L'ambassade de France en Grèce est la représentation diplomatique de la République française auprès de la République hellénique. Elle est située à Athènes, la capitale du pays, et son ambassadrice est, depuis 2023, .
Ambassade L'ambassade est située dans l'hôtel Merlin de Douai, avenue Vasilíssis Sofías, à Athènes, à proximité de la place Sýntagma. Elle fait face au palais royal construit en 1835 pour Othon , qui abrite aujourd'hui le Parlement de la République hellénique, premier roi de la Grèce, devenue indépendante en 1830 après dix ans de lutte contre l'Empire ottoman. Elle accueille aussi une section consulaire.
Histoire
Le réseau consulaire du Il était structuré en trois grands ensembles : le consulat général de Morée (aujourd'hui le Péloponnèse) dont le siège est successivement Nauplie, Patras, Methoni, Tripoli et Koroni. En dépendaient les consulats de Naxie (Naxos), Paros, Salonique (fondé en 1712) et La Canée, ainsi que les vice-consulats d'Arta, Missolonghi, Négrepont (Eubée), Athènes, Candie (Héraklion) et Réthymnon. le consulat général de Smyrne auquel se rattachaient les vice-consulats de à Scio (Chios), Rhodes, Stancho (Kos), Metelin (Mytilène), Milos et l'Argentière (Kimolos). l'ambassade de France auprès de la république de Venise, dont relevaient les consulats de , Cerigo (Cythère) et Corfou. Ainsi y avait-il 19 consulats sur le territoire qui correspond à la Grèce contemporaine. La plupart étaient situés dans les îles (les fameuses Échelles) où relâchaient les navires français effectuant le trajet Marseille – les ports de l'Orient. À Milo et l'Argentière, le vice-consul était également pilote du roi. Le consulat d'Athènes jouait alors un rôle effacé, rétrogradé en 1777 de vice-consulat à agence du consulat général de Morée.
L'hôtel Merlin de Douai vignette|Vue de l'ambassade de France à Athènes. En , le comte de Montholon, ministre de France à Athènes, fait part au ministre des Affaires étrangères Jules Paul Develle de la proposition d'un riche ressortissant anglais, Charles Merlin, de faire construire un bâtiment pour la légation de France sur une parcelle de mètres carrés située à l'angle de son vaste domaine, délimité par les rues de l'Académie, Sékéri, Canari et Kiphissia (aujourd'hui Vasilíssis Sofías), dans le but d'avoir un voisinage de qualité et de le louer à la France avec un bail de cinquante ans, pour la somme de par an.
, procureur de Robespierre, puis comte d'Empire en 1810. Merlin de Douai, ayant voté la mort du roi Louis en 1793, s'était réfugié en Angleterre à la Restauration. Son descendant Charles épouse la fille d'un négociant écossais dont les affaires conduisirent la famille en Grèce. Charles William y devient Carolos Merlin, riche banquier, propriétaire foncier et photographe amateur de renom.
Même si les propositions de Merlin avaient recueilli un accord de principe de la part du ministère, le dossier n'avait guère avancé pendant les deux années de la construction de la maison par les frères Psiha et par l'architecte Anastassios Metaxas, auquel on doit plusieurs réalisations à Athènes, en particulier le grand stade de marbre.
Les pourparlers avec Merlin étaient au point mort au début de 1896, lorsque le successeur de monsieur de Montholon, Frédéric Albert Bourée, réussit à obtenir du ministre Marcellin Berthelot les fonds nécessaires () pour louer l'élégante et confortable habitation, que, devant les tergiversations des autorités françaises, guignaient déjà les représentants allemand, anglais et russe, moins bien logés et de manière plus onéreuse.
Le comte d'Ormesson, ministre de France à Athènes de à 1909, loue finalement la maison pour abriter la légation de France, jadis installée rue Stadíou près de l'ancien Parlement. Son fils Wladimir d'Ormesson, journaliste et ambassadeur, la décrit dans son ouvrage Enfances diplomatiques où il raconte la vie quotidienne d’Athènes vue par son œil d'enfant de douze ans : .
La question de l’achat de l’hôtel Merlin de Douai se posa dès 1902. La fille de Charles Merlin, Henriette, avait à la mort de sa mère Irène, en 1896, obtenu en héritage la maison, le petit jardin et les dépendances qui l’entourent encore aujourd’hui, et les avait apportés en dot à son mari Constantin Manos. Celui-ci, alors maire de La Canée en Crète, désirait se défaire du bâtiment et souhaitait le vendre pour .
Malgré certains défauts que l’hôtel de Douai présentait à ses yeux (absence de calorifères, d’ascenseurs, exiguïté des locaux dévolus à la chancellerie diplomatique, ameublement sommaire, mauvaise qualité de certains éléments de la construction –les canalisations étaient en fer et non en plomb) et du comportement peu amène de M. Manos, qui refusait systématiquement de financer les travaux de réparation du bâtiment pourtant légalement à la charge du propriétaire, le comte d’Ormesson se fit auprès du ministre des Affaires étrangères Théophile Delcassé, l’avocat de l’achat du bâtiment de la légation de France. Pourtant, en 1902, le Département ne put donner suite car la situation budgétaire, ainsi que les projets d’achat et de construction de bâtiments diplomatiques à Washington et à Vienne, l’empêchaient de solliciter auprès du Parlement de nouveaux crédits pour acquérir la résidence d’Athènes.
Il fallut attendre 1913 pour que, par crainte d’éviction de la légation de cette « Maison de France » qu’elle occupait depuis dix-sept ans par un propriétaire que la loi grecque autorisait à vendre et en raison de l’impossibilité avérée de retrouver une installation aussi prestigieuse pour un loyer aussi mesuré et des aléas que présentait tout projet de construction, le ministère des Affaires étrangères consentît à l’acquisition de l’hôtel de Douai.
La fin des guerres balkaniques, les succès rencontrés par la Grèce qui lui apportèrent un accroissement sensible de population et une augmentation notable de territoire, convainquirent le Département de la nécessité pour la France d’acquérir « dans une Grèce agrandie, une demeure digne de son passé et du rôle qu’elle est encore appelée à jouer », ainsi que le soulignait le directeur politique M. de Margerie auprès de la direction de la Comptabilité dans une note d’.
Les crédits nécessaires, soit (avec les frais), furent votés par le Parlement, à la veille du départ en vacances des Chambres, le et l’acte d’achat signé le à la résidence par Gabriel Deville, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire à Athènes, du au .
Cet achat a ainsi coïncidé avec le début de la Première Guerre mondiale et cette circonstance n’a sans doute pas été étrangère aux difficultés rencontrées pour l’entretien de l’hôtel de Douai et sa restauration, tout au long de l’entre-deux-guerres et après la Seconde Guerre mondiale.
En effet, le programme général de rénovation et d’aménagement prévu par le Département () n’avait pu être exécuté pendant la guerre, et il fallut attendre 1930 pour que les premières réparations importantes (mais pour un montant inférieur) puissent être effectuées.
Vers la fin des années 1950, et tout au long des années 1960, la question de vendre l’hôtel de Douai fut posée. Les locaux étaient mal distribués ; l’extension de la ville d’Athènes avait déplacé son centre de gravité ; la terrasse de l’ambassade était inutilisable en raison de la proximité de maisons plus hautes ; l’exiguïté du jardin ne permettait ni la tenue de réceptions, ni le stationnement pour les voitures ; la circulation et la pollution des rues de l’Académie et Vassilissis-Sofias qui bordent l’ambassade, devenaient des contraintes de plus en plus lourdes.
Mais la politique d’économie du gouvernement ne permit pas de retenir une solution de construction d’une nouvelle ambassade sur un terrain proche du Jardin national comme il fut envisagé un moment. Au cours des années, diverses propositions de restauration de l’hôtel de Douai pour y installer correctement la chancellerie, le consulat et les services des attachés techniques, tout en louant (ou en achetant) une nouvelle résidence furent émises, mais aucune ne se concrétisa.
Aujourd’hui, la résidence continue de cohabiter avec la chancellerie diplomatique, mais les espaces ont été redéfinis de manière plus fonctionnelle et plus conviviale. Certes, les différents services de l’État demeurent dispersés. Le consulat et les services des attachés techniques occupent des locaux acquis par l’État et répartis dans Athènes. Le service culturel est installé dans l’Institut français d’Athènes. Mais en raison des coûts et des difficultés inhérentes à l’immobilier dans Athènes, aucune autre solution satisfaisante n’a pu être trouvée.
En outre, les problèmes de circulation que connaît la capitale grecque rendent paradoxalement très appréciable aujourd’hui le fait que la chancellerie et la résidence soient toujours situées à proximité des centres de décision du pays. Prenant en compte cette situation, le Département a depuis une vingtaine d’années consenti des efforts importants pour maintenir l’hôtel Merlin de Douai au niveau que l’on est en droit d’attendre pour un bâtiment officiel français à l’étranger.
L’hôtel Merlin de Douai a notamment été restauré en 1985-1986, puis à partir d’, une rénovation complète des façades et de l’intérieur de l’hôtel a été effectuée pendant un an et demi sous la direction du décorateur Christian Duval« L'hôtel Merlin de Douai », Mireille Musso, Directeur des Archives du ministère des Affaires étrangères, juin 2006..
Ambassadeurs de France en Grèce