Mercedes Grand Prix (engagée en sous la dénomination commerciale Mercedes-AMG Petronas Formula One Team depuis 2020) est une écurie allemande de , appartenant au constructeur automobile allemand Mercedes-Benz qui a débuté en en tant que constructeur en 1954 sous le nom Daimler-Benz AG avant de se retirer du championnat du monde fin 1955, à la suite d'un accident grave aux 24 Heures du Mans. Mercedes a remporté neuf titres de champion du monde des pilotes en 1954 et 1955 avec Juan Manuel Fangio, en 2014, 2015, 2017, 2018, 2019 et 2020 avec Lewis Hamilton et en 2016 avec Nico Rosberg. L'avance prise par l'écurie allemande au début de l'ère des moteurs turbo-hybrides en 2014 lui a permis de vivre une longue période de domination implacable sur la , faisant de Lewis Hamilton le détenteur des principaux records chez les pilotes. Le surnom Flèches d'Argent des monoplaces de la marque fut tout d'abord conjointement porté avec les bolides d'Auto-Union dans les années 1930 avant de devenir exclusivement celui de Mercedes en compétition.
Trente-huit ans après son retrait de la compétition automobile, Mercedes est revenu en en 1993 en tant que motoriste de l'écurie Sauber, avant de propulser les monoplaces de McLaren à partir de 1995 (dont il est actionnaire jusqu'en 2011), de Force India et de Brawn GP en 2009, s'associant à deux titres mondiaux constructeurs remportés par McLaren en 1998 et par Brawn GP en 2009.
Le groupe allemand a fait son retour en tant que constructeur de châssis en 2010 à la suite du rachat de 75,1 % de l'écurie Brawn GP le , en faisant sortir de sa retraite Michael Schumacher, qui a fait équipe avec Nico Rosberg durant trois saisons avant de laisser sa place à Lewis Hamilton en 2013. Mercedes est parallèlement resté le motoriste de McLaren (jusqu'en 2014) et de Force India, puis celui de Williams en 2014, et de Lotus en 2015.
La Mercedes AMG F1 W05 Hybrid, pilotée en 2014 par Lewis Hamilton et Nico Rosberg, permet à Mercedes de remporter, le 12 octobre 2014, et alors qu'il reste encore trois Grands Prix à disputer, le titre mondial des constructeurs, « pour la première fois en de sport automobile ». L'écurie allemande termine la saison avec un record de onze doublés et seize victoires, Lewis Hamilton remportant le titre chez les pilotes. En 2015, avec la Mercedes AMG F1 W06 Hybrid, Hamilton et Rosberg continuent sur le même rythme et dès la quinzième manche de la saison, le 11 octobre à Sotchi, Mercedes remporte son deuxième titre des constructeurs consécutif. La saison se poursuit sur un nouveau titre mondial pour Lewis Hamilton tandis que son coéquipier est son dauphin au classement pilotes comme en 2014. Mercedes signe par ailleurs de nouveaux records sur une saison de avec douze doublés et trente-deux podiums.
En 2016, Mercedes remporte son troisième titre des constructeurs consécutif, et la Mercedes AMG F1 W07 Hybrid devient la monoplace ayant obtenu le plus grand nombre de victoires (dix-neuf) et de pole positions (vingt), tandis que ses deux pilotes se battent à nouveau jusqu'au bout pour le sacre, Nico Rosberg détrônant finalement Lewis Hamilton pour devenir champion du monde trente-quatre ans après son père Keke.
La Mercedes AMG F1 W08 EQ Power+ avec comme pilotes Lewis Hamilton et Valtteri Bottas est moins dominatrice lors de la saison 2017, luttant pour les deux titres avec les Ferrari, et particulièrement Sebastian Vettel. Mais dans la deuxième partie de ce championnat, Hamilton s'envole au classement, et Mercedes est sacrée pour la quatrième fois consécutive chez les constructeurs dès le Grand Prix des États-Unis à Austin, puis une semaine plus tard du côté des pilotes, le à Mexico avec Lewis Hamilton. En 2018, Mercedes poursuit sa série avec la W09 EQ Power+. Lewis Hamilton, encore à la lutte avec Vettel mais qui se détache irrésistiblement après la pause estivale, remporte son cinquième titre mondial, son quatrième avec l'écurie allemande qui s'adjuge de son côté sa cinquième couronne des constructeurs consécutive.
Les Flèches d'Argent établissent un nouveau record en réalisant cinq doublés dans les cinq premières courses de la saison 2019, avant de remporter leur sixième titre des constructeurs consécutif, dès le Grand Prix du Japon le , à quatre courses de la fin, alors que Lewis Hamilton remporte son sixième titre des pilotes trois semaines plus tard lors du Grand Prix des États-Unis dans une saison où il s'adjuge onze victoires, son coéquipier Valtteri Bottas quatre, et où les deux pilotes signent neuf doublés.
L'ère des moteurs V6 Turbo hybride à double système de récupération d'énergie appartient totalement aux Flèches d'Argent de 2014 à 2020 : elles établissent un record de sept titres constructeurs consécutifs, atteignent sur cette période, lors de la dernière manche du championnat 2020 à Abou Dabi, positions, et en Prix, et réalisent , tandis qu'au volant de la Mercedes-AMG F1 W11 EQ Performance, Lewis Hamilton remporte son septième titre de champion du monde pour égaler le record de Michael Schumacher, ayant par ailleurs dépassé ses ainsi que le nombre de succès avec la même écurie, en totalisant 82 avec Mercedes après le Grand Prix automobile d'Arabie saoudite 2021 où il atteint le chiffre historique de en carrière. Il est toutefois battu par Max Verstappen pour le titre de champion du monde 2021, tandis que son écurie poursuit sa série record avec un huitième titre constructeurs. La réglementation technique change en 2022 avec des voitures à effet de sol et Mercedes rentre dans le rang, laissant le champ libre à Red Bull puis à McLaren.
Historique Avant-guerre
vignette|gauche|Monument en hommage à Rudolf Caracciola et Mercedes à Remagen Mercedes s'illustre très tôt en Grand Prix puisque trois voitures sont engagées lors du Premier Grand Prix de l'histoire automobile, au circuit du Mans en 1906. Toutefois, les années 1930 constituent une période-clé dans l'histoire sportive de la marque par la volonté d'Adolf Hitler de démontrer la supériorité de l'Allemagne, Mercedes-Benz et Auto Union sont ainsi soutenues officiellement par le régime nazi pour se distinguer en course.
En 1934, Manfred von Brauchitsch remporte la première grande épreuve de Mercedes, l'Eifelrennen, au Nürburgring. Comme sa voiture, en livrée nationale blanche, pesait un kilogramme de plus que le poids maximal autorisé, il fait poncer la peinture recouvrant sa Mercedes pour revenir sous le poids. C'est avec une voiture d'une couleur argentée-aluminium qu'il remporte la victoire et lance la légende des Flèches d'Argent. Toutefois, cette histoire est fausse, puisque l'épreuve était disputée selon les règles de la Formule Libre, sans limite de poids.
Dès l'année suivante, Rudolf Caracciola remporte le championnat d'Europe de l'AIACR et récidive en 1937 et 1938. Les voitures allemandes dominent nettement la concurrence (en 1936, Bernd Rosemeyer remporte le championnat pour le compte d'Auto Union) tandis que seul Tazio Nuvolari, sur Alfa Romeo sera en mesure de battre les Mercedes et ce une seule fois (sur le Nürburgring en 1935) jusqu'à l'éclatement de la Seconde Guerre mondiale.
1954-1955 : triomphe avec Fangio vignette|Karl Kling sur la W196, version roues découvertes. vignette|La Mercedes-Benz 300 SLR des 24 Heures du Mans 1955. Après la guerre, il faut attendre 1954 pour qu'Alfred Neubauer, le directeur sportif de Mercedes, engage officiellement son écurie en compétition. Il recrute le champion du monde 1951, Juan Manuel Fangio qui ne tarde pas à se mettre en évidence.
Au Grand Prix de France, troisième manche de la saison 1954 (abstraction faite des 500 miles d'Indianapolis disputés sous la Formule Internationale), Mercedes lance la Mercedes W196, qui se distinguera par une aérodynamique très soignée (à l'inverse des autres , une des versions de la W196 aura même des roues carénées), tandis que sa couleur argentée rappelle les grandes heures des Flèches d'Argent d'avant-guerre.
Les adversaires de Fangio qui espéraient que Mercedes souffre d'un temps d'adaptation, en sont pour leurs frais puisque l'Argentin obtient la pole position et gagne devant son coéquipier Karl Kling après avoir largement survolé l'épreuve (Fangio et Kling étant les seuls à finir dans le même tour). Ainsi, dès sa première apparition en Formule 1, Mercedes gagne un Grand Prix, ce qui est une première dans la discipline.
À Silverstone, dans des conditions qui conviennent mal aux caractéristiques de sa voiture, Fangio termine seulement quatrième, mais au Nürburgring, sur la W196 non carénée, il reprend sa marche triomphale. Son succès est toutefois assombri par la mort lors des essais de son jeune compatriote et protégé Onofre Marimón. Deux nouvelles victoires en Suisse puis en Italie assurent à Fangio un facile deuxième titre mondial.
Malgré une concurrence qui aiguise ses armes, notamment Alberto Ascari au volant de la Lancia D50, première monoplace à moteur porteur V8, Fangio entame la saison 1955 en position de favori. Il débute d'ailleurs l'année par l'une de ses plus fameuses victoires, en Argentine où, sous un soleil de plomb, fort d'une condition physique irréprochable et de son expérience des redoutables carreteras argentines, il parvient à rallier victorieusement l'arrivée en solitaire alors que ses concurrents sont accablés par la chaleur.
Après un abandon sur casse moteur à Monaco, Fangio participe, avec son équipier en Stirling Moss, aux 24 Heures du Mans, au volant de la Mercedes 300 SLR. Fangio est à la lutte avec la Jaguar de Mike Hawthorn lorsque, quelques heures après le départ seulement, une manœuvre brutale d'Hawthorn pour rentrer aux stands provoque un écart de la voiture de Lance Macklin que ne peut éviter Pierre Levegh dont la Mercedes se désintègre et provoque le décès de , dont Levegh lui-même. Quelques heures plus tard, alors que l'équipage Fangio-Moss est en tête de la course, la direction de Mercedes décide de retirer ses voitures de la course.
Amputée de plusieurs manches à la suite du drame des , la saison de se poursuit néanmoins, toujours dominée par Mercedes, sans réelle opposition après le retrait de la Scuderia Lancia (en proie à des difficultés financières et meurtrie par l'accident mortel d'Alberto Ascari à Monza) et compte tenu de la petite forme des Ferrari et Maserati. Fangio s'impose à Zandvoort, termine deuxième à Aintree derrière Moss puis l'emporte à Monza, s'adjugeant du même coup son troisième titre mondial.
À partir de là, Mercedes se retire de la compétition et en tant que constructeur, du championnat du monde de pour une période de . En douze courses, les monoplaces Mercedes ont remporté neuf victoires et signé huit pole positions, neuf meilleurs tours, dix-sept podiums et cinq doublés.
1993 à 2009 : motoriste
vignette|gauche|Le moteur Mercedes-Benz M119 de la Sauber C11 d'Endurance. vignette|La Sauber C13, monoplace avec laquelle Mercedes revient en en tant que motoriste. vignette|La MP4-13, monoplace ayant amené Mika Häkkinen et McLaren-Mercedes au titre mondial en 1998. vignette|Le moteur Mercedes-Benz FO110J de la McLaren MP4-15 utilisé en en 2000. vignette|La Brawn BGP 001 ayant conduit Jenson Button et Brawn-Mercedes au titre mondial en 2009. En 1993, Mercedes-Benz rachète 10 % d'Ilmor, une entreprise fondée en 1984 par deux anciens ingénieurs de chez Cosworth, Mario Illien et Paul Morgan. À l'origine spécialisée dans la conception de moteurs destinés au championnat CART, Ilmor s'est lancé en à partir 1991 avec l'écurie March Leyton-House puis Tyrrell en 1992.
En 1993, Ilmor développe un bloc V10 à 72° de (Ilmor Type 2175 A) pour équiper l'écurie Sauber, partenaire de longue date de Mercedes en Endurance. Si le moteur est dénommé Ilmor, les monoplaces arborent déjà un logo « Concept by Mercedes » sur leur coque.