Dixmont est une commune française située dans le département de l'Yonne et dans la région de Bourgogne-Franche-Comté, dans l'arrondissement de Sens et le canton de Villeneuve-sur-Yonne. Elle est située dans le Pays d'Othe et la forêt d'Othe qui s'étendent sur les départements de l'Yonne et de l'Aube. Elle compte selon le dernier recensement 913 habitants pour une superficie totale de regroupant 24 hameaux. Une ville américaine porte le même nom dans l'État du Maine.

Géographie Dixmont, village de l'Yonne, est située à au sud-est de Sens, à au nord de Joigny et à à l'est de Villeneuve-sur-Yonne. La commune inclut 24 hameaux et s'étend sur .. L'altitude moyenne de la commune est de mais varie compte tenu de l'étendue du territoire entre 115 et Couches « Cartes IGN classiques », « Limites administratives » et « Hydrographie » activées..

Communes limitrophes

Climat

En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid ()..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Coulours », sur la commune de Coulours à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . ...

Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.. Ils sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en novembre 2022..

Urbanisme Typologie Au , Dixmont est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Sens, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (56,3 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (57,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (52,6 %), forêts (42,3 %), zones agricoles hétérogènes (3,8 %), zones urbanisées (1,4 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

Le nom de la localité est attesté sous les formes Dainmons (vers 1163) ; Dimo (1226) ; Dimon (IXe siècle) ; Dymons (1207) ; Dimont (1363). ; Dixmont (1793) ; Diamont, Dixmont (1801).

Alain Noël, toponymiste et historien, a recensé 23 formes apparentées entre 1145 et 1303. Le même auteur fait observer que plusieurs occurrences du nom ne présentent pas le « t » final ainsi que le « x » adventice.

Histoire vignette|La porte du collatéral nord de l'église, vestige roman de l'église primitive du du prieuré.

Antiquité : une présence humaine très ancienne Dixmont est située sur l'ancien territoire de la tribu gauloise des Sénons, peuple soumis à Rome par Jules César lors de la conquête de Sens en 52 av. J.-C. La présence humaine y est ancienne comme l'indiquent la présence d'un dolmen et un creuset de fondeur gallo-romain découvert au lieu-dit la Gargouille. Un gisement de scories atteste l'ancienneté d'un activité minière dans ce qui peut être considéré comme un véritable bassin minier de l'époque néolithique et antique avec une industrie du fer importante développée par les Gaulois puis les Gallo-Romains..

Moyen Âge : une châtellenie royale

Dixmont est citée dès le sous l'orthographe de « Dimon » : des documents attestent l'appartenance du village et de ses terres au prieuré Notre-Dame-du-Charnier de Sens, un prieuré bénédictin dépendant de celui de La Charité-sur-LoirePour le prieuré Notre-Dame-du-Charnier de Sens, voir : .

, ; .. Le Sénonais fait alors partie des premières terres rattachées au domaine royal puisque le comté de Sens a été annexé par les rois de France dès 1015. Dixmont est située aux frontières du domaine royal, du comté de Joigny et du comté de Champagne, ce qui lui donne un rôle stratégique. En 1187, le roi de France Philippe Auguste signe ainsi un accord de paréage avec les moines bénédictins du prieuré qui lui donne la moitié de la seigneurie, ceux-ci ne gardant pour eux que l'église et leur maison. Dixmont devient ainsi une châtellenie royale partagée avec le prieuré pour plus de cinq siècles. Cette position stratégique ainsi que l'emplacement au carrefour de plusieurs routes importantes (de Gien à Troyes et de Sens à Joigny et Auxerre) expliquent que le roi ait tenu à exercer ses prérogatives et y fait construire une forteresse. Il vient en personne en son château de Dixmont avec sa cour en novembre 1204, séjour attesté par les actes officiels qu'il y prend, notamment l'hommage reçu de Jean de Veyrac, nouvel évêque de Limoges, et la confirmation aux habitants du Poitou des privilèges jadis accordés par Aliénor d'Aquitaine, comtesse de Poitiers et reine d'Angleterre.

Dès 1190, Philippe Auguste accorde aux habitants une charte de privilèges et franchise, en en faisant jouir tous ceux qu'il appelle à venir s'y installer, y compris les hommes des seigneurs voisins qui seront considérés comme déliés de leur seigneur si celui-ci ne les a pas réclamé dans un délai d'un an. Une protection royale est aussi accordée aux commerçants et marchands qui se rendent aux foires de Dixmont (celles de juin pour les lainages et de novembre pour le chanvre). Les acheteurs sont aussi exemptés de certains droits afin de développer l'attraction commerciale et la population du bourg qui s'accroit régulièrement sous la protection des successeurs, notamment sous le règne de Louis XI.

Le développement est brisé par la Guerre de Cent Ans lorsque le pays est ravagé par les bandes de brigands et se dépeuple. Pas un procès ne peut être jugé en 1429 ; le village ne compte plus que 10 feux en 1434 et les terres du prieuré sont encore en friche en 1490. Il faut attendre le début du pour que la châtellenie se relève de ses ruines sous le règne de Louis XII. Des remparts sont alors construits pour protéger une population croissante, atteignant désormais entre 300 et 400 feux en 1538, sous le règne de François . Dans le même temps, le roi cède une partie de ses droits à deux seigneurs censiers.

Les guerres de Religion

Cette nouvelle embellie ne résiste pas aux ravages des guerres de Religion qui frappent tôt le Sénonais (dès 1562, le second massacre des Guerres de Religion a lieu à Sens lorsque les huguenots sont jetés dans l'Yonne un mois après le massacre de Wassy et le subséquent déclenchement de la guerre). Le territoire de Dixmont est ainsi le terrain d'affrontements violents entre troupes royales et huguenotes en 1570, pendant la Guerre de religion. Pour éviter d'être pillée par les troupes royales qui s'approvisionnent sur le pays, Dixmont ferme ses portes aux troupes catholiques qui pourchassent les huguenots. Face à cette résistance, la ville est assiégée et prise par la force. Les soldats pillent, brûlent, massacrent et violent les habitants considérés comme « séditieux et rebelles au Roi ». Dixmont est de nouveau champ de bataille au cours de la et dernière guerre de religion en 1589 lorsque le capitaine huguenot François des Essarts, baron de Saultour, ennemi de la Ligue catholique, prend la ville après un siège de cinq jours. Il installe son quartier général au prieuré de l'Enfourchure pour mener des actions en direction de Sens, Villeneuve-sur-Yonne (Villeneuve-le-Roi à l'époque) et Joigny. Après la mort d'Henri III, Henri IV devenu roi nomme un nouveau capitaine pour la garnison de la ville.

L'époque moderne Les Guerres de religion ont causé des pertes et des destructions dont la châtellenie ne se relève pas. Elle est vendue au début du par Louis XIV qui l'échange avec Bénigne Dauvergne de Saint-Mars (officier de confiance du Roi qui gardait l'Homme au Masque de fer) contre ses propriétés aux environs de Versailles. Les habitants se révoltent tout au long du siècle contre les impôts imposés par leurs nouveaux seigneurs, au titre de leurs anciens privilèges et exemptions.

L'époque contemporaine La ville connaît un nouvel essor démographique au grâce à l'exploitation d'une mine de lignite dont il reste des vestiges au lieu-dit La Mine. La population culmine ainsi à son apogée à environ habitants entre 1860 et 1870 avant de décliner progressivement à la fin du et au début du .

La commune paye un lourd tribut pendant la Première Guerre mondiale, obtenant la Croix de guerre 1914-1918. La Seconde Guerre mondiale n'épargne pas non plus son territoire et ses habitants en 1940. La forêt d'Othe y est le territoire d'un important maquis jusqu'en 1944. Le déclin démographique s'accroît jusqu'au début des années 1970 avec un peu plus de cinq cents habitants avant qu'une croissance constante s'opère jusqu'à aujourd'hui.

Héraldique

Politique et administration vignette|right| Dans cette section, on présente les différents maires de la commune de Dixmont de l'après-guerre.

Population et société Démographie

Économie Les activités économiques sont essentiellement agricoles avec de la polyculture et de l'élevage bovin ainsi que l'exploitation forestière de la forêt d'Othe et le travail du bois. On trouve également un artisanat traditionnel..

Lieux et monuments Cette section présente le patrimoine classé monument historique de Dixmont..

L'église Saint-Gervais-et-Saint-Protais

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Inscrite à l'Inventaire des Monuments Historiques., l'église actuelle date du pour les parties les plus anciennes d'art roman, en particulier le portail nord du collatéral avec ses arcs en plein cintre.. Elle est une des cinq églises du Sénonais dont il subsiste des vestiges romans (avec celles de Cerisiers, Pont-sur-Vanne, la basilique Saint-Savinien de Sens et la cathédrale Saint-Étienne de Sens).. Elle est située sur les ruines d'une plus ancienne église du dont il ne subsiste rien. Elle est dédiée à saint Gervais et saint Protais, frères jumeaux romains, martyrs chrétiens du sous le règne de l'empereur Néron.