Les vestiges de céramique étrusque nous sont principalement parvenus par les chambres funéraires mises au jour. La plus grande partie est constituée de poteries décorées, destinées à accompagner le défunt dans l'au-delà. Quelques objets particuliers, comme les canopes de Chiusi, montrent leur maîtrise dans la représentation de la figure humaine et la liberté de déformation des corps à des fins d'expressivité suivant les principes de l'esthétique étrusque.
La céramique étrusque, au milieu du , se caractérisait par des argiles grossières, des pots faits à la main et grossièrement cuits. Le matériau utilisé, jusqu'au , était exclusivement l'impasto. La connaissance des procédés utilisés dans la céramique grecque antique, vraisemblablement grâce à des artisans immigrés, a introduit une meilleure purification des matières premières, l'utilisation du tour rapide et le contrôle de la cuisson. Les importations grecques abondantes ont été imitées ou adaptées avec les formes métalliques et les motifs décoratifs orientaux. Dans le même temps, les anciennes traditions se sont maintenues et les céramiques produites sur le territoire étrusque en sont venues à couvrir une gamme très variée de niveaux de qualité.
Les produits à fond clair (en raison de la couleur de l'argile ou de la présence d'ingubbio) se distinguent de ceux à fond sombre du type bucchero, dont l'apogée se situe entre le deuxième quart du , et dans lequel la peinture est à peine présente et la décoration est donnée par des reliefs et des gravures.
thumb|Impasto.|alt= thumb|Bucchero.|alt= thumb|Céramique dorée.|alt= La céramique était largement utilisée par les Étrusques dans les usages domestiques mais également pour les décorations des toits, (acrotères et antéfixes), et même pour les sarcophages figurés (sarcophage des Époux). Quelques objets votifs en terre cuite ont également été retrouvés.
Histoire La première poterie étrusque peinte avec un fond clair est la poterie étrusque-géométrique. Après la domination du marché par la poterie corinthienne, puis par la céramique à figures noires attique, la poterie étrusque-corinthienne se développe vers 630 av. J.-C. et, juste avant le milieu du , la poterie étrusque à figures noires. Deux classes de céramiques compactes et de qualité supérieure appartiennent à la période des figures noires, dont la localisation est discutée mais qui sont plus proprement classées comme grecques : la poterie chalcidienne, maintenant majoritairement localisée dans la région de Rhêgion, et les hydries de Caeré, produites par le seul atelier à être certainement situé en Étrurie, mais dirigé par des céramistes gréco-orientaux. Le groupe Campana et le groupe Northampton ont également été classés parmi les céramiques fabriquées en Étrurie et considérés comme des produits d'artisans immigrés gréco-orientaux. La production des figures noires étrusques se terminent au milieu du lorsque la céramographie locale vire aux figures rouges. La technique des figures rouges, en terre étrusque, a survécu pendant un certain temps.
Les produits étrusques étaient exportés vers la Campanie. Des produits étrusco-corinthiens ont été trouvés dans les territoires carthaginois et dans les colonies grecques occidentales. Le bucchero était largement exporté, notamment sous forme de kantharos, des colonies siciliennes à la Grèce et vers la mer Égée.
Techniques La céramologie étrusque confirme l'importance et l'ampleur des productions d'artéfacts confectionnés à base d' argile cuite. la production de l'impasto et celle du bucchero nero constituent les deux principales formes de manufacturation par cuisson. L'industrie et le commerce des céramiques se révèle être l'une des pierres angulaires de l'économie étrusque. En raison de la multiplicité des contacts culturels et/ou commerciaux à l'âge du fer, ce type d'artisanat de la poterie, caractéristique de la production de l'Étrurie et , procède et manifeste de nombreuses influences, telles que celles de la Grande Grèce, de la culture post-campaniforme issue et spécifique aux peuples osco-ombriens dont la tribu italique des ausones, de la celtique, mais également provenant de la culture gréco-corinthienne.
Les céramiques se révèlent notamment par la production d'artefact . Ces objets possèdent une pâte homogène (autrement : dont la teneur de chacun des composants est répartie de manière égale), à grain fin et généralement de couleur beige. Ce type de produit apparaît essentiellement sous forme de (vase), d'assiette et d'œnochoé.. Les ateliers de céramique étrusques manufacturent également des pièces à , principalement des œnochoés et des cratères. Leur pâte est plutôt tendre, à chromatique beige claire, parfois nuancée de rose. La méthode de fabrication s'appuie notamment sur la technique dite en bucchero nero. Ce genre d'objet fait régulièrement l'objet de sculptures ou de motifs « par incision », procédé effectué au moyen d'une spatule incurvée.
Les céramiques
vignette|upright|Impasto noire à figure d'animaux incisées (amphore).
L' est fabriqué dès la période villanovienne (environ ). Ce type de céramique est composée d'une argile grossière, sa surface est brillante, et elle possède une couleur variant généralement du rouge au brun. Les motifs, effectués par « incise » ou en relief, sont essentiellement géométriques, quoique parfois agrémentés de représentations d'animaux ou de personnages allégoriques..
En raison de la nature granuleuse plutôt grossière de l'argile mise en œuvre, la conception de ces céramiques s'opère sans tour de potier. Ce procédé, le tournage de poterie, est adopté par les Étrusques grâce à l'augmentation de leurs échanges avec les colonies grecques d'Italie du Sud (les Eubéens de Grande Grèce).. du sud de l'Étrurie, vers le ..
Les céramiques Avec le bucchero et la diffusion des céramiques peintes à fond clair, les céramiques à empâtement deviennent de plus en plus, rétrospectivement, un élément pour comprendre l'assimilation, aux niveaux les plus bas de la production, des éléments importés, au moins jusqu'à au troisième quart du . Il se développe au grâce à un processus d'amélioration de la technique de purification et d'oxydation. Les premiers exemples de bucchero sont apparus à Caere, dans le sud de l'Étrurie.. Concernant le mode de fabrication des œnochoés étrusques en bucchero découvertes à Tarquinia, datant de l'époque archaïque et conservées au Musée du Louvre, l'historien Christian Villard effectue l'analyse suivante :
Les terracottas
Principales périodes Céramique à fond sombre D'abord en argile d'origine alluviale (de torrent ou de rivière), les vases étrusques des de la culture de Villanova sont dits « à impasto » ; ils sont assez grossiers car l'hétérogénéité du matériau de base rend irrégulière la cuisson. Les poteries à impasto peuvent être finies par un revêtement d'engobe avant d'être polies à l'aide d'une spatule de bois. On trouve également des décors gravés ou estampés ainsi que des inclusions géométriques de bandes d'étain, appliquées après cuisson (décor a lamelle)Source : Museo Archeologico e d’Arte della Maremma.
Au , la poterie céramique impasto, utilisée à des fins domestiques ou funéraires, couvre une série limitée de formes et est ornée de gravures ou de gaufrages d'éléments de style géométrique. Au , en correspondance avec les innovations socio-économiques qui sont venues modifier la structure des populations villanoviennes, la céramique impasto se présente sous de nouvelles formes, fonctions et décorations provenant en grande partie de la production métallique contemporaine.
Période archaïque : céramique à fond sombre Le bucchero de la première moitié du utilise les mêmes moyens techniques, à partir d'une argile lisse noircie dans la masse par fumigation au cours d'une cuisson en réduction complète. Avec la formation du bucchero et la diffusion des céramiques peintes à fond clair, les céramiques à empâtement deviennent de plus en plus, rétrospectivement, un élément pour comprendre l'assimilation, aux niveaux les plus bas de la production, des éléments importés, au moins jusqu'à au troisième quart du .
Cette production débuta comme une imitation peu couteuse des formes propres au récipients en métal (argent, or ou bronze). Les ateliers produisant du bucchero se retrouvent dans tous les centres importants d'Étrurie, les principaux se situant à Vulci, Cerveteri, Chiusi et Orvieto, tandis que des ateliers de moindre importance existaient par exemple à Roselle ou Vetulonia.
Céramique étrusque-géométrique Les céramiques étrusque-géométriques sont une catégorie de céramique peinte, née pour imiter les objets grecs, qui se répand en Étrurie à partir de la première moitié du Les premiers contacts des Grecs avec l'Occident sont devenus réguliers à partir du et sont attestés par quelques coupes d'époque protogéométrique trouvées à Veio et Ischia (l'antique Pithecusa) ; la deuxième colonisation grecque suivit, et l'une des conséquences de ces contacts fut les « céramiques italo-géométriques », terme qui désigne proprement les objets en céramique créés en Italie et en Sicile en dehors des colonies grecques et dont la décoration semble s'inscrire dans la lignée des styles géométriques. Le premier exemple de ce style a été trouvé en Étrurie, à Veio, Vulci et Tarquinia. La définition de la céramique étrusque-géométrique a été inventée pour ces produits, faisant référence à la production de vases en Étrurie, de style géométrique, entre le troisième quart du et la première moitié du ., période où l'on retrouve un style subgéométrique désormais mêlé d'influences orientales. Ces produits, que l'on ne distingue parfois des produits grecs que par l'argile, présentent un décor de type euboïque, tandis que certaines formes sont typiquement indigènes comme l'amphore biconique. Ces ouvrages sont faits en argile dépurée et travaillée au tour, puis peints avec des motifs décoratifs faits de bandes horizontales, de motifs en damiers et de losanges, de carrés à métopes où sont renfermés des figures, telles que des oiseaux et des chevauxCommune di Roma, Les musées capitolins, guide, p. 104..
Céramique orientalisante La technique qui suit, dite « à glaise brute », permet la mise au point, par décantation dans l'eau, d'un matériau de base plus fin. Travaillé au tour et cuit à environ , elle permet d'obtenir des objets plus précieux et plus délicats. Le développement de cette technique doit beaucoup à l'intensification des échanges avec le monde grec et à l'arrivée d'artisans potiers dans les implantations grecques d'Étrurie du sud. Cette technique se développa parallèlement à la technique traditionnelle de l'impasto.