Le Plateau-Mont-Royal est un arrondissement central de la ville de Montréal au Québec (Canada). Il est situé sur le versant est du Mont Royal sur un plateau surplombant le centre-ville de Montréal délimité par la rue Sherbrooke. Il est bordé par les arrondissements Rosemont–La Petite-Patrie au nord, Mercier–Hochelaga-Maisonneuve à l'est, Ville-Marie au sud, et Outremont à l'ouest. On y comptait en 2016 répartis dans Un bref profil du Plateau-Mont-Royal.
Le développement de Montréal au-delà du faubourg Saint-Laurent, au , entraîne la fondation des villages de Coteau-Saint-Louis en 1846, Saint-Jean-Baptiste en 1861 et Saint-Louis-du-Mile-End en 1878.
Aujourd'hui, Le Plateau-Mont-Royal est l'un des pôles créatifs majeurs du Canada avec une concentration d'artistesArtists by Neighbourhood in Canada - Hill Strategies Research Inc., October 2005 , de musiciensChris Hampton, These are the 10 most creative neighbourhoods in Canada, says SOCAN, Chart attck et d'organismes de création inégalée dans le reste du pays. On y retrouve le Conservatoire de musique de Montréal et plusieurs théâtres comme le Rideau vert, le Théâtre de Quat'Sous, La Licorne et le Théâtre d'Aujourd'hui. C'est aussi sur le Plateau que sont établis le studio de développement de jeux vidéo Ubisoft Montréal et l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec. On y retrouve aussi un accès direct au Parc du Mont-Royal, via le Parc Jeanne-Mance, le Parc La Fontaine, le Parc Sir-Wilfrid-Laurier le Square Saint-Louis, et la Place Gérald-Godin.
À la suite de l'installation de nombreux immigrés français depuis les années 2000, le quartier est régulièrement surnommé le « Quartier français », « le Petit-Paris », la Petite-France ou encore ironiquement la « Nouvelle-France ».
Géographie
La rue Saint-Denis et l'avenue du Mont-Royal traversent cet arrondissement. L'une des principales artères nord-sud de la ville, le boulevard Saint-Laurent, le traverse aussi. Ce sont les trois principales rues commerciales de l'arrondissement, avec les rues Laurier et Duluth plus petites.
Le Square Saint-Louis est un parc des plus visités, car il permet d'observer les maisons victoriennes qui le bordent et le caractérisent. Pour leur part, les grands espaces verts comme le parc du mont Royal et le parc La Fontaine sont d'envergure urbaine et comportent des pistes cyclables et des sentiers piétonniers.
Côté transports, le Plateau-Mont-Royal est accessible à pied, par des pistes cyclables, un réseau de métro et d'autobus ainsi que par la route.
Les limites de l'arrondissement sont les suivantes : en partant de l'intersection des rues Sherbrooke et University au sud-ouest de l'arrondissement, la frontière est formée par la rue University vers le nord jusqu’à l'avenue des Pins ; ensuite par l'avenue des Pins vers l'est jusqu’à l'avenue du Parc ; par l'avenue du Parc vers le nord jusqu’à l'avenue du Mont-Royal; par l'avenue du Mont-Royal vers l'ouest jusqu'au chemin de la Côte-Sainte-Catherine ; par celle-ci vers le nord jusqu’à l'avenue Nelson ; par celui-ci vers le nord jusqu'au boulevard Saint-Joseph; par la rue Hutchison vers le nord jusqu'au chemin de fer Canadien Pacifique; par ce chemin de fer vers le sud-est jusqu’à la rue Sherbrooke; et enfin par la rue Sherbrooke vers le sud-ouest jusqu’à la rue University.
Quartiers sociologiques Milton Parc (Ghetto McGill) Saint-Louis (Quartier portugais de Montréal) Parc La Fontaine Mile End Parc Laurier Lorimier
Quartiers de référence Q31 Q32 Q33 Q34 Mile End Q35 Q36 Milton Parc
Arrondissements et municipalités limitrophes
Histoire L'époque des grandes fermes À partir de 1745, la zone urbanisée entourant Montréal s'étend au-delà de ses fortifications. Le Plateau-Mont-Royal naît ainsi lorsque le faubourg Saint-Laurent, au nord, devient le principal axe de développement. En 1792, Montréal s'agrandit pour établir ses limites officielles à environ deux kilomètres des fortifications. Dès lors, le mont Royal et la rue Duluth forment ses limites. Plus loin du centre, surtout vers l'ouest, des familles anglophones ont à l'époque de grandes demeures entourées de jardins et les Hospitalières de Saint-Joseph ont un vaste terrain qui sera le siège de leur futur Hôtel-Dieu. Encore plus en périphérie se trouvent de grandes propriétés de campagne dont les fermes de la bourgeoisie montréalaise.
En 1850, un réservoir pour l'aqueduc de la ville de Montréal est installé à l'emplacement actuel du Square Saint-Louis. Il a comme fonction d'approvisionner les résidents de la Côte-à-Baron, ce qui désigne la pente descendante au sud de la rue Sherbrooke. À cette époque une ferme à l'emplacement de l'actuel parc La Fontaine est convertie en champ de manœuvres militaires. Au nord, d'autres agglomérations se forment de par l'activité économique des carrières, donnant naissance au village du Coteau-Saint-Louis, en 1846. Une chapelle est construite deux ans plus tard, qui sera remplacée en 1857 par l'église Saint-Enfant-Jésus du Mile-End. De nos jours, le Mile End est un quartier voisin faisant partie de l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, mais c'est seulement en 1878 que le village de Saint-Louis-du-Mile-End naît. D'ici la fin du siècle, le flanc de la montagne est acheté par la Ville qui y aménage le parc du Mont-Royal, le parc La Fontaine prend la place des activités militaires et le réservoir de la Côte-à-Baron cède la sienne au Square Saint-Louis.
Le village de Saint-Jean-Baptiste se forme vers 1861. Son point central est également l'emplacement de son marché (le premier marché fut construit vers 1870 et remplacé par un plus moderne en 1933; ce dernier sera finalement démoli en 1966). Ce centre civique est situé à l'intersection de la rue Saint-Laurent (qui deviendra plus tard le boulevard Saint-Laurent) et de la rue Rachel. Les villages du Coteau-Saint-Louis et de Saint-Jean-Baptiste sont annexés à Montréal vers la fin du siècle; respectivement en 1893 et 1886. Quant à Saint-Louis-du-Mile-End et DeLorimier, ils seront annexés à Montréal respectivement en 1910 et 1909. À cette époque, la population de Montréal déborde à l'est du chemin Papineau, où se trouvent des maisons et avenues élégantes.
Sur une carte de 1879http://www.memorablemontreal.com/document/image/original/HM_ARC_005233-001.jpg on voit que l'arrondissement actuel comprend les 3/4 de St-Louis-du-Mile-End, la moitié de Côte-St-Louis, et tout St-Jean-Baptiste, entre autres. La carte ne montre pas les autres parties de Côte-de-la-Visitation qui sont devenues le village De Lorimier (l'est du Plateau) et Petite-Côte (aujourd'hui quartier Rosemont).
Un arrondissement ouvrier
Au début du , il s'agissait d'un arrondissement ouvrier. Avec les années, croissance économique aidant, il s'est transformé et la population ouvrière l'a peu à peu déserté. Dès 1900, le Coteau-Saint-Louis devient très cosmopolite, comptant temples protestants et synagogues. Plusieurs commerçants protestants ouvrent boutique sur la rue Saint-Laurent, qui devient, en 1905, le boulevard Saint-Laurent, ainsi que la frontière linguistique entre francophones, à l'est, et anglophones, à l'ouest. À cette époque, le boulevard Saint-Joseph devient la première artère bordée d'arbres de la ville.
Dans les années 1930, la crise économique freine la construction dans l'arrondissement, bien que certains travaux soient financés au parc Sir-Wilfrid-Laurier. L'Université de Montréal déménage sur le flanc nord du mont Royal en 1943, ce qui entraîne le déménagement des bourgeoisies francophone et anglophone vers ce quartier. Depuis l'après-guerre, le quartier accueille des immigrants. Des Juifs arrivés dès lors ont généralement maintenu boutique sur le boulevard Saint-Laurent dans l'ancien quartier juif et déménagé leur demeure vers les quartiers adjacents à l'ouest. Vestige de la présence juive: la charcuterie hébraïque Schwartz's du boulevard Saint-Laurent, un des commerces les plus renommés de Montréal, célèbre pour son « smoked meat » (viande fumée). Ils furent remplacés par des Grecs qui ont contribué à l'art local de la boulangerie et de la pâtisserie. Plus récemment, des Vietnamiens et des Portugais se sont installés, dont témoigne, pour ces derniers, le parc du Portugal.
Du « Chinatown », les commerçants chinois ont remonté le boulevard Saint-Laurent jusqu’à la rue Sherbrooke et l'ont dépassé pour cohabiter avec les boutiques indiennes.
Les années 1980 : l'embourgeoisement
À partir des années 1970, et s'accélérant dans les années 1980, un mouvement de retour à la ville attire de jeunes professionnels, des artistes et des étudiants vers l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal. Cela en fait un centre d'activités culturelles et intellectuelles. Aujourd'hui, il possède une hétérogénéité socio-économique moins large. En effet, le quartier s'est embourgeoisé et devient un lieu de résidence privilégié par la classe moyenne aisée.
En 2004, l'organisme new-yorkais Project for Public Spaces a élu Le Plateau-Mont-Royal comme l'un des 20 endroits nord-américains offrant la meilleure qualité de vie.
Société d'histoire du Plateau-Mont-Royal La riche histoire du quartier et de ses habitants peut maintenant compter sur l'apport d'un organisme sans but lucratif, pour sa mise en valeur. Depuis sa création, en 2006, la Société d'histoire du Plateau-Mont-Royal (SHP), s'intéresse à documenter et à diffuser l'histoire du quartier et celle des gens qui l'ont habité. La SHP a ses locaux au Centre de services communautaires du Monastère; au 4450 rue Saint-Hubert, local 419. La SHP y possède un centre de documentation et d'archives contenant une foule d'informations sur l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal. Un des joyaux de ce centre de documentation consiste en la collection du journal Le Guide Mont-Royal qui fut pendant nombre d'années, le témoin du quotidien et de l'actualité du quartier. Un hyperlien (voir plus bas) vous conduira au site internet de la société.
Quartiers Il existe une distinction entre l'arrondissement Le Plateau-Mont-Royal et le quartier Plateau-Mont-Royal. L'arrondissement du Plateau-Mont-Royal est une instance politique et administrative de la Ville de Montréal et englobe trois quartiers : le quartier Plateau-Mont-Royal est et ouest. le quartier Mile End (délimité par l'avenue du Mont-Royal au sud et par l'avenue Henri-Julien à l'est). le quartier Milton Parc (ou Ghetto McGill), délimité par le quadrilatère University, Sherbrooke, Saint-Laurent et l'avenue des Pins.
Démographie Le tableau suivant fait état de l'évolution de la population du Plateau-Mont-Royal depuis 2006, soit le premier recensement canadien après la constitution de l'arrondissement.
Caractéristiques thumb|Ruelle verte Masson. Le Plateau-Mont-Royal est un arrondissement reconnu pour plusieurs raisons : Il est près du centre-ville (l'arrondissement de Ville-Marie). Il est près de diverses institutions et activités culturelles. Il accueille une population jeune, attirée en grand nombre par l'ouverture dans les années 1960 de l'Université du Québec à Montréal. Il possède plusieurs boutiques spécialisées. Il offre une grande variété architecturale. Il a une réputation positive véhiculée par la population dite branchée. Il n'est pas nécessaire d'y posséder une automobile, car il est desservi par trois stations de métro (Sherbrooke, Mont-Royal, Laurier) et par un réseau de pistes cyclables dont l'axe numéro 1 de la Route verte qui le traverse. Il est le premier arrondissement à mettre en œuvre les ruelles vertes de Montréal; il y a 52 ruelles reverdies (2011).