14 octobre 2025. des camps d’Auschwitz et Buchenwald, et de Françoise Rochet (1931-2004), docteur en chirurgie dentaire et professeur des Universités, issue d’une famille d’industriels propriétaires de la marque Hurtu.
Il passe toute sa scolarité à Boulogne et fréquente le Lycée Jacques Prévert, où il aura pour condisciples Mathieu Riboulet et Frédéric Taddeï, avec qui il développe de nombreuses activités extrascolaires (ciné-club, club des droits de l’Homme). Il a trois fils avec Patricia Vautier, professeur de lettres, dont il divorce en 2015 : Joannès né en 1994, compositeur, Simon né en 1996, comédien et metteur en scène, et Joseph né en 2000, batteur.
Formation et débuts dans le monde du cinéma Après trois années passées en classes préparatoires littéraires au Lycée Henri IV, il est admissible à l’ENS-Ulm en 1982 – major en philosophie – mais échoue à une place près au concours d’entrée. Il échouera de même au dernier tour du concours d’entrée à l’IDHEC en 1983, et décide de profiter de son service militaire pour se former au métier de cinéaste au sein de l’Établissement cinématographique et photographique des Armées. Il termine ses études universitaires par une maîtrise de philosophie esthétique avec Jean-François Lyotard à l’Université Paris 8.
Carrière de réalisateur
En 1984, il réalise un premier court-métrage de fiction en , Marie ou le retour, qui est également pour Sophie Maintigneux l'une de ses toutes premières collaborations comme directrice de la photographie. Dans cette fable familiale de l'attente et de l'absence paternelle, Laurent Roth revendique l'influence de Philippe Garrel, dont il a découvert l'œuvre lors de la rétrospective qui lui est consacrée au Studio 43 en 1983.
A l’issue du tournage de Marie ou le retour et avec un reste de pellicule inutilisée et la même équipe, il réalise un autre court-métrage, documentaire cette fois-ci, Henri Alekan, des Lumières et des Hommes, consacré à la carrière et à l'œuvre d'Henri Alekan, directeur de la photographie de La Bataille du rail de René Clément, de La Belle et la Bête de Jean Cocteau ou encore de Les Ailes du Désir de Wim Wenders. Laurent Roth rencontre le chef opérateur alors qu’il met sous presse son livre : Des Lumières et des Ombres. Henri Alekan parle ici de son métier : des surréalistes à Wim Wenders, il passe en revue cinquante ans d’inventions techniques, mais revendique aussi un cinéma de l’imaginaire, comme celui des films de Cocteau ou de Raoul Ruiz.
Laurent Roth apprend le métier d'assistant-réalisateur de 1984 à 1986 au sein de l' ECPAD, qui lui confie à la fin de son service militaire un film de commande, Les Yeux brûlés. Pour la première fois, il mêle fiction et documentaire sur un sujet brûlant : celui des reporters de guerre de l'armée française, ayant opéré en Indochine et en Algérie. Tourné en à l'aéroport de Roissy, le film confie le rôle de l'enquêtrice à Mireille Perrier qui vient d'être révélée par Boy meets girl de Leos Carax et Elle a passé tant d'heures sous les sunlights de Philippe Garrel. L'actrice, candide et désarmée, questionne avec insistance les anciens du Service Cinématographique des Armées, certains devenus célèbres comme Raoul Coutard, Marc Flament et Pierre Schoendoerffer. Raymond Depardon, ancien de la revue TAM, participe au projet et prête sa voix pour le commentaire du film. Projeté en soirée de gala devant l’état-major de l’armée française, les ministres de la Culture et de la Défense de l’époque, Les Yeux brûlés commence alors son destin controversé. Serge Daney souligne la singularité de ce film sorti de son orbite à la fois institutionnelle, mais aussi esthétique : « Les Yeux Brûlés, brûlé en tout cas par son sujet, est autre chose qu’une commande simplement détournée. C’est, chose troublante, une commande retournée au commanditaire avec accusé de réception ». La forme baroque du montage et sa méthode d’interviews déstabilisante vont susciter le rejet des Yeux brûlés par l’institution, et le film est retiré de la diffusion après le départ à la retraite du capitaine de vaisseau Max Guérout qui en était le commanditaire.
Depuis 2003, Laurent Roth entame un cycle de films où il se met lui-même en scène, qu'il qualifie de "fantaisies documentaires", avec notamment Une maison de Famille en 2004 et J'ai quitté l'Aquitaine en 2005, qui exploitent la même matière filmée dans deux versions différentes.
À la suite de l'écriture de la pièce La Joie lors d'une résidence au Centquatre, Laurent Roth réalise Écoute, Israël (en 2014) et La Joie (en 2015) avec Mathieu Amalric, seul dans le premier film et avec Mireille Perrier dans le second, dans une mise en scène minimaliste: les deux acteurs lisent un texte écrit par le cinéaste, assis à une table sur la scène du théâtre du Rond-Point. Laurent Roth filme la lecture à deux caméras et dans un clair-obscur qui rappelle l'esthétique de l'Impromptu de Jacques Copeau. Seules quelques brèves images d'un voyage en Israël durant la première Intifada viennent interrompre cette étude des comédiens au travail où s'invitent peu à peu des éléments de fantastique. Une fois encore le réalisateur pratique le mélange des temps et des genres, ce que souligne la critique d'art Pascale Cassagnau : « Laurent Roth filme la lecture en isolant par l'ombre les deux visages, déréalisant les données du récit qui brouille ainsi les coordonnées temporelles logiques. C'est dans la cabine d'un avion entre Paris et Tel-Aviv que se situe petit-à-petit l'action, alors que l'on apprend que la dépouille du père du personnage incarné par Mathieu Amalric repose dans la soute de l'avion. La construction narrative du récit renverse l'ordre logique du temps, qui prend son origine le jour d'après, à l'horizon d'un crash à venir. La singularité du film tient à sa nature de théâtre radiophonique filmé, porté par un dispositif scénique qui met en exergue la lecture et non la déclamation ou la récitation. »
En 2019, La Huit produit l'édition DVD : Laurent Roth - Court-métrages: l'intégrale, qui réunit de nombreuses contributions. Le critique Olaf Möller du magazine Sight and Sound publié par le British Film Institute classe cette édition parmi les 10 meilleurs DVD de l’année 2019.
Théâtre et opéra Il a également signé le livret de l’opéra de Jean-Christophe Marti L'An un, créé par l’Ensemble Musicatreize en 2001 et de son oratorio Bar Iona, créé par Laurence Equilbey en 2002. Boursier de Beaumarchais pour l’opéra-vidéo Miniane, l'été 39 avec le soutien du Forum des Images et de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.
Pour le théâtre, il écrit Hors-jeu (Théâtre des Quartiers d'Ivry, 1990), Mèrefontaine (Rencontres Jacques Copeau, 1991), La Chose (créée par Mathieu Amalric et Mireille Perrier en 2008) et La Joie (créée par Mathieu Amalric et Mireille Perrier en 2010). La Chose fait l'objet d'une diffusion sur France Culture et Arte Live web, commentée par la critique Eléonore Colin qui voit dans ce monologue à deux voix un témoignage de l’apprentissage surhumain de la résilience à la Shoah: "Jamais le mot n’est prononcé. Ce sera « La Chose », comme l’abstraction terrible de l’inénarrable qui n’a jamais cessé de « s’inviter à la table » de l’existence de son auteur, le cinéaste et critique Laurent Roth, qui l’a dépossédé du bonheur de grandir dans l’insouciance. Nourri de la parole d’autres fils de miraculés, son texte transcende avec une rare poésie l’expérience intime pour lui conférer une universalité stupéfiante, en posant la question de l’invention de soi pour un enfant de rescapés des camps".
Filmographie Acteur
Long-métrage 1987 : Once more, de Paul Vecchiali: silhouette (danseur et chanteur) 2000 : La Commune (Paris 1871), de Peter Watkins : le présentateur de TVN 2005 : Fragments sur la Grâce, de Vincent Dieutre : enquêteur 2006 : La jeune fille Rachel, de Sylvie Habault et Guy Faucon : un photographe de rue 2008 : Je ne suis pas morte, de Jean-Charles Fitoussi : moitié d'ange de Leos Carax 2008 : Le Voyage à Alger, d'Abdelkrim Bahloul : Monsieur Ménard 2010 : Tournée, de Mathieu Amalric : le commandant de bord d'Air France 2018 : La Douleur, d'Emmanuel Finkiel : l'adjoint de Rabier 2024 : Trois Amies d'Emmanuel Mouret : le CPE
Réalisateur Longs métrages 2020 : Amos Gitaï, la Violence et l'histoire (documentaire, télévision) 2020 : La Vie sur terre (film collectif, documentaire, télévision) 2022 : L'Emmuré de Paris
Moyens métrages 1986 : Les Yeux brûlés 1993 : L’Impromptu de Jacques Copeau 2004 : Une Maison de famille 2005 : J’ai quitté l’Aquitaine 2015 : La Joie 2017 : Raoul Coutard, J'ai pas une tête de mort 2017 : Pierre Schoendoerffer, La Peine des hommes 2020 : Amos Gitaï, Yitzhak Rabin, Gestes de mémoire 2024: La Ville Comolli (captation) 2026: Marcher d'un pas décidé
Scénariste Au cinéma 2000 : Ceux d'en face, de Jean-Daniel Pollet 2005 : Fragments sur la Grâce, de Vincent Dieutre 2007 : Le Beau dimanche, de Dominique Cabrera 2013 : Stalingrad Lovers, de Fleur Albert 2015 : Le Rappel des oiseaux, de Stéphane Batut 2015 : Trêve, de Myriam El Hajj (version télévision : Une Saison de chasse)
A la télévision 2004 : Quand on a que l'amour - Robert Guédiguian cinéaste, de Jean-Pierre Larcher 2006 : Heureux qui communiste, de Daniel Cling 2013 : Sillons/Sillages, Gérard Pierron mélodiste, de Paul Champart 2015 : Révolution Ecole, de Joanna Grudzińska 2024 : Tsiganes, le grand silence, de Catherine Bernstein
Producteur De 2011 à 2016, Laurent Roth est producteur et directeur artistique au sein de la société Inthemood... implantée à Paris et Montpellier.
Producteur délégué
2012 : Une Histoire aussi vieille que moi, de François Porcile, 2013 : Victor Jara , d’Elvira Diaz 2014 : La Vierge et la Cité, d’Amalia Escriva 2015 : Trève, de Myriam El Hajj 2015 : Sillons/Sillages : Gérard Pierron, mélodiste, de Paul Champart 2015 : Justice pour le Petit Bard, de Carole Chabert 2016 : Bernadette Laffont : Et Dieu créa la femme libre, de Esther Hoffenberg 2016 : Listen to the Silence, de Mariam Chachia
Coproducteur
2013 : Alan Turing, Le Code de la vie, de Catherine Bernstein 2013 : Visages d’une absente, de Frédéric Goldbronn 2013 : Grandir, de Dominique Cabrera 2013 : Un Voyageur, de Marcel Ophüls 2014 : Nous irons vivre ailleurs, de Nicolas Karolszyk 2014 : Trois cents hommes, de Aline Dalbis et Emmanuel Gras 2014 : Territoire de la Liberté, d’Alexander Kuznetsov 2014 : Icaros, de Pedro Gonzalez-Rubio 2016 : Parle-moi encore, de Jean-Paul Fargier
Publications Essais 1997 : Abbas Kiarostami, éditions des Cahiers du cinéma. 1997 : Qu'est-ce qu'une Madeleine (en collaboration avec Raymond Bellour), à propos du CD-ROM “Immemory” de Chris Marker, éditions du Centre Georges-Pompidou.
Recueils de poésie 1989 : Les Narcisse. Sur des photographies de Vincent Godeau, mai de la Photo. 1989 : Mère et fils. Sur des photographies de Vincent Godeau, Galerie Agathe Gaillard. 1990 : Modern Reisen. Sur des photographies de Vincent Godeau. 1990 : Lettre à J.-L. M. Avec une gouache de Pierre-André Benoit, La Balance. 1990 : Le Prêche aux oiseaux. Avec quatre lithographies de Philippe Garouste, La Balance. 1991 : Nuit bleue. Avec une lithographie d’Annick Blavier, La Balance. 1991 : La Source. Avec deux linogravures d’A.-R. Meeks, La Balance. 1991 : Confiance. Avec une encre d’Eléonore Pirroneau, La Balance.