La famille de Roquefeuil-Blanquefort, anciennement de Pujols de Blanquefort, est une famille subsistante de la noblesse française, d'extraction chevaleresque, originaire de Guyenne, puis à la suite d'une alliance, du Rouergue.

Cette famille est issue, en 1380, de l'union entre Jean de Pujols de Blanquefort et Catherine de Roquefeuil-Anduze fille et héritière d'Arnaud IV de Roquefeuil-Anduze. Elle constitue depuis cette alliance la troisième famille de Roquefeuil, ayant formé plusieurs branches dont subsistent celles de Roquefeuil et du Bousquet, de Roquefeuil-Montpeyroux, de Roquefeuil d'Amber, de Roquefeuil de Bars, de Roquefeuil-La Bessière, et de Roquefeuil-Cahuzac.

Elle compte parmi ses membres de nombreux officiers dont des amiraux et des généraux, deux hommes politiques.

Histoire Origines Les auteurs font remonter les origines prouvées de cette famille au , à la suite du mariage de Jean de Pujols de Blanquefort avec Catherine de Roquefeuil-Anduze.

La Chesnaye-Desbois écrit en 1761 : « La maison de Blanquefort parait originaire du duché de Guyenne où le nom le Blanquefort est connu fort anciennement. La baronnie de Blanquefort est située dans l'Agenois (...) Quant aux terres et château de Blanquefort, ils étaient de tout temps dans la maison de Blanquefort. ». Il ajoute : « Suivant un ancien mémoire sur la maison de Roquefeuil (...) Catherine fille unique et héritière d’Arnaud de Roquefeuil IVème du nom fut mariée à Jean de Blanquefort pour réunir ces deux branches "attendu que ledit Jean descendait d’un cadet de la même maison qui avait pris le nom de Blanquefort de cette seigneurie qui lui avait été donnée par Raymond de Roquefeuil en 1227 (...) mais ce mémoire ne dit point de quel cadet viendrait cette descendance (...)». De fait, les Anduze et les Roquefeuil-Anduze comptaient dans leurs possessions plusieurs fiefs passés aux Pujols et deux châteaux de Blanquefort, l'un situé à proximité d'Arrigas et d'Aumessas (Gard) et l'autre situé sur les contreforts du Causse Méjean (Lozère) et «on trouve un Bernard de Blanquefort, seigneur d’Anduze, dont il est fait mention notamment en un inventaire des titres de la maison d’Albret qui était ès mains de M d'Hozier, juge d’armes de France, lequel Bernard de Blanquefort traita avec le duc d’Aquitaine en l’an 1310 (...) Du reste, on ne trouve nulle preuve de cette substitution de nom, qu'on ne peut soupçonner peut-être que sur des confusions de seigneuries auxquelles il semblerait que quelques doubles mariages auraient pu donner occasion (...) Il y a une généalogie de la maison de Roquefeuil, qui vient jusqu’au seizième siècle dans l’Histoire de la maison de la Tour d’Auvergne, par Justel, habile généalogiste, qui témoigne contre cette substitution, puisqu’il n’en fait nulle mention. Plusieurs autres anciennes généalogies de même qu’on peut le voir aussi dans l’Histoire Générale de Languedoc disent que la seigneurie de Blanquefort était plus de cent ans avant cette époque dans la maison de Roquefeuil d’Anduze, quoiqu'il ne se trouve cependant, on le répète encore ici, aucune preuve existante. »

Jullien de Courcelles écrit en 1822 : « Il existait dès le onzième siècle en Guyenne, une maison de Blanquefort, que quelques généalogistes nomment par corruption de Blancafort, d’après l’orthographe latine de ce nom (...) Cette maison de Blanquefort tirait son nom d’une ancienne baronnie de Médoc qui étendait sa juridiction sur plusieurs paroisses considérables. Leurs descendants paraissent avoir par la suite imposé leur nom à deux autres terres de Blanquefort, situées, l’une à cinq quarts de lieue de l’Isle-en-Jourdain, et l’autre à deux lieues et demie de Fumel en Agénois. ». Jullien de Courcelles donne une généalogie de cette famille de Blanquefort qui remonte à Ayquem-Guillaume seigneur de Blanquefort, nommé dans une charte promulguée en 1079 par Guillaume VIII duc d’Aquitaine, en faveur de l’abbaye de la Sauve-Majeure.

Hippolyte de Barrau, historien du Rouergue, dans Documents historiques et généalogiques sur les familles du Rouergue (1853), écrit que Jean de Pujols, seigneur de Pujols (Lot-et-Garonne) et de Blanquefort, marié en 1381 à Catherine de Roquefeuil était le fils de Hugues IV de Pujols, seigneur de Blanquefort, capitaine de Sauveterre, sénéchal de Périgord de 1360 à 1364 et qui teste en 1390, et de Catherine de Madaillan de Lesparre, dame de Rauzan. Hugues IV de Pujols était le fils de Raimond II de Pujols, qualifié de noble et puissant baron, seigneur de Blanquefort, et d'Hélène de Gourdon. L'ascendance masculine est suivie depuis Hugues de Pujols, qui fut témoin le à l'hommage rendu par Bernard de Durfort au comte Raimond VI de Toulouse, pour son château de Beaucaire (diocèse de Cahors)..

Louis de La Roque, dans le Bulletin de la Société héraldique et généalogique de France (1879), écrit : « Le nom de cette dernière famille se rencontre en Guyenne dès le , mais sa filiation n'est établie régulièrement que depuis le commencement du . Il y avait en Guyenne trois principales seigneuries du nom de Blanquefort : une dans le Médoc, une autre en Agenais et la troisième près de l'Isle-Jourdain. Chacune d'elles a pu donner son nom à une famille et il est difficile de constater quelle est celle qui fut le berceau de la maison de Blanquefort Roquefeuil. »

Henri Jougla de Morenas, dans le Grand Armorial de France (1948), fait débuter la généalogie de cette famille à Jean de Blanquefort, marié en 1393 à Catherine de Roquefeuil-Anduze, héritière de la baronnie de Roquefeuil. Leur fils, Antoine porte le nom de Roquefeuil dès son enfance (Catherine de Roquefeuil institua pour son héritier universel Antoine de Roquefeuil, son fils, à la charge de porter le nom et les armes de Roquefeuil).

La famille est maintenue noble en 1668 et 1701 sur filiation noble prouvée remontant à 1400 et 1417. Régis Valette mentionne une extraction chevaleresque avec une filiation prouvée remontant à 1352Régis Valette, Catalogue de la noblesse française, Éditions Robert Laffont, 2007, page 168., tout comme l'ANF.

Le mariage de Jean de Pujols de Blanquefort et de Catherine de Roquefeuil a lieu le . Selon Fulcran de Roquefeuil, ils avaient obtenu une dispense du Pape pour raison de parenté au quatrième degré le .

Rompant avec toutes les généalogies disponibles sur les Roquefeuil produites, notamment, par les généalogistes et historiographes des ordres du roi, l'historien Michel Vergé-Franceschi écrit, dans Les Officiers généraux de la Marine royale, 1715-1774 (1990), Michel Vergé-Franceschi, Les Officiers généraux de la Marine royale, 1715-1774 : origines, condition, services, tome , FeniXX, 1990, pages 457 (lire en ligne).. Il ajoute : Michel Vergé-Franceschi, Les Officiers généraux de la Marine royale, 1715-1774 : origines, condition, services, tome , FeniXX, 1990, page 459 (lire en ligne)..

Fulcran de Roquefeuil réfute cette extinction en ligne légitime.. En fait, si, Guillaume de Roquefeuil, seigneur de La Bessière puis de Pinet, fils de Jean et de Blanche de Capluc, eut bien un fils naturel, nommé également Guillaume, dit "le cadet del Bruel", dont la descendance existe toujours, et porte le nom de Roquefeuil, sans particule,  il eut d'abord un fils aîné légitime, Pierre, dont descendent les branches de Padiès puis du Bousquet et de Montpeyroux, d'Amber et de Bars. La branche de Roquefeuil-Cahuzac, descend de Tristan, frère cadet de Jean.

Pierre, ayant hérité des biens de son père, sans protestation des enfants de Tristan, ne pouvait être un enfant naturel.

Cependant, au , un descendant de Tristan, Raymond de Roquefeuil, ayant eu connaissance de l’enfant naturel, Guillaume, prè-cité, prétendit que le lieutenant-général des armées navales Aymar Joseph de Roquefeuil, futur vice-amiral de France, et avec qui il avait un différend, en descendait. Chérin, interrogé successivement par les ministres Sartine et Amelot, rédigea un mémoire qui résumait la généalogie des diverses maisons de Roquefeuil. Dans ce mémoire il affirmait la légitimité de l’amiral ainsi d’ailleurs que celle de son cousin RaymondChérin 178..

Le litige fut porté devant le Châtelet de Paris qui, le , donna raison à l’amiral et interdit à Raymond de maintenir ses accusationsAN, Y 1712. Raymond publia deux factums et fit appel. Le vice-amiral étant mort, son fils Innocent-Adrien, publia également un factum et le Parlement de Paris condamna Raymond, le Gazette des tribunaux , 1783().. Raymond tenta de faire casser l’arrêt du Parlement par le Conseil d'État Privé mais son pourvoi fut rejeté et il fut condamné à payer une amende le AN, V6 1122.  

Au En 1465, une révolte de grands seigneurs se forme contre le roi Louis XI qui tente de réduire les prérogatives de la haute noblesse. Les grands seigneurs dont Jean V d'Armagnac forment la Ligue du Bien Public. Louis XI lève une armée et parvient à diviser les ligueurs avec qui il signe plusieurs traités successifs. Ayant pris le parti du comte d'Armagnac, Jean et Antoine durent obtenir des lettres de rémission royales en 1478.

En 1483, Bérenger de Roquefeuil hérite du château de Bonaguil où il entreprend des travaux considérables. Durant plus de trente ans, le château est modernisé pour y intégrer les derniers systèmes de défense militaire requis par l'essor de l'artillerie.

Au Entre 1494 et 1559, les Guerres d'Italie viennent opposer les grandes puissances européennes dont la France, l'Espagne et le Saint-Empire pour le contrôle des riches territoires italiens. Plusieurs Roquefeuil prennent part à ces conflits avec notamment trois fils de Charles et Blanche de Lettes. L'ainé, Jean-Antoine participe à la bataille de Cérisoles avant de rejoindre les combats en Flandres et en Alsace. Il est cité dans la défense de Metz lorsque la ville est vainement assiégée par les troupes de Charles Quint. Il y trouve la mort en lors d'une sortie entreprise par François, duc de Guise. Son frère, Antoine II, est également cité en 1452 dans le Piémont lors de prise de la place forte de Vulpian.

De 1562 à 1598, ont lieu les Guerres de Religion qui opposent les catholiques aux protestants. De nombreux membres de la famille Roquefeuil prennent une part active à ce conflit, parfois dans des camps divergents. Antoine II est impliqué dès 1568 lorsqu'il reçoit le maréchal de Monluc ainsi que toute la noblesse catholique de la province dans son château de Flaugnac. Il avait eu deux enfants Antoine III et Jean-Hector qui prirent position dans les camps opposés. Antoine III pris le parti d'Henri, duc de Guise après que la baronnie de Castelnau-Montratier ait été dévastée par les huguenots. Le , il est nommé chevalier de l'ordre de saint-Michel par Charles IX qui lui écrit : Son frère, Jean-Hector contrairement à ses parents, embrasse la cause des protestants et reçoit plus de 18 blessures durant les combats auxquels il participe. Il perd le bras droit à la bataille de Coutras durant laquelle les troupes d'Henri de Navarre mettent en déroute celles d'Henri III alors commandées par le duc de Joyeuse. Malgré cette fâcheuse affaire, il poursuit sa carrière militaire et son renom lui attira l'amitié d'Henri IV. Ce dernier s'appuya notamment sur Jean-Hector dans la prise de Cahors en qui œuvre pour éviter au mieux le pillage et massacre de la ville. En 1589, il est nommé chevalier de l'ordre de Notre-Dame du Mont Carmel et reçoit en 1593 à Castelnau les États du Quercy. Avec Antoine de Peyrusse, il s'emploie à mettre fin à la guerre civile dans cette localité.

La famille de Roquefeuil compte cinq abbesses au :

Delphine de Roquefeuil (1507 à 1513) abbesse de Nonenque, Vaurie de Roquefeuil (mentionnée en 1520), abbesse de Gorjan, Marguerite de Roquefeuil, (1513 à 1553) abbesse de Nonenque, Louise de Roquefeuil (1553 à 1560) abbesse de Nonenque, Blanche de Roquefeuil (1560 à 1561) abbesse de Nonenque.

Au En 1618, Louis XIII érige la baronnie de Roquefeuil en marquisat en faveur d'Antoine III.