Léopold-Philippe-Charles-Joseph (né le à Bruxelles et mort le au château d'Heverlee (nom local du château d'Arenberg (Brabant flamand)), , , grand d'Espagne chevalier de l'Ordre de la Toison d'or (1700), est un militaire belge, au service de l'Autriche, du .
Fils de Philippe-Charles François, Léopold-Philippe est regardé, à juste titre, comme l’un des princes qui ont répandu le plus d’éclat sur la maison d’ArenbergBiographie nationale de Belgique.
Biographie Né à Bruxelles, le , il n’avait pas encore dix mois lorsqu’il perdit son père. À l’âge de neuf ans, il se vit décoré par de l’ordre de la Toison d'or () ; le collier lui en fut remis par l’électeur Maximilien-Emmanuel de Bavière, gouverneur général des Pays-Bas ().
Guerre de Succession d'Espagne Dans la guerre que fit naître la succession d’Espagne, Léopold d’Arenberg, fidèle aux traditions de ses ancêtres, embrassa le parti de « ». Après la bataille de Ramillies, la conférence qui représentait les deux puissances maritimes le nomma colonel d’un régiment de gens de pied wallons () et membre du conseil d'État auquel fut confié, sous l’autorité de ces puissances, le gouvernement des Pays-Bas (). « », dans le même temps, le fit gentilhomme de sa chambre et capitaine de la garde du corps de Bourgogne à Bruxelles (). Après que Mons fut tombé au pouvoir des alliés (), le Conseil d’État lui conféra, par provision, le grand bailliage de Hainaut (). Il avait, avec son régiment, pris part à la campagne qui venait de se terminer d’une manière si glorieuse, et avait été blessé à la bataille de Malplaquet.
Léopold-Philippe-Charles-Joseph d’Arenberg épousa, en 1711, Marie-Louise-Françoise Pignatelli, fille de Niccolò Pignatelli, duc de Bisaccia, et de Marie-Angélique, comtesse d'Egmont.
En 1713, il alla servir dans l’armée impériale du Rhin en qualité de général de bataille ou de maréchal de camp ; il avait été élevé à ce grade, deux années auparavant, par « », devenu depuis empereur germanique sous le nom de . La paix ayant été signée en 1714 entre le Saint-Empire et la France, il fit souvent des voyages à Paris, où son esprit, ses manières, sa courtoisie lui valurent de grands succès dans les salons littéraires, notamment celui de de Tencin, aussi bien qu’à la cour. Le , le duc est de retour dans la capitale : il y signe un bail pour neuf années, à partir du , avec Antoine Legrand marchand de grain128 Bail de location du duc d’Arenberg du 28-01-1717,AN, MC, ET/XXIV/582.. Il revoit de Tencin lors du carnaval et pourrait être ainsi le père de d’Alembert, né en novembre de la même année.
Guerre austro-turque (1716-1718) Nommé, en 1716, par , lieutenant général de ses armées () et colonel propriétaire d’un régiment d’infanterie (), il fit, cette année-là, la campagne de Hongrie sous le prince Eugène ; il se distingua à la bataille de PeterwaradinLieu de la mort de son père, auparavant. (), dans laquelle il commandait la gauche de la seconde ligne de l’armée impériale à Belgrade (1717), et au siège de Temeswar, où il fut blessé au visage un jour qu’il était de service dans la tranchée.
Après la campagne, il se rendit à Vienne (Autriche) ; il y reçut de et de toute la cour l’accueil le plus flatteur. Les deux années suivantes, il retourna à l’armée de Hongrie avec le prince Eugène. L’Empereur, qui, le , lui avait conféré le caractère de conseiller d'État d’épée aux Pays-Bas, ajouta, le suivant, aux charges qu’il occupait celle de gouverneur militaire du Hainaut et de la ville de Mons. Ayant prêté serment, en cette dernière qualité, entre les mains du prince Eugène, il partit pour les Pays-Bas autrichiens.
Grand bailli du Hainaut En ce temps-là, les prérogatives des grands baillis de Hainaut étaient fort étendues ; leur autorité surpassait, en quelque sorte, dans cette province, celle du gouverneur général des Pays-Bas : c’était à eux qu’appartenait, entre autres, la nomination du magistrat de Mons, qui avait, dans les délibérations du troisième ordre des états, une influence décisive. Il parut essentiel à la cour de Vienne, ainsi qu’au ministère de Bruxelles, de restreindre ces prérogatives, et, par des instructions de 1723, l’Empereur les modifia en plusieurs points; il réserva notamment au gouvernement général la nomination des échevins de Mons. Le duc d’Arenberg réclama contre cette innovation, qui lui était très sensible. À la suite d’une longue enquête, l’Empereur, par une grâce particulière et , lui donna de nouveau le pouvoir qu’il lui avait retiré, en déclarant expressément que ce pouvoir ne pourrait passer à ses successeurs ().
Les Belges, à toutes les époques, avaient attaché un grand prix à être gouvernés par des princes du sang : , ayant donné une autre destination au prince Eugène, à qui il avait d’abord confié le gouvernement des Pays-Bas, résolut d’envoyer dans ces provinces l’archiduchesse Marie-Élisabeth, sa sœur, si les états voulaient accorder à cette princesse une dotation qui lui permît d’entretenir une cour telle que l’exigeaient sa haute naissance et la dignité dont elle serait revêtue. Le duc d’Arenberg s’employa avec chaleur à faire réussir une combinaison qui était conforme aux vœux et aux intérêts du pays. Le subside annuel qu’il s’agissait d’obtenir était assez considérable ( : dans le Hainaut, il n’eut pas de peine à le faire voter par les états ; mais en Flandre, où son intervention fut jugée nécessaire aussi, la chose souffrit plus de difficultés, à cause des charges qui pesaient sur cette province ; cependant plusieurs voyages qu’il fit à Gand et à Bruges eurent pour résultat d’aplanir tous les obstacles, et il put écrire au marquis de Rialp, secrétaire de la dépêche universelle, à Vienne : Le subside fut en effet voté par les états de Flandre et par ceux de toutes les autres provinces.
Guerre de Succession de Pologne Depuis 1723 (), le duc d’Arenberg était (général d’artillerie). La guerre s’étant rallumée, à la fin de 1733, entre l’Empereur et , il fut désigné pour servir à l’armée du Rhin que le prince Eugène commandait en chef. La campagne ne fut pas brillante pour les troupes impériales, qui ne purent empêcher les Français de se rendre maîtres de Philippsburg (siège de Philippsbourg (1734)). L’ vit la paix rétablie entre les deux couronnes.
, qui, en 1732 (), avait fait le duc capitaine de ses trabans, le fit, en 1736 (), . En 1737 (), il lui confia le poste important de commandant en chef des troupes aux Pays-Bas ; la même année (), il l’éleva à la plus haute dignité militaire de l’Empire, celle de feld-maréchal.
Guerre de Succession d'Autriche Les événements qui suivirent la mort de ce monarque fournirent à Léopold d’Arenberg des occasions de justifier les grâces qu’il en avait reçues. Au mois d’, Marie-Thérèse l’envoya à La Haye et à Londres avec le titre d’ambassadeur extraordinaire et de ministre plénipotentiaire : il s’agissait de resserrer son alliance avec les Provinces-Unies et de convenir, avec le roi de Grande-Bretagne, des secours qu’il lui ferait passer. Le duc réussit dans cette double mission : le , il conclut, à La Haye, avec Lord Stair (John Dalrymple, de Stair), ambassadeur de , une convention réglant tout ce qui concernait les quartiers, les logements et l’entretien des troupes anglaises durant le séjour qu’elles feraient aux Pays-Bas ; il s’entendit plus tard avec le roi et ses ministres sur le chiffre de ces troupes. aurait voulu attaquer le royaume de France par sa frontière du nord, qui était en ce moment dégarnie ; il espérait s’emparer de Dunkerque : le duc, suivant les instructions de Marie-Thérèse, le persuada d’agir contre l’armée française qui était dans l’Empire. Au commencement de 1743, les troupes anglaises qui venaient de débarquer à Ostende, et les troupes autrichiennes qu’il y avait aux Pays-Bas, prirent le chemin de l’Allemagne ; lord Stair commandait les premières, le duc d’Arenberg les secondes. Celui-ci passa le Rhin, le , à Neuwied ; à Zingering, il reçut un renfort de que lui amena le général Palfy : il se porta alors sur le Mein, où il fit sa jonction avec le corps de lord Stair. L’armée alliée étant réunie, le roi vint se mettre à sa tête, et, le , elle remporta une victoire heureuse sur les Français à Dettingen (village aux environs de Karlstein am Main, Bavière), victoire dont l’honneur revint principalement au duc d’Arenberg, qui fut blessé dans l’action. avait été témoin de sa bravoure, de l’habileté dont il avait fait preuve ; il voulut montrer combien il les appréciait : ayant quitté l’armée le , pour se rendre dans ses États de Hanovre, ce fut à lui qu’il en remit le commandement. La campagne se termina bientôt après, et le duc, ayant fait repasser le Rhin à ses troupes, leur assigna des quartiers d’hiver; ensuite il partit pour Vienne.
Au commencement de 1744, Marie-Thérèse lui donna une nouvelle mission en Hollande et en Angleterre. Des conférences devant être tenues à Londres pour arrêter le plan de la prochaine campagne, lui-même avait demandé que la reine s’y fit représenter par le duc d’Arenberg, à cause de la popularité que lui avait acquise, dans l’armée et dans la nation, sa conduite à la bataille de Dettingen, et de la confiance que l’une et l’autre plaçaient dans ses talents militaires. Il quitta Vienne le , emportant une précieuse marque de l’estime et de la bienveillance de sa souveraine : dans son audience de congé, Marie-Thérèse lui avait fait présent d’une canne garnie de diamants d’une grande valeur. À Londres, ainsi qu’à la Haye, il reçut un accueil dont il eut lieu d’être flatté ; mais il ne put empêcher qu’une partie des troupes anglaises qui étaient sur le continent ne fussent rappelées dans leur pays. Cette mesure eut des conséquences désastreuses. Les Français avaient résolu d’attaquer les Pays-Bas : deux corps d’armée, dont l’un était commandé par en personne et l’autre par le maréchal de Saxe, envahirent ces provinces. Les alliés ne purent leur opposer que des forces de beaucoup inférieures en nombre, et les Hollandais défendirent mollement les places de la barrière où ils tenaient garnison : aussi Courtrai, Menin, Ypres, Furnes tombèrent au pouvoir de l’ennemi. Le duc d’Arenberg avait pris le commandement des troupes autrichiennes ; les Anglais et les Hanovriens avaient à leur tête le Field Marshal George Wade, et les Hollandais le comte Maurice de Nassau. Malgré la supériorité de l’armée française, le duc, par un mouvement hardi et une marche forcée, pénétra, le , sur le territoire français, du côté de Cisoing ; il avait avec lui les divisions autrichienne et hollandaise ; les troupes du maréchal Wade ne tardèrent pas à l’y joindre. L’armée alliée occupa Orchies et établit son campement jusqu’à une demi-lieue de Lille. Elle se maintint dans cette position pendant les mois d’août et de septembre. La campagne n’eut pas d’autres résultats.