Le Hawzi (arabe : الحوزي al ḥawzī) ou Haouzi ou Houzi est un genre musical citadin populaire de l'Algérie. Il dérive du Gharnati qui est le répertoire de musique arabo-andalouse de l'école de TlemcenAnthologie de la musique arabe, 1906-1960. Par Ahmed Hachlaf, Mohamed Elhabib Hachlaf. Page 277. 2001. livre en ligne. vignette|Hawzi "nīrān šāʿla fī knānī" d'Ahmed Ben Triki [1650-1750], chanté par Cheik Larbi BENSARI et son fils, Redouane.
Étymologie Le mot hawzi provient de l'arabe hawz qui signifie ou .
On a longtemps pensé que ce genre était né dans le terroir périurbain de Tlemcen, toutefois, aujourd'hui les spécialistes penchent pour l'interprétation du terme générique hawzi, au sens d', d'une production qui se situe dans un rapport de filiation problématique avec la norme poético-musicale, de la nuba.
Histoire thumb|Musiciens de Tlemcen au début du . Le hawzi est une poésie populaire chantée d'Algérie qui remonte au et dérive du gharnati de l'école de Tlemcen. Les Tlemcéniens le développent en adaptant l'art poétique et musical arabo-andalou (en particulier du Zadjal) à leur propre tradition régionale maghrébine. Produit du syncrétisme andalou et autochtone, né dans l'Ouest algérien, cette poésie dialectale est adoptée par la majorité de la population algérienne et le corpus littéraire demeure à peu près identique.
Les auteurs du hawzi sont généralement originaires de la ville de Tlemcen et de ses alentours. Ses pièces sont longues, ses textes ont été écrits et interprétés d'abord par les hommes et peuvent être chantés en groupe ou en solo. La plupart de ces poèmes datent des , mais il existe des textes plus anciens. Ainsi, Ibn Khaldoun évoque dans la Muqaddima, un poète Ibn El Mouedden qui exerçait à Tlemcen l'art dit Aroudh El balad (). Puis, Sidi Lakhdar Ben Khlouf, compose au plusieurs poèmes dont le plus connu est celui de la bataille de Mazagran.
Puis, des déclinaisons locales du hawzi vont apparaître à Alger et à Constantine, ainsi que d'autres formes musicales qui s'apparentent à lui, notamment le aroubi et le chaabî. La date de sa première introduction à Constantine est inconnue, Toumi et ses prédécesseurs pour exprimer leur intérêt au hawzi disaient : . Il est également largement adopté par l'école d'Alger.
Au niveau musical, à partir de la mélodie originale tlemcenienne, les instruments spécifiques et les influences locales peuvent donner un cadre rythmique et mélodique propre à chaque région. Les thèmes abordés sont issus de la poésie classique et post-classique arabe, ils ont ensuite intégré un matériau linguistique puisé dans la culture locale.
Modes (musicaux) Le genre hawzi empreinte à l'école de Tlemcen (Gharnati) les modes ṭūbūʿ suivant : Al-ʿīrāq al-māḥṣūr (العراق المحصور) Al-ʿīrāq al-māṭlūq (العراق المطلوق) Al-Ġārkā (الجركة) Al-Māzmūm (المزموم) Al-Māwwāl (الموَال) Rāml al-māyā (رمل الماية) Sīkā (السيكة) Zīdān (الزيدان) Al-ġrīb (الغريب) Al-sāḥlī (الساحلي) (mode caractéristique du hawzi)
Genres et rythmes vignette|Orchestre de Lila Borsali, interprète du hawzi tlemcénien. Il se décline en deux principaux genres qui diffèrent par leur forme poétiqueDr Yahia GHOUL, Étude des rythmes du patrimoine musical andalou de l'école de Tlemcen, Festival national de la musique andalouse, Tlemcen, Algérie, 1993. p. 9 :
Le hawzi metṣanna''' (الحوزي المتصنّع) (lit. citadin) qui se caractérise par des poèmes strophiques proches du mouachah et du zadjal utilisés dans la Nuba et empreinte certains rythmes caractéristiques de celle-ciSamir ALLAL, La tradition musicale de Tlemcen : Une variante de la nûba maghrébo-andalouse, Algérie. p. 8 [URL : https://www.scribd.com/document/338266797/Ecole-de-Tlemcen]: Mîzān əl-qṣîd ǧwāb "instrumental" (mesure à 8/8) Mîzān əl-bašraf ǧwāb "instrumental" (mesure à 2/8 et à 4/8) Mîzān əl-inṣirāf (mesure à 22/16 ou à 6/8) Mîzān əl-meẖles (mesure à 22/16 ou à 6/8)
En outre, il utilise un rythme spécifique au genre hawzi, composé d’une mesure à temps inégaux : Mîzān əl-barwālī (Mesure à 10/8)
Le hawzi rural qui se caractérise par des poèmes isométriques se rapprochant ainsi de la qasida traditionnelle. Il utilise cependant les mêmes rythmes que le précédent. Il emploie la poésie populaire malhoun en dialecte local et des mélodies voisines de celles des inqilâbât. Certains poèmes de cette catégorie sont passés dans le répertoire citadin, tel que la qasida Dhalma (), écrite par Cheikh Ben Guenoun.
Artistes représentatifs
Auteurs-compositeurs
Les poètes du hawzi sont connus et leur nom est souvent cité à la fin du texte. Dans son livre intitulé Tlemcen florilège : histoire, art, politique, portraits et scènes de vie. cité In "اشكالية ترجمة الشعر الجزائري", Zineb SENOUCI-BEREKSI, thèse de doctorat, université d'Oran 1 - Ahmed Ben Bella, 2016., El Hassar Bénali a classé les poètes du Hawzi suivant un ordre chronologique :
Abou Othmane Said El Mendassi (1583-1677) Ahmed Ben Triki (1650-1750)
Abou Abdillah Mohamed Ben Ahmed Ben Msayeb (1688-1768) Mohammed Bensahla () Boumédiène Bensahla (-1797) Mohamed Bendebbah Ben Khder Daoudi Feroui El-Habib Benguennoun (1761-1864) Cheikh Bénameur.
Cheikh Messaoudi Mostefa Ben Brahim Mohamed Belhadj Djilali Hakiki Mohamed Bendiaf Boumédiène Bensaïd Mohamed Zaaten Djilali Abadi Hadj Bentahar Ahmed Lechqer Mohamed Ben Yelles Chaouch Mohamed Ben Messaoud Mohamed Ben Hammadi Cheikh Menaouer Mouley Ahmed Ben Said Mouley Ahmed Medeghri dit Serfaqou Belahcen Benchenhou Mohamed Setouti Kaddour Ben Achour Zerhouni Mohamed Remaoun Mustapha Bendimered Bouazza Mahadji Saadouni Ben Ichou Derai Mekhlouf Mohamed Ben Dermache Larbi Bensari
Abdelkrim Dali. Abderrahmane Sekkal Houcine Bekhchi
Interprètes
Festivals Festival national du Hawzi à Tlemcen. Journées du Hawzi de Blida.
Notes et références
Annexes Articles connexes Musique algérienne Sanâa (musique) Gharnati Aroubi Mahjouz Qadriya
Bibliographie DIB, Mohamed Souheil, MAROUF Nadir (2001). Anthologie du chant ‘arubi et hawzi, Paris, El-Ouns. Dib Mohammed-Souheil, « Typologie du patrimoine hawzi et non hawzi. (poésie et rythmes) » in Le chant arabo-andalou, CEFRESS/ L'Harmattan Mohammed Souheil Dib, Le répertoire poétique non andalou de Tlemcen (hawzî, ‘Arûbî, Madh, Samâ’ et Gharbî) / Qassā’id min: Al- hawzī, al- ‘arūbī, al- madīh, al- gharbī. Alger : Éditions New Sound/ONDA, 2011. Faysal Bin Qalfāt, Amin Qalfāt, and Rifāl Qalfāt. Majmū‘at ash‘ār waazjāl mūsīqā: al- san‘a, al- hawzī, al- ‘arūbī, al- madīh, wa- l- samā‘ : madrasat tilimsān''/ L’Ecole de Tlemcen. Alger : Éditions New Sound, 2011. Sebaa, Rabeh. “Vibrations en ‘arubi et hawzi majeurs.” dans Le système musical de la can‘a ou “le paradigme de la norme et de la marge”: Hommage à Pierre Bourdieu. Nadir Marouf, 65– 69. Oran: Dar El Gharb, 2003.
Liens externes
Hawzi et Aroubi de Tlemcen, sur le portail du Patrimoine Culturel Algérien. Hawzi et Aroubi d'Alger, sur le portail du Patrimoine Culturel Algérien. Hawzi de Constantine, sur le portail du Patrimoine Culturel Algérien Hawzi d'Annaba, sur le portail du Patrimoine Culturel Algérien
Catégorie:Musique algérienne Catégorie:Musique arabo-andalouse