400px|thumb|right|Pays participant au programme et/ou au partenariat Forest Carbon Partnership Facility. vignette|Déforestation d'une forêt atlantique à Rio de Janeiro afin d'extraire de l'argile destiné à la construction du quartier de Barra da Tijuca (2009). Un exemple d'espace non-géré.

La gestion durable des forêts ou l'aménagement écosystémique des forêts est un mode de sylviculture à tendance écologique qui fixe des critères, indicateursIGN Inventaire forestiers (2015), Les indicateurs de gestion durable des forêts françaises : Édition 2015 ; et présentation et objectifs sociaux et environnementaux, en plus des objectifs économiques à la gestion forestière. Elle vise le maintien ou une gestion restauratoire de la biodiversité à de multiples échellesLindenmayer DB, Franklin JF (2002) Conserving Forest Biodiversity: A Comprehensive Multiscaled Approach (Island Press, Washington, DC)., pour une viabilité ou une meilleure résilience écologique de l'ensemble des écosystèmes forestiersKoskela, J., Buck, A. and Teissier du Cros, E., editors. 2007. Climate change and forest genetic diversity:Implications for sustainable forest management in Europe. Bioversity International, Rome, Italy. 111 pp tout en répondant aux besoins socio-économiques d'utilisation des ressources naturelles forestières, du bois, de la faune, de la flore, des fungis ou des aménités environnementales.

Elle vise aussi à introduire une gestion plus « adaptative »Hulme, P.E. 2005. Adapting to climate change : is there scope for ecological management in the face of a global threat ? Journal of Applied Ecology, 42: 784–794.Kellomäki, S., Peltola, H., Bauwens, B., Dekker, M., Mohren, F., Badeck, F.-W. et al. 2005. European mitigation and adaptation potentials : Conclusions and recommendations. pp. 401–427, in: S. Kellomäki and S. Leinonen (editors). Management of European forests under changing climatic conditions. Final Report of the Project Silvicultural Response Strategies to Climatic Change in Management of European Forests funded by the European Union under Contract EVK2-2000-00723 (SilviStrat). University of Joensuu, Faculty of Forestry, Joensuu, Finland., favorisant la résilience des milieux dans le contexte incertain du réchauffement climatiqueKräuchi, N. (1993), Climate change and forest ecosystems - an overview. pp. 53–76, in: R. Schlaepfer (editor). Long-term implications of climate change and air pollution on forest ecosystems. Progress report of the IUFRO Task Force on Forest, Climate Change and Air Pollution. Published as IUFRO World Series Vol. 4. IUFRO, Vienna Austria, and WSL, Birmensdorf, Switzerland. 132 p croisé avec celui d'une crise de la biodiversité révélée au sommet de la Terre de Rio en qui a produit une déclaration de principes pour la forêt (« texte fondateur »)ONU (Rio, 1992), Principes de gestion des forêts ; Textes fondateurs de la Déclaration de Rio sur l'environnement et le développement : ou « Déclaration sur la forêt », PDF, 18 pages.

Une controverse existe depuis les années 1990 d'une part sur la définition précise de l'aménagement durable des forêtsRessources naturelles, Québec, Aménagement durable des forêts, Gouvernement du Québec, 2003-2012, consulté 2013-01-09Catinot (R.) L'Aménagement durable des forêts denses tropicales humides ; Contribution de l'Association technique internationale des bois tropicaux. Paris : Éditions Scytale, 1997. - XI-100 p. .CBFP (Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo), L’aménagement durable des forêts, consulté 2013-01-09 ou de la « gestion durable »Rice R., Sugal С, Ratay S. et da Fonseca G. (2001), Sustainable forest management : A review of conventional wisdom, Advances in Biodiversity Science, Washington (dc), CABS/Conservation International. et d'autre part sur la crédibilité des critères de certification (notamment concernant la traçabilité ou vérifiabilité). Cette controverse est principalement portée par de grandes ONG telles que Greenpeace, Les Amis de la Terre, le WWF et l'Institut WorldwatchWorldwatch Institute, L'écocertification forestière épinglée !, Actualités 06-11-2008, et Karen Charman, Quel profil pour les forêts de demain consulté 2013-01-09. Certains auteurs estiment que le succès limité de ce type d'aménagement en zones tropicales amène à rechercher d'autres mécanismes visant à préserver la biodiversitéNiesten Eduard, Rice Richard (2004), Gestion durable des forêts et incitations directes à la conservation de la biodiversité In: Tiers-Monde. 2004, tome 45 n°177. pp. 129-152, doi : 10.3406/tiers.2004.5451, consulté 2013-01-09.

Définition thumb|Forêt de Kamikochi (non exploitée), à l'ouest de la préfecture de Nagano au Japon. La gestion durable implique des aires forestières protégées pour des raisons culturelles, sociales, de biodiversité ou comme forêts de protection (ici, contre le risque d'éboulement et glissement de terrain exacerbé par la sismicité régionale)|alt=

Une définition de la gestion durable des forêts a été proposée par la « Conférence ministérielle sur la protection des forêts en Europe » en 1993, et a depuis été adoptée par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (ONUAA ou FAO en anglais) :

Cette définition fut reprise in extenso dans le code forestier français de 2001 jusqu’en 2014 (art. L. 1 puis art. L. 121-4). Par la suite la gestion durable des bois et forêts français sont définis à la fois par cinq grands objectifs d'intérêt général (art. L. 112-1 du code forestier ; titre I, chapitre I « Principes généraux ») et plus précisément par une liste de principes de gestion durable à respecter (art. L. 121-1 du code forestier ; titre II « Politique forestière et gestion durable »).

En 2004, le Forum des Nations unies sur les forêts (FNUF) (EcoSoC, 2004) identifiait 7 éléments thématiques communs aux systèmes dits de gestion forestière durable:

et précisait :

. Il s'agit du principe de « multifonctionnalité » qui se rajoute à celui de « durabilité », guidant à eux deux la gestion des forêts notamment européennes.

Le code forestier français a inscrit le principe de multifonctionnalité à plusieurs reprises dans ses articles (dont l'art. L. 122-2).

Contenu La notion de « gestion durable des forêts » regroupe habituellement les opérations effectuées pour administrer et exploiter les forêts de manière qu'elles remplissent durablement certaines fonctions écologiques, économiques et sociales pertinentes (multifonctionnalité). Toutes les définitions de ce concept sous-entendent que les forêts ainsi gérées font l'objet d'interventions humaines périodiques ou permanentes au moins dans une partie des massifs (il peut exister de réserves biologiques intégrales - RBI, comme dans certains massifs français gérés par l'Office national des forêts).

Certaines ONG dont WWF, Les Amis de la Terre, Greenpeace et France Nature Environnement demandent également que parallèlement aux forêts exploitées, un réseau de forêts primaires soit protégé des coupes et de la gestion sylvicole, et qu'ailleurs une restauration « qualitative » des forêts soit prise en compte, au-delà de seuls critères quantitatifs. La biodiversité est l'une des préoccupations, enjeu majeur concernant les services écosystémiques, parfois traduit (au Canada par exemple) par l'identification de forêts de haute valeur pour la conservation ou FHVCCommission régionale sur les ressources naturelles et le territoire de Lanaudière (2011). Forêts de Haute Valeur pour la Conservation (FHVC) ; mars 2012, PDF, 56 pages.

Histoire et origines Cette gestion durable puise ses origines lointaines dans la dont les premières lois sont édictées à Ur. en 2700 av. J.C.

Élaborée au Sommet de la Terre, à Rio de Janeiro en 1992, la gestion durable des forêts (ou aménagement durable des forêts - ADF) s'inspire du concept de développement durable, largement répandu par le Rapport Brundtland de la Commission des Nations unies sur l'environnement et le développement (1987). Cependant lors de cette conférence, les États n'ont pas réussi à s'entendre pour la signature d'une convention sur la forêt. C'est pourquoi la forêt n'a fait que l'objet d'une déclaration à valeur juridique et opérationnelle.La déclaration de Rio sur les forêts regroupe des vœux et des recommandations internationales pour une gestion durable des forêts. Cependant la convention sur la biodiversité contient des principes d'application théoriquement obligatoire, dont certains concernent la forêt, et devraient inclure la biodiversité de la faune du sol, souvent oubliée car peu visible, mais néanmoins vitale pour les processus de sylvigenèse, naturalité et de formation et d'entretien des dimensions « fractales » du sol et en particulier des humus forestiersPonge, J. F. (2011) Dossier Biodiversité animale du sol et gestion forestière, PDF, 8 p)..

Des critères et indicateurs (C&I) ont depuis été développés pour évaluer et parfois mesurer et certifier, de manière plus ou moins crédible et indépendante les progrès vers une gestion durable, au niveau des États, et d'instituts de gestion, souvent avec certains propriétaires, gestionnaires et ONG environnementales.

Gestionnaires Une partie des institutions sylvicoles ont mis en place diverses formes (principes et critères) de gestion dites durable ou soutenable de la forêt. Ils s'appuient sur une large gamme de labels, méthodes et outils, relativement éprouvés pour certains (mis en place au milieu des années 1990, et pour d'autres (plusieurs dizaines) plus expérimentaux ou encore sujets à caution.Par exemple, le FSC (Forest Stewardship Council) a été créé sur la base de la Conférence de Rio () et des conventions internationales, déclinés pour la forêt via des « principes et critères » établis par un collège composé pour 1/3 d'associatifs, 1/3 d'associations de protection de la nature et 1/3 de socioprofessionnels de la filière, sous l'égide du WWFPortail du FSC ; Peu après, le PEFC (Pan European Forest Certification, ensuite renommé Programme de Reconnaissance des Certifications Forestières) a été créé. Il dispose en France depuis 1999, d'un programme de certifications régionales, basé sur l'ISO 14 000 et des engagements de gestion durable par ses adhérents, selon ses recommandations régionales eux-mêmes inspirées de recommandations et standards nationaux, paneuropéens et depuis peu internationauxPEFC France. En France, environ 1/4 de la forêt privée serait certifié ou en cours de certification, et 78 % de la forêt publique française est certifiée PEFC ; ce taux regroupe les forêts domaniales, certifiées PEFC à 100 %, ainsi que les forêts communales. L'ONF a en outre développé un Label Forêt d'Exception®ONF Présentation du label Forêt d'Exception® , février 2012

Critères et indicateurs vignette|Divers travaux de recherches ont permis de montrer l’importance du maintien du bois mort pour la biodiversité des forêts, et notamment pour le développement des champignons, des coléoptères, mais aussi des mousses et des chauves-souris... En France, depuis 2005, le relevé du volume de bois mort est d'ailleurs devenu un indicateur dans les inventaires nationaux (sur la photo, chandelle de sapin dans la réserve intégrale de Lure, Alpes-de-Haute-Provence). Les « principes, critères et indicateurs » sont des instruments politiques et techniques de plus en plus utilisés par des États, collectivités, ONG (rapports locaux ou nationaux) et filières socioprofessionnelles voulant évaluer l'implémentation de la gestion durable des forêts ou mesurer les progrès à faire.

Ces « critères » doivent donc caractériser et/ou définir les enjeux et facteurs essentiels, les conditions ou processus nécessaires à l'évaluation de l'aménagement forestier durable ou soutenable.