Mizoën est une commune française située dans le département de l'Isère en région Auvergne-Rhône-AlpesSite habitants.fr, page sur le nom des habitants des communes de l'Isère, consulté le 8 mars 2020.

Positionnée en secteur de haute montagne à proximité des stations de ski du massif de l'Oisans que sont l'Alpe d'Huez et les Deux Alpes, ses habitants sont dénommés les Mizoënnais.

Géographie vignette|left|Vue générale. Situation et description Mizoën est situé en Oisans, une région des Alpes entre le département de l’Isère et des Hautes-Alpes, correspondant au bassin de la rivière Romanche et de ses affluents (l'Eau d'Olle, la Lignarre, la Sarenne, le Vénéon, le Ferrand).

À une altitude de , la commune de Mizoën est placée sur un promontoire dominant la Romanche (rivière des rochers née des glaciers de la Casse Déserte) et le Ferrand (qui signifie, selon la racine latine, Ferus : « le sauvage », et qui naît au pied des cimes des Sauvages, appartenant au massif des Grandes Rousses).

Depuis 1973, la commune de Mizoën est incluse dans la zone « périphérique » du parc national des Écrins, donc vouée à des aménagements « doux », c'est-à-dire limités. Depuis 2014, la commune a adhéré à la nouvelle charte du parc et est ainsi intégrée dans la zone dite « d’adhésion ».

Communes limitrophes Mizoën est entouré des communautés de Mont-de-Lans au sud (celle-ci a fusionné avec Venosc, composant ainsi la commune nouvelle des Deux Alpes), de la Grave à l'est, de Besse et Clavans-en-Haut-Oisans au nord, et du Freney-d'Oisans à l'ouest, à l'entrée des gorges de l'Infernet.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne. et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Alpes du nord » et « Alpes du sud ».. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Besse à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Hydrographie Le territoire communal est traversé par la Romanche, un sous affluent de l'Isère qui prend sa source dans le parc national des Écrins au pied du pic de Chamoissière.

Voies de communication

Urbanisme Typologie Au , Mizoën est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (96,4 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (95,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (45,2 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (28,8 %), forêts (22,3 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (3,6 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Morphologie urbaine

Lieux-dits et écarts vignette|Les Aymes, au-dessus du glissement de terrain du Chambon en 2016. Deux hameaux qui lui sont rattachés : Les Aymes, à une altitude de , et Singuigneret, à .

Risques naturels et technologiques Risques sismiques

La totalité du territoire de la commune de Mizoën est situé en zone de sismicité n°3 (sur une échelle de 1 à 5), dite « modérée, » comme la plupart des communes de son secteur géographique, le massif de l'OisansSite de la préfecture de l'Isère, carte des zones de sismicité, consulté le 20 octobre 2019.. +Terminologie des zones sismiquesArrêté du 22 octobre 2010 relatif à la classification et aux règles de construction parasismique applicables aux bâtiments de la classe dite « à risque normal » - LégifranceType de zone Niveau Définitions (bâtiment à risque normal)Zone 3Sismicité modérée accélération = 1,1 m/s

Autres risques

Toponymie En occitan ou provençal, Mizoën pourrait signifier « au midi »

Histoire

Comme la plupart des communautés de l'Oisans, Mizoën fut un pays de marchands colporteurs qui se livraient au commerce d’articles de mercerie, de tissus et peut-être, à l'occasion, de plantes des montagnes ou de cristaux. Certains allaient par exemple à Lyon, à Autun, dans le Charolais et à Genève..

Mizoën fut un fief protestant. Un pasteur fut envoyé par Calvin dès 1562. Quand on sait que la Réforme s'établit en Dauphiné en 1522 par Guillaume Farel, compagnon de Calvin, on peut supposer que les gens de Mizoën furent rapidement conquis par cette religion nouvelle. Les marchands furent probablement les diffuseurs de ces idées et les sympathisants de la communauté protestante, parrainant les nouveau-nés, finançant le temple et l'école, constituant une sorte de « banque coopérative » dite du denier des pauvres, mais aussi d'entraide en faveur des jeunes partant au commerce..

L'épisode protestant s'arrête avec les vexations ordonnées par Louis XIV autour des années 1680, la révocation de l'édit de tolérance en 1685 et la suppression de tout statut légal aux « prétendus réformés ». Le dernier pasteur, Jean Bonnet, prend la route de l'exode, puis les familles et groupes de familles s'exilent les années suivantes en direction de la Suisse., de l'Allemagne (jusqu'en Saxe et au Brandebourg), voire des Pays-Bas et même de l'Angleterre. Ils gagnent la frontière de Savoie par le col des Prés Nouveaux, puis Genève, avant de se disperser dans les pays d'accueil. Certains sont emprisonnés, d'autres exécutés, certains envoyés aux galères... En 1689, la communauté a perdu les deux tiers de ses habitants. Les biens des « déserteurs » sont loués à de « bons catholiques » mais de nombreuses terres restent incultes. vignette|Au premier plan : Mont-de-Lans. La retenue d'eau du barrage du Chambon s'aperçoit au-delà. Le village dans le tiers gauche de l'image est Mizoën ; dans la partie droite : ses hameaux de Singuigneret et des Aymes. Carte postale ancienne (vers 1938 ?). Depuis le et jusqu’à une période récente, les cultures principales étaient le seigle, le froment, l'orge, l'avoine, la pomme de terre, des légumes (choux, choux-raves, haricots, pois, poireaux, betteraves, bettes, carottes...), tout le nécessaire pour subsister. Les alpages se développent à partir de et s'étendent en travers des vallonnements aux formes douces jusque vers d'altitude. Ce grand espace pastoral, dont une partie était fauchée encore au début du , se nomme « le plateau d'Emparis ». Le plateau d'Emparis a été classé dès 1991 et une grande zone de , s’étendant sur 3 communes, Clavans, Besse et Mizoën a été déclarée site Natura 2000. Ces deux classements ont permis et permettront à l’avenir de protéger les espèces menacées comme la laîche bicolore, l’avoine odorante, des tourbières et autres sites remarquables. Il ne reste plus aujourd’hui que deux éleveurs d’ovins et de caprins, avec près de 150 bêtes.

vignette|Le barrage du Chambon et sa retenue d'eau, et Mizoën (sur la droite de l'image). À la fin du , une industrie électrochimique et électro-métallurgique s'installe dans la basse vallée de la Romanche. En 1896, pour desservir cette nouvelle industrie, un chemin de fer relie l'Oisans à Grenoble. Après la Première Guerre mondiale, notamment en 1921, les industriels de la Romanche, Alès Froges-Camargue, Ugine-Kuhlmann, Keller et Leleux, créent une Société des Forces motrices de la Haute-Romanche qui va entreprendre la construction d'une réserve hydraulique au Chambon pour garantir une fourniture régulière d'électricité. Les travaux préparatoires sont lancés. Le grand chantier bouleverse l'équilibre économique et social de la haute vallée, avec l’afflux de main-d'œuvre étrangère entre 1925 et 1935. La construction du barrage du Chambon (1935) et sa retenue d’eau située en grande partie sur le territoire de Mizoën peut être considérée comme le passage de l'ère traditionnelle à l'ère moderne, de la société paysanne à la société industrielle.

Dans la foulée de «l'or bleu», le développement touristique, grâce à « l’or blanc », a permis la création de prestigieuses stations de sports d'hiver avec notamment l'Alpe d'Huez, rendue célèbre aussi en été par le Tour de France pour sa montée aux 21 lacets et les Deux Alpes (du Mont de Lans et de Venosc), connue pour son ski d'été sur le glacier à . Ces deux stations, qui toutes deux offrent de multiples activités sportives, sont aujourd’hui devenues les poumons économiques de la vallée dont Mizoën bénéficie grâce à sa proximité.

Politique et administration Administration municipale

Élections de 2026 Depuis la loi du , le conseil municipal de Mizoën, commune de moins de , est élu au scrutin de liste proportionnel à deux tours avec prime majoritaire, comme l'ensemble des autres communes. Le nombre d'habitants au recensement de 2023Pour déterminer le nombre de conseillers municipaux à élire, la dernière population municipale authentifiée entrée en vigueur avant le scrutin est retenue, à savoir la population millésimée 2023 pour les élections de 2026. étant compris entre 100 et 499, le nombre de sièges de conseillers municipaux à pourvoir lors de l'élection de 2026 est de onze..

Deux listes sont en présence lors du premier tour qui se tient le 15 mars 2026. Elles sont menées, par ordre décroissant de résultats, par Bernard Michel (51,37 %), maire sortant., et Jean-Michel Gonon (48,63 %). Neuf sièges de conseillers municipaux sont attribués dès le premier tour à la liste de Bernard Michel et deux à celle de Jean-Michel Gonon. Bernard Michel est réélu maire le ..

Liste des maires

Jumelages

Population et société Démographie

Enseignement La commune est rattachée à l'académie de Grenoble.

Équipements sportifs vignette|Paysage vu des Clots.

vignette|La « fontaine pétrifiante », sur le sentier allant au refuge des Mouterres.