Vérossaz est une commune suisse du canton du Valais située dans le district de Saint-Maurice.

Géographie La commune se trouve dans le Chablais valaisan, sur un plateau au-dessus de Saint-Maurice. Elle est constituée des hameaux des Haussex (son noyau principal), des Bassex, de La Doey, de Chavanne et de Vésenaud.

D'une superficie de , son territoire s'étend notamment jusqu'à la dent de Valerette ( d'altitude) et à la Cime de l'Est ( d'altitude) des Dents du Midi. Lors du relevé de , les surfaces d'habitations et d'infrastructures représentaient de sa superficie, les surfaces agricoles , les surfaces boisées et les surfaces improductives .

Toponymie Le nom de la commune dérive du substantif francoprovençal verossa, warossa ou ourossa, lui-même vraisemblablement d'origine gauloise. Il signifie aulne de montagne. La première occurrence attestée dans un texte, Verolsa, remonte à 1046.

Le z final ne sert qu'à marquer le paroxytonisme et ne se prononce pas.

La commune se nomme Vèroffa en patois valaisan.

Histoire L’histoire de Vérossaz est restée très mal connue jusqu’à récemment, reposant essentiellement sur deux notices historiques réalisées l’une en 1922 par le chanoine Paul Gaist, curé de Vérossaz, et l’autre en 1933 par Jules-Bernard BertrandGaist, Paul, « Notice historique sur Vérossaz », dans Annales Valaisannes, 1922, et Bertrand, Jules-Bernard, « Légendes, contes, traits de mœurs de la région de Vérossaz », dans Cahiers valaisans de folklore, 25, 1933, .. Elle s’est quelque peu étoffée depuis la fin des années 1990 grâce à la publication de deux livres (Vérossaz mon villageCoutaz, Marcel et Gex, Roland, Vérossaz, mon village, Saint-Maurice, 1997. et Vérossaz, ma paroisseVérossaz, ma paroisse, ouvrage collectif publié à l’occasion du de la paroisse, éd. par la Paroisse Sainte-Marguerite, Vérossaz, 1997.) et un mémoire de licence universitaire (Le territoire de Vérossaz à la fin du Moyen ÂgeBarman, Léonard, Le territoire de Vérossaz à la fin du Moyen Âge, Mémoire de Licence, Université de Lausanne, 2003.). À l'occasion des festivités accompagnant le bicentenaire de l'indépendance de la commune en 2022, un ouvrage retraçant l'histoire de Vérossaz est publiéArnaud Meillan et Christine Payot (dir.), Vérossaz, de la communauté médiévale à la commune d'aujourd'hui (),Martigny, 2022..

Origines et peuplement

La tradition a longtemps voulu faire remonter les origines du peuplement de Vérossaz aux périodes les plus anciennes de l’Âge du bronze et de l’époque celtiqueFournier, Denis, « La pierre druidique de Vérossaz », dans Cahiers valaisans de folklore, 32, 1935, et Franc, Léon, Notice sur un celt découvert à Vérossaz et nouvelles preuve de l’indigénat des Celtes dans le Bas-Valais, Fribourg, 1881, ., mais l’étude des divers témoignages ne permet malheureusement pas de faire remonter l’occupation du plateau de Vérossaz à la Préhistoire, ni même à l’Antiquité, malgré la proximité en plaine des sites de Tranaiae (Massongex) et Acaunum (Saint-Maurice). La seule certitude liée à ces époques très anciennes est l’origine celtique du nom Vérossaz désignant un lieu planté de vernesBarman, Léonard, « Notice sur les témoignages relatifs au passé préhistorique de Vérossaz », dans Véross’info, , 2005. Pour les significations du nom respectivement Kristol, Andrès, Dictionnaire toponymique des communes suisses, Neuchatel 2005..

Une autre tradition locale place les plus anciens villages de Vérossaz à l’écart des hameaux actuels, aux lieux-dits de Vers-chez-Borré et au Châble sans autres précisions d’ordre chronologiqueBERTRAND, Jules-Bernard, « Légendes, contes, traits de mœurs de la région de Vérossaz », dans Cahiers valaisans de folklore, 25, 1933, .. L’étude des documents d’archives permet de nuancer et préciser la question de l’histoire de l’occupation et de l’organisation de l’habitat à Vérossaz. Le peuplement du plateau de Vérossaz est à mettre en relation avec le grand essor des campagnes médiévales aux alentours de l’An Mil et les plus anciens habitants s’y installèrent durant la première moitié du (la plus ancienne mention du nom Vérossaz date de 1046 sous la forme Verolsa)Barman, Léonard, Le territoire de Vérossaz à la fin du Moyen Âge, Mémoire de Licence, Université de Lausanne, 2003, ; du même auteur voir « L’habitat de Vérossaz au Moyen Âge », dans Véross’info, , 2005 et « Notice sur les pâturages de Vérossaz au Moyen Âge (s), dans Véross’info, -28, 2009 ; voir aussi Hausmann, Germain, « La constitution du patrimoine de Saint-Maurice. 515-1128 », dans Vallesia, LIV, 1999, .. S’il est encore difficile de préciser la chronologie de l’occupation du plateau de Vérossaz, il est possible d’en dessiner les principaux contours à partir du . Trois villages se situaient aux Hautsex, aux Bassex et à La Doey, ailleurs l’habitat était des plus dispersés (Chavannes, Vésenaud, Chétillon, le Chable, …) avant l’épidémie de peste noire qui touche la communauté en 1349. La forte mortalitéDubuis, Pierre, Le jeu de la vie et de la mort. La population du Valais (s), Lausanne, Cahiers lausannois d’histoire médiévale, , 1994. a probablement dépeuplé certains hameaux ce qui a conduit à un resserrement de l’habitat à la fin du Moyen Âge et à l’abandon de certains lieux anciennement habités, dont la région du Châble et de ChétillionBarman, Léonard, « La population de Vérossaz aux », dans Véross’info, , 2006..

Organisation

Seigneuries au Moyen Âge

Comme Vérossaz n’était pas habité avant le , son territoire passa apparemment sans encombre sous l’autorité des différentes monarchies qui régnèrent sur le Chablais après la chute de l’Empire romain sans qu’on puisse en dire plus (royaume des Burgondes, royaumes mérovingiens, empire carolingien, second royaume de Bourgogne). Avec la fin du royaume de Bourgogne en 1032, il y avait principalement deux seigneurs qui se partageaient l’autorité sur Vérossaz : le comte de Savoie et l’abbé de Saint-Maurice et on peut dessiner précisément les droits de chacun à partir du . Le comte, puis duc de Savoie, seigneur de la terre et des hommes, était la principale autorité à qui les gens de Vérossaz reconnaissaient devoir par année des rentes en espèce et en nature détaillées dans les reconnaissances générales, ainsi que la chevauchée sous la bannière de Saint-MauriceBarman, Léonard, « La communauté médiévale de Vérossaz », dans Véross’info, , 2006, « Familles de Vérossaz (fin -début s), dans Véross’info , 25 et 26, 2008 et « Notice sur les pâturages de Vérossaz au Moyen Âge (s), dans Véross’info, -28, 2009.. Son représentant local, le châtelain de Saint-Maurice, jugeait les hommes, faisaient payer les amendes et emprisonnait si nécessaireVoir les archives communales de Vérossaz et Saint-Maurice, ainsi que les archives de Turin conservant les archives de la maison de Savoie dont les comptes des châtellenies médiévales.. L’Abbaye de Saint-Maurice possédait également des droits étendus à Vérossaz (dont la dîme) et quatre de ses dignitaires y jouaient un rôle important. L’abbé était le seigneur des hommes des Hautsex et des Bassex et possédait un large patrimoine foncier, le sacristain percevait des rentes sur de nombreuses terres du Plateau, l'aumônier tenait de nombreux biens dans le "fief de La Doey" et le « recteur de la grange de Vérossaz » y gérait un domaine. D’autres nobles et institutions possédaient à certaines époques des droits sur Vérossaz, mais le manque d’études sur ces seigneuries de moindre importance ne permet que de les citer sans pouvoir être plus précis en l’état des connaissances : le chevalier Pierre de Pontvert de Villeneuve et Rodolphe de Cor de Villeneuve également (jusqu’à la fin du ), la famille de Quartéry de Saint-Maurice et l’hôpital de Saint-Maurice (début du ) et les bourgeois de Saint-Maurice (grâce aux franchises de 1332 et 1411)Barman, Léonard, Le territoire de Vérossaz à la fin du Moyen Âge, Mémoire de Licence, Université de Lausanne, 2003, et 92..

La communauté médiévale

À la fin du , comme ailleurs en Valais, apparaît à Vérossaz une « communauté » rurale (première mention en 1296Archives de l'Abbaye de Saint-Maurice, AASM Charles 22/1/1.) ayant pour but d’organiser les activités économiques et défendre les intérêts de tous face aux seigneurs et face aux autres communautés. Cette communauté donne aux gens du village (communiers) une certaine autonomie notamment par l’élection annuelle des procureurs (ou syndics, généralement au nombre de deux) et autres représentantsDubuis, Pierre, Une économie alpine à la fin du Moyen Âge. Orsières, l’Entremont et les régions voisines, 1250-1500, 2 vol., Sion, 1990, , et « La « préhistoire » des communautés rurales dans le Valais médiéval (s) », dans Liberté et libertés. centenaire de la charte des franchises d’Aoste. Actes du colloque international, 20 et 21 septembre 1991, Aoste, 1993, .. À la fin du Moyen Âge et au début du , la « communauté des hommes de Vérossaz » apparaît principalement lors de litiges avec ses voisines de Saint-Maurice, Mex, Daviaz, Choëx et Monthey, contre certains individus peu scrupuleux, lors du contrôle des chemins et des limites et lorsque la communauté veut obtenir une certaine autonomie religieuseBarman, Léonard, Le territoire de Vérossaz à la fin du Moyen Âge, Mémoire de Licence, Université de Lausanne, 2003, et 92-95 ; « La communauté médiévale de Vérossaz », dans Véross’info, , 2006 ; . Si l’unité de la communauté est indéniable, il existait une nette séparation entre les hommes du comte de Savoie et les hommes de l’abbé de Saint-Maurice. En effet, ces derniers étant beaucoup moins taxés que les gens du comte, surtout en ce qui concerne les charges militaires, de nombreuses tensions existaient entre les deux parties de la communauté.

Révolution et commune moderne