Christoph von Schmid (né Johann Christoph Friedrich von Schmid le à Dinkelsbühl et mort le à Augsbourg), est un prêtre catholique et un écrivain allemand de livres pour enfants et d'écrits religieux.
Il est reconnu comme l'écrivain précurseur de livres pour enfants. Écrits dans le langage parlé par les enfants et non pas le langage des livres, à une époque où peu d'auteurs pour la jeunesse existent, ses récits ont connu un grand succès et ont été traduits dans de nombreuses langues. En France, il est publié dès 1816 et a été constamment réédité (en 2013, est paru un recueil de ses contes)190 contes pour les enfants de Johann Christoph Von Schmid ; traduits par Didier et Catherine Delannay ; Saint-Denis : Édilivre, impr. 2013, 220 p. . Cf. Notice n°: FRBNF43725352 de la Bibliothèque nationale de France.
Toujours très populaire en Allemagne, il y est considéré comme le prince des écrivains d'histoires pour la jeunesse. Plusieurs diocèses utilisent encore ses livres, y compris les diocèses catholiques d'Amérique du NordInfos figurant sur la de couverture du livre d'Ursula Creutz : Christoph von Schmid 1768-1854 : Leben, Werk und Zeitgenossen Gebundene Ausgabe ; septembre 2004, 442 p. .
Biographie
Johann Christoph Friedrich naît en 1768 à Dinkelsbühl au numéro 19 de la rue Klosterg dans une famille pieuse. Son père Friedrich Schmid, époux de Theresia Hartel, est un fonctionnaire respecté, au service de l'Ordre hospitalier des chevaliers teutoniques, un ordre chevaleresque et caritatif. Ainé de huit frères et sœurs, la mort précoce du père apporte la pauvreté à la maison. Son enfance est néanmoins très heureuse. Il fréquente l'école primaire, puis est choisi pour suivre des cours particuliers à l'abbaye. Il étudie au lycée catholique pendant deux ans puis fréquente la Sexta du Gymnasium (lycée) de Dillingen. Après l'obtention de son diplôme, il est placé comme tuteur dans une famille aisée chez laquelle il développe un talent pédagogique et narratif.
Ayant choisi la vocation de prêtre, il s'inscrit à l'Université pontificale de Dillingen et étudie la théologie. En 1791, il est ordonné prêtre et commence sa carrière ecclésiastique comme vicaire dans le district actuel de Mindelheimer Nassenbeuren, où il a probablement écrit la célèbre chanson de Noël : Ihr Kinderlein, kommet. En 1792, il devient aumônier en Allemagne.
À partir de 1796, à l'âge de 28 ans, il est nommé directeur d'une grande école pour enfants à Thannhausen (en Bavière) où il enseignera de nombreuses années. C'est là qu'il commence à écrire pour les enfants. En 1816, il est nommé curé à Oberstadion, puis obtient en 1827 un canonicat (titre de chanoine) à la cathédrale d'Augsbourg, et est nommé administrateur du système scolaire.
Christoph von Schmid meurt du choléra à l'âge de 87 ans.
De son vivant, il a reçu de nombreux honneurs : son est décrété jour férié à Augsbourg ; la même année, l'Université de Prague lui décerne le titre de docteur honoris causa en théologie. Le roi bavarois Ludwig l’anoblit en 1837. En 1850, il a reçu la Croix de commandant de l'Ordre de Saint Michael (Komturkreuz des Verdienstordens vom Heiligen Michael). Le théologien allemand Johann Michael Sailer Sailer, Johann Michael von (1751-1832), site numérique 'Iglesia Pueblo Nuevo'., évêque de Ratisbonne, lui a donné le titre honorifique de « Chroniqueur de Jésus - le cinquième évangéliste » pour son talent narratif.
Carrière littéraire
C'est lorsqu'il est enseignant à l'école de Thannhausen, que l’idée vient au chanoine SchmidC'est sous ce vocable qu'il apparaît sur les couvertures des éditions françaises. Cf. notices de la Bibliothèque nationale de France (catalogue général)d'écrire des historiettes morales à ses élèves.
Les contes qu'il écrit sont essentiellement centrés sur l'apprentissage des valeurs morales et des valeurs chrétiennes. Les histoires relatent le plus souvent l'arrivée d'un événement qui va perturber la joie des gens de bien, et que la Providence supprimera à la fin. Le but de l'auteur est d'éveiller la pratique de la piété chez les jeunes lecteurs.
Dans l'introduction du recueil complet en 24 volumes de tous ses écrits dont il commence la publication en 1841, il explique de quelle manière ont été écrites ses nouvelles : elles n'ont pas été composées pour un public inconnu dans un but mercantile, mais pour des enfants qu'il côtoyait tous les jours. Ses histoires, écrit-il, n'étaient pas à la base destinées à être publiées. Pour appliquer ses leçons d’instruction religieuse, il a cherché à les illustrer avec des exemples pris dans l'Antiquité chrétienne, les légendes et dans d'autres sources.
Son but était de récompenser ses écoliers en leur lisant, après la fin de la classe, une petite histoire écrite par luiLes premiers contes publiés porteront d'ailleurs le sous-titre : Récompense aux enfants sages et studieux, y compris dans les éditions françaises. Cf. notices de la Bibliothèque nationale de France (catalogue général). Les élèves devaient ensuite mettre le récit par écrit chez eux. La lecture des comptes-rendus de ses écoliers lui a permis de se familiariser avec le large éventail de pensées et de langage des enfants. Il a donc pris soin, dans ses œuvres, de parler leur style de langage plutôt que le langage des livres - ce qui était alors une innovation dans la littérature pour la jeunesse. Il a pu observer par lui-même ce qui marquait l’esprit et le cœur des enfants, des plus jeunes aux plus âgés.
Son talent de conteur lui a gagné l'affection des écoliers. Un de ses élèves a dit de lui :
Le premier livre que publie le chanoine Schmid est une Bible pour enfants, qui paraît en 1801L’œuvre sera poursuivie jusqu'en 1807. Suivront de nombreuses nouvelles : en 1810, est éditée à Augsbourg Geneviève de Brabant (Genovefa), son premier grand succès de librairie. En 1816, la parution de Les Œufs de Pâques (Die Ostereier) rencontre un tel succès que Christoph von Schmid se met à signer ses contes suivants par : Par l'auteur des "Œufs de Pâques"En allemand : Vom dem Verfasser der "Ostereyer" [J. C. Schmid] ; cette mention apparaîtra également dans les premières éditions françaises de son œuvre..
Il a également écrit des poèmes qu'il a parsemés çà et là dans son œuvre Poèmes de Christoph von Schmid, trois pièces de théâtre, des hymnes, des chansonnettes pour enfants Mélodies de Christoph von Schmid ainsi qu'une autobiographie : Souvenirs de ma vie, mémoires du chanoine SchmidNotice n°: FRBNF31320675 de la Bibliothèque nationale de France (Erinnerungen aus meinem Leben) (1853–1857), publiée en France en 1858.
Sa vie durant, il poursuivra sa vocation d'auteur pour enfants. Son œuvre a connu un grand succès et a été traduite en 24 langues. Les mérites du chanoine Schmid sont pleinement reconnus par les écrivains catholiques et protestants sur la pédagogieGuldner, Benedict (1912). Christoph von Schmid. In The Catholic Encyclopedia, New York: Robert Appleton Company. Consulté le de New Advent: https://www.newadvent.org/cathen/13545d.htm ; Guldner, Benedict. Christoph von Schmid., The Catholic Encyclopedia, Vol. 13, New York : Robert Appleton Company, 1912. Consulté le <https://www.newadvent.org/cathen/13545d.htm>.
Son œuvre complète a été publiée en France à partir de 1821Cf. notices de la Bibliothèque nationale de France (catalogue général). En France, son récit le plus célèbre est Les Œufs de Pâques, histoire pour les étrennes de Pâques aux enfants (Die Ostereyer, 1816) Livre en ligne et La Veille de Noël (Der Weihnachtsabend, 1825)Cf. le nombre des rééditions sur le site de la Bibliothèque nationale de France.
Hommage posthume
La maison natale du chanoine Schmid à Dinkelsbühl, tout comme l'école de Thannhausen, ont rendu hommage au prêtre et à l'écrivain en érigeant chacune un monument (une statue de bronze en 1901 à Thannhausen).
L'école secondaire de Thannhausen porte son nom, et à l'école primaire de Dinkelsbühl, une rue dans la vieille ville et un chêne à Schießwasen portent également son nom.
À Dillingen, où il est allé à l'école, existe la rue Christoph von Schmid.
À Nassenbeuren, une rue porte son nom et une plaque a été apposée sur l'église.
À Eurasburg près d'Augsburg, son ami Franz Anton Schmid Haindl a planté en 1834 sur le bord d'une ancienne écurie du château, un tilleul toujours debout baptisé "Tilleul Christoph von Schmid" ; il a également construit à côté un petit monument de brique qui porte l'inscription suivante : « Dis à celui que l'on honore / Aujourd’hui et quand passeront les siècles / Les hommages de ses amis / Toi, ô tilleul, qui lui est consacré / À Christoph von Schmidt. Au noble ami de la jeunesse. À l'enseignant de haute vertu. .»Sprich der Freunde Huldigungen Dem Gefeierten wie heut Wenn Jahrhunderte verklungen Du o Linde, Ihm geweiht. Christoph von Schmidt Dem edeln Freund der Jugend Dem Lehrer hoher Tugend. 5. Mai 1834
Œuvre Contes Dans certaines publications françaises, des contes ont été attribués à tort à Christoph von SchmidNotice . Exemples : La Bague, Itha, comtesse de Toggenbourg, Pierre, ou les Suites de l'ignorance, Valentin Weber, Le Chien aveugle, Les Pommes, L'Oncle sévère, Histoire d'un gros sou, L'Instituteur et ses élèves, L'Herbier de Pauline, L'Auvergnat, L'Enfant malpropre, Le Paresseux, Élise et son grand-père, Les Perles, L'Herbier de Pauline, La Dame noire, L'Aveugle, ou le Trésor retrouvé, etc. Cf. notes dans les notices de la Bibliothèque nationale de France consacrées à l'auteur ; ils ne figurent pas dans la liste ci-dessous. Par ailleurs, d'autres contes n'ont paru que dans des recueils et jamais séparément (cf. section "Recueils en français").
Contes publiés seuls
Les Œufs de Pâques, histoire pour les étrennes de Pâques aux enfants (Die Ostereyer , 1816) — Toulouse, 1821. Dernière réédition en 1938 ; Tours : Alfred Mame (Texte en ligne sur Gallica) Comment le jeune Henri apprit à connaître Dieu (Wie Heinrich von Eichenfels zur erkenntniss Gottes kam, 1817), Histoire morale traduite de l'allemand par M. Lambert — Paris, 1820. Réédité en 1834 sous le titre : Comment Henri d'Eichenfels parvint à la connaissance de Dieu ; Paris : Gaume frères. Réédition en 1835 sous le titre : Henri d'Eichenfel, ou Dieu révélé par le spectacle de la nature ; Paris : P. Dupont, 96 p. Réédition en 1846 sous le titre : Henri-Benjamin d'Eichenfels, ou les Bienfaits de la Providence ; Paris : Delarue, 180 p. Réédition en 1846 sous le titre : Histoire de Henri d'Eichenfels ; Strasbourg : Vve Levrault, 108 p. La Corbeille de fleurs (Das Blumenkörbchen, 1823) (conte dédié à l'adolescence par l'auteur des Œufs de Pâques) — Traduit par T. Derome ; Haguenau, 167 p., 1825. Paru également sous le titre Marie, ou la Corbeille de fleurs ; Tours : A. Mame, collection « Bibliothèque de la jeunesse chrétienne », 180 p., 1837. Dernière réédition en 1949 ; Paris, Impr. des Beaux-Arts. Le Serin (conte pour les enfants, par l'auteur des Œufs de Pâques) — Paris : Levrault, 1826. Dernière édition en 1937 Rose de Tannebourg, histoire du vieux temps (Rosa von Tannenburg, 1823) — Traduit par T. Derome ; Paris : Treuttel et Wurtz, 197 p., 1826. Dernière réédition : 1940, Tours, Alfred Mame La Fête de Noël — Traduit par Th. Derome ; Haguenau, 237 p., 1826 Le Ver luisant, conte pour les enfants, par l'auteur des "Œufs de Pâques" [le chanoine Schmid] — Paris : Levrault, 1827. Dernière édition en 1921 Le Petit Mouton, histoire morale — Châtillon-sur-Seine : C. Cornillac, 1827. Dernière réédition : 1937 L'Enfant perdu (Das verlorene Kind), conte pour les enfants, par l'auteur des "Œufs de Pâques" [le chanoine C. Schmid] — Paris : Levrault, 1828. Paru aussi sous le titre Auguste ou L'enfant perdu et retrouvé. Dernière réédition en 1949 ; Paris, Impr. des Beaux-Arts. La Colombe (Das Täubchen) — Paris : Levrault, 94 p., 1828