, né le à Yokkaichi dans la préfecture de Mie, est un homme politique japonais, membre du Parti démocrate du Japon (PDJ) qu'il préside du au et du au , puis du Parti démocrate progressiste (PDP) dont il est le premier président à partir de sa création le jusqu'au , faisant de lui le chef de l'opposition parlementaire pendant ces périodes, et enfin du Parti démocrate constitutionnel (PDC). Il est également le secrétaire général et numéro deux du PDJ du au puis du au et du au .

Il est élu à la Chambre des représentants, la chambre basse de la Diète (ou parlement), depuis 1990 successivement pour l'ancien (de 1990 à 1996) puis pour la nouvelle (depuis 1996) de sa préfecture natale. Il a été ministre des Affaires étrangères du au , successivement dans les 93 puis Cabinets du Japon dirigés respectivement par Yukio Hatoyama et Naoto Kan, et est le vice-Premier ministre du Cabinet remanié de Yoshihiko Noda du au , avec un large éventail de portefeuilles à sa charge (la Réforme administrative et de la Fonction publique, la Réforme totale de la fiscalité et de la sécurité sociale, la Revitalisation du gouvernement, le Nouveau concept du Service public, la Dénatalité et l'Égalité sociale et des sexes).

Origines, formation et carrière professionnelle Issu d'une dynastie de détaillants Katsuya Okada est le deuxième fils de l'homme d'affaires « Profile: Katsuya Okada », BBC News, 08/09/2005 « Innovative management and corporate philanthropy rooted in the community », Voices, n°43, 2004, vol. 3, qui a transformé dans les années 1970 le magasin familial de kimonos et accessoires traditionnels Okadaya basé à Yokkaichi (fondé en 1758 par Sozaemon Okada et dont son descendant Takuya a hérité de la gestion en 1946) en un empire de la grande distribution devenu le plus important du Japon et d'Asie : le groupe Jusco (celui-ci a pris le nom d’ÆON Group en 1989 puis simplement d’ÆON en 2001, tandis que le holding correspondant, Jusco Co., Ltd. devient en 2001 ÆON Co., Ltd.) Histoire d'ÆON sur son site officiel. Le frère aîné de Katsuya, , est d'ailleurs l'actuel président de la compagnie depuis 1997 CV de Motoya Okada sur le site de la faculté de droit et de sciences économiques de l'université de Chiba.

Formation et carrière de haut fonctionnaire Il fait l'essentiel de sa scolarité, jusqu'au collège, dans sa ville natale de Yokkaichi, point d'ancrage de la famille Okada et de leurs activités commerçantes. Il fréquente ainsi successivement l'école primaire publique du centre-ouest de la ville, puis son collège public du centre. Après la création du groupe Jusco en 1969, la famille déménage à Osaka, et il sort du lycée d'Ikeda rattaché à l'université d'éducation d'Osaka en 1972. Il intègre ensuite la faculté de droit de la plus prestigieuse université du Japon, celle de Tokyo, dont il sort diplômé d'un en 1976.

Le mois suivant, il intègre le ministère du Commerce international et de l'Industrie (MITI), alors l'une des plus importantes administrations de l'État japonais. Il participe notamment aux activités liées aux réponses à donner aux chocs pétroliers, au droit de la propriété intellectuelle, aux politiques pour le développement des nouvelles technologies ou aux négociations sur l'énergie entre le Japon et les États-Unis, entre autres. Entre et , il est mis en disposition afin de pouvoir partir étudier aux États-Unis dans le cadre du programme annuel sur les relations américano-japonaises du Weatherhead Centre for International Affairs de l'université Harvard « Who's Where », Newsletter of the Weatherhead Center for International Affairs, Harvard University, Vol. 23, n°1, Automne 2008. Katsuya Okada déclare plus tard que c'est lors de son séjour aux États-Unis qu'il a notamment pris conscience de la diversité culturelle du Monde, en organisant chaque week-end des fêtes avec d'autres étudiants américains, malais, philippins, coréens, chinois, népalais, vénézuéliens, maliens ou autres, mais qu'il a aussi acquis la volonté de se lancer en politique en observant l'action du président des États-Unis de l'époque, Ronald Reagan F. HALLORAN, « Seiken Kotai – Kono Kuni o Kaeru [政権交代―この国を変える] (Change of Political Power – To Change This Country) », The Japan Society.

Il quitte le ministère en . Il met alors un terme à sa carrière au MITI après avoir fini par accéder au poste d'inspecteur de la planification à la division des affaires générales du secrétariat du ministre, et se lance ensuite en politique. Il a épousé , elle-même issue d'une dynastie politique de tendance conservatrice implantée dans la préfecture d'Ehime sur l'île de Shikoku : elle est l'arrière-petite-fille de l'ancien député démocrate-constitutionnel de la préfecture d'Ehime (1923-1932) et ancien maire d'Imabari (1933-1945) , la fille du député libéral-démocrate (PLD) de l'ancien d'Ehime (1967-1972) , la nièce de l'ancien conseiller libéral-démocrate (1971) et la sœur du député PLD du d'Ehime (depuis 1986) Présentation de la famille Murakami sur le site officiel de Sei'ichirō Murakami. Katsuya et Tatsuko Okada ont eu trois enfants : une fille et deux fils.

Les débuts politiques : la succession des partis Un des « enfants d'Ozawa » Katsuya Okada est candidat pour les élections législatives du avec l'étiquette du Parti libéral-démocrate (PLD), le mouvement politique de droite au pouvoir depuis sa création en 1955, et plus particulièrement de sa plus importante faction interne, le , également appelé Heiseikai ou encore « faction Takeshita » (du nom de l'ancien Premier ministre Noboru Takeshita qui l'a créée en 1987 sur les bases du puissant « Club du Jeudi », 木曜クラブ, Mokuyō kurabu, de Kakuei Tanaka, qui a dominé la scène politique dans les années 1970 et l'essentiel des années 1980). Choisi pour reprendre le flambeau du septuagénaire Sachio Yamamoto, qui ne se représente pas, dans l'ancien électoral de la préfecture de Mie, il fait alors partie de la stratégie mise au point par le jeune (47 ans) secrétaire général du PLD (et valeur montante de l’Heiseikai) Ichirō Ozawa visant à rajeunir les rangs tant de la faction que de l'ensemble du parti, tous deux en quête d'un renouvellement d'image après plus de 35 ans de pouvoir et une série de scandales politico-financiers ayant éclaté depuis la fin des années 1970. Il bénéficie également du soutien financier du groupe familial ÆON. Katsuya Okada arrive alors en quatrième position pour cinq sièges à pourvoir au vote unique non transférable dans la circonscription, avec soit 13,84 % des suffrages exprimés , sur le site www.senkyo.janjan.jp.

Il fait ainsi pour la première fois son entrée à la Chambre des représentants à l'instar de nombreux autres trentenaires et quadragénaires, et l'expression d' est inventée à cette occasion pour désigner cette nouvelle génération de parlementaires mise en avant par le secrétaire général du PLD et qui deviennent alors de fermes partisans de ce dernier et de ses idées réformatrices proches de celles mises en place par Margaret Thatcher au Royaume-Uni L'usage de désigner par « enfants de » des parlementaires élus pour la première fois en masse grâce au soutien d'un dirigeant politique dont ils deviennent par la suite d'importants partisans a été repris lors d'autres élections : on a parlé ainsi d'« enfants de Koizumi » lors des législatives de 2005 remportées largement par le PLD de Jun'ichirō Koizumi, ou à nouveau d'« enfants d'Ozawa » après le succès considérable du PDJ en 2009.. De ce fait, lorsqu'Ozawa et un autre « rénovateur », Tsutomu Hata, quittent l’Heiseikai, pour n'avoir par réussi à y imposer leur influence au profit de conservateurs partisans d'une ligne plus « classique » tels que Keizō Obuchi ou Ryūtarō Hashimoto, et fondent leur propre faction, le , Katsuya Okada fait partie des 41 parlementaires du PLD (33 députés et 8 conseillers) qui les rejoignent « Chap. 5 : KITEN - 4 : Getting Rid of Kaifu », in S. HUNZIKER, I. KAMIMURA, Kakuei Tanaka : a political biography of modern Japan. Et, le , il suit, comme tous les membres de ce groupe (à l'exception d'un absent, Morio Kimura, qui a soutenu toutefois l'action de ses compagnons de faction), la directive d'Ozawa et Hata de voter la motion de censure déposée par le Parti socialiste japonais (PSJ) pour protester contre le projet de réforme électorale proposée par le gouvernement PLD de Kiichi Miyazawa (comprenant notamment le passage à un scrutin uninominal majoritaire à un tour intégral, l'opposition et de nombreux membres de la majorité, dont Ozawa, préférant au contraire introduire une dose plus ou moins élevée de proportionnelle), contribuant ainsi à son adoption par 255 voix contre 220 à la Chambre des représentants et donc à la chute de la majorité et la convocation d'élections législatives anticipées pour le suivant. Par la suite, l'ensemble du « Forum Réforme 21 » quitte le PLD et forme le un parti politique néo-libéral, le 嘘つき解散, article japonais sur la motion de censure de juin et l'organisation des législatives anticipées de juillet 1993, avec Hata comme président et Ozawa comme secrétaire général.

Aux législatives du , Katsuya Okada est réélu en obtenant cette fois assez largement la première place avec , ou 20,46 % des suffrages, et plus de d'avance sur le candidat arrivé en deuxième position et lui aussi issu de l'opposition au PLD, le centriste du Kōmeitō Chikara Sakaguchi , sur le site www.senkyo.janjan.jp. Le Shinseitō, fort au total de 10,1 % des voix et de 55 sièges sur 511, devient la troisième force politique du Japon derrière le PLD et le PSJ, et devient l'un des piliers d'une coalition anti-conservatrice et anti-communiste formée avec six autres partis (dont les opposants de longue date comme les socialistes, le Kōmeitō, les démocrates socialistes et les sociaux-démocrates, mais aussi d'autres dissidents du PLD dont le progressiste Nouveau Parti pionnier et les conservateurs modérés du Nouveau parti du Japon), mettant fin à 38 ans de domination sans interruption des libéraux-démocrates. Cette majorité hétéroclite se divise néanmoins bientôt et, après onze mois de gouvernements dirigés successivement par Morihiro Hosokawa (du NPJ, d' à ) puis Tsutomu Hata (d'avril à ), le PSJ et le NPP forment une grande coalition avec le PLD qui accepte d'élire au poste de Premier ministre le socialiste Tomiichi Murayama. Katsuya Okada rejoint ainsi l'opposition au même titre que le Shinseitō qui finit par fusionner en avec tous les autres mouvements de la coalition de 1993 refusant le retour au pouvoir du PLD ainsi que par de nouveaux dissidents de ce dernier, emmenés par l'ancien Premier ministre Toshiki Kaifu, qui quant-à-eux sont hostiles à l'accession d'un socialiste à la tête du gouvernement. Le nouveau parti ainsi créé prend le nom de et Kaifu en est son premier président.

Le gain d'une assise locale à Mie