La civilisation étrusque a produit des monnaies, étudiées par l'archéologie et la numismatique depuis l'époque de la Renaissance.

Histoire La Renaissance a vu la redécouverte de la civilisation étrusque et depuis cette période la monnaie étrusque a fait l'objet de diverses études mais les descriptions des monnaies et les attributions n'ont pas permis d'élaborer une véritable synthèse sur la question du système monétaire de cette civilisation, tandis que depuis la fin du , de nombreux chercheurs explorent cette problématique.

Le fondateur de la numismatique moderne du monde classique, le jésuite Joseph Hilarius EckhelEckhel : Doctrina..., a identifié la monnaie de Populonia, puis celle de Volaterrae, mais a amplifié la confusion générale en attribuant le statère d'or de Koson à la monnaie de CosaEckhel : Doctrina... 23 et les monnaies de l'Élide (avec les lettres F-A dans le champ) aux Falisques.

James MillingenMillingen : Considérations..., 162-166a identifié les émissions étrusques d'æs grave comme parallèles à celles de la monnaie ombrienne et romaine, mais a considéré comme archaïques les premières émissions à la frappe au marteau de Populonia sur la base de considérations stylistiques et des modèles utilisés. Il admettait que la ville ait été fondée par des colons provenant de Phocée en Ionie, et que les monnaies en or comme la protomé léonine fussent d'origine phocéenneibidem, 164.

Francesco CarelliCarelli : Nummorum a catalogué correctement les monnaies de Populonia mais a attribué celles en bronze de Vetulonia à la ville de Télamon.

Sur le travail concernant l'histoire de la monnaie romaine, Theodor MommsenMommsen : Die Geschichte... partant d’exemples de monnaies frappées du temps de Solon à Athènes, a fait une analyse métrologique sur le sujet et a daté la production de la monnaie de Populonia comme remontant au début de la moitié du :

Gian Francesco GamurriniGian Francesco Gamurrini, Le monete d'oro etrusche e principalmente di Populoniaìì, Firenze, 1874. Gamurrini était le Conservateur des antiquités des Galeries à Florence. a écrit une étude sur le matériel alors disponible ; il a suivi la datation de Mommsen mais a noté des similitudes entre la litrae de Populonia et la monnaie de Syracuse concernant les monnaies en argent et a mis en évidence les similitudes entre les signes de valeur entre les monnaies en bronze étrusques et romaines. Il a été le premier à publier les contenus du trésor avec les types de Volterra (IGCH 1875)Thompson et al. : Inventory... ainsi que d'autres découvertes.

Wilhelm Paul CorssenÜber die Sprache der Etrusker, 1876 a interprété correctement la majeure partie des monnaies étrusques dans leur attribution généralement admise. Wilhelm DeeckeDeecke :Etruskische Forschungen, Heft II. 1876. a catalogué les diverses émissions monétaires étrusques à partir majoritairement des pièces disponibles à Florence, Londres et Paris en leur attribuant une datation traditionnelle avec l'annotation d'un catalogue de découvertes.

Friedrich HultschFriedrich Hultsch, Griechische und Romische Metrologie, Berlin, 1882.a identifié le standard du scrupulum utilisé pour les premières monnaies en argent de 11,38 grammes et a conforté Mommsen dans ses opinions sur l'origine babylonienne en datant les monnaies du Il a fait aussi un parallèle entre la théorie de Pline qui date le premier denier de et le Statère en argent de 20 litrae selon le pied de monnaie attique qu'il a appelé doppio denario.

Raffaele GarrucciGarrucci, Le monete... a été le premier à rédiger un catalogue des monnaies étrusques, romaines et grecques d'Italie dans un processus scientifiquement moderne avec des informations sur les découvertes et sur les trésors. Sa chronologie rejoint celle de Mommsen et de Hultsch, mais récuse les parallèles avec les monnaies romaines.

Isidoro Falchi (1838 - 1914)Falchi, Vetulonia e i nuovi errori, Rome, 1891, dans un travail publié en 1891 a fourni un catalogue des monnaies de Vetulonia de bonne facture mais a fait quelques erreurs dans l'attribution de certaines pièces en argent de Populonia ; il a adopté la chronologie de Mommsen ainsi que les parallèles avec la monnaie romaine.

Le travail d’Arthur Sambon publié en 1903Sambon : Monnaies... était plus complet que celui de Garrucci. Sambon a cherché à inclure tous les types de monnaies connues et date le début de la monétisation étrusque du milieu du sur la base du style et des pieds monétaire employés. Il estimait que les Étrusques avaient des origines persiques.

Barclay Vincent Head dans Historia NumorumHead : Historia Nummorum... a fixé le début de la monnaie locale au et celle en or de Velzna vers -300 - Selon lui, avant , le standard utilisé était le euboico - siracusano de la litra suivi d'abord par un standard de l/2-litrae et ensuite au par un standard de 2 scrupoli et enfin par un standard de 1 scrupulum et de son équivalent en bronze.

La même année, Etienne KovacsKovacs, « Le système monétaire de l'Étrurie » in Rivista Italiana di Numismatica, 1911, 367-489 a scindé nettement la production de monnaie à partir de bases métrologiques en six périodes allant de -500 à en se conformant aux thèses de Mommsen, Hultsch et Sambon, et soutenant l'origine asiatique du standard de poids.

En 1926 Secondina CesanoSecondina Cesano: Tipi monetali etruschi, Rome, 1926a organisé et daté les séries selon des probabilités historiques, aux guerres contre les Gaulois et les Romains du . La même année, le révérend Edward Allen SydenhamSydenham : Aes grave... a mis en évidence une imitation « naturelle » des Romains par les Étrusques. Par conséquent il a daté l'argent étrusque antérieurement à 271 av. J.-C. et l'aes grave dans la période -275 - -268.

En 1928, Walther GieseckeGiesecke : Italia Numismatica: eine Geschichte der italischen Geldsysteme bis zur Kaiserzeit, Leipzig, Karl W. Hiersemann, 1928, 20-30 attribua les premières monnaies d'argent de l'Étrurie méridionale, basées sur un pied de un scrupolum, au Il a daté les monnaies avec la protomé léonine à après en les rapprochant du standard de la litrae syracusaine et les statères de Populonia de 10 litrae de pied attique au et celles de 20 litrae au sous l'influence romaine.

Harold MattinglyMattingly : Roman..., 12, note 1 soutient que le statère de Populonia de 20 unités a été frappé selon le pied du denier. Dans la seconde éditionMattingly 1937, 5 et suivant, après la révolution, quand la date de la première frappe de la monnaie fut abaissée, il a omis les références aux monnaies de Populonia. Par la suite« The first age of Roman coinage » in Journal of Roman Studies, vol. 35 (1945), 65-77 il a attribué les séries étrusques d'argent « légères » à la deuxième guerre punique (-218 - -201), une période nettement inférieure à celle attribuée à l'introduction du denier, qu'il avait établie en l'an

Massimo PallottinoTLE : Testimonia Linguae Etruscae, 1968a publié le recueil de toutes les inscriptions étrusques connues comprenant celles trouvées sur les monnaies et les a datées entre à partir de considérations stylistiquesTLE # 357, 378, 409, 459 e 789.

Rudi ThomsenThomsen : Early... (1957-1961) dans ses études fondamentales sur le début de la monnaie romaine, a situé la monnaie étrusque dans un contexte chronologique logique parallèle à la monnaie romaine et a daté l'introduction de la monnaie de 311 av. J.-C. sur la base des évidences démontrées par les fouilles de Morgantina.

Gilbert Kenneth Jenkins a publié deux travaux sur l'argument bien documentés et a affirmé ce qui suit :

Jenkins a indiqué que la série de Populonia de valeur de X et XX unités reflétait sûrement le cours du bronze de l'Italie centrale. Il trouva que les bronzes étrusques « pouvaient être datés avec certaines tolérances ... eurent des réductions de la norme tientale à celle sextantale »tolerably datable ... they suffer a reduction from triental to sextantal, mais trouva qu'il était pratiquement impossible que l'argent et le bronze puissent avoir cours simultanément à cause de leur style trop différentJenkins : « Greek coins recently acquired by the British Museum » in Numismatic Chronicle,15 (1955), 131-156 (p. 132). Par la suite JenkinsJenkins : Recent acquisitions of Greek coins by the British Museum in Numismatic Chronicle, vol. 19 (1959), 23-45 a confirmé la datation précédente des monnaies de X unités, mais a réfuté l'hypothèse de Laura Breglia qui parlait d'un standard pondéral asiatique et celles de Walther Giesecke d’un pied basé sur la litrae d'origine de la Chalcidique, optant pour un standard basé sur le scrupulum et le double-scrupulum pour l'Étrurie intérieure.

Pendant les années 1960 et 1970 l'école dite plinienne guidée par Francesco Panvini Rosati a été très active. À partir de divers travaux, elle a mis à mal les datations et les attributions traditionnelles. En 1969 le premier volume des Sylloge Nummorum Graecorum a été publié par l'American Numismatic Society. Ce volume incluait les images des monnaies étrusques de la propriété de la société qui devinrent les références standard pour les monnaies étrusques.

En 1976, est publiée l'essai Contributi Introduttivi allo Studio della Monetazione Etrusca (connu sous le nom de CISME), comportant de nombreux articles d'éminents chercheurs et numismates parmi lesquels : Colin Kraay, Massimo Pallottino, Giovanni Colonna, Francesco Panvini Rosati, Sara Sorda, Laura Breglia, Mauro Cristofani, Patrizia Serafin Petrillo, Fiorenzo Catalli, Maria Paola Baglione, Luciano Camilli, Tony Hackens, Patrick Marchetti, Jacques Heurgon, Ingrid Krauskopf, et Robert Sutton. Ce travail a été bien accueilli par les traditionalistes vu qu'il confirmait la théorie de Thomsen faisant le parallèle entre l'introduction du denier romain et l'émission du 20 as au motif du Metus de Populonia.

Patrick MarchettiP. Marchetti, « La mythologie des monnaies étrusques avec marques de valeur » in Annali dell'Istituto Italiano di Numismatica, supplément au tome 22 (1976), 273-296 a porté la théorie de Thomsen à sa conclusion logique en démontrant la relation métrologique entre les quatre principales monnaies étrusques avec les signes de valeur de l'æs grave de Rome.

Enfin, Patrizia Petrillo SerafinPetrillo Serafin : Le serie monetarie di Populonia in I Annali dell'Istituto Italiano di Numismatica, supplément au vol. 22 (1976) 105-130, tab. XV-XIX a produit la première étude sur les séquences des coins de la numismatique étrusque et a publié de nouveau les données du trésor de Populonia de 1939. MarchettiMarchetti : « Une mise au point sur la valeur en denier de la drachme polybienne» in Revue Belge de Numismatique,CXXIV (1978), 49-52a publié une étude plus générale de la période, dans laquelle il a confirmé les théories déjà émises dans le recueil du CISME sur la métrologie étrusque. Marchetti fut néanmoins critiqué par Thomsen(1978, 9-30) sur la pertinence de certaines interprétations sur les standards pondéraux employés pendant la revalidation du bronze romain. Thomsen se concentra sur le perfectionnement et la confirmation de la datation des diverses phases de la revitalisation du bronze de l'æs grave librale au bronze oncial pendant le

Le tournant des années 1980

En 1984 Fiorenzo CatalliCatalli : Numismatica etrusca e italica, Gruppo archeologico romano, Rome, 1984) a utilisé les incisions de Garrucci afin d'illustrer un catalogue des types classés selon une datation traditionnelle. L'année suivante le ministre des Biens culturels italien, Antonio Gullotti, proclama l'an 1985, année du Progetto Etruschi (« projet Étrusques ») et un grand nombre de travaux furent réalisés et diffusés sur la monnaie étrusque par des chercheurs de renommée comme Mauro CristofaniCristofani : I bronzi degli Etruschi, Novare, Istituto geografico De Agostini, 1985 et Luigi Tondo. Des catalogues incomplets sur la monnaie étrusque à partir pour la plupart de matériel présent au Musée archéologique national furent établis.